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Jean-Marc Hovasse (Éditeur scientifique)Guy Rosa (Éditeur scientifique)
ISBN : 2742765069
Éditeur : Actes Sud (14/03/2007)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 19 notes)
Résumé :

Réfugié à Bruxelles au sortir de la résistance armée contre le coup d'Etat de décembre 1851, qui lui avait fait mettre ses jours en danger, Victor Hugo compose en quelques semaines le plus éclatant pamphlet politique de toute l'histoire. "Je n'ai pas l'intention de faire un livre", écrivait-il alors, "je pousse un cri." Aussi brillant que profond et clairvoyant, Napoléon le Petit n'empêcha certes pas son a... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (4) Ajouter une critique
dgwickert
04 février 2017
Superbe colère de Victor ! En 1848, le prince-président Louis Bonaparte prête serment à la constitution. Son mandat est de 4 ans, non reconductible. le 2 décembre 1851, en dictateur, il fait un coup d'état, il édicte 6 décrets autoritaires pour conserver le pouvoir, parjure son serment, et dissout l'assemblée nationale. Paris outragé élève des barricades. Que fera Louis Bonaparte ? le 4 décembre, c'est la nuit des longs couteaux, la nuit de cristal, sauf que c'est l'après midi : "Qu'on exécute mes ordres !"
"Subitement, comme nous venons de le dire, la cavalerie, l'infanterie, l'artillerie, firent front à la foule massée sur les trottoirs, et sans qu'on pût deviner pourquoi, brusquement, sans motif, "sans sommation", comme l'avaient déclaré les infâmes affiches du matin, du Gymnase jusqu'aux Bains chinois, c'est à dire dans toute la longueur du boulevard le plus riche, le plus vivant et le plus joyeux de Paris, une tuerie commença."
Ce livre est trop riche pour que j'en tire la substantifique moelle, mais ce que je ressens, c'est que contrairement à l'histoire scolaire sans saveur et sans odeur (sauf pour 1789), la personnalité de Louis est bien cernée : après un essai de passage en force à Strasbourg, puis à Boulogne et un passage à la prison de Ham, il récidive, d'une manière obsessionnelle à essayer de ressembler à son oncle. La relative tolérance de Victor Hugo pour Napoléon premier, bien qu'il soit contre la guerre, ne passe pas auprès de Napoléon le Petit, car ce que le premier a acquis par son génie, le neveu le fait passer par le vol, le mensonge, la corruption, le crime et la terreur. Il est à l'origine de 1000 morts innocents et désarmés, femmes et enfants, et 60.000 déportés :
"L'assassin, penché sur l'assassiné et le couteau levé, lui crie : je t'ai arrêté, saisi, terrassé, dépouillé, volé, percé de coups, te voila sous mes pieds, ton sang coule par vingt plaies ; dis moi que tu TE REPENS, et je n'achèverai pas de te tuer."
Car ce n'est pas tout : il y a le plébiscite du 20 décembre 1851....
Il a tué les quatre piliers de la République en les corrompant : l'armée, les fonctionnaires, le clergé, la magistrature.
Victor Hugo a contribué à accréditer " la légende noire" de Louis Bonaparte, car ce retour en arrière politique le met en colère, lui, le républicain fervent.
On dirait aujourd'hui que Louis Bonaparte est un manipulateur, pervers narcissique, il y en eut beaucoup, de Nemrod à Hitler, qui accédèrent aux responsabilités, en passant par (Hugo cite) Busiris, Phalaris, Assuérus, Néron, Tibère, Domitien, Caracalla, Héliogabale, Commode, Borgia, Philippe dit Le Bon, Richard III, Henry VIII, Christiern II, Philippe II.
De Bruxelles, où il écrit, huit mois après le coup d'état, ce pamphlet, Victor Hugo donne une belle explication divine de cette épreuve...
Mais je me pose deux questions :
1) n Comment Casablanca a t-il "emprunté" les 25 millions de Francs à la Banque pour que Louis fasse son coup d'état et corrompe tous ses fonctionnaires ?
2) Hugo pensait que l'usurpateur de la république durerait peu d'années. Comment a t-il tenu 18 ans ? Certes, il y a eu une conjoncture économique favorable...
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milamirage
12 mars 2012
Aujourd'hui, ce n'est pas une critique que je vous livre, mais une auto-critique.
Je veux absolument rendre à César ce qui est à César, ou plutôt à Victor Hugo ce qui lui appartient ! J'ai ajouté une citation à ce livre, il y a seulement quelques jours, et je viens de m'apercevoir qu'elle n'appartient pas au recueil : c'est effectivement dans l'oeuvre, mais pas du tout sous cette forme, ni dans cet ordre... Petits bouts de phrases picorés ça et là dans les textes, en prenant bien soin de prendre celles où se trouve "petit" "président" et "princesse étrangère"... Deux mots m'avaient mis la puce à l'oreille (président et bourse), mais je ne m'y suis pas arrêtée comme je l'aurai dû. Moi qui ai tant aimé étudier cet écrivain, et en particulier "La légende des siècles", je m'en veux terriblement pour cette bévue monumentale.
En espérant que vous vous montrerez indulgent, je vous prie de bien vouloir pardonner cette grossière erreur.
Mila
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JulyF
27 août 2012
Attaque au vitriol de Napoléon III, concentrée sur sa prise de pouvoir : Hugo rappelle le serment que le prince-président avait prêté devant l'Assemblée Nationale, décrit un massacre de rue dans les jours suivant le 2 décembre, s'insurge contre le serment à l'Empereur exigé de tous les fonctionnaires... Je l'ai lu pendant l'insurrection syrienne, à l'été 2012, et je voyais des échos à ma lecture dans les mots employés par les journaux pour décrire Bachar al-Assad et le traitement infligé à sa population.
Une lecture salutaire, qui nous rappelle que la démocratie ne vient pas seule après des décennies d'autocratie, et qu'il est du devoir de chaque citoyen de la défendre quand elle est en danger.
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Chasto
15 décembre 2015
Ouvrage qui valu à l'auteur, un exil forcé.
De cet exil une amitié se nouera avec un certain Pierre Jules stahl.
Ce dernier éditera Les Châtiments d'un certain Victor Hugo.
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Citations & extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
dgwickertdgwickert01 février 2017
Subitement, comme nous venons de le dire, la cavalerie, l'infanterie, l'artillerie, firent front à la foule massée sur les trottoirs, et sans qu'on pût deviner pourquoi, brusquement, sans motif, "sans sommation", comme l'avaient déclaré les infâmes affiches du matin, du Gymnase jusqu'aux Bains chinois, c'est à dire dans toute la longueur du boulevard le plus riche, le plus vivant et le plus joyeux de Paris, une tuerie commença.

