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ISBN : 2290074683
Éditeur : J'ai Lu (2014)


Note moyenne : 3.35/5 (sur 154 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
“Rena Greenblatt, mon héroïne s'appelle. Montréalaise expatriée à Paris, âgée de quarante-cinq ans, c'est une photographe spécialisée dans l'infrarouge, les photos de nuit, les corps et leurs étreintes. Au cours de ce récit elle effectuera en même temps deux voyages : l... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par latina, le 20 mars 2013

    latina
    « Toi la pellicule ultrasensible, comment est-ce possible, comment ? Tu n'as rien vu, rien deviné, rien senti, rien compris, rien détecté ? Non, parce que pas ça, non, le sein oui la peau oui l'estomac oui les bronches oui le médiastin oui depuis 1936 la photographie Infrarouge est reconnue pour son extrême utilité dans ces domaines-là mais ça non, non, pas du tout. »
    Ici, nous sommes au plus profond du cœur de Rena qui vient d'apprendre deux nouvelles complètement bouleversantes ; nous sommes à la première page du roman...Ces nouvelles, nous les ignorerons tout au long de l'histoire puisque celle-ci est un flash-back. C'est seulement à la fin que nous sera dévoilé ce cataclysme dans la vie de Rena, 45 ans, photographe travaillant souvent avec un filtre Infrarouge pour voir « la réalité des choses », la « chaleur qu'elles dégagent ». La chaleur des gens, surtout, et particulièrement des hommes au moment de l'extrême abandon de l'acte physique.
    En effet, Rena aime les hommes. Elle a eu plusieurs compagnons, dont elle a eu 2 garçons, maintenant adultes. Elle aime Aziz qui s'apprête à signer avec elle l'achat d'un appartement à Paris. Mais elle le quitte pour une semaine afin d'accomplir avec son père et sa belle-mère un voyage en Italie, plus particulièrement à Florence. Ce voyage, elle veut l'accomplir jusqu'au bout coûte que coûte, malgré son incompréhension croissante face à son père vieillissant, malgré sa belle-mère parfaite touriste cultivant tous les clichés, malgré la folie qui s'empare de la banlieue parisienne avec laquelle elle se sent en symbiose (« J'habite Belleville, où le bilinguisme est la règle et non l'exception. Je n'ai plus de patience pour ceux qui croient savoir qui ils sont pour la simple raison qu'ils sont nés quelque part »).
    Ce voyage, nous l'accomplirons avec elle, qui nous fera découvrir les merveilles de Florence, décrites avec tant de passion et de minutie, le brouhaha des rues, le silence des musées et des églises, la beauté des paysages de Toscane, l'accueil d'une propriétaire de chambres d'hôtes au prénom si vibrant : « Gaia ».
    Et pourtant une rage sourde l'habite, car ce voyage est l'occasion de faire remonter à la surface des souvenirs de blessures : blessures d'enfance, blessures de fratrie, blessures d'amour, blessures de rapports humains, finalement. Au début, d'ailleurs, j'ai été déconcertée par cette rage qu'elle réussit toujours à contenir, mais peu à peu je m'y suis habituée et je l'ai acceptée puis finalement comprise. C'est qu'elle n'a pas eu une vie facile, Rena ! Elle pourrait appliquer à elle-même cette pensée : « Comment font-ils ? Comment font les gens pour continuer ? » Heureusement cette vie contient quelques belles amitiés, joyaux à préserver.
    Et toujours, toujours, son père, sa mère, son frère la hantent. Son père, présent à ses côtés, mais si différent de ce qu'il était. Sa mère, « partita » comme elle le dit si bien à Gaia, et son frère au côté d'ombre...
    J'ai vraiment adoré ce livre, tout en introspection et en beauté artistique - que ce soit la photographie, la peinture ou la sculpture -. Même si Rena me déconcerte par son côté atypique, totalement indépendant, elle me touche et parvient à me convaincre. Toutes ses réflexions sont si justes ! Vraiment, Nancy Huston signe ici un chef-d'œuvre humaniste, dans tous les sens du terme. J'en sors grandie et encore plus sensibilisée à la détresse humaine qui n'apparait pas nécessairement au grand jour...
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    • Livres 5.00/5
    Par Guylaine, le 06 avril 2013

