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ISBN : 2290074683
Éditeur : J'ai Lu (2014)


Note moyenne : 3.36/5 (sur 162 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
“Rena Greenblatt, mon héroïne s'appelle. Montréalaise expatriée à Paris, âgée de quarante-cinq ans, c'est une photographe spécialisée dans l'infrarouge, les photos de nuit, les corps et leurs étreintes. Au cours de ce récit elle effectuera en même temps deux voyages : l... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par latina, le 20 mars 2013

    latina
    « Toi la pellicule ultrasensible, comment est-ce possible, comment ? Tu n'as rien vu, rien deviné, rien senti, rien compris, rien détecté ? Non, parce que pas ça, non, le sein oui la peau oui l'estomac oui les bronches oui le médiastin oui depuis 1936 la photographie Infrarouge est reconnue pour son extrême utilité dans ces domaines-là mais ça non, non, pas du tout. »
    Ici, nous sommes au plus profond du cœur de Rena qui vient d'apprendre deux nouvelles complètement bouleversantes ; nous sommes à la première page du roman...Ces nouvelles, nous les ignorerons tout au long de l'histoire puisque celle-ci est un flash-back. C'est seulement à la fin que nous sera dévoilé ce cataclysme dans la vie de Rena, 45 ans, photographe travaillant souvent avec un filtre Infrarouge pour voir « la réalité des choses », la « chaleur qu'elles dégagent ». La chaleur des gens, surtout, et particulièrement des hommes au moment de l'extrême abandon de l'acte physique.
    En effet, Rena aime les hommes. Elle a eu plusieurs compagnons, dont elle a eu 2 garçons, maintenant adultes. Elle aime Aziz qui s'apprête à signer avec elle l'achat d'un appartement à Paris. Mais elle le quitte pour une semaine afin d'accomplir avec son père et sa belle-mère un voyage en Italie, plus particulièrement à Florence. Ce voyage, elle veut l'accomplir jusqu'au bout coûte que coûte, malgré son incompréhension croissante face à son père vieillissant, malgré sa belle-mère parfaite touriste cultivant tous les clichés, malgré la folie qui s'empare de la banlieue parisienne avec laquelle elle se sent en symbiose (« J'habite Belleville, où le bilinguisme est la règle et non l'exception. Je n'ai plus de patience pour ceux qui croient savoir qui ils sont pour la simple raison qu'ils sont nés quelque part »).
    Ce voyage, nous l'accomplirons avec elle, qui nous fera découvrir les merveilles de Florence, décrites avec tant de passion et de minutie, le brouhaha des rues, le silence des musées et des églises, la beauté des paysages de Toscane, l'accueil d'une propriétaire de chambres d'hôtes au prénom si vibrant : « Gaia ».
    Et pourtant une rage sourde l'habite, car ce voyage est l'occasion de faire remonter à la surface des souvenirs de blessures : blessures d'enfance, blessures de fratrie, blessures d'amour, blessures de rapports humains, finalement. Au début, d'ailleurs, j'ai été déconcertée par cette rage qu'elle réussit toujours à contenir, mais peu à peu je m'y suis habituée et je l'ai acceptée puis finalement comprise. C'est qu'elle n'a pas eu une vie facile, Rena ! Elle pourrait appliquer à elle-même cette pensée : « Comment font-ils ? Comment font les gens pour continuer ? » Heureusement cette vie contient quelques belles amitiés, joyaux à préserver.
    Et toujours, toujours, son père, sa mère, son frère la hantent. Son père, présent à ses côtés, mais si différent de ce qu'il était. Sa mère, « partita » comme elle le dit si bien à Gaia, et son frère au côté d'ombre...
    J'ai vraiment adoré ce livre, tout en introspection et en beauté artistique - que ce soit la photographie, la peinture ou la sculpture -. Même si Rena me déconcerte par son côté atypique, totalement indépendant, elle me touche et parvient à me convaincre. Toutes ses réflexions sont si justes ! Vraiment, Nancy Huston signe ici un chef-d'œuvre humaniste, dans tous les sens du terme. J'en sors grandie et encore plus sensibilisée à la détresse humaine qui n'apparait pas nécessairement au grand jour...
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    • Livres 5.00/5
    Par Guylaine, le 06 avril 2013