NDL : on est le 4 décembre 1851 : le prince-président appuie son Coup d'Etat par la terreur.
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milamiragemilamirage06 mars 2012
Que peut-il ? Tout.
Qu'a-t-il fait ? Rien.
Avec cette pleine puissance,
en huit mois un homme de génie
eût changé la face de la France,
de l'Europe peut-être.
Seulement voilà, il a pris la France
et n'en sait rien faire.
Dieu sait pourtant que le Président se démène :
il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ;
ne pouvant créer, il décrète ; il cherche
à donner le change sur sa nullité ; c'est
le mouvement perpétuel ; mais, hélas !
cette roue tourne à vide.

L'homme qui, après sa prise de pouvoir
a épousé une princesse étrangère
est un carriériste avantageux.
Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots,
ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir.
Il a pour lui l'argent, l'agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort.
Il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse.
Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit
et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve énorme,
il est impossible que l'esprit n'éprouve pas quelque surprise.
On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds,
lui rit au nez, la brave, la nie, l'insulte et la bafoue !

Triste spectacle que celui du galop, à travers l'absurde,
d'un homme médiocre échappé.
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shiningSKshiningSK11 juillet 2011
Le grand talent de Napoléon Bonaparte est le silence (...) Il ne parle pas, il ment (...) Machiavel a fait des petits, il en est un (...) Il ne fait rien (...) Il cherche à donner le change sur sa nullité (...) Qui est à l'Elysée et aux Tuileries? Le crime. Qui siège au palais Bourbon? L'imbécilité. Qui siège au palais d'Orsay? La corruption (...) Nous ne nous laisserons pas abattrent (...) L'avenir c'est la République pour tous, la paix avec tous.
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feanorafeanora28 décembre 2015
Il y a donc dans une boutique où se fabriquent les lois et les budgets un maitre de maison, le conseil d'état, et un domestique, le corps législatif.
Aux termes de la Constitution, qui est-ce qui nomme le maitre de maison? M Bonaparte. Qui est-ce qui nomme le domestique? La Nation. C'est bien.
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liberligerliberliger19 février 2014
La situation présente, qui semble calme à qui ne pense pas, est violente, qu'on ne s'y méprenne point. Quand la moralité publique s'éclipse, il se fait dans l’ordre social une ombre qui épouvante.
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>Histoire de France>France : histoire>Deuxième République,Second Empire (16)
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