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ISBN : 2742706941
Éditeur : Actes Sud (1998)


Note moyenne : 3.85/5 (sur 162 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Un, deux, trois petits tours et puis s'en va: Lin a un mari, deux filles, des amitiés, des moments de rare bonheur. Inexorablement pourtant, une passion qui est aussi son métier - la danse - s'impose à elle. Jusqu'au jour où elle choisit... La virevolte, c'est cela : un... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par kathy, le 16 mars 2012

    kathy
    Lin est une épouse heureuse.
    Auprès de Derek -son mari- et d'Angela et Marina – ses deux filles, elle s'acquitte avec bonheur de ses tâches familiales.
    Malgré cela, Lin est vulnérable.
    Car, Lin est passionnée.
    Elle danse et c'est pour cela qu'elle est au monde. Car quand elle danse, « rien ne peut égaler cette jouissance de faire bouger son corps dans l'espace, remplir l'air de mouvement, d'épouser la musique avec le silence scandé, sauts et soubresauts, muets hurlements de toutes les joies et peines de l'univers ».
    Alors,
    Lin fait volte-face.
    Elle part…
    Elle danse. Mexico, Paris, Veracruz, Saint-Moritz, Rome, Chicago, Tokyo, New York,… Elle occupe le devant de la scène.
    Mais,
    Malgré son départ,
    Lin est, encore et toujours, vulnérable.
    « La nuit, Lin est taraudée par des questions : que font mes filles en ce moment, à quoi pensent-elles, qu'apprennent-elles à l'école… ». Mais tout cela est banni de sa conscience par des somnifères.
    Alors, elle danse encore.
    Car, même si RIEN n'est simple….. La passion de Lin est irrésistible.
    Mais alors,
    Jusqu'où aller … pour vivre SA vie et réaliser SES rêves… et assouvir ses passions ?
    La passion peut-elle tout justifier ?
    La passion rime-t-elle avec raison ?
    Oui ? Non ?
    Car même si, pour Hegel, « Rien ne s'est fait sans passion », pour Kant, « Etre soumis aux émotions et aux passions est toujours une maladie de l'âme puisque toutes les deux excluent la maîtrise de la raison ».
    Partant du principe que l'Homme est totalement responsable de SA destinée, vivre sa passion implique donc qu'il se libère et rompe les chaînes sociales et moralisatrices qui l'entravent ?
    Le risque : en devenir esclave et oublier sa conscience morale… ; en devenir esclave au risque d'entraver la liberté de l'Autre….
    Un livre étonnant qui évoque LA passion. La quête de sens. le destin. Un livre qui nous livre une énigme, un questionnement.
    Le tout raconté dans un style sobre mais envoûtant…., même si je m'attendais à une toute autre fin…
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    • Livres 5.00/5
    Par Melopee, le 11 juin 2011

    Melopee
    Ce livre aurait pu être un modeste petit ouvrage échoué entre deux pavés et oublié sitôt refermé. En ce qui me concerne il connaitra un autre destin car je le laisserais volontiers sur la table de chevet de ma mère pour qu'elle puisse y puiser toutes les facettes du genre humain. Je parle du genre humain mais c'est bel et bien la femme qui est sous les projecteurs dans cette histoire de danseuse empêchée dans sa vocation.
    Je m'explique : Lin est une étoile émérite qui a à première vue tout pour être heureuse avec une vie de famille bien remplie et un mari Derek qu'elle croit aimer. Viennent s'ajouter au portrait de la petite famille parfaite : deux petites filles qui, en requérant éducation et attention, détournent peu à peu leur mère de son vrai rêve, danser.
    Et l'histoire gagne en profondeur avec le temps qui passe, avec les enfants qui grandissent et cette étrange impression de passer à côté de sa vie. Mais noyer le poisson ne le fait pas disparaitre et quoi qu'on fasse il remontera toujours à la surface. C'est le cas avec cette passion débordante qui la rappelle à elle fréquemment. Et les moments se font de plus en plus pressants, de plus en plus difficiles à canaliser. L'esprit vagabonde et même si Lin reste à la maison, ses pensées et ses gestes sont tous tournés vers la danse. A quoi bon résister?
    Le livre se compose de deux parties avec la première qui retrace la vie de famille rangée avec un quotidien qu'on se plait à retracer chaque jour : repas, toilette, discussions entre amis/famille, boulot.
    Dans la seconde partie Lin prend son envol. On ne sait pas trop comment ni à quel moment l'abandon de domicile a eu lieu mais la danseuse a regagné ses ballerines. Et c'est dans cette partie que les doutes entrent en jeu : que Derek s'organise avec deux fillettes un peu perdues et traumatisées. Lin quant à elle ne vit plus que pour sa passion, égoïstement et avec bien peu de scrupules sur les dégâts collatéraux engendrés par son choix : elle enchaine les représentations, flirte avec le chef d'orchestre et envoie valser toute sa vie établie. Au revoir maison, enfants ; bonjour hôtels, paillettes et troupe de danse !
    Le style de Nancy Huston, il n'y a pas à dire on adhère ou on abhorre. Pour ma part je suis charmée par ses trouvailles linguistiques, par sa manière de placer et déplacer le temps, de le faire filer selon que la frustration soit là ou que les liens familiaux se dénouent. C'est l'impression curieuse qu'on a avec un tel livre : qu'on a la possibilité de briser toutes les barrières temporelles, de pouvoir accélérer le vide existentiel pour revenir sur les moments-clé qui marquent une vie.
    Et dans le sillage de Lin c'est Derek, ce sont les deux fillettes et les proches qui sont en pleine tempête, témoins d'une destinée qu'ils ne peuvent contrôler. Pour résumer : je crois que ce livre est vraiment admirable et qu'il donne une envie folle de poursuivre dans les pas d'une écrivain dont les ficelles nous ensorcellent.
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    • Livres 5.00/5
    Par myriampele, le 13 février 2012

