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Sylvie Servoise (Préfacier, etc.)
ISBN : 2266152203
Éditeur : Pocket (2005)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 876 notes)
Résumé :
" ... Quel miracle que ta pièce, mon pauvre bien-aimé... Jamais je n'avais rien entendu de si magnifique... C'est une richesse, une magnificence, un éblouissement... mon esprit en est encore plus obscurci, comme quand les yeux ont trop longtemps fixé le soleil... " Juliette Drouet.

" A propos, Ruy Blas est une énorme bêtise, une infamie en vers... " Balzac.

" Quelle brusque et prodigieuse fanfare dans la langue que ces vers de Victor Hu... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (44) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
27 août 2013
  • 3/ 5
Hum ! Hum ! Je n'ai pas franchement aimé, Victor,
ce mets que vous nous avez servi à peine
échauffé, tiède, sans sel ni bel accord.
Quoi ! D'un plat si bas faire un repas de reine ?
Qu'était-ce, au juste ? Un ragout de castor ?
Du madrépore ? Un morceau de cul-de-porc ?
Que sais-je encore ? Non, vous plaisantez Victor !
Et vous voulez qu'un tel repas tienne au corps ?
Non, non, cher drôle, cessez ces sauces lourdes ;
nous allons produire des météores
et flatuler jusqu'à nous en rendre sourdes
si par malheur vous nous en servez encore !
Que diable ! Une fable ! du feu ! du fluor !
Voilà ce qu'il faut à nos dents d'alligator !
Affutez-moi vos histoires d'un gros piment
rouge et faites qu'au moins les verbes nous touchent.
Je ne veux pas vous faire la fine bouche
mais céans je ne saurais faire compliment
à ce vieux frère d'Hugo pour son Ruy Blas,
dont les actes et les tirades me lassent.
Il est si bon parfois, il est souvent si fort
qu'on peut bien pardonner à notre ami Victor.
Au vrai, cette pièce n'est pas un drame,
on peut trouver pire et beaucoup plus infâme
mais quand on connaît l'homme dans ses grands moments
on peine à lui voir fair de si faibles élans.
Qui suis-je, au demeurant, pour de la sorte
discuter de mon coeur et de son aorte ?
Ruy Blas est un laquais épris de la reine.
L'Espagne a connu des heures plus sereines.
Là les grands du royaume sont dans l'arène
et dans leur direction tirent tous les rênes.
La reine s'en est prise au fat don Salluste
qui n'aura donc de cesse que de se venger
d'une sentence que lui juge injuste.
Pour ce faire, c'est Ruy Blas qu'il va engager.
Tout ça sans oublier un certain don César
qui dans la pièce parfois choit par hasard...
Mais d'en dire bien davantage je n'ose,
car ce n'est que mon avis..., oui..., pas grand-chose...
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juliette2a
31 décembre 2014
  • 4/ 5
Décidément, le théâtre est un genre littéraire que j'affectionne ! Cette fois-ci, c'est Ruy Blas qui m'a conquise !
Victor Hugo, que j'avais déjà eu le plaisir de lire avec Claude Gueux, nous conte les aventures de Ruy Blas, un valet dont le destin va basculer lorsque son maître, Don Salluste, décide de se venger de la Reine d'Espagne, épouse délaissée de Charles II. Don Salluste demande à Ruy Blas, passionnément amoureux de la Reine, de séduire celle-ci afin de « préparer le terrain » pour la mise à exécution de son plan cruel…
C'est l'occasion pour Victor Hugo –caché derrière le personnage de Ruy Blas- de critiquer l'attitude égoïste et irréfléchie des dirigeants de son époque :
« Ô ministres intègres !
Conseillers vertueux ! Voilà votre façon
de servir, serviteurs qui pillez la maison !
Donc vous n'avez pas honte et vous choisissez l'heure,
l'heure sombre où l'Espagne agonisante pleure !
Donc vous n'avez pas ici d'autres intérêts
que remplir votre poche et vous enfuir après !