    Guylaine
    Infrarouge, c'est l'histoire d'une femme d'une quarantaine d'années, Rena, qui offre un voyage en Italie à son père et sa belle-mère pour l'anniversaire de ce dernier. Elle les rejoint dans ce pays qu'elle aime beaucoup et tente de leur servir de guide.
    Au départ, je ne vous cacherai pas qu'elle m'a profondément agacée, je l'ai trouvée impatiente, tranchante et parfois impolie... Et puis, plus nous avançons avec ce drôle de trio dans ce pays étranger, plus elle se dévoile. Au fil des visites son passé remonte, son histoire, ses hommes... elle s'humanise...
    Finalement je l'ai trouvée très attachante, j'ai aimé son regard, sa vision photographique des choses... Je me suis mise à en vouloir à tous ceux qui l'avaient fait souffrir, moralement ou physiquement et à tous ceux qui continuaient à lui faire mal...
    Le livre est découpé en chapitre qui représentent les journées de ce périple,et souvent une nouvelle journée commence par le récit d'un rêve qu'elle interprète elle-même sans difficulté, j'ai trouvé ça amusant...
    La fin m'a terriblement déstabilisée même si je la sentais venir, ça a résonné...
    Pour conclure je remercie chaleureusement Latina qui m'a entraînée dans cette lecture ! :-D
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  • Par de, le 25 mai 2012

    de
    Séjour et promenades dans Florence, « Une cloche sonne, et, captant les premiers rayons du soleil, les vielles briques et tuiles de la capitale s'embrassent », les arts de la renaissance sous le regard d'une photographe. « Je penche donc je suis, se dit Rena, non, je penche vers la droite donc je suis en Italie, en italiques, toutes mes penchées sont en italique, elles hurlent, insistent, se répètent, vocifèrent, m'accusent, toi la pellicule ultrasensible, comment est-ce possible, comment ? Tu n'as rien vu, rien deviné, rien senti, rien compris, rien détecté ? Non, parce que pas ça, non, le sein oui la peau oui l'estomac oui les bronches oui le médiastin oui depuis 1936 la photographie Infrarouge est reconnue pour son extrême utilité dans ces domaines-là mais ça non, justement ça non, non, pas du tout ». Rena accompagne son père Simon « Pauvre Simon, se dit Rena. Il a l'air découragé d'avance. Redoute les jours à venir. A peur que je ne veuille les traîner, les bousculer, les épater, les impressionner, les écraser avec mon savoir, mon énergie, ma curiosité. Se dit qu'ils auraient mieux fait d'aller directement de Rotterdam à Montréal. Craint de me décevoir. “Ma chère fille je suis vieux je le confesse”, comme dit le roi Lear. Soixante-dix ans ce n'est pas vieux de nos jours, sauf que là, franchement, il est fatigué et je lui pèse. Je l'épuise et lui pèse. » et sa compagne Ingrid.
    Cette plongée dans une ville musée engendre à la fois des pensées pour l'amant laissé à Paris et des remémorations d'histoires plus anciennes, avec une forte composante sensuelle ou érotique. « Ils avaient fait l'amour ce matin avant la sonnerie du réveil et elle avait voulu qu'il vienne sur son visage, c'était si fort le moment où, tenant son sexe dans ses deux mains, elle sentait soudain la semence traverser puis jaillir, crème de jouvence tiède et merveilleuse, elle l'avait étalée sur sa figure, son cou, ses seins, l'avait sentie sécher et se rafraîchir ; en se lavant ce matin elle avait tenu à garder, fine et transparente sous la mâchoire, à la naissance du cou, un peu de cette trace invisible de son amant : masque léger pour la protéger, l'aider à affronter l'épreuve… »
    Des passés donc, dont les frontières ne se limitent pas aux lieux, mais se déplacent, s'élargissent au gré des rencontres toujours présentes. Des passées différents, plus lents pour les membres du vieux couple. Et l'histoire.
    Le monde et les autres comme terrain de rencontres, sous les couleurs de l'Arno et des œuvres triplement vues. le père, la belle-mère et Rena ne regardent pas les mêmes statues, les tableaux, les monuments. Comme les hommes et les femmes, les œuvres ne sont pas « une », elles se construisent aussi dans les regards.
    Pendant ce temps « L'état d'urgence est déclaré en France ».
    Des vacances et des ruptures.
    Une écriture toute en couleurs, pour des allées dans le temps, des retours de souvenirs. Des dialogues enlevés d'une femme refusant les codes.
    Et une petite voix, Subra, double interrogative et ironique de Rena.
    Un vrai voyage. Subtil et plaisant. Une littérature non blasée.
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    • Livres 3.00/5
    Par Tridactyle, le 04 août 2012

    Tridactyle
    Visite de Florence et de la Toscane a l'occasion de l'anniversaire des 70 ans de son père, Rena la fille de Simon le septuagénaire nous emmene dans un récit a plusieurs niveaux. Subra sa muse intérieure intervient régulièrement pour lancer des flash-baccks explicatifs sur l'histoire de Rena.
    Les événements s'enchainent crescendo dans l'inimaginable, le cruel, l'horrible et l'insoutenable. le roman se décline dans une suite de catastrophes qui laisse le lecteur effondre dans le malheur.
    Par ailleurs le livre se coule dans le style si érudit et engageant de Nancy Huston. Citations, jeux de mots, suite de mots, non dits. L'ensemble est un délice qui sauve l'ouvrage de la perplexité et de l'atmosphere déprimante.
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    • Livres 4.00/5
    Par Ckan, le 24 septembre 2012

    Ckan
    Je viens de lire "dans la foulée" deux livres de Nancy Huston, auteure que j'aime bien, depuis "L'empreinte de l'ange", "Ligne de faille" ou "Une adoration". Donc j'ai lu "Infrarouge" puis "Reflets dans un oeil d'homme".
    D'"Infrarouge" qui pourrait être sous-titré "Ballade à Florence"on pourrait évoquer plusieurs facettes :
    - Celle d'un voyage d'une jeune femme avec son père vieillissant et malade qui s'ignore encore et sa belle-mère un peu à la ramasse qui rumine ses souvenirs de "pendant la guerre", qui à tellement peur de manquer qu'elle mange avant d'avoir faim
    - Celle d'une quadragénaire libérée des enfants et  pleine encore de ses anciens amours de qui elle a eu deux fils et de son nouvel qui resté en banlieue parisienne est confronté aux incidents sanglants des banlieues. Journalistes tous deux, Aziz, son jeune amour, inlassablement lui adresse des "textos" pour qu'elle rentre et ne le laisse pas seul face à ses déchaînements de violence qui l'angoissent.
    Cette quadra, journaliste-photographe à pour habitude de saisir des moments particuliers afin d'imprimer à sa pellicule l'invisible des relations : "l'Infrarouge",  ce moment où elle capte la chaleur d'une rencontre, l'aura qui enveloppe deux corps qui s'aiment ou qui tremblent ou qui ont peur.
    Et c'est aussi l'occasion pour elle de se "raconter" en saisissant aussi le moment propice, une visite de musée, une attitude de son père, et la partie intime de la jeune femme évoque des douleurs, des expériences ou des rencontres passées.
    C'est une bonne manière de nous faire partager des évènements souvent traumatisants.
    La journaliste dans le réel s'appelle "Rena", son double qui nous narre est surnommé "Subra", en référence à la photographe Diane Arbus qui la fascine.
    - Et puis bien sûr la ballade dans Florence, ses musées, ses ponts, et cette dénomination de "Vecchio" c'est qui ce Vecchio lui demande son père, mais papa Vecchio ça veut dire vieux... comme toi.
    Je vous conseille de le lire. Quant à "Reflets dans un oeil d'homme" c'est autre chose.
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Bernard Fauconnier pour le Magazine Littéraire

    Publié en 2010, Infrarouge précède le tout dernier roman de l'écrivaine canadienne publié en mai, Reflets dans un œil d'homme. Retour sur ce récit entre leurres ... > lire la suite

    Critique de qualité ? (3 l'ont appréciée)

Critiques presse (1)


  • Lexpress , le 05 juillet 2012
    Pas étonnant que ce roman intense, érudit, iconoclaste, ait incité Nancy Huston à enfoncer le clou dans son récent essai sur une nouvelle approche du féminisme, Reflets dans un oeil d'homme (Actes Sud).
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par latina, le 17 mars 2013

    - Elle démarre quand l'éternité de notre âme? A la conception? A la naissance? ou est-elle sans "quand" peut-être, puique éternelle? S'étendant à l'infini, tant en amont qu'en aval? avant notre conception, après notre mort?

