ISBN : 2742727701
Éditeur : Actes Sud (2000)


Note moyenne : 3.78/5 (sur 147 notes) Ajouter à mes livres
"Ch. b. à tt f. pour petit ménage, logée, sach. cuisiner." Saffie a vingt ans. Elle est allemande. À peine arrivée à Paris, elle répond à l'annonce du jeune musicien, Raphaël. Celui-là même qui lui ouvre la porte et... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Melopee, le 11 janvier 2012

    Melopee
    C'est avec un plaisir non dissimulé que j'ai retrouvé la plume de Nancy Huston que j'avais tant aimé dans Ligne de faille et La virevolte. Car dès les premiers mots, les premières pages, la narration me happe et je file suivre les personnages si habilement esquissés par l'auteur.
    Ici on découvre une jeune femme énigmatique, Saffie, une allemande débarquant au printemps de 1957 à Paris. Cherchant un emploi, elle se retrouve en tant que domestique au service du flûtiste de renom, Raphaël Lepage. Celui-ci tombe rapidement amoureux et lui ouvre bien plus que sa porte. C'est un petit couple qui se forme. Banal en somme sauf que Saffie ne se départ pas de son masque d'indifférence, de son désintérêt de tout et même des autres. Raphaël est pour elle un homme comme un autre à un détail près, il l'entretient dans un cocon douillet. Bientôt la jeune femme tombe enceinte et c'est un espoir pour Raphaël. Et si la maternité pouvait l'éveiller à la vie et aux sentiments les plus simples?
    Rien ne se passe comme prévu car Saffie exècre d'avance le petit être qu'elle porte en elle. Si seulement il pouvait disparaitre...
    Surgit dans sa vie, le salvateur luthier Andras, un juif hongrois qui répare l'instrument de son mari. Mais bien plus que la flute, il répare aussi les affects de Saffie et lui donne goût à la vie, aux promenades, aux discussions animées. Ainsi Raphaël est heureux, depuis qu'il joue, se déplace et gagne encore en prestige, sa femme elle aussi s'illumine. Est-ce un rêve? Comment se fait-il que cela se soit fait si naturellement? Et ce déclic, est-il vraiment de son ressort?
    On suit les personnages avec un plaisir grandissant. Plus la situation s'installe (cette double vie qui convient à tous), plus la chute parait être inéluctable. Et qu'elle sera raide ! Car l'enfant (Emil), au départ non désiré du couple légitime, est un excellent prétexte pour sortir et se rendre chez Andras. Il grandit et se plait à ce manège avec ses deux papas : l'un qui le met mal à l'aise (Raphaël), l'autre qui lui fabrique des jouets et s'occupe de lui (Andras).
    Il est terrible ce livre en cela qu'on se dit qu'une relation amoureuse ne peut contenir que deux personnes. L'irruption de la troisième est source de souci tout autant que de joie et de déraison. On se prépare à une confrontation, à un malsain déballage du linge sale en public... et l'issue nous surprend malgré tout. Qu'est-ce que j'ai pu détester la Saffie aux deux visages ! Profiteuse d'un confort qu'elle ne mérite pas, elle vit dans l'amour absolu de deux hommes, bientôt comblée par un enfant qui la vénère également. Et dans tout cela elle jongle avec habileté pour ne pas éveiller les soupçons de la concierge, ni choisir entre un homme plutôt que l'autre. L'infidélité me fera toujours bondir je crois, quel qu'en soit le motif. L'histoire de Saffie qui nous est dévoilée peu à peu ne trouve pas grâce à mes yeux pour la rendre plus humaine. Je la plains, elle et la censure qu'elle s'inflige sur son passé. Si seulement elle trouvait comment se donner exclusivement à un seul homme !
    Mais pour le style de l'histoire, j'y ai trouvé du plaisir, car les personnages m'ont paru réalistes, la trame elle aussi est "tendance". Mais c'est bien les cinquante dernières pages qui m'ont le plus intéressé car enfin la tension se lève. C'est presque un soulagement que l'histoire ne reste pas dans ce huis-clos cantonné à trois personnages (avec comme "otage" privilégié l'enfant) !
    Encore un très bon Huston dans ma bibliothèque ! Et dans la vôtre?
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 17 mai 2010