Soyez flétris, devant votre pays qui tombe,
fossoyeurs qui venez le voler dans sa tombe ! »
Dès les premiers vers, majestueusement écrits en alexandrins, j'ai été emportée par l'histoire si touchante de Ruy Blas, ce « ver de terre amoureux d'une étoile », et je me suis très vite attachée à ce personnage sincère, mais hélas tragique. J'ai également apprécié la Reine, paradoxe de la condition humaine, qui désire ce qu'elle ne possède plus, et ne souhaite –dans son existence morne- que quelques preuves d'amour de la part de son mari absent.
Bref, je ne peux que souligner le talent de Victor Hugo, qui est, et on ne cessera jamais de le répéter, un Grand maître de la littérature française.
A lire !
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chartel
16 mai 2009
  • 4/ 5
Quand un auteur est convaincu de l'enjeu politique et social de la littérature, il est inévitablement porté à s'intéresser au théâtre, art bien plus populaire que celui de la littérature, surtout au XIXe siècle, quand le théâtre était le seul moyen de transmettre une oeuvre écrite inaccessible à la majorité analphabète d'une population.
Victor Hugo étant un auteur ayant toujours cherché à créer pour ceux qui n'en n'ont pas les moyens et en ont le plus besoin, il était logique qu'il lance définitivement sa carrière littéraire par le théâtre, et pas n'importe quel théâtre, un théâtre débarrassé des restrictions classiques, un théâtre romantique, exalté, lyrique et emporté, cherchant à satisfaire autant l'intellectuel porté sur l'exactitude historique et le caractère des personnages que le sentimental adepte des intenses peintures des passions.
Lancé par "Cromwell" et surtout par "Hernani" , le drame romantique hugolien atteint son apogée avec "Ruy Blas". Bien que ce texte puisse heurter, et même faire sourire, les professionnels de notre théâtre contemporain, il n'en garde pas moins une grande fraîcheur par la beauté et la vigueur de ses vers, la force de ses images et son indéniable caractère populaire. Il est vrai qu'aujourd'hui, les auteurs cherchent avant tout à ne pas être populaire et à créer, non pas pour tous, mais pour certains. le théâtre perd ainsi (peut-être au profit de la télévision et du cinéma ?) ce qui fit sa grandeur et lui donnait tout son sens : être l'élément déclencheur d'un engouement populaire, être créateur de lien social. Ce que Victor Hugo réussit à faire par son théâtre, par ce fameux drame éminemment politique d'un valet épris de la reine d'Espagne, d'un homme du peuple ayant des velléités d'insoumission, d'égalité et de liberté, dans un temps où les incompétences de l'aristocratie commençait à faire de l'ombre aux nouvelles forces et aux volontés aiguisées d'une classe bourgeoise désirant tenir, elle aussi, les rênes de son destin.
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tiptop92
31 mars 2016
  • 3/ 5
Ruy Blas est un hommage rendu à Corneilles par Victor Hugo. Quand un géant s'inspire d'un autre géant, on pourrait s'attendre à une œuvre extraordinaire… force est de reconnaitre que ce n'est pas le cas ici car après une première partie flamboyante la pièce tombe dans une facilité bien éloignée des canons du grand tragédien du 17° siècle. La lecture pourtant commençait bien : le valet amoureux de la reine qui dépose tous les jours une fleur sur son balcon était touchant et le machiavélisme de son maitre bannis tortueux. Celui-ci au courant du manège décide de se venger de la souveraine responsable de sa disgrâce par l'intermédiaire de son domestique en le faisant passer pour un cousin rentrant de l'étranger. Bien sûr, rien ne se passe comme il l'espérait : Son faire valoir devient le favori du roi et son premier ministre avec l'idée de sauver l'Espagne de la corruption… un amour platonique s'installe alors entre le faux dignitaire et la reine et celui-ci touche enfin son rêve quand réapparait le proscrit bien décidé à se venger…. C'est à partir de ce moment que la pièce se délite comme si l'auteur avait été victime d'une panne d'inspiration ou que pris par un projet plus important, il avait décidé d'abrégé celui-ci. La scène finale ou tous les personnages se retrouvent comme par hasard dans la même maison pour un dernier règlement de compte n'est vraiment pas ce que Victor Hugo a fait de mieux tandis que la chute copiée de Roméo et Juliette est tout juste digne de lui… deux sentiments se combattent donc à la lecture de cette œuvre : l'admiration pour la première partie du livre rédigée dans des vers magnifiques et la frustration devant la baisse d'intensité de l'intrigue et les rimes boiteux qui en font la fin… c'est un livre à connaitre mais qui souffre de la comparaison avec ceux de son prestigieux inspirateur.
