Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique


> Yves Gohin (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070371972
Éditeur : Gallimard (1980)


Note moyenne : 4/5 (sur 234 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
C'est à la fois un conte et un drame héroïque, l'histoire de Gilliat, pêcheur solitaire, amoureux d'une belle jeune femme, qui pour elle s'en va braver l'océan. Propriétaire d'un bateau à vapeur qui vient de subir un naufrage, un vieil... > voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (18)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 19 mars 2015

    LiliGalipette
    Sur l'île de Guernesey, en dépit de sa mauvaise réputation, Gilliat est un homme bon, voire un homme d'exception : marin aguerri, charpentier et maréchal-ferrant à ses heures, Gilliat vit seul et éloigné du monde. Un jour de neige, il tombe amoureux de Déruchette, la jolie nièce de Mess Lethierry, riche propriétaire de l'unique bateau à vapeur de l'île. Quand la Durande fait naufrage, Gilliat se lance dans un sauvetage spectaculaire, espérant gagner le coeur de Déruchette. Mais la belle aimera-t-elle le farouche Gilliat ?
    Une image précède ce roman, celle de Gilliat combattant la pieuvre, hideux monstre plus terrifiant que les tempêtes les plus violentes. « Tous les idéals étant admis, si l'épouvante est un but, la pieuvre est un chef-d'oeuvre. » (p. 434) La lutte entre l'homme et l'animal est fabuleuse, mais j'ai de loin préféré le combat que Gilliat livre à la mer en lui arrachant la carcasse de la Durande. le sauvetage de la machine est épique et conjugue de nombreux éléments tragiques. On trouve la noblesse de coeur, la force physique hors du commun, le courage héroïque et l'humilité généreuse. Gilliat est un martyr de l'amour qui fait de son être une offrande à la mer, seule compagne éternelle.
    Mess Lethierry aime passionnément deux choses : son bateau et sa nièce. Il a d'ailleurs nommé la seconde d'après la première. « Durande et Déruchette, c'est le même nom. Déruchette est le diminutif. » (p. 150) Les deux figures féminines sont jumelles et complémentaires puisque Gilliat, en sauvant l'une, libère l'autre. Dans un roman de Victor Hugo, il n'y a pas d'intrigue ou de personnages secondaires, mais des chemins de traverse qui reviennent toujours au sujet principal : maisons visionnées, contrebandiers, anciennes trahisons, tout cela fait l'objet d'un traitement particulier jusqu'à ce que la tapisserie soit achevée.
    Et surtout, Victor Hugo étudie à fond et il aime ses sujets d'étude. Les travailleurs de la mer est dédié à Guernesey, île refuge où il panse les plaies de l'exil. Un livret précède le roman : L'archipel de la Manche est une cartographie savante et amoureuse des îles anglo-normandes, mais aussi une étude sociohistorique. « Les îles de la Manche sont des morceaux de France tombés dans la mer et ramassés par l'Angleterre. de là une nationalité complexe. Les Jersiens et les Guernesiens ne sont certainement pas anglais sans le vouloir, mais ils sont français sans le savoir. S'ils le savent, ils tiennent à l'oublier. » (p. 42) L'île qui a accueilli l'exilé méritait un hommage, elle a eu un roman et cette reconnaissance est des plus éternelles.
    Du grand Victor, je ne peux que vous conseiller encore et encore Notre Dame de Paris et L'homme qui rit.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 25         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Aaliz, le 12 septembre 2014

    Aaliz
    J'étais fâchée avec Victor Hugo. D'abord, parce que, comme les lycéens de l'an passé, je me suis prise une très mauvaise note au bac de français sur un de ses textes ( alors que je pensais avoir bien réussi ). Je sais … ce n'est pas la faute de ce cher Victor mais voilà, le lycéen est rancunier.
    Ensuite, parce que quand j'ai voulu lui pardonner, je me suis frottée aux Contemplations et me suis rendue compte que je n'avais pas les outils pour apprécier pleinement ce recueil. Certains de ses poèmes sont très personnels ou bien très inspirés de la situation politique de l'époque et lorsqu'on ne maîtrise pas tout ça, on se sent exclu, des allusions nous échappent et j'avais donc l'impression que Victor Hugo me claquait la porte au nez.
    J'ai alors essayé de lire Les Travailleurs de la mer mais j'ai fait l'erreur de commencer par L'Archipel de la Manche, sorte de chapitre préliminaire au roman présentant le cadre géographique du roman : les îles anglo-normandes, leur population, leur géographie, leur faune et flore, leurs us et coutumes. Je ne m'attendais pas à un tel déballage de connaissances avec un côté catalogue et des allures d'étude botanique et sociologique. Résultat : j'ai abandonné.
    Et voilà que Claudialucia lance une lecture commune. Et comme je suis du genre têtue, je me suis inscrite. Cette fois, je n'ai pas commis la même erreur et j'ai commencé directement ma lecture par le roman me réservant le chapitre tant redouté pour la fin. Et j'ai ainsi enfin pu découvrir non seulement l'auteur mais également un grand roman dont je suis ressortie épuisée et bouleversée mais enchantée.
    La suite sur le blog : http://cherrylivres.blogspot.fr/2014/09/les-travailleurs-de-la-mer-victor-hugo.html

