ISBN : 2742769366
Éditeur : Actes Sud (2007)


Note moyenne : 4.09/5 (sur 334 notes) Ajouter à mes livres
Entre un jeune Californien du XXIe siècle et une fillette allemande des années 1940, rien de commun si ce n'est le sang. Pourtant, de l'arrière-grand-mère au petit garçon, chaque génération subit les séismes politiques ou intimes déclenchés par la génération précédente.... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 06 mai 2012

    carre
    Lignes de faille raconte à la première personne l'histoire de quatre générations, à travers le récit de quatre enfants : sol (2005), randall (1983), sadie (1962), Kristina / Erra (1945), témoins de la folie des hommes et que chaque destin aura des conséquences directes sur la génération suivante.
    Chaque histoire s'imbriquant les unes dans les autres telle des poupées russes. Un roman vu à hauteur d'enfants sur la filiation pour comprendre le monde si compliqué des adultes, Huston déroule ces histoires de façon remarquable tant dans sa construction originale que dans l'écriture fluide et agréable.
    L'auteur franco canadienne signe une nouvelle fois un roman d'une grande force, brillant, poignant, tout en nuance. Nancy Huston confirme toute son originalité et son intelligence avec ce roman dont on ne sort pas indemne.
    Récompensé par les prix "Fémina" et "France Télévisions".
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    Critique de qualité ? (25 votes positifs)
  • Par sylvie, le 24 février 2008

    sylvie
    La force de ce texte m'a emportée de pages en pages sans que je puisse décrocher .
    Nous voilà partis des années 2000 aux années 40, à travers les narrations de moments de vie d'enfants de 6 ans, tous de la même famille . Nous remontons le temps en suivant une filiation . Dans la première partie, un enfant de 6 ans nous parle de sa vie , de son père, de sa grand mère, et de son arrière grand mère , puis, nous découvrons le père à six ans qui nous parle de sa mère et de sa grand mère, et nous remontons ainsi jusqu'à l'enfance de kristina ou Erra en 1944/1945.
    Tous ont un lien physique, une marque corporelle qui se perpétue, une tache de naissance... Chacun noue avec elle une histoire particulière et intime... Mais il semble que d'autres choses se perpétuent par eux à leur insu, choses indéfinissables et qui ne se parlent pas, secrets et émotions qui deviennent angoisses, peurs et silences.
    Quand je suis arrivée à l'enfance d'Erra et à son traumatisme, enfant volée pour rejoindre un lebensborn avant d'être adoptée dans une famille allemande, puis placée dans une famille au Canada , j'ai eu envie de reprendre la lecture de ce livre mais à l'envers...
    Recommencer ma lecture par la quatrième partie pour revenir doucement jusqu'à l'enfance du jeune petit américain... J'ai saisi la richesse extrême de la construction de ce livre. Des traces de filiations comme la tache de naissance ponctuent le fil du récit, d'autres permanences plus diffuses s'y promènent, sans doute à foison... Je ne les a pas toutes relevées, il faut le relire...
    Je ne l'ai pas encore fait, mais voilà qu'en écrivant ce petit texte sur un de mes meilleurs moments de lecture de l'année je décide de m'y remettre...
    http://sylvie-lectures.blogspot.com/2007/04/lignes-de-faille-nancy-huston.html
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    Critique de qualité ? (17 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Plouf_le_loup, le 18 mars 2012

    Plouf_le_loup
    Quatre voix, quatre époques, quatre histoires, quatre douleurs d'enfants, quatres rapports au monde... dans une seule famille. En 2004, Sol a 6 ans ; en 1982, Randall (futur père de Sol) a 6 ans ; en 1962, Sadie (future mère de Randall) a 6 ans ; en 1944-45, Kristina (future mère de Sadie) a 6 ans... Voilà les quatre narrateurs/trices successifs de cette saga familiale qui remonte le temps. Chacun dans sa souffrance indicible et avec son courage d'enfant, chacun avec les codes sociaux et éducatifs de son époque, raconte sa vie à ce moment charnière de sa vie, la façon dont elle bascule. Les liens se font alors dans l'esprit du lecteur, les histoires s'éclairent d'un jour nouveau, celui du passé. En fermant ce livre, on a presque envie de le reprendre au début, pour revoir le film avec notre nouveau savoir, celui de l'histoire familiale...