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Tatooa
08 septembre 2014
  • 5/ 5
J'ai tout aimé de ce drame flamboyant.
Certes j'ai pris mon temps pour le lire. Ce n'est pas une pièce qui se lit d'une traite, mais en prenant son temps. En savourant les actes, les phrases, la beauté des alexandrins (même si parfois, il faut l'admettre, il y a des tournures un peu étranges. La versification n'est pas chose aisée...).
La profondeur du drame, l'humour hugolien, cynique mais humain.
J'ai tout aimé et j'avoue, j'ai même retrouvé quelque parenté dans cet humour subtil et ma grosse farce adoré qu'est "la folie des grandeurs" (et dont je ne savais pas du tout qu'elle était tirée de cette pièce). Car il y en a une, dans le "grotesque" hugolien, qui se prêtait bien à un scénario de comédie.
Hélas ici, s'il y a des scènes (et des répliques) drôles, c'est bien un drame romantique que nous avons, pleinement assumé. D'ailleurs j'aurais bien aimé un acte V un peu plus développé. Mais cela devait sans doute être déjà trop long...
J'avoue ne pas comprendre quelques critiques qui me paraissent ultra sévères... Enfin, j'ai un gros parti pris pour Hugo, de toute façon, donc je ne suis pas objective, moi non plus. :-)
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Citations & extraits (86) Voir plus Ajouter une citation
ATOSATOS10 mai 2014
(Ruy Blas, premier ministre du roi d’Espagne, surprend les conseillers du roi en train de se partager les richesses du royaume) :
RUY BLAS, survenant.
Bon appétit, messieurs !

Tous se retournent. Silence de surprise et d'inquiétude. Ruy Blas se couvre, croise les bras, et poursuit en les regardant en face.

Ô ministres intègres !
Conseillers vertueux ! Voilà votre façon
De servir, serviteurs qui pillez la maison !
Donc vous n'avez pas honte et vous choisissez l'heure,
L'heure sombre où l'Espagne agonisante pleure !
Donc vous n'avez ici pas d'autres intérêts
Que remplir votre poche et vous enfuir après !
Soyez flétris, devant votre pays qui tombe,
Fossoyeurs qui venez le voler dans sa tombe !
– Mais voyez, regardez, ayez quelque pudeur.
L'Espagne et sa vertu, l'Espagne et sa grandeur,
Tout s'en va. – nous avons, depuis Philippe Quatre,
Perdu le Portugal, le Brésil, sans combattre ;
En Alsace Brisach, Steinfort en Luxembourg ;
Et toute la Comté jusqu'au dernier faubourg ;
Le Roussillon, Ormuz, Goa, cinq mille lieues
De côte, et Fernambouc, et les montagnes bleues !
Mais voyez. – du ponant jusques à l'orient,
L'Europe, qui vous hait, vous regarde en riant.
Comme si votre roi n'était plus qu'un fantôme,
La Hollande et l'Anglais partagent ce royaume ;
Rome vous trompe ; il faut ne risquer qu'à demi
Une armée en Piémont, quoique pays ami ;
La Savoie et son duc sont pleins de précipices.
La France pour vous prendre attend des jours propices.
L'Autriche aussi vous guette. Et l'infant bavarois
Se meurt, vous le savez. – quant à vos vice-rois,
Médina, fou d'amour, emplit Naples d'esclandres,
Vaudémont vend Milan, Leganez perd les Flandres.