    Lien : http://cherrylivres.blogspot.fr/2014/09/les-travailleurs-de-la-mer-v..
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          6 32         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par gouelan, le 14 février 2015

    gouelan
    Ce roman est centré sur le personnage de Gilliat. Gilliat est homme de songes, de rêveries, voyant de la nature. Être de solitude, il n'a pas les mots pour dire ses idées, mais il les perçoit.
    Ce matelot de Guernesey, rend beaucoup de services à la population. Mais il est mal vu. On le prend pour un sorcier, il est « Gilliat le malin. » Il n'est pas seulement matelot, il a de multiples dons.
    Mess Lethierrry possède un bateau à vapeur ; la Durande. Elle assure la liaison avec Saint-malo. Les matelots de l'île en sont jaloux il ne l'aime pas, car elle représente le progrès, qui pour eux n'est pas naturel. La Durande fait naufrage et Mess lethierry déclare que celui qui ira la sauver épousera sa nièce Deruchette.
    Gilliat est déjà très épris de Deruchette. Il l'aime en secret. Il n'hésite à partir seul, affronter les éléments déchainés de la mer, du vent.
    L'épuisement de ses forces n'épuise pas sa volonté. Ni la faim, ni la soif, ni le froid, ni la solitude, ni la tempête, ni la pieuvre, n'auront raison de sa volonté.
    Que lui apportera ce combat acharné ?
    Ce roman est écrit à la manière d'un conte épique. Roman d'aventures, mais surtout roman sur la nature. Les descriptions de l'archipel de la Manche sont riches et majestueuses. La mer, le vent, le ciel, la nuit, y sont décrits comme des personnages. Ils ont leur propre volonté, ils oeuvrent ensemble et l'homme parait bien petit face à eux.
    Gilliat est ébloui devant la grotte sous-marine. Il est philosophe face au spectacle qui s'offre à lui... les oiseaux sont ses amis…Il ne fait plus qu'un avec cette nature, parfois complice, parfois hostile.
    « Les Travailleurs de la mer » n'est pas simple à lire, mais il est riche en descriptions. On y parle philosophie, mystère de l'univers. J'ai beaucoup aimé le personnage de Gilliat, riche de son ignorance et de sa volonté.
    « Il avait pour combustible l'épave, l'eau pour moteur, le vent pour souffleur, une pierre pour enclume, pour art son instinct, pour puissance sa volonté. » ; c'est un artisan,un dompteur.
    « Gilliat était l'homme du songe. de là ses audaces, de là aussi ses timidités. Il avait ses idées à lui. » ; Il ne se préoccupe pas de l'opinion des autres, il mène sa propre barque.
    Il a un coeur simple et généreux. Il est différent et personne ne l'apprécie. Il fait plus partie de ce qui l'entoure, d'un tout, que des hommes.
    Même si parfois on se sent découragé devant les nombreuses descriptions, des passages parfois difficiles à comprendre, ce livre est passionnant.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 21         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Radigan, le 07 octobre 2014