    LiliGalipette
    Roman de Nancy Huston. Lettre H de mon Challenge ABC 2010.
    Mai 1957, à Paris. Saffie, vingt ans, arrive de Düsseldorf. Elle frappe à la porte d'un grand appartement bourgeois de la rue de Seine. Elle a répondu à une offre d'emploi pour un poste de bonne à tout faire. Derrière la porte, il y a Raphaël Lepage, vingt-huit ans, flûtiste de renom. Il tombe immédiatemment amoureux, fou amoureux de Saffie qui accepte de l'épouser après un mois seulement. L'aime-t-elle? Non. Elle semble fermée au monde, inaccessible. Mais quand elle rencontre Andras, le luthier de son mari, son coeur s'éveille. L'amour est là, brûlant, entre le juif hongrois et l'allemande. Saffie commence une double vie, de chaque côté de la Seine. Pendant ce temps, la guerre d'Algérie fait rage et s'ajoute aux conflits intérieurs et aux batailles que chacun traverse.
    Bouleversant roman! Tant de choses à dire!
    Saffie est une femme "scindée en deux. Rive droite, rive gauche. le Hongrois, le Français. La passion. le confort." (p. 220) Elle n'aime pas son époux, mais c'est grâce à lui qu'elle est française, qu'elle a pu se débarasser de son identité civile d'allemande. Auprès d'Andras, elle est juste une femme amoureuse et heureuse, qui s'ouvre à la réalité.
    De son mariage avec Raphaël, par "le martyr sacré des mères" (p. 95), Saffie a conçu un fils, Emil, le témoin silencieux et consentant de ses amours adultères. "Emil est son prétexte; son alibi; le sine qua non de ses amours avec Andras. Emil est leur otage." (p. 260) Raphaël est le père biologique, le père civil. Mais Andras est le père de coeur. Emil est l'innocent qui accepte la faute. Et L'empreinte de l'ange, qu'est-ce donc? C'est "la fossette entre la racine du nez et les lèvres. [...] C'est ici que l'ange pose un doigt sur les lèvres du bébé, juste avant la naissance - Chut! - et l'enfant oublie tout. Tout ce qu'il a appris là-bas, avant, en paradis. Comme ça, il vient au monde innocent." (p. 191)
    La guerre d'Algérie tient le fond du décor. Mais "les Lepage de la rue de Seine sont peu préoccupés par ces histoires." (p. 80) Saffie vit en dehors du temps et des choses, elle ne voit rien, ne ressent rien, retranchée dans une indifférence protectrice. La nonchalence de Raphaël la conforte dans cet état d'esprit. Mais aux côtés d'Andras, elle ne peut plus se cacher de l'Histoire. Elle ne peut plus faire semblant. Andras est un sympathisant à la cause des Algériens. Il refuse l'inaction et le défaistisme. Il force Saffie à ouvrir les yeux, à affronter la peur et la laideur de leur temps.
    La seconde guerre mondiale est derrière eux, mais la haine et la peur de l'autre est toujours là. L'autre, il est allemand nazi, russe communiste, juif, algérien musulman. La haine semble transférable d'un peuple à l'autre. Andras refuse de considérer que la France est en paix: "C'est pas fini la guerre! [...] Entre 40 et 44, la France se laisse enculer par l'Allemagne, elle a honte alors en 1946 elle commence la guerre à l'Indochine. En 54 elle la perd, les Viets l'enculent, elle a honte alors trois mois après elle commence la guerre à l'Algérie!" (p. 166) Les erreurs grammaticales sont celles qu'Andras, de langue maternelle allemande, commet quand la langue française lui fait défaut.
    La haine et les souvenirs font mauvais ménage. Saffie garde des images traumatisantes de son enfance pendant la guerre, elle tait des vérités détestables sur elle et les siens. Andras a vu des horreurs et refuse celles qui sont commises dans les rues de Paris, les ratonnades et les humiliations. L'Allemande apatride et le Hongrois juif, ennemis par l'Histoire, sont alliés dans l'amour et guérissent l'autre de ses blessures.
    La voix narratrice vole d'époque en souvenirs, floutte les frontières, permet au passé et à ses douleurs de se mêler au présent. Elle est aussi sarcastique quand elle s'adresse au lecteur. Elle prétend que si l'on a pas vécu les douleurs de Saffie, on ne peut pas comprendre son histoire. La voix narratrice est aussi cinglante avec les exactions nazies: "il y aura toujours quelqu'un pour venir [...] raconter encore un autre drame, une autre horreur, c'est littéralement inépuisable. Quelle aubaine pour les romanciers, cet Hitler!" (p. 268) Et hop, un petit coup de griffe à la littérature concentrationnaire!
    Il y a la musique de Raphaël, ses deux flûtes chéries et sa technique du souffle circulaire. Il y a Bach, Tchaikovsky, Jolivet, Debussy ou encore Marin Marais dont les airs joués par le flûtiste raisonnent au fil des pages. Cette musique est belle mais tellement inefficace! Et Raphaël est tellement ridicule avec ses idéaux artistiques! "La musique, c'est ma lutte à moi. Jouer de la flûte, c'est ma façon à moi de rendre le monde meilleur." (p. 285) Raphaël, combattant d'un nouvel âge? Pas vraiment...
    Ce livre pourrait se lire à toute allure, on se laisserait facilement prendre à la violence de la passion et au déchaînement de l'Histoire. Mais pour une fois, j'ai pris mon temps. Parce que l'histoire est dense, étouffante presque. L'amour est bouleversant, agressif presque dans sa beauté parfaite. J'ai pleuré souvent au fil des pages.
    Loin d'être un autre roman sur l'Allemagne nazie et l'Holocauste ou une diatribe envers le gouvernement du Général de Gaulle pendant la guerre d'Algérie, l'histoire est simplement le récit d'un amour qui n'est peut-être pas né au bon moment ni avec les bonnes personnes. Mais c'est comme ça, on ne peut rien y faire, c'est l'amour, tout simplement.