Quel remède à cela ? – l'État est indigent,
L'état est épuisé de troupes et d'argent ;
Nous avons sur la mer, où Dieu met ses colères,
Perdu trois cents vaisseaux, sans compter les galères.
Et vous osez ! ... – messieurs, en vingt ans, songez-y,
Le peuple, – j'en ai fait le compte, et c'est ainsi ! –
Portant sa charge énorme et sous laquelle il ploie,
Pour vous, pour vos plaisirs, pour vos filles de joie,
Le peuple misérable, et qu'on pressure encor,
A sué quatre cent trente millions d'or !
Et ce n'est pas assez ! Et vous voulez, mes maîtres ! ... –
Ah ! J'ai honte pour vous ! – au dedans, routiers, reîtres,
Vont battant le pays et brûlant la moisson.
L'escopette est braquée au coin de tout buisson.
Comme si c'était peu de la guerre des princes,
Guerre entre les couvents, guerre entre les provinces,
Tous voulant dévorer leur voisin éperdu,
Morsures d'affamés sur un vaisseau perdu !
Notre église en ruine est pleine de couleuvres ;
L'herbe y croît. Quant aux grands, des aïeux, mais pas d'oeuvres.
Tout se fait par intrigue et rien par loyauté.
L'Espagne est un égout où vient l'impureté
De toute nation. – tout seigneur à ses gages
À cent coupe-jarrets qui parlent cent langages.
Génois, sardes, flamands, Babel est dans Madrid.
L'alguazil , dur au pauvre, au riche s'attendrit.
La nuit on assassine, et chacun crie: à l'aide !
– Hier on m'a volé, moi, près du pont de Tolède ! –
La moitié de Madrid pille l'autre moitié.
Tous les juges vendus. Pas un soldat payé.
Anciens vainqueurs du monde, Espagnols que nous sommes.
Quelle armée avons-nous ? À peine six mille hommes,
Qui vont pieds nus. Des gueux, des juifs, des montagnards,
S'habillant d'une loque et s'armant de poignards.
Aussi d'un régiment toute bande se double.
Sitôt que la nuit tombe, il est une heure trouble
Où le soldat douteux se transforme en larron.
Matalobos a plus de troupes qu'un baron.
Un voleur fait chez lui la guerre au roi d'Espagne.
Hélas ! Les paysans qui sont dans la campagne
Insultent en passant la voiture du roi.
Et lui, votre seigneur, plein de deuil et d'effroi,
Seul, dans l'Escurial , avec les morts qu'il foule,
Courbe son front pensif sur qui l'empire croule !
– Voilà ! – l'Europe, hélas ! Écrase du talon
Ce pays qui fut pourpre et n'est plus que haillon.
L'état s'est ruiné dans ce siècle funeste,
Et vous vous disputez à qui prendra le reste !
Ce grand peuple espagnol aux membres énervés,
Qui s'est couché dans l'ombre et sur qui vous vivez,
Expire dans cet antre où son sort se termine,
Triste comme un lion mangé par la vermine !
– Charles-Quint, dans ces temps d'opprobre
et de terreur,
Que fais-tu dans ta tombe, ô puissant empereur ?
Oh ! Lève-toi ! Viens voir ! – les bons font place aux pires.
Ce royaume effrayant, fait d'un amas d'empires,
Penche... il nous faut ton bras ! Au secours, Charles-Quint !
Car l'Espagne se meurt, car l'Espagne s'éteint !
Ton globe, qui brillait dans ta droite profonde,
Soleil éblouissant qui faisait croire au monde
Que le jour désormais se levait à Madrid,
Maintenant, astre mort, dans l'ombre s'amoindrit,
Lune aux trois quarts rongée et qui décroît encore,
Et que d'un autre peuple effacera l'aurore !
Hélas ! Ton héritage est en proie aux vendeurs.