    Radigan
    Ce modeste roman de Victor Hugo, est de loin bien meilleur que toutes les productions littéraires possibles de ses cinquante dernières années.
    Normal, puisque c'est Hugo qui est à la barre.
    C'est lui qui nous guide sur les flots, là où le courage de l'homme se confronte avec le tempérament de la nature.
    Une précision documentaire, un vocabulaire riche et extrêmement intelligent, un récit captivant, et un certain sens de la mise en scène dramatique, comme toujours, illustrant les plus belles ressources de la nature humaine.
    La foi, le courage, la dignité, la fraternité et l'amour, tout cela, très loin des richesses de la cour.
    Et tellement de choses entre les mots, de plaisir dans les descriptions minutieuses, que l'on aurait jamais put autant voyager en prenant un billet d'avion pour l'Australie. Et pourtant ce n'est pas le meilleur d'Hugo, c'est juste un livre énorme, pas mauvais comparé à ce qu'il a put écrire, entre autre chose " Les misérables" meilleur roman jamais imprimé.
    Hugo est un génie intemporel, une figure paternel de la littérature française, il nous décrit qui nous étions, nous rappelle ce que nous sommes encore, au-delà du système défaillant qui est en place et des fils invisibles qui tirent nos vies. Ces romans nous empêchent d'oublier ce qui est essentiel dans le coeur des hommes.
    Voilà toutes les raisons pour lesquelles j'ai lu tous ses romans, ( il n'en a pas écrit tant que ça)
    Je vous le conseille.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 11         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par miriam, le 14 septembre 2014

    miriam
    « Un triple ananké pèse sur nous, l'ananké des dogmes, l'ananké des lois, l'ananké des choses »
    1864, Guernesey inspire à Hugo ce roman, à l'échelle de cette petite île Anglo-normande.
    « Dans les îles comme Guernesey, la population est composée d'hommes qui ont passé leur vie àfaire le tour de leur champ et d'hommes qui ont passé leur vie à faire le tour du monde. Ce sont deux sortes de laboureurs, ceux-ci de la terre, ceux-ci des mers. »
    À part un voyage à saint Malo, il se déroule exclusivement dans l'île et les roches qui affleurent autour du littoral.
    Les personnages :
    Nombre restreint de personnages :
    Gilliatt, barbare antique, « en somme ce n'était qu'un pauvre homme sachant lire et écrire. Il est probable qui'l était sur la limite qui sépare le songeur du penseur, » , Giliatt le malin, le presque sorcier.
    Deruchette « un oiseau qui a la forme d'une fille, quoi de plus exquis ».
    Son oncle, Mess Lethierry marin devenu notable
    , Rantaine et Clubin les associés de Mess Lethierry,
    et le révérend Ebenezer.
    Doit-on compter pour personnage La Durande, le bateau de Mess Lethierry ?
    L'intrigue
    L'intrigue aussi est simple, par comparaison avec celle des romans-fleuves de Victor Hugo.
    Mess Lethierry construisit un bateau à vapeur faisant la navette entre l'île et le continent : la Durande. Il en retira richesse et notoriété malgré l'hostilité des Guernesiais.
    « Dans cet archipel puritain, où la reine d'Angleterre a été blâmée de violer la bible en accouchant par le chloroforme, le bateau à vapeur eut pour premier succès d'être baptisé le bateau-Diable (Devil-Boat) »
    Il fut deux fois floué par ses associés, Rantaine qui s'est sauvé avec une partie de la fortune et Clubin qui, ayant récupéré le trésor de Rantaine, fit échouer la Durande sur un écueil espérant emporter cette richesse au Nouveau Monde. Gilliatt, le solitaire, va sauver la machine à vapeur, espérant à son retour épouser Deruchette.
    Dans une première moitié du livre, L'auteur expose les personnages, situe les lieux, la maison hantée – visionnée – de Gilliatt, le Bû de la rue, celle de Lethierry, les Bravée avec son joli jardin fleuri, le piano de Deruchette, s'étend sur l'arrivée du progrès moderne avec le Devil-boat. Il détaille mentalités et croyances de Guernesey.
    Une lutte fantastique
    La seconde partie, après le naufrage de la Durande raconte la lutte épique de Gilliatt contre les éléments, contre la mer, pour sauver la machine encore intacte et la rapporter dans la panse, son embarcation. Gilliatt – travailleur de la mer – marin, mais aussi charpentier, acrobate, entreprend seul dans les éléments hostiles un chantier titanesque dans les deux piliers – les Douvres –
    « Debout et droites comme deux colonnes noires. Elles étaient jusqu'à une certaine hauteur toutes velues de varech. Leurs hanches escarpées avaient des reflets d'armures.[ ….]Une sorte de toute-puissance tragique s'en dégageait »
    Deux mois, Gilliatt va survivre en se nourrissant de coquillages, de crabes trouvés sur les rochers. Il va ramasser toutes les matières premières utiles au chantier, construire une forge… et n'aura pour seuls compagnons que les oiseaux, mouettes et goélands. Victor Hugo raconte par le détail tous les progrès de l'évasion de la machine il empruntera les techniques de nombreux métiers. Et quand l'oeuvre sera réalisée, il lui faudra encore vaincre la tempête ! Luxe de détails techniques, de termes de marine, d'astronomie, et aussi, et surtout fantastique découverte de la caverne extraordinaire, la première fois merveille
    « La lumière était une énigme : on eût dit la lueur glauque de la prunelle d'un sphinx. Cette cave figurait le dedans d'une tête de mort énorme et splendide […] Cette bouche, avalant et rendant le flux et le reflux, béante au plein midi extérieur buvait de la lumière et vomissait l'amertume [le rayon de soleil, en traversant ce porche obstrué d'une épaisseur vitreuse d'eau de mer, devenait vert comme un rayon d'Albaran ». je recopierais avec plaisir tout le chapitre décrivant la cave.
    « On pouvait, devant cette sculpture où il y avait un nuage, rêver de Prométhée ébauchant pour Michel Ange »
    Dans cette cave – comme dans la tempête – je découvre un Hugo fantastique qui me fait penser à ses dessins.
    Gilliatt reviendra dans la cave qui prendra une dimension effrayante, il y découvrira le squelette de Clubin mangé par les crabes, et c'est aussi là qu'il combattra la pieuvre.
    Gilliatt était une espèce de Job de l'océan. Un Job Prométhée.
    De retour à Guernesey, la machine dans la panse, il croit trouver la gloire et surtout épouser Deruchette. Mais un happy end n'aurait pas cadré avec ce roman fantastique.