    Lien : http://lililectrice.canalblog.com/archives/2010/05/17/17926863.html
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    • Livres 4.00/5
    Par Les-lectures-de-Cachou, le 17 juin 2009

    Les-lectures-de-Cachou
    RESUME :
    Nous sommes à Paris, à la fin des années cinquante. Saffie, l'énigmatique et belle Allemande aux yeux verts d'eau, devient l'épouse du grand flûtiste Raphaël Lepage, profondément épris dès le premier regard. Mariée, puis mère, Saffie ne change pas : rien ne semble pouvoir illuminer son visage fermé et triste, éclairer ses yeux qui en ont trop vu. Rien, sauf l'amour fou qui l'embrase le jour où elle rencontre le luthier de Raphaël, un juif hongrois nommé András. Ecartelée entre son histoire et sa passion inattendue pour cette allemande, il tente d'apprendre – et de lui apprendre – à vivre avec leur passé.


    MON AVIS :
    Ah, Nancy Huston ! Cette écrivain a l'art et la manière de me faire adorer des choses que je n'aime pas vraiment en temps normal (comme les histoires de lourd passé en rapport avec la guerre, ou plutôt tout ce qui a un lien avec la guerre en général). En effet, Nancy Huston écrit superbement. Elle emmène le lecteur avec elle dans des chemins insoupçonnés et le régale de ses observations du monde en le déroutant, et même en le dérangeant parfois, mais sans jamais le perdre. Elle dépeint avec finesse des sentiments et des attitudes qui, sous la plume d'un(e) autre, auraient été irritants, agaçants, malvenus.
    Dans ce livre, elle aborde un personnage difficile car difficile à aimer. Mais elle arrive à en capturer la psychologie et à nous la rendre compréhensible à coup de petites révélations qui nous éclairerons peu à peu sur le pourquoi du comment. Contre toutes attentes, on s'attache à Saffie au fil des pages, jusqu'à partager sa douleur et même à éprouver de la sympathie pour elle.
    Au final, un livre magnifique, délicat, raffiné.