Tes rayons, ils en font des piastres ! Tes splendeurs,
On les souille ! – ô géant ! Se peut-il que tu dormes ? –
On vend ton sceptre au poids ! Un tas de nains difformes
Se taillent des pourpoints dans ton manteau de roi ;
Et l'aigle impérial, qui, jadis, sous ta loi,
Couvrait le monde entier de tonnerre et de flamme,
Cuit, pauvre oiseau plumé, dans leur marmite infâme !"
Acte III, scène 2
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Nastasia-BNastasia-B26 août 2013
LA REINE : Vrai ! Casilda, c’est étrange,
Ce marquis est pour moi comme le mauvais ange. [...]
Regardant vaguement, dans le salon obscur,
Une bataille au fond peinte sur un grand mur,
Quand tout à coup, mon œil se baissant vers la table,
Je vis venir à moi cet homme redoutable !
Sitôt que je le vis, je ne vis plus que lui. [...]
C’est la dernière fois que je l’ai vu. Depuis,
J’y pense très souvent. J’ai bien d’autres ennuis,
C’est égal, je me dis : -l’enfer est dans cette âme.
Devant cet homme-là je ne suis qu’une femme. —
Dans mes rêves, la nuit, je rencontre en chemin
Cet effrayant démon qui me baise la main ;
Je vois luire son œil d’où rayonne la haine ;
Et, comme un noir poison qui va de veine en veine,
Souvent, jusqu’à mon cœur qui semble se glacer,
Je sens en longs frissons courir son froid baiser !

Acte II, Scène 1.
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Nastasia-BNastasia-B07 septembre 2013
RUY BLAS : Et vous osez !... — Messieurs, en vingt ans, songez-y,
Le peuple, — j'en ai fait le compte, et c'est ainsi ! —
Portant sa charge énorme et sous laquelle il ploie,
Pour vous, pour vos plaisirs, pour vos filles de joie,
Le peuple misérable, et qu'on pressure encor,
A sué quatre cent trente millions d'or !
Et ce n'est pas assez ! et vous voulez, mes maîtres !... —
Ah ! j'ai honte de vous ! [...]
Comme si c'était peu de la guerre des princes,
Guerre entre les couvents, guerre entre les provinces.
Tous voulant dévorer leur voisin éperdu,
Morsures d'affamés sur un vaisseau perdu ! [...]
Tout se fait par intrigue et rien par loyauté.
L'Espagne est un égout où vient l'impureté
De toute nation. [...]
Babel est dans Madrid.

Acte III, Scène 2.
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Nastasia-BNastasia-B29 août 2013
DON CÉSAR : Ah !... — Quand tu sortiras, les oisifs vont te suivre.
Fais par ta contenance honneur à la boisson.
Sache te comporter d’une noble façon.
S’il tombe par hasard des écus de tes chausses,
laisse tomber, — et si des essayeurs de sauces,
des clercs, des écoliers, des gueux qu’on voit passer,
les ramassent, — mon cher, laisse-les ramasser.
Ne sois pas un mortel de trop farouche approche.
Si même ils en prenaient quelques-uns dans ta poche,
sois indulgent. Ce sont des hommes comme nous.
Et puis il faut, vois-tu, c’est une loi pour tous,
dans ce monde, rempli de sombres aventures,
donner parfois un peu de joie aux créatures.

Acte IV, Scène 3 (v. 1766-1778).
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Nastasia-BNastasia-B28 août 2013
RUY BLAS : La nuit, on assassine et chacun crie : à l'aide !
— Hier on m'a volé, moi, près du pont de Tolède ! —
La moitié de Madrid pille l'autre moitié.
Tous les juges vendus ; pas un soldat payé.
Anciens vainqueurs du monde, Espagnols que nous sommes,
Quelle armée avons-nous ? À peine six mille hommes.
Qui vont pieds-nus. Des gueux, des juifs, des montagnards,
S'habillant d'une loque et s'armant de poignards.

Acte III, Scène 2, (v. 1113-1120).
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Videos de Victor Hugo (123) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Victor Hugo
Conférence de Claude Coulon, prononcée le 28 mai 2008, au Forum Universitaire de l'Ouest Parisien.
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