    Lien : http://miriampanigel.blog.lemonde.fr
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 3         Page de la critique

> voir toutes (70)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Rosalinde, le 20 juin 2015

    Quand Dieu veut, il excelle dans l'exécrable.
    Le pourquoi de cette volonté est l'effroi du penseur religieux.
    Tous les idéals étant admis, si l'épouvante est un but, la pieuvre est un chef-d'œuvre.
    La baleine a l'énormité, la pieuvre est petite ; l'hippopotame a une cuirasse, la pieuvre est nue ; la jararaca a un sifflement, la pieuvre est muette ; le rhinocéros a une corne, la pieuvre n'a pas de corne ; le scorpion a un dard, la pieuvre n'a pas de dard ; le buthus a des pinces, la pieuvre n'a pas de pinces ; l'alouate a une queue prenante, la pieuvre n'a pas de queue ; le requin a des nageoires tranchantes, la pieuvre n'a pas de nageoires ; le vespertilio vampire a des ailes onglées, la pieuvre n'a pas d'ailes ; le hérisson a des épines, la pieuvre n'a pas d'épines ; l'espadon a un glaive, la pieuvre n'a pas de glaive ; la torpille a une foudre, la pieuvre n'a pas d'effluve ; le crapaud a un virus, la pieuvre n'a pas de virus ; la
    vipère a un venin, la pieuvre n'a pas de venin ; le lion a des griffes, la pieuvre n'a pas de griffes ; le gypaète a un bec, la pieuvre n'a pas de bec ; le crocodile a une gueule, la pieuvre n'a pas de dents.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 5         Page de la citation

  • Par Virgule-Magazine, le 16 juin 2015

    Une tête massive en bas et étroite en haut, un corps trapu, un ventre visqueux et difforme […], de courtes jambes, de longs bras, pour pieds des nageoires, pour mains des griffes, un large visage vert […]. Son nombril est hideux. Une carapace de squames lui cache les côtes […]. Il se tient tout entier hors de l'écume, et, s'il y a à l'horizon des navires en détresse, blême dans l'ombre, la face éclairée de la lueur d'un vague sourire, l'air fou et terrible, il danse.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 1         Page de la citation

  • Par Virgule-Magazine, le 16 juin 2015

    La mélancolie est un crépuscule. La souffrance s'y fond dans une sombre joie. La mélancolie, c'est le bonheur d'être triste.