    RESTONS OBJECTIS :
    En plus de posséder un style très agréable, Nancy Huston sait ajouter à ses histoire le petit plus qui fera la différence. Elle a l'art de dépeindre des femmes dans des attitudes parfois « anti-féminines ». Ainsi l'héroïne de « L'empreinte de l'ange » n'a pas les jambes qui flageolent pour le musicien riche, célèbre, « parfait » en perspectives maritales. Non, elle choisira le petit luthier. De plus, celle-ci a des problèmes avec sa maternité, problèmes qui pourraient sembler sacrilèges à de nombreuses mères bien pensantes. Mais Nancy Huston arrive à les rendre acceptables et même compréhensibles.
    Cette finesse d'esprit qui lui permet d'introduire des visions différentes de la femme sans que cela ne choque réellement ses lectrices est une très belle forme de féminisme. Celle qui nous fait accepter la femme dans sa différence par rapport à l'image que l'on se fait de ses attentes et de ses désirs. Celle qui nous permet d'être nous simplement, sans se retrouver acculées par le jugement des autres.


    CÔTE : * * * *

    Lien : http://leslecturesdecachou.over-blog.com/
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    • Livres 5.00/5
    Par Heureuse, le 26 septembre 2010

    Heureuse
    Je viens à peine de le terminer et, comme à chaque fois avec Nancy Huston, l'émotion est là, coincée comme une boule dans ma poitrine. Ca fait mal mais je n'ai pas envie qu'elle disparaisse . Je voudrais passer encore quelques instants avec ce roman. Que vous dire de plus que ...c'est beau, très beau même. Il est difficile de choisir un extrait car ils sont tous liés au "corps" du livre.
    " Comment tant de mondes peuvent-ils coexister sur une même planète? Lequel parmi eux est le plus précieux, le plus vrai, le plus urgent à connaître? Ils s'agencent entre eux de façon complexe mais non pas chaotique, avançant de front, tourbillonnant, entrant en collision et en collusion les uns avec les autres, des effets surgissant des causes et se transformant à leur tour en causes qui déclencheront des effets et ainsi de suite et ainsi de suite, à l'infini..
    Un infini dans l'ensemble assez funeste, il faut bien le dire."
    Saffie n'a pas le droit au bonheur. Aucune horreur ne doit lui être épargnée. C'est une enfant de ce siècle. Elle essaye d'y échapper, de fermer les yeux, d'oublier. Elle apprend même à être heureuse. Mais l'Horreur la rattrape, lui rappelle que tout bonheur lui est interdit. Que c'est elle qui doit expier les fautes qu'elle n'a pas commises. Elle est innocente comme tous ceux qui payent la cruauté et la monstruosité humaine.
    "Du bout de son index, Andras se met à dessiner son profil, commençant par le front, à la naissance des cheveux, puis descendant délicatement entre les sourcils, suivant la fine crête du nez et se glissant dans la fossette entre la racine du nez et des lèvres.
    - C'est ici, dit-il, que l'ange pose un doigt sur les lèvres du bébé, juste avant la naissance - Chut! - et l'enfant oublie tout. tout ce qu'il a appris là-bas, avant, au paradis. Comme ça il vient au monde innocent...
    - Et ça s'arrête quand l'innocence? Toi, tu es innocent?"
    Histoire d'amours, histoire d'une vie, histoire dans l'Histoire, Nancy Huston dénonce ici les barbaries de du XXème siècle, avec beaucoup de cynisme, de franchise, de lucidité. La leçon qu'elle en tire n'est pas encourageante pour l'avenir.
    "Et c'est la fin?
    Oh non! Je vous assure que non.
    Il suffit d'ouvrir les yeux : partout, autour de vous, cela continue."
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    • Livres 4.00/5
    Par Norlane, le 19 novembre 2011

    Norlane
    un livre fort sur le poids de la guerre, lorsqu'on est juif, lorsqu'on est allemand, lorsqu'on est français aussi et que l'Algérie demande l'indépendance. Un livre sur l'adultère, sur les mensonges que chacun se raconte, sur le non-dit, sur la maternité qui n'est pas innée lorsque les émotions sont bloquées. Un livre sur les origines, le "d'où l'on vient", la langue maternelle et celle adoptée. Des thèmes chers à Nancy Huston si j'en crois mes précédentes lectures. Un livre prenant.
    Mon seul bémol, l'intervention récurrente - et peu utile - de l'auteure : je n'ai pas aimé me sentir contrainte de m'éloigner de l'histoire par celle qui la raconte !
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Citations et extraits