    Excellentissime livre, même si parfois un peu caricatural. le raccourci tacite me semble discutable du Lebensborn de l'arrière-grand-mère au petit gars d'aujourd'hui, perdu entre ses parents qui se voilent la face et un Internet abject omniprésent et obsédant. On commence avec une famille moderne caricaturale, peuplée de gens sourds et aveugles les uns aux autres (ce qui ne les empêche pas d'être parfois dévoués), la petit-fils plongé trop jeune dans le pire émotionnel, le père insipide fou d'armement et de guerre qui a épousé une fervente partisante de la non-violence qui n'y a pourtant rien compris, la grand-mère hyperactive, faussement généreuse et rigide derrière ses oeillères, la fascinante arrière-grand-mère libérée et profondément égocentrique... Caricatural ? Un peu. Outrancier ? Oui, toujours, mais aussi toujours crédible, et c'est bien là qu'on s'embarque dans cette histoire qui mêle roman et vraie histoire (celle des enfants volés de la guerre), quête identitaire et petits évènements, grande Histoire et instantanés de vies ordinaires...

    Et tout y est : l'émotion, les récits, l'intimité, la personnalité marquée de chaque enfant, le style approprié à chaque voix, la construction redoutablement efficace, des anecdotes et les détails qui font le lien d'un récit à l'autre, et une énorme symbolique autour du rapport de chacun à son grain de beauté congénital, qui passe de l'un à l'autre sans signifier la même chose et reflète tout un rapport à la vie, au monde, et la place de chacun dans l'histoire familiale... Un livre véritablement exceptionnel !
    (extraits sur mon blog)

    Lien : http://ploufetreplouf.over-blog.com/article-lignes-de-faille-de-nanc..
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par LiliGalipette, le 21 mars 2011

    LiliGalipette
    Roman de Nancy Huston. Lettre H de mon Challenge ABC critiques Babelio. Lecture commune avec Anne et Anne.
    Sol, 2004, Californie. Randall, 1982, New York et Haïfa. Sadie, 1962, Toronto. Kristina, 1944 et 1945, Allemagne. Ces quatre personnages ont six ans et sont les échelons d'un chemin à rebours du temps. Kristina est la mère de Sadie, elle-même mère de Randallqui est le père de Sol. du haut de leur enfance, ils racontent leur vie et leurs rapports avec leurs parents et grands-parents. Cette famille se construit autour de silences, de secrets percés à jour et de douleurs qui s'héritent. Ces enfants ont des images puissantes de leur personne. Si Sol se voit lumineux et intouchable, Sadiese sent cernée par l'Ennemi et contrainte à la perfection et à la flagellation pour connaître le bonheur. D'une génération à l'autre, un grain de beauté, qui se niche un peu partout, atteste de la véracité du lien qui unit les quatre personnages. Chaque enfant connaît sa guerre, intimement ou pas : Irak, Liban, Allemagne sont les théâtres des terreurs et rêves enfantins.
    Une fracture béante inaugure la lignée. Kristina, ou quel que soit son prénom, vient de nulle part. Les parents qu'on lui connaît ne sont pas les siens. Si Kristina a décidé de se libérer de ce manque, Sadie s'acharne à creuser la faille plus profond. Ce qu'elle met au jour est un des épisodes les plus méconnus de la seconde guerre mondiale, un épisode à ajouter à l'horreur qui déborde déjà. Kristina est une enfant volée en Ukraine: la perfection de ses traits, conformes au type aryen, faisait d'elle une candidate idéale pour repeupler l'Allemagne nazie décimée. Kristina a sublimé la douleur en devenant une chanteuse mondialement reconnue. Sadie expie le passé en étudiant et enseignant avec acharnement la question du Mal. Randall choisit de se battre en retrait et participe à l'effort de guerre américain en créant un nouveau soldat parfait. Sol, en bout de ligne, a tous les choix. Mais chez lui, la marque de famille est dangereuse : inscrite sur son visage, elle témoigne d'une douleur et d'un secret qu'il n'est plus possible de taire.
    Je suis partagée à la fin de cette lecture. La construction du récit est intelligente et ménage les révélations. Chaque enfant tire sur le fil de la vérité et dévide un peu plus la bobine. Les épisodes s'achèvent toujours sur une découverte dont on pressent qu'elle est majeure. Mais au bord de la faille, la vérité se dérobe et il faut repartir à la rencontre d'un nouvel enfant. le récit est mené successivement par chaque personnage : entre famille et terreur, ils se construisent un monde régi par des rites et des croyances censés conjurer le mauvais sort. Quand le cérémonial échoue, c'est la vie qui bascule et la parole passe à la génération précédente.
    Mais je n'ai pas été convaincue par le langage des personnages. Ils ont tous six ans et, aussi doués soient-ils, il est invraisemblable qu'ils s'expriment ainsi. Ces personnages d'enfants ne sont pas crédibles. C'est dommage, car le sujet est intéressant et bien traité. Il ne tombe pas dans le macabre et ne dénonce pas vainement les méfaits de l'Allemagne nazie. Nancy Huston expose une situation et ses conséquences trois générations plus tard. Il aurait fallu adapter le langage aux personnages ou les penser plus âgés. L'émotion peine à sourdre des pages. Les révélations sont terribles et bouleversantes. le regard innocent de l'enfant qui ne sait pas qu'il a ouvert une porte avait toutes les chances d'accroître l'émotion, mais pour moi, rien n'y a fait, les formes d'expression des personnages ont endigué le sentiment.
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    • Livres 4.00/5
    Par Pitchoubinou, le 03 avril 2012