    Commenter     J’apprécie          0 1         Page de la citation

  • Par Radigan, le 07 octobre 2014

    Tout à coup, prés d'un bouquet de chênes verts qui est à l'angle d'un courtil, au lieu dit les basses maisons, elle se retourna et ce mouvement fit que l'homme la regarda . Elle s’arrêta, parût le considérer un moment, puis se baissa et l'homme crut voir qu'elle écrivait quelque chose avec son doigt sur la neige. Elle se redressa, se remit en marche, doubla le pas, se retourna encore, cette fois en riant, et disparut à gauche du chemin, dans le sentier bordé de haies qui mène au château de Lierre. L'homme quand elle se retourna pour la seconde fois, reconnut Déruchette, ravissante fille du pays.
    Il n'éprouva aucun besoin de se hâter, et quelques instants après, il se trouva prés du bouquet de chênes à l'angle du courtil. Il ne songeait déjà plus la passante disparue, et il est probable que si, en cette minute-là, quelque marsouin eût sauté dans la mer ou quelque rouge gorge dans les buissons, cet homme eût passé son chemin, l’œil fixé sur le rouge gorge ou le marsouin. Le Hasard fit qu'il avait les paupières baissées, son regard tomba machinalement sur l'endroit où la jeune fille s'était arrêtée. Deux petits pieds s'y étaient imprimés, et à coté il lut ce mot tracé par elle dans la neige : Gilliatt.
    Ce mot était son nom.
    Il s'appelait Gillliatt.
    Il resta longtemps immobile, regardant ce nom, ces petits pieds, cette neige, puis continua sa route, pensif.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 8         Page de la citation

  • Par gwenlaot, le 06 janvier 2012

    Cette bête s'applique sur sa proie, la recouvre, et la noue de ses longues bandes. En dessous elle est jaunâtre, en dessus elle est terreuse; rien ne saurait rendre cette inexplicable nuance poussière; on dirait une bête faite de cendre qui habite l'eau. Elle est arachnide par la forme et caméléon par la coloration. Irritée, elle devient violette. Chose épouvantable, c'est mou.
    Ses noeuds garrotent; son contact paralyse.
    Elle a un aspect de scorbut et de gangrène. C'est de la maladie arrangée en monstruosité.
    Elle est inarrachable. Elle adhère étroitement à sa proie. Comment?Par le vide.Les huit antennes, larges à l'origine, vont s'effilant et s'achèvent en aiguilles. Sous chacune d'elles s'allongent parallèlement deux rangées de pustules décroissantes, les grosses près de la tête, les petites à la pointe. Chaque rangée est de vingt-cinq; il y a cinquante pustules par antenne, et toute la bête en a quatre cents. Ces pustules sont des ventouses.
    (...) C'est la machine pneumatique qui vous attaque. Vous avez affaire au vide ayant des pattes. Ni coups d'ongles, ni coups de dents; une scarification indicible. Une morsure est redoutable; moins qu'une succion. La griffe n'est rien près de la ventouse. La griffe, c'est la bête qui entre dans votre chair; la ventouse, c'est vous-même qui entrez dans la bête.(...) Il vous tire à lui et en lui, et, lié, englué, impuissant, vous vous sentez lentement vidé dans cet épouvantable sac, qui est un monstre.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 5         Page de la citation

> voir toutes (81)

Videos de Victor Hugo

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Victor Hugo

- Honoré de Balzac,"Eugénie Grandet", le livre de poche -
Tout est grand dans ce célèbre roman, sans que rien ne bouge. Eugénie est une sorte de sainte selon l'homme, toujours fidèle à une même pensée, mais toute naturelle. [...] Au rebours on trouvera dans Eugénie tous les stratagèmes du coeur, et un vrai courage à affronter le terrible homme aux gants de cuir. On a tout dit sur Grandet. On a moins remarqué ce mot de reine, lorsque Eugénie se trouve maîtresse d'une immense fortune et assiégée d'intrigues. Elle répond : Nous verrons cela » comme son père faisait. [...] Ainsi l'âme de Grandet finit par être sauvée. Alain, Propos sur Balzac.

- Victor Hugo, "L'Homme qui rit", Gallimard -
À travers la destinée extraordinaire de Gwynplaine, L'Homme qui rit, Victor Hugo brosse un tableau épique de l'aristocratie anglaise des années 1700. À la fois roman d'aventures, exposé historique et social, drame injouable et poème visionnaire, ce roman est le plus fou de tous ceux de Hugo. C'est aussi le plus riche des obsessions de son auteur. le bateau pris dans la tempête, le pendu servant de vigie, la cabane-théâtre des saltimbanques, les tirades philosophiques d'Ursus, les machinations du traître, la chirurgie monstrueuse, le portrait de la princesse perverse, l'or des palais et le scandale à la chambre des lords sont, plus que des morceaux de bravoure, des morceaux d'anthologie.








Sur Amazon
à partir de :
7,13 € (neuf)
3,12 € (occasion)

   

Faire découvrir Les Travailleurs de la mer par :

  • Mail
  • Blog

Découvrez la collection Folio

> voir plus

Lecteurs (867)

> voir plus

Quiz