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> Yves Gohin (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070371972
Éditeur : Gallimard (1980)


Note moyenne : 3.98/5 (sur 178 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
C'est à la fois un conte et un drame héroïque, l'histoire de Gilliat, pêcheur solitaire, amoureux d'une belle jeune femme, qui pour elle s'en va braver l'océan. Propriétaire d'un bateau à vapeur qui vient de subir un naufrage, un vieil... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Aaliz, le 12 septembre 2014

    Aaliz
    J'étais fâchée avec Victor Hugo. D'abord, parce que, comme les lycéens de l'an passé, je me suis prise une très mauvaise note au bac de français sur un de ses textes ( alors que je pensais avoir bien réussi ). Je sais … ce n'est pas la faute de ce cher Victor mais voilà, le lycéen est rancunier.
    Ensuite, parce que quand j'ai voulu lui pardonner, je me suis frottée aux Contemplations et me suis rendue compte que je n'avais pas les outils pour apprécier pleinement ce recueil. Certains de ses poèmes sont très personnels ou bien très inspirés de la situation politique de l'époque et lorsqu'on ne maîtrise pas tout ça, on se sent exclu, des allusions nous échappent et j'avais donc l'impression que Victor Hugo me claquait la porte au nez.
    J'ai alors essayé de lire Les Travailleurs de la mer mais j'ai fait l'erreur de commencer par L'Archipel de la Manche, sorte de chapitre préliminaire au roman présentant le cadre géographique du roman : les îles anglo-normandes, leur population, leur géographie, leur faune et flore, leurs us et coutumes. Je ne m'attendais pas à un tel déballage de connaissances avec un côté catalogue et des allures d'étude botanique et sociologique. Résultat : j'ai abandonné.
    Et voilà que Claudialucia lance une lecture commune. Et comme je suis du genre têtue, je me suis inscrite. Cette fois, je n'ai pas commis la même erreur et j'ai commencé directement ma lecture par le roman me réservant le chapitre tant redouté pour la fin. Et j'ai ainsi enfin pu découvrir non seulement l'auteur mais également un grand roman dont je suis ressortie épuisée et bouleversée mais enchantée.
    La suite sur le blog : http://cherrylivres.blogspot.fr/2014/09/les-travailleurs-de-la-mer-victor-hugo.html

    Lien : http://cherrylivres.blogspot.fr/2014/09/les-travailleurs-de-la-mer-v..
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    • Livres 5.00/5
    Par miriam, le 14 septembre 2014