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  • Par LolitaNieEnBloc, le 14 mai 2008

    Dans chaque histoire d'amour fou il y a un tournant ; cela peut venir plus ou moins vite mais en général cela vient assez vite ; la plupart des couples ratent le tournant, dérapent, font un tonneau et vont s'écrabouiller contre le mur, les quatre roues en l'air.
    La raison en est simple : contrairement à ce qu'on avait cru pendant les premières heures, les premiers jours, tout au plus les premiers mois de l'enchantement, l'autre ne vous a pas métamorphosé. Le mur contre lequel on s'écrase après le tournant, c'est le mur de soi. Soi-même : aussi méchant, mesquin et médiocre qu'auparavant. La guérison magique n'a pas eu lieu. Les plaies sont toujours là, les cauchemars recommencent. Et l'on en veut à l'autre de ce qu'on n'ait pas été refait à neuf ; de ce que l'amour n'ait pas résolu tous les problèmes de l'existence ; de ce que l'on ne se trouve pas en fin de compte au Paradis, mais bel et bien, comme d'habitude, sur Terre.
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  • Par kolibri, le 22 juillet 2010

    Elle ferme les yeux. Du bout de son index, Andras se met à dessiner son profil, commençant sur le front, à la naissance des cheveux, puis descendant délicatement entre les sourcils, suivant le fine crête du nez et se glissant dans la fossette entre la racine du nez et des lèvres.
    - C'est ici, dit-il, que l'ange pose un doigt sur les lèvres au bébé, juste avant la naissance - chut !- et l'enfant oublie tout. Tout ce qu'il a appris là-bas, avant, au paradis. Comme ça, il vien au monde innocent...
    Les paupières de Saffie s'ouvrent progressivement, elle veut vérifier l'empreinte de l'ange sur le visage de son amant mais son regard est aspiré par la bleue lumière dansante des yeux qui l'étudient.
    - Sinon, poursuit Andras en riant, qui veut naître ? Qui accepte d'entrer dans cette merde ? Ha ! Personne ! On a besoin de l'ange !
    - Et ça s'arrête quand, l'innocence ? demande Saffie d'une voix rêveuse, remuant à peine les lèvres sur lesquelles le doigt d'Andras est encore posé. Toi tu es innocent ?
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  • Par Sachenka, le 27 août 2011

    Michelle marche tête basse, toute à son angoisse, et comme Saffie a les yeux plongés dans les flots gris de son passé, les deux femmes ne se voient pas. Ça arrive tout le temps, ce genre de chose. On s'étonne des rencontres miraculeuses, des coïncidences inouïes : "Comme le monde est petit!" s'exlame-t-on à chaque fois... mais en vérité la vie comporte bien davantage de ces rencontres ratées, ces presque rencontres, ces pas-tout-à-fait coïncidences.
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  • Par Heureuse, le 26 septembre 2010

    Comment tant de mondes peuvent-ils coexister sur une même planète? Lequel parmi eux est le plus précieux, le plus vrai, le plus urgent à connaître? Ils s'agencent entre eux de façon complexe mais non pas chaotique, avançant de front, tourbillonnant, entrant en collision et en collusion les uns avec les autres, des effets surgissant des causes et se transformant à leur tour en causes qui déclencheront des effets et ainsi de suite et ainsi de suite, à l'infini..
    Un infini dans l'ensemble assez funeste, il faut bien le dire.
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  • Par Heureuse, le 26 septembre 2010

    Et c'est la fin?
    Oh non! Je vous assure que non.
    Il suffit d'ouvrir les yeux : partout, autour de vous, cela continue.
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DÉMONS QUOTIDIENS .
Une année sous le regard de Nancy Huston, avec l?artiste Ralph Petty.Le journal intime et politique de Nancy Huston avec les dessins de l?artiste franco-américain Ralph Petty. Douze mois sous le regard mordant, humoristique, noir parfois, qui est celui de Nancy Huston, auquel répondent les silhouettes de Ralph Petty. Un livre sur ?la vie comme elle va?, qui modifie notre vision du monde.








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