RESUME :
Nous sommes à Paris, à la fin des années cinquante. Saffie, l’énigmatique et belle Allemande aux yeux verts d’eau, devient l’épouse du grand flûtiste Raphaël Lepage, profondément épris dès le premier regard. Mariée, puis mère, Saffie ne change pas : rien ne semble pouvoir illuminer son visage fermé et triste, éclairer ses yeux qui en ont trop vu. Rien, sauf l’amour fou qui l’embrase le jour où elle rencontre le luthier de Raphaël, un juif hongrois nommé András. Ecartelée entre son histoire et sa passion inattendue pour cette allemande, il tente d’apprendre – et de lui apprendre – à vivre avec leur passé.
MON AVIS :
Ah, Nancy Huston ! Cette écrivain a l’art et la manière de me faire adorer des choses que je n’aime pas vraiment en temps normal (comme les histoires de lourd passé en rapport avec la guerre, ou plutôt tout ce qui a un lien avec la guerre en général). En effet, Nancy Huston écrit superbement. Elle emmène le lecteur avec elle dans des chemins insoupçonnés et le régale de ses observations du monde en le déroutant, et même en le dérangeant parfois, mais sans jamais le perdre. Elle dépeint avec finesse des sentiments et des attitudes qui, sous la plume d’un(e) autre, auraient été irritants, agaçants, malvenus.
Dans ce livre, elle aborde un personnage difficile car difficile à aimer. Mais elle arrive à en capturer la psychologie et à nous la rendre compréhensible à coup de petites révélations qui nous éclairerons peu à peu sur le pourquoi du comment. Contre toutes attentes, on s’attache à Saffie au fil des pages, jusqu’à partager sa douleur et même à éprouver de la sympathie pour elle.
Au final, un livre magnifique, délicat, raffiné.
RESTONS OBJECTIS :
En plus de posséder un style très agréable, Nancy Huston sait ajouter à ses histoire le petit plus qui fera la différence. Elle a l’art de dépeindre des femmes dans des attitudes parfois « anti-féminines ». Ainsi l’héroïne de « L’Empreinte de l’Ange » n’a pas les jambes qui flageolent pour le musicien riche, célèbre, « parfait » en perspectives maritales. Non, elle choisira le petit luthier. De plus, celle-ci a des problèmes avec sa maternité, problèmes qui pourraient sembler sacrilèges à de nombreuses mères bien pensantes. Mais Nancy Huston arrive à les rendre acceptables et même compréhensibles.
Cette finesse d’esprit qui lui permet d’introduire des visions différentes de la femme sans que cela ne choque réellement ses lectrices est une très belle forme de féminisme. Celle qui nous fait accepter la femme dans sa différence par rapport à l’image que l’on se fait de ses attentes et de ses désirs. Celle qui nous permet d’être nous simplement, sans se retrouver acculées par le jugement des autres.
CÔTE : * * * *
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