    miriam
    « Un triple ananké pèse sur nous, l'ananké des dogmes, l'ananké des lois, l'ananké des choses »
    1864, Guernesey inspire à Hugo ce roman, à l'échelle de cette petite île Anglo-normande.
    « Dans les îles comme Guernesey, la population est composée d'hommes qui ont passé leur vie àfaire le tour de leur champ et d'hommes qui ont passé leur vie à faire le tour du monde. Ce sont deux sortes de laboureurs, ceux-ci de la terre, ceux-ci des mers. »
    À part un voyage à saint Malo, il se déroule exclusivement dans l'île et les roches qui affleurent autour du littoral.
    Les personnages :
    Nombre restreint de personnages :
    Gilliatt, barbare antique, « en somme ce n'était qu'un pauvre homme sachant lire et écrire. Il est probable qui'l était sur la limite qui sépare le songeur du penseur, » , Giliatt le malin, le presque sorcier.
    Deruchette « un oiseau qui a la forme d'une fille, quoi de plus exquis ».
    Son oncle, Mess Lethierry marin devenu notable
    , Rantaine et Clubin les associés de Mess Lethierry,
    et le révérend Ebenezer.
    Doit-on compter pour personnage La Durande, le bateau de Mess Lethierry ?
    L'intrigue
    L'intrigue aussi est simple, par comparaison avec celle des romans-fleuves de Victor Hugo.
    Mess Lethierry construisit un bateau à vapeur faisant la navette entre l'île et le continent : la Durande. Il en retira richesse et notoriété malgré l'hostilité des Guernesiais.
    « Dans cet archipel puritain, où la reine d'Angleterre a été blâmée de violer la bible en accouchant par le chloroforme, le bateau à vapeur eut pour premier succès d'être baptisé le bateau-Diable (Devil-Boat) »
    Il fut deux fois floué par ses associés, Rantaine qui s'est sauvé avec une partie de la fortune et Clubin qui, ayant récupéré le trésor de Rantaine, fit échouer la Durande sur un écueil espérant emporter cette richesse au Nouveau Monde. Gilliatt, le solitaire, va sauver la machine à vapeur, espérant à son retour épouser Deruchette.
    Dans une première moitié du livre, L'auteur expose les personnages, situe les lieux, la maison hantée – visionnée – de Gilliatt, le Bû de la rue, celle de Lethierry, les Bravée avec son joli jardin fleuri, le piano de Deruchette, s'étend sur l'arrivée du progrès moderne avec le Devil-boat. Il détaille mentalités et croyances de Guernesey.
    Une lutte fantastique
    La seconde partie, après le naufrage de la Durande raconte la lutte épique de Gilliatt contre les éléments, contre la mer, pour sauver la machine encore intacte et la rapporter dans la panse, son embarcation. Gilliatt – travailleur de la mer – marin, mais aussi charpentier, acrobate, entreprend seul dans les éléments hostiles un chantier titanesque dans les deux piliers – les Douvres –
    « Debout et droites comme deux colonnes noires. Elles étaient jusqu'à une certaine hauteur toutes velues de varech. Leurs hanches escarpées avaient des reflets d'armures.[ ….]Une sorte de toute-puissance tragique s'en dégageait »
    Deux mois, Gilliatt va survivre en se nourrissant de coquillages, de crabes trouvés sur les rochers. Il va ramasser toutes les matières premières utiles au chantier, construire une forge… et n'aura pour seuls compagnons que les oiseaux, mouettes et goélands. Victor Hugo raconte par le détail tous les progrès de l'évasion de la machine il empruntera les techniques de nombreux métiers. Et quand l'œuvre sera réalisée, il lui faudra encore vaincre la tempête ! Luxe de détails techniques, de termes de marine, d'astronomie, et aussi, et surtout fantastique découverte de la caverne extraordinaire, la première fois merveille
    « La lumière était une énigme : on eût dit la lueur glauque de la prunelle d'un sphinx. Cette cave figurait le dedans d'une tête de mort énorme et splendide […] Cette bouche, avalant et rendant le flux et le reflux, béante au plein midi extérieur buvait de la lumière et vomissait l'amertume [le rayon de soleil, en traversant ce porche obstrué d'une épaisseur vitreuse d'eau de mer, devenait vert comme un rayon d'Albaran ». je recopierais avec plaisir tout le chapitre décrivant la cave.
    « On pouvait, devant cette sculpture où il y avait un nuage, rêver de Prométhée ébauchant pour Michel Ange »
    Dans cette cave – comme dans la tempête – je découvre un Hugo fantastique qui me fait penser à ses dessins.
    Gilliatt reviendra dans la cave qui prendra une dimension effrayante, il y découvrira le squelette de Clubin mangé par les crabes, et c'est aussi là qu'il combattra la pieuvre.
    Gilliatt était une espèce de Job de l'océan. Un Job Prométhée.
    De retour à Guernesey, la machine dans la panse, il croit trouver la gloire et surtout épouser Deruchette. Mais un happy end n'aurait pas cadré avec ce roman fantastique.


    Lien : http://miriampanigel.blog.lemonde.fr
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    • Livres 5.00/5
    Par CDemassieux, le 24 août 2014

    CDemassieux
    Ce roman est avant tout une ode au « noble petit peuple de la mer », ainsi que le signifie la dédicace. Hugo choisit en effet de planter son intrigue sur l'île anglo-normande de Guernesey et ses environs où il vit en exil, attendant de fouler à nouveau le sol de France lorsque Napoléon III n'y sévira plus !
    Ce récit est une invitation au voyage en même temps qu'une tragédie shakespearienne.
    L'homme y est ici peint dans son rapport à la nature imprévisible et toute puissante de la mer, particulièrement dans ce combat entre une pieuvre – kraken des profondeurs – et Gilliat, un marin. Deux créatures de deux mondes distincts qui s'opposeront dans une lutte à mort.
    Pourtant, malgré ces pages uniques dans la littérature où se déroule cet affrontement violent entre l'homme et la bête, Les Travailleurs de la mer conservent un caractère éminemment intime, sans l'éclat des Misérables ou L'Homme qui rit. Jusque dans le drame amoureux qui se joue, tout est contenu dans une atmosphère humble. C'est une histoire anonyme qui n'excèdera jamais ces limites, avec l'une des plus éblouissantes fins qu'il m'ait été donné de lire.
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    • Livres 5.00/5
    Par Radigan, le 07 octobre 2014