    Pitchoubinou
    Bon, déjà, j'adore Nancy Huston. Mais "Lignes de faille" est sans doute mon préféré. La construction narrative rappelle un peu celle de "Prodige" (où trois femmes, la fille, la mère et la grand-mère se partageait la parole). Mais ici, quatre enfants d'une même famille mais appartenant chacun à une génération différente prennent successivement la parole pour évoquer leur histoire individuelle et familiale mais aussi L Histoire, avec un grand H. Avec toujours une écriture fluide et agréable. Superbe !
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Critiques presse (4)


  • LeFigaro , le 27 septembre 2011
    On sent que la romancière est habitée par ce thème, et elle nous fait partager cette passion pour le savoir et la mémoire.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro
  • Lecturejeune , le 01 décembre 2006
    Lecture jeune, n°120 - Récit à quatre voix, le dernier roman de Nancy Huston donne à chaque fois la parole à un enfant de six ans, relayé ensuite par son parent direct : père, grand-mère, arrière-grand-mère. Quatre destins d’enfants se succèdent ainsi à rebours, de génération en génération, entre 2004 et 1945. Détail curieux : un lien génétique les relie car ils possèdent tous un grain de beauté, qui aura pour chacun une signification bien différente. Le titre évoque les fractures, dérives des continents entre l’Amérique et la vieille Europe, mais aussi les blessures de l’histoire. Solomon, le premier narrateur, surdoué et franchement détestable, est fasciné par les corps disloqués des soldats et des civils, pris dans la tourmente de la guerre en Irak. Nancy Huston trace à travers lui le portrait de l’Amérique de Bush, caricaturale et hautaine. A l’autre bout de l’arbre généalogique, se situe son arrière-grand-mère Kristina, une petite Ukrainienne enlevée à sa famille par la Wehrmacht, comme 250 000 autres enfants, dans le programme de germanisation de Himmler. Entre les deux, le père de Sol, Randall, rejette l’histoire pour mieux vivre le présent, tandis que sa mère fouille le passé de manière obsessionnelle. Si les thèmes abordés peuvent être difficiles pour les adolescents, la structure du roman donne des repères pour décoder l’histoire. Qui connaissait l’existence des fontaines de vie, ces pensionnats où l’on élevait des bébés dans le but d’aryaniser la population allemande ? Les cassures dans les vies de chaque personnage font écho aux failles de l’Histoire. Ce procédé narratif original, en puzzle, tient le lecteur en haleine d’un bout à l’autre du roman. Une fois le livre terminé, on a envie de reprendre le récit en boucle. L’émotion, surtout dans les deux dernières parties, va crescendo. Les narrateurs sont des enfants, et leurs interrogations devant des situations trop lourdes, interpellent le lecteur dans un style direct. A conseiller vivement aux bons lecteurