> Bernard Leuilliot (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253160784
Éditeur : Le Livre de Poche (2001)


Note moyenne : 4.08/5 (sur 146 notes) Ajouter à mes livres
Dans la production littéraire prodigieuse de Victor Hugo, Quatre-vingt-treize est la dernière œuvre de l'exil, une vaste fresque historique publiée en 1874, entre la première édition des Châtiments et la dernière série d... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Sullyvan, le 29 avril 2012

    Sullyvan
    "Dans la Vendée de 1793, trois personnages s'affrontent : l'aristocrate Lantenac, fidèle à son passé, son petit-neveu Gauvain, tourné vers l'avenir généreux de la République, et le conventionnel Cimourdain, plus durement soucieux des exigences présentes de la Révolution et de la Terreur. Dans cette épopée où le romancier mêle la fiction de l'intrigue et la réalité de l'Histoire - Danton, Robespierre et Marat sont au centre du livre -, chacun des trois héros se trouve ainsi guidé par une certaine idée du devoir et de l'honneur. Et chacun sera conduit à une forme d'héroïsme qui n'écarte pas la mort.
    L'écrivain se refuse donc à trancher, et Quatrevingt-treize n'est pas un roman à thèse : " Je ne veux ni du crime rouge ni du crime blanc ." "
    ***
    Tout commence par une date. Quatrevingt-treize. Fichée sur ses deux majuscules, elle tombe d'entrée comme un couperet tranchant, offrant une réponse sanglante à cet abîme, la Révolution. Quatrevingt Treize. Là où tout commence, ou bien là où tout s'achève - c'est à peu près la même chose. Une tête coupée. Une couronne par terre. Et un cri : "Vive la république !"
    Pourtant Quatrevingt Treize n'a rien d'un roman historique. Je ne parle pas du soi-disant conflit entre légende et vérité qui entache l'œuvre d'Hugo. En fait, pourquoi la légende ne serait-elle pas vraie ? Faudrait-il laisser au fossé, rebut de l'histoire, la "vérité de la légende" ? Non, dans Quatrevingt Treize, j'ai cru lire autre chose, qui m'a paru un mystère d'abord, un éclair terrible, ensuite, une vérité, enfin. En fait, je ne peux pas m'empêcher de laisser le combat politique à sa place. Derrière. Ou devant peut-être. En tout cas, bien loin. Car le combat n'est pas celui des bleus et des blancs (d'ailleurs, Louis XVI est déjà mort, avant que ça ne commence, et Lantenac vit encore, quand tout s'arrête), c'est le combat d'hommes.
    Des hommes et des femmes qui n'ont jamais vraiment choisi leur voie. Qui ne savent jamais vraiment où aller. Comme nous tous. Souvent se présentent deux routes, et vient l'heure d'un choix. Cimourdain, le prêtre, qui suit son instinct... maternel. Lantenac, qui, devant la forêt et le ravin, refuse de faire son choix. Et la mère, partie à la recherche de ses trois enfants, qui, elle, n'a plus vraiment de chemin, parce qu'il n'y a pas de choix à faire.
    "Jamais dans aucun combat, Satan n'avait été aussi visible, ni Dieu."
    Quatrevingt Treize, c'est donc le récit d'un homme en souffrance. de l'homme songeur devant un précipice. de l'auteur, sans doute. Peut-on réellement faire autrement qu'avoir pitié pour ces enfants, qui n'ont rien à voir avec la guerre des hommes, enfants innocents dont l'innocence même réveille la plus pure innocence qui sommeille chez Lantenac, le marquis, le prince de Bretagne ? Cette plus pure innocence, c'est l'homme. Et Lantenac est un héros magnifique pour avoir su être homme. Comme Gauvain, qui comprend que sa république est autre et qu'il ne peut que mourir.
    "Et l'on pouvait dire : non, la guerre civile n'existe pas, la barbarie n'existe pas, la haine n'existe pas, le crime n'existe pas, les ténèbres n'existent pas ; pour dissiper ces spectres, il suffit de cette aurore, l'enfance."
    Une conscience tragique parmi des hommes inconscients ! Voilà ce que je trouve dans Gauvain.
    Au choix de la conscience, il n'y a dès lors qu'une seule réponse possible. L'échafaud.
    En définitive, en fermant ce livre, on se réconcilie avec soi-même, comme fâché avec le monde.
    Car l'homme peut être sublime, dans sa cruauté.
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    • Livres 4.00/5
    Par olivberne, le 27 février 2012

    olivberne
    Je l'ai étudié en 4e (en oeuvre intégrale, impensable aujourd'hui!), pas relu depuis, mais je garde le souvenir d'une oeuvre riche en rebondissemeents, en personnages vrais et absolus, en longues descriptions poétiques qui font de Hugo un poète dans ses romans. Je crois qu'il a un peu vieili et que les personnages sont considérés aujourd'hui comme trop caricaturaux, Hugo voulant régler des comptes avec lui-même et son histoire. Mais il restera pour moi un vrai bonheur de la prime adolescence, quand je découvrais le plaisr de lire.
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    • Livres 4.00/5
    Par monito, le 11 septembre 2009

    monito
    Commenter Victor Hugo revêt un caractère quelque peu prétentieux. Parler du style, du caractère savant et quasi scientifique des descriptions, évoquer la richesse du vocabulaire, le jeu des mots et la puissance qui s'en échappe, sont forcément fades pour dire à quel point Hugo incarne le romantisme du XIXème.
    Ce roman de trois hommes pris dans la tourmente révolutionnaire à un de ses nombreux tournants, 1793, est comme un livre d'une Histoire rendue humaine.
    Mettre des sentiments, contextuer l'action de ces hommes et quelques femmes qui ont fait notre histoire suscitent un nouveau regard sur une période rarement bien « traitée à l'école » (enfin ce qui me concerne).
    Ce roman, le dernier de l'auteur est aussi une somme de messages, souvent symboliques et dont la puissance provient de l'immanence. Entre pays et patrie, entre raison et sentiment, entre justice et équité, les développements d'Hugo restent d'une actualité déconcertante.
    De très grands moments de littérature émaillent ce roman, je n'en retiens que deux exemples : la lutte entre l'homme et la machine sur la corvette « Claymore » et la description de la bataille finale de « La Tourgue » : un intensité, une précision, un réalisme, une beauté picturale !
    Enfin et bien sûr, le double visage d'une révolution, GAUVAIN et CIMOURDAIN. Une révolution qui reste constitutive des républicains que nous sommes et sur laquelle nous n'avons toujours pas fini de réfléchir…
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    • Livres 5.00/5
    Par diborde, le 10 mai 2012

    diborde
    Très bonne approche des guerres de Vendée pour toute personne, petits ou grands, souhaitant comprendre les grandes lignes de la Révolution. le tout sous la plume formidable de Victor Hugo, rien de mieux pour découvrir ou redécouvrir cet auteur qui rend simple un thème dont la plupart des écrivains n'y sont pas arrivés.
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  • Par Aela, le 18 février 2011

    Aela
    L'épopée de la Révolution française à travers l'histoire de trois homme, le marquis de Lantenac, meneur de la contre-révolution vendéenne, l'abbé Cimourdain, acquis aux idées du peuple, et Gauvain, son fils adoptif, neveu du marquis. Un chef-d'oeuvre habité par le thème hugolien de la rédemption.
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Citations et extraits

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  • Par Fremen, le 06 mars 2011

    (Citation un peu longue sans doute mais quelle puissance dans ce passage...)

    Danton venait de se lever ; il avait vivement reculé sa chaise.

    - Ecoutez, cria-t-il. Il n'y a qu'une urgence, la République en danger. Je ne connais qu'une chose, délivrer la France de l'ennemi. Pour cela tous les moyens sont bons. Tous ! tous ! tous ! Quand j'ai affaire à tous les périls, j'ai recours à toutes les ressources, et quand je crains tout, je brave tout. Ma pensée est une lionne. Pas de demi-mesures. Pas de pruderie en révolution. Némésis n'est pas une bégueule. Soyons épouvantables et utiles. Est-ce que l'éléphant regarde où il met sa patte ? Ecrasons l'ennemi.

    Robespierre répondit avec douceur :

    - Je veux bien.

    Et il ajouta :

    - La question est de savoir où est l'ennemi.
    - Il est dehors, et je l'ai chassé, dit Danton.
    - Il est dedans, et je le surveille, dit Robespierre.
    - Et je le chasserai encore, reprit Danton.
    - On ne chasse pas l'ennemi du dedans.
    - Qu'est-ce donc qu'on fait ?
    - On l'extermine.
    - J'y consens, dit à son tour Danton.

    Et il reprit :

    - Je vous dis qu'il est dehors, Robespierre.
    - Danton, je vous dis qu'il est dedans.
    - Robespierre, il est à la frontière.
    - Danton, il est en Vendée.
    - Calmez vous, dit une troisième voix, il est partout ; et vous êtes perdus.

    C'était Marat qui parlait.
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  • Par diborde, le 15 mai 2010

    J'existe par vous. Je n'étais qu'un seigneur, vous avez fait de moi un citoyen; je n'étais qu'un citoyen, vous avez fait de moi un esprit; vous m'avez fait propre, comme homme, à la vie terrestre, et, comme âme, à la vie céleste.
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  • Par diborde, le 15 mai 2010

    J'entends l'immense concession réciproque que chacun doit à tous et que tous doivent à chacun, et qui est toute la vie sociale.
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  • Par diborde, le 15 mai 2010

    Dans ce souper, Gauvain mangeait et Cimourdain buvait, signe du calme de l'un et de la fièvre de l'autre.
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  • Par baldron, le 11 avril 2008

    «Vous voulez les misérables secourus, moi je veux la misère supprimée.»
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Vidéo de Victor Hugo

Hugh Jackman et Anne Hathaway sur le plateau de l'adaptation cinématographique des Misérables de Victor Hugo par Tom Hooper (Discours d'un roi).








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