    Guylaine
    Infrarouge, c'est l'histoire d'une femme d'une quarantaine d'années, Rena, qui offre un voyage en Italie à son père et sa belle-mère pour l'anniversaire de ce dernier. Elle les rejoint dans ce pays qu'elle aime beaucoup et tente de leur servir de guide.
    Au départ, je ne vous cacherai pas qu'elle m'a profondément agacée, je l'ai trouvée impatiente, tranchante et parfois impolie... Et puis, plus nous avançons avec ce drôle de trio dans ce pays étranger, plus elle se dévoile. Au fil des visites son passé remonte, son histoire, ses hommes... elle s'humanise...
    Finalement je l'ai trouvée très attachante, j'ai aimé son regard, sa vision photographique des choses... Je me suis mise à en vouloir à tous ceux qui l'avaient fait souffrir, moralement ou physiquement et à tous ceux qui continuaient à lui faire mal...
    Le livre est découpé en chapitre qui représentent les journées de ce périple,et souvent une nouvelle journée commence par le récit d'un rêve qu'elle interprète elle-même sans difficulté, j'ai trouvé ça amusant...
    La fin m'a terriblement déstabilisée même si je la sentais venir, ça a résonné...
    Pour conclure je remercie chaleureusement Latina qui m'a entraînée dans cette lecture ! :-D
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  • Par de, le 25 mai 2012

    de
    Séjour et promenades dans Florence, « Une cloche sonne, et, captant les premiers rayons du soleil, les vielles briques et tuiles de la capitale s'embrassent », les arts de la renaissance sous le regard d'une photographe. « Je penche donc je suis, se dit Rena, non, je penche vers la droite donc je suis en Italie, en italiques, toutes mes penchées sont en italique, elles hurlent, insistent, se répètent, vocifèrent, m'accusent, toi la pellicule ultrasensible, comment est-ce possible, comment ? Tu n'as rien vu, rien deviné, rien senti, rien compris, rien détecté ? Non, parce que pas ça, non, le sein oui la peau oui l'estomac oui les bronches oui le médiastin oui depuis 1936 la photographie Infrarouge est reconnue pour son extrême utilité dans ces domaines-là mais ça non, justement ça non, non, pas du tout ». Rena accompagne son père Simon « Pauvre Simon, se dit Rena. Il a l'air découragé d'avance. Redoute les jours à venir. A peur que je ne veuille les traîner, les bousculer, les épater, les impressionner, les écraser avec mon savoir, mon énergie, ma curiosité. Se dit qu'ils auraient mieux fait d'aller directement de Rotterdam à Montréal. Craint de me décevoir. “Ma chère fille je suis vieux je le confesse”, comme dit le roi Lear. Soixante-dix ans ce n'est pas vieux de nos jours, sauf que là, franchement, il est fatigué et je lui pèse. Je l'épuise et lui pèse. » et sa compagne Ingrid.
    Cette plongée dans une ville musée engendre à la fois des pensées pour l'amant laissé à Paris et des remémorations d'histoires plus anciennes, avec une forte composante sensuelle ou érotique. « Ils avaient fait l'amour ce matin avant la sonnerie du réveil et elle avait voulu qu'il vienne sur son visage, c'était si fort le moment où, tenant son sexe dans ses deux mains, elle sentait soudain la semence traverser puis jaillir, crème de jouvence tiède et merveilleuse, elle l'avait étalée sur sa figure, son cou, ses seins, l'avait sentie sécher et se rafraîchir ; en se lavant ce matin elle avait tenu à garder, fine et transparente sous la mâchoire, à la naissance du cou, un peu de cette trace invisible de son amant : masque léger pour la protéger, l'aider à affronter l'épreuve… »
    Des passés donc, dont les frontières ne se limitent pas aux lieux, mais se déplacent, s'élargissent au gré des rencontres toujours présentes. Des passées différents, plus lents pour les membres du vieux couple. Et l'histoire.
    Le monde et les autres comme terrain de rencontres, sous les couleurs de l'Arno et des œuvres triplement vues. le père, la belle-mère et Rena ne regardent pas les mêmes statues, les tableaux, les monuments. Comme les hommes et les femmes, les œuvres ne sont pas « une », elles se construisent aussi dans les regards.
    Pendant ce temps « L'état d'urgence est déclaré en France ».
    Des vacances et des ruptures.
    Une écriture toute en couleurs, pour des allées dans le temps, des retours de souvenirs. Des dialogues enlevés d'une femme refusant les codes.
    Et une petite voix, Subra, double interrogative et ironique de Rena.
    Un vrai voyage. Subtil et plaisant. Une littérature non blasée.
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    • Livres 3.00/5
    Par Tridactyle, le 04 août 2012