    Radigan
    Ce modeste roman de Victor Hugo, est de loin bien meilleur que toutes les productions littéraires possibles de ses cinquante dernières années.
    Normal, puisque c'est Hugo qui est à la barre.
    C'est lui qui nous guide sur les flots, là où le courage de l'homme se confronte avec le tempérament de la nature.
    Une précision documentaire, un vocabulaire riche et extrêmement intelligent, un récit captivant, et un certain sens de la mise en scène dramatique, comme toujours, illustrant les plus belles ressources de la nature humaine.
    La foi, le courage, la dignité, la fraternité et l'amour, tout cela, très loin des richesses de la cour.
    Et tellement de choses entre les mots, de plaisir dans les descriptions minutieuses, que l'on aurait jamais put autant voyager en prenant un billet d'avion pour l'Australie. Et pourtant ce n'est pas le meilleur d'Hugo, c'est juste un livre énorme, pas mauvais comparé à ce qu'il a put écrire, entre autre chose " Les misérables" meilleur roman jamais imprimé.
    Hugo est un génie intemporel, une figure paternel de la littérature française, il nous décrit qui nous étions, nous rappelle ce que nous sommes encore, au-delà du système défaillant qui est en place et des fils invisibles qui tirent nos vies. Ces romans nous empêchent d'oublier ce qui est essentiel dans le cœur des hommes.
    Voilà toutes les raisons pour lesquelles j'ai lu tous ses romans, ( il n'en a pas écrit tant que ça)
    Je vous le conseille.
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    • Livres 5.00/5
    Par JPB, le 22 juillet 2010

    JPB
    Un chef d'oeuvre méconnu de Victor HUGO, dont on ne parle jamais et qui n'est jamais étudié. Et pourtant, l'auteur manie la langue française avec une maîtrise que peu d'écrivains atteignent. Face aux milliers de romans insipides qui paraissent jour après jour, la découverte de ce bijou est un miracle rare. L'histoire de Mess Lethierry, de sa Durande et de Déruchette, la rouerie de Sieur Clubin, l'amour transi de Gilliatt et son immense courage pour venir à bour des éléments, l'épiologue enfin, tout concourt à faire de cette oeuvre un immense roman qui ne s'oubliera pas quand on en aura terminé la lecture.
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Citations et extraits

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  • Par Radigan, le 07 octobre 2014

    Tout à coup, prés d'un bouquet de chênes verts qui est à l'angle d'un courtil, au lieu dit les basses maisons, elle se retourna et ce mouvement fit que l'homme la regarda . Elle s’arrêta, parût le considérer un moment, puis se baissa et l'homme crut voir qu'elle écrivait quelque chose avec son doigt sur la neige. Elle se redressa, se remit en marche, doubla le pas, se retourna encore, cette fois en riant, et disparut à gauche du chemin, dans le sentier bordé de haies qui mène au château de Lierre. L'homme quand elle se retourna pour la seconde fois, reconnut Déruchette, ravissante fille du pays.
    Il n'éprouva aucun besoin de se hâter, et quelques instants après, il se trouva prés du bouquet de chênes à l'angle du courtil. Il ne songeait déjà plus la passante disparue, et il est probable que si, en cette minute-là, quelque marsouin eût sauté dans la mer ou quelque rouge gorge dans les buissons, cet homme eût passé son chemin, l’œil fixé sur le rouge gorge ou le marsouin. Le Hasard fit qu'il avait les paupières baissées, son regard tomba machinalement sur l'endroit où la jeune fille s'était arrêtée. Deux petits pieds s'y étaient imprimés, et à coté il lut ce mot tracé par elle dans la neige : Gilliatt.
    Ce mot était son nom.
    Il s'appelait Gillliatt.
    Il resta longtemps immobile, regardant ce nom, ces petits pieds, cette neige, puis continua sa route, pensif.
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  • Par gwenlaot, le 06 janvier 2012