    myriampele
    Nancy Huston est une grande dame de la littérature. Son roman m'a touchée, parce qu'il raconte la belle histoire triste et émouvante d'un grand ou plutôt de plusieurs grands amours impossibles. Il m'a aussi confortée dans l'idée que le Bonheur (avec un grand B) n'existe pas mais que la vie peut être belle avec de toutes petites joies.
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    • Livres 4.00/5
    Par Mariefrance57, le 27 avril 2012

    Mariefrance57
    Toutes les émotions, les passions, les relations , les souffrances, tous les rêves, les sentiments sont portés à leur paroxysme par la plume fine et acérée de N. Huston. Les passages concernant Marina, la seconde fille, m'ont parfois dérangée. Depuis sa naissance, elle est obsédée par le mal, celui qu'elle s'inflige et celui qu'elle inflige aux autres. Personne n'y prête attention ni ne tente de l'aider. Seule sa soeur aînée arrive à l'apprivoiser.
    Comme j'ai toujours été passionnée par la danse et que je l'ai un peu pratiquée en amateur, j'ai aimé les moments où Lin crée et interprète ses chorégraphies.
    Ce livre nous amène à réfléchir sur la compatibilité entre les créateurs et le monde "normal". Faut-il être en souffrance pour donner le meilleur de soi-même quand on est un artiste? Doit-on absolument provoquer des dégâts collatéraux et n'être plus que le centre de sa propre vie?

    Lien : http://www.babelio.com/monprofil.php?id_user=43727
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    • Livres 3.00/5
    Par Lencreuse, le 23 juillet 2010

    Lencreuse
    Lin danse, Lin se marie, Lin donne des cours de danse, Lin accouche une fois puis deux, Lin danse, Lin a l'esprit qui s'envole, Lin a le corps en demande. Alors Lin choisit ce qui s'impose comme une force violente, ce qui la fait se sentir exister pleinement : la danse. Loin de son mari et de ses deux fillettes, Lin crée et danse. A chaque sortie de scène, la solitude s'abat et la danseuse-chorégraphe la noie dans les somnifères pour ne plus penser. Pour éviter les nuits douloureuses, celles d'une mère qui ne voit pas ses enfants grandir.
    Léger comme une pirouette dans l'écriture, La virevolte n'en demeure pas moins un livre grave qui parle de maternité, de passion et de choix. Lin ne renie jamais. Elle vit avec intensité, les naissances, la danse tout comme le sacrifice de sa vie abandonnée. La passion a un prix, Lin n'en a jamais douté. Un bien joli roman qui interroge aussi sur les choix, celui du conformisme ou celui de la passion, de ce qui brûle au fond de l'âme.

    Lien : http://lencreuse.over-blog.com
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Citations et extraits

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  • Par zazimuth, le 25 septembre 2010

    -Tu sais maman, quand tu t'es moquée de moi parce que j'avais des cerises sur les joues, mon coeur a pleuré et son coeur s'est brisé. Et puis le coeur de mon coeur a pleuré et son coeur à lui s'est brisé. Et pareil pour tous mes coeurs, jusqu'au dos.

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  • Par kathy, le 11 mars 2012

    Toujours le travail de Lin a consisté à prendre les thèmes les plus ténébreux de la vie et à les transformer en lumière, non pas en les édulcorant mais en les agrandissant, figeant leurs formes fugaces pour qu'elles se cristallisent, les retraduisant ensuite en mouvement : rien ne doit exister qui ne puisse être transfiguré par le corps.

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  • Par kathy, le 16 mars 2012

    Les cheveux de Rachel sont tout à fait gris maintenant et elle a besoin de lunettes pour lire. Derek a pris de l'embonpoint et commencé à perdre ses cheveux : les filles sont dépitées de voir leurs parents imiter les signes les plus conventionnels de l'âge mûr.

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  • Par kathy, le 16 mars 2012

    Derek s'est habitué à guider les petits pieds le long des collants en laine
    à peigner les cheveux châtain clair emmêlés sans déclencher de cris perçants
    à vider dans la poubelle les bols à moitié pleins de corn flakes ramollis
    Il égalise la frange de ses filles, leur coupe les ongles des doigts et des orteils, vérifie qu'elles ont des chaussettes et des culottes propres en quantité, apprend à recoudre les boutons. Il cuisine pour elles de vrais repas, et leur pose de vraies questions sur l'école. Leur famille doit être un triangle, non un carré mutilé. Nous nous tenons tous la main. Nous sommes tous là. Personne ne manque nulle part.
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  • Par Mariefrance57, le 27 avril 2012

    ...sur scène, ces mêmes corps morcelés deviennent toujours, comme par magie, indolores et intègres: les articulations se dilatent, la chair devient légère et transparente, la sueur luisant sur la peau se transforme en or fondu; ce sont des instruments de musique, des anges vibrants, des nuées lumineuses.

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Nancy Huston vous présente son ouvrage "Bad girl, classes de littérature" et "Lignes de faille" aux éditions Actes Sud. "Lignes de Faille" : spectacle mis en scène par Catherine Marnas (TNBA) d'après le roman de Nancy Huston.








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