    Tridactyle
    Visite de Florence et de la Toscane a l'occasion de l'anniversaire des 70 ans de son père, Rena la fille de Simon le septuagénaire nous emmene dans un récit a plusieurs niveaux. Subra sa muse intérieure intervient régulièrement pour lancer des flash-baccks explicatifs sur l'histoire de Rena.
    Les événements s'enchainent crescendo dans l'inimaginable, le cruel, l'horrible et l'insoutenable. le roman se décline dans une suite de catastrophes qui laisse le lecteur effondre dans le malheur.
    Par ailleurs le livre se coule dans le style si érudit et engageant de Nancy Huston. Citations, jeux de mots, suite de mots, non dits. L'ensemble est un délice qui sauve l'ouvrage de la perplexité et de l'atmosphere déprimante.
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    • Livres 4.00/5
    Par Ckan, le 24 septembre 2012

    Ckan
    Je viens de lire "dans la foulée" deux livres de Nancy Huston, auteure que j'aime bien, depuis "L'empreinte de l'ange", "Ligne de faille" ou "Une adoration". Donc j'ai lu "Infrarouge" puis "Reflets dans un oeil d'homme".
    D'"Infrarouge" qui pourrait être sous-titré "Ballade à Florence"on pourrait évoquer plusieurs facettes :
    - Celle d'un voyage d'une jeune femme avec son père vieillissant et malade qui s'ignore encore et sa belle-mère un peu à la ramasse qui rumine ses souvenirs de "pendant la guerre", qui à tellement peur de manquer qu'elle mange avant d'avoir faim
    - Celle d'une quadragénaire libérée des enfants et  pleine encore de ses anciens amours de qui elle a eu deux fils et de son nouvel qui resté en banlieue parisienne est confronté aux incidents sanglants des banlieues. Journalistes tous deux, Aziz, son jeune amour, inlassablement lui adresse des "textos" pour qu'elle rentre et ne le laisse pas seul face à ses déchaînements de violence qui l'angoissent.
    Cette quadra, journaliste-photographe à pour habitude de saisir des moments particuliers afin d'imprimer à sa pellicule l'invisible des relations : "l'Infrarouge",  ce moment où elle capte la chaleur d'une rencontre, l'aura qui enveloppe deux corps qui s'aiment ou qui tremblent ou qui ont peur.
    Et c'est aussi l'occasion pour elle de se "raconter" en saisissant aussi le moment propice, une visite de musée, une attitude de son père, et la partie intime de la jeune femme évoque des douleurs, des expériences ou des rencontres passées.
    C'est une bonne manière de nous faire partager des évènements souvent traumatisants.
    La journaliste dans le réel s'appelle "Rena", son double qui nous narre est surnommé "Subra", en référence à la photographe Diane Arbus qui la fascine.
    - Et puis bien sûr la ballade dans Florence, ses musées, ses ponts, et cette dénomination de "Vecchio" c'est qui ce Vecchio lui demande son père, mais papa Vecchio ça veut dire vieux... comme toi.
    Je vous conseille de le lire. Quant à "Reflets dans un oeil d'homme" c'est autre chose.
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Bernard Fauconnier pour le Magazine Littéraire

    Publié en 2010, Infrarouge précède le tout dernier roman de l'écrivaine canadienne publié en mai, Reflets dans un œil d'homme. Retour sur ce récit entre leurres ... > lire la suite

    Critique de qualité ? (3 l'ont appréciée)

Critiques presse (1)