    Cette bête s'applique sur sa proie, la recouvre, et la noue de ses longues bandes. En dessous elle est jaunâtre, en dessus elle est terreuse; rien ne saurait rendre cette inexplicable nuance poussière; on dirait une bête faite de cendre qui habite l'eau. Elle est arachnide par la forme et caméléon par la coloration. Irritée, elle devient violette. Chose épouvantable, c'est mou.
    Ses noeuds garrotent; son contact paralyse.
    Elle a un aspect de scorbut et de gangrène. C'est de la maladie arrangée en monstruosité.
    Elle est inarrachable. Elle adhère étroitement à sa proie. Comment?Par le vide.Les huit antennes, larges à l'origine, vont s'effilant et s'achèvent en aiguilles. Sous chacune d'elles s'allongent parallèlement deux rangées de pustules décroissantes, les grosses près de la tête, les petites à la pointe. Chaque rangée est de vingt-cinq; il y a cinquante pustules par antenne, et toute la bête en a quatre cents. Ces pustules sont des ventouses.
    (...) C'est la machine pneumatique qui vous attaque. Vous avez affaire au vide ayant des pattes. Ni coups d'ongles, ni coups de dents; une scarification indicible. Une morsure est redoutable; moins qu'une succion. La griffe n'est rien près de la ventouse. La griffe, c'est la bête qui entre dans votre chair; la ventouse, c'est vous-même qui entrez dans la bête.(...) Il vous tire à lui et en lui, et, lié, englué, impuissant, vous vous sentez lentement vidé dans cet épouvantable sac, qui est un monstre.
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  • Par Nelja, le 07 août 2012

    Les anciens du pays racontent, mais ces faits-là appartiennent au passé, que la population catholique de l’archipel normand a été autrefois, bien malgré elle, plus en communication encore avec le démon que la population huguenote. Pourquoi ? Nous l’ignorons. Ce qui est certain, c’est que cette minorité fut jadis fort ennuyée par le diable. Il avait pris les catholiques en affection, et cherchait à les fréquenter, ce qui donnerait à croire que le diable est plutôt catholique que protestant. Une de ses plus insupportables familiarités, c’était de faire des visites nocturnes aux lits conjugaux catholiques, au moment où le mari était endormi tout à fait, et la femme à moitié. De là des méprises. Patouillet pensait que Voltaire était né de cette façon. Cela n’a rien d’invraisemblable. Ce cas du reste est parfaitement connu et décrit dans les formulaires d’exorcismes, sous la rubrique : De erroribus nocturnis et de semine diabolorum. Il a particulièrement sévi à saint-Hélier vers la fin du siècle dernier, probablement en punition des crimes de la Révolution. Les conséquences des excès révolutionnaires sont incalculables. Quoi qu’il en soit, cette survenue possible du démon, la nuit, quand on n’y voit pas clair, quand on dort, embarrassait beaucoup de femmes orthodoxes. Donner naissance à un Voltaire n’a rien d’agréable. Une d’elles, inquiète, consulta son confesseur sur le moyen d’éclaircir à temps ce quiproquo. Le confesseur répondit : − Pour vous assurer si vous avez affaire au diable ou à votre mari, tâtez le front ; si vous trouvez des cornes, vous serez sûre… − De quoi ? demanda la femme.
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  • Par diborde, le 19 juin 2013

    En somme, ce n'était qu'un pauvre homme sachant lire et écrire. Il est probable qu'il était sur la limite qui sépare le songeur du penseur. Le penseur veut, le songeur subit. La solitude s'ajoute aux simples, et les complique d'une certaine façon. Ils se pénètrent à leur insu d'horreur sacrée. L'ombre où était l'esprit de Gilliatt se composait, en quantité presque égale, de deux éléments obscurs tous deux, mais bien différents : en lui, l'ignorance, infirmité; hors de lui, le mystère, immensité.
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  • Par lavinia02, le 02 octobre 2012

    Où le pied ne va pas, le regard peut atteindre ; où le regard s'arrête, l'esprit peut continuer.

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Loin de chercher à faire de Victor Hugo un surréaliste avant la lettre, cette exposition cherche à isoler des parentés et à pointer des préoccupations très modernes de l'écrivain dans ses pratiques du dessin. Visite avec Bruno Decharme cinéaste, collectionneur d'art Brut À VOIR La Cime du rêve - Victor Hugo et le Surréalisme Maison de Victor-Hugo 6, place des Vosges - hôtel de Rohan-Guéménée 75004 Paris Réalisation : Pierrick Allain, Lorraine Rossignol








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