    Et nous autres humains sommes les seuls à avoir cet honneur? De toutes les créatures possibles sur les milliards de planètes, nous et nous seuls, sur ce minuscule globe terrestre au coeur de sa minuscule Voie lactée...

    Seuls les humains donc, mais...à partir de quelle étape? Neandertal? Le gentil Cro-Magnon...son âme était-elle immortelle?
    Seulement l'Homo Sapiens, alors. Pas le Neandertal, on est bien d'accord. Et pas les animaux, bien sûr.

    - Alors là, je ne sais pas, dit Ingrid, pensive. Parfois, quand je regarde Lassie dans les yeux, je jurerais qu'elle a une âme...

    - Les chiens, alors. Et les chats? Et les chevaux? Mais...pas les moustiques, n'est-ce pas?
    Pas les moustiques! On ne voudrait quand même pas se faire piquer au paradis !
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  • Par Guylaine, le 28 mars 2013

    Oui, je le comprends maintenant : ça leur fait mal, aux hommes, pourtant maîtres du monde, de ne pouvoir maîtriser une partie si cruciale de leur anatomie ; ça les énerve qu'elle puisse se mettre au garde-à-vous alors qu'ils ne lui ont rien demandé, ou refuser d'esquisser le moindre mouvement quand ils en ont le plus urgemment besoin. D'où leur tendance à se cramponner aux choses qui demeurent rigides de façon fiable : fusils-mitrailleurs, médailles, attachés-cases, honneurs, doctrines.
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  • Par latina, le 16 mars 2013

    Elle a peur d'avoir faim. Voilà soixante ans qu'elle souffre de cette même peur : depuis l'épouvantable hiver 1944-1945 au cours duquel des centaines d'habitants de Rotterdam sont morts de faim et les autres ont été réduits à se nourrir d'ordures, de rats et d'herbe.
    Rien n'angoisse Ingrid autant que l'idée de ne pas trouver à manger.
    Comme ceux de tout le monde, ses yeux reflètent les démons de son enfance.
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  • Par latina, le 18 mars 2013

    "Presque tout le monde a du mal à cuisiner pour soi seul, m'a-t-elle dit. Même moi, depuis que je suis veuve, je mange de façon complètement primitive : je sors un pavé de saumon du congélateur, le flanque dans une assiette, l'arrose de vin blanc et le fourre au micro-ondes pendant trois minutes.
    - Je doute, lui ai-je objecté, que les hommes primitifs se soient servis d'un four à micro-ondes pour cuire leur saumon.
    - Vous avez raison, m'a-t-elle répondu du tac au tac. Nous n'avons aucune idée de ce que faisaient les hommes primitifs avec leur four à micro-ondes."
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  • Par latina, le 13 mars 2013

    "Chef-d'oeuvre de Brunelleschi", le grand architecte de la Renaissance.
    Ici, au lieu d'être écrasé par une architecture grandiloquente, accablé par la somptuosité de l'ornement ou intimidé par des ombres, l'homme est grandi. Les vitres claires laissent entrer la lumière à flots, permettant à l'oeil d'appréhender les lieux dans leur totalité. L'articulation géométrique, les couleurs sobres, gris et blanc, rassurent et respectent l'individu, plutôt que de lui en flanquer plein la vue.
    Triomphe de l'esprit. Pur rai de raison perçant, éclairant tout.
    C'est ça l'humanisme.
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Vidéo de Nancy Huston

Nancy Huston vous présente son ouvrage "Bad girl, classes de littérature" et "Lignes de faille" aux éditions Actes Sud. "Lignes de Faille" : spectacle mis en scène par Catherine Marnas (TNBA) d'après le roman de Nancy Huston.








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