  • Lexpress , le 05 juillet 2012
    Pas étonnant que ce roman intense, érudit, iconoclaste, ait incité Nancy Huston à enfoncer le clou dans son récent essai sur une nouvelle approche du féminisme, Reflets dans un oeil d'homme (Actes Sud).
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par dreulma, le 17 juillet 2014

    Je lui ai parlé de mes nuits. La joie que j’éprouve à savoir le quartier endormi, et à sentir flotter autour de moi les rêves de ses habitants… Les heures de la nuit sont floues, souples généreuses et sans minutes, tandis que celles du jour défilent tels des soldats en rang serrés…

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  • Par dreulma, le 17 juillet 2014

    O bonheur de l’imaginaire, du possible, du concevable ! Premier des droits humains : le phantasme ! … Même les Afghanes qui passent leur journée derrière une burqa continuent, du moins je l’espère, à chevaucher la monture de leurs rêves pour galoper à travers les nuages, serrant dans leurs mains sa crinière crémeuse, sentant entre leurs cuisses le violent frisson de ses flancs, soufflant, haletant et criant leur plaisir. Chaque femme contient un cosmos ! Qui peut l’empêcher d’y recevoir ceux et celles qui savent l’aimer, et de les y aimer, elle ?...
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  • Par dreulma, le 17 juillet 2014

    Dès que je sens la main d’un homme sur mes reins ma volonté se dissout, mon sang se met à frissonner comme du vif-argent, ma peau fait pousser un million de minuscules écailles qui scintillent doucement, mes jambes se transforment en queue de poisson et je me métamorphose en sirène. Le désir d’un homme, son… autorité… a quelque chose d’hypnotisant. Sentir qu’il vous a choisie, vous, à cet instant, est un délice si effrayant, si euphorisant
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  • Par dreulma, le 17 juillet 2014

    Jamais je ne me lasserai de cette fluidité argentée, le sexe nageant dans le bonheur tel un poisson dans l’eau, l’être libéré de l’un, de l’autre, sensations frémissantes, charnelles et roses palpitations qui vous détachent de toute couleur et de toute chair, font voir des étoiles, des voix lactées, vous propulsent sans corps ni âme dans l’espace ondulant, les cieux ondulants faisant onduler votre corps qui n’existe plus.
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  • Par dreulma, le 17 juillet 2014

    Il ouvre la porte, me révélant une chambre pareille à une toile de Matisse : pénombre, couleurs profondes, mur rouge brique, cadre avec vase de fleurs, ombres de volets mi-clos découpées sur le couvre-lit. Chaque détail s’offre à moi gonflé de sens et de beauté.

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Vidéo de Nancy Huston


NANCY HUSTON
Reflets dans un oeil d'homme Causerie avec Nancy Huston Mardi 2 octobre à 19h à la Librairie Monet Nancy Huston interroge les responsabilités de notre société quant au regard aujourd'hui porté sur les femmes. Elle attire notre attention sur les déviances de ce regard générées notamment par la photographie et son utilisation publicitaire ou artistique depuis la fin du XIXe siècle. Elle explore l'ombre et la lumière du tout premier regard masculin -- celui du père --, lequel renvoie aux jeunes filles un reflet d'elles-mêmes qu'elles ne pourront jamais oublier. Assurance ou éternel dégoût s'immisce alors dans l'inconscient de chacune, et de cela dépendra immanquablement leur devenir physique et amoureux. Convoquant au fil de sa réflexion sa propre expérience, celle des hommes qui l'entourent, comme celle de très belles figures féminines -- la photographe Lee Miller, l'actrice Jean Seberg, l'écrivaine Anaïs Nin, la star Marilyn Monroe ou la « philosophe prostituée » Nelly Arcan --, Huston nous offre un livre sensible, puissant et dérangeant car il révèle notre insouciance, parfois même notre indifférence devant une époque devenue pornographique ; elle remet en question le dogme selon lequel les différences entre les sexes sont socialement construites, replace hommes et femmes dans leurs justes rôles par rapport à la séduction et à l'idée de beauté, et nous rappelle que notre indignation vis-à-vis des femmes portant le voile est déplacée dans un pays où la femme se prostitue ...








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