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Commenter Victor Hugo revêt un caractère quelque peu prétentieux. Parler du style, du caractère savant et quasi scientifique des descriptions, évoquer la richesse du vocabulaire, le jeu des mots et la puissance qui s’en échappe, sont forcément fades pour dire à quel point Hugo incarne le romantisme du XIXème.
Ce roman de trois hommes pris dans la tourmente révolutionnaire à un de ses nombreux tournants, 1793, est comme un livre d’une Histoire rendue humaine.
Mettre des sentiments, contextuer l’action de ces hommes et quelques femmes qui ont fait notre histoire suscitent un nouveau regard sur une période rarement bien « traitée à l’école » (enfin ce qui me concerne).
Ce roman, le dernier de l’auteur est aussi une somme de messages, souvent symboliques et dont la puissance provient de l’immanence. Entre pays et patrie, entre raison et sentiment, entre justice et équité, les développements d’Hugo restent d’une actualité déconcertante.
De très grands moments de littérature émaillent ce roman, je n’en retiens que deux exemples : la lutte entre l’homme et la machine sur la corvette « Claymore » et la description de la bataille finale de « La Tourgue » : un intensité, une précision, un réalisme, une beauté picturale !
Enfin et bien sûr, le double visage d’une révolution, GAUVAIN et CIMOURDAIN. Une révolution qui reste constitutive des républicains que nous sommes et sur laquelle nous n’avons toujours pas fini de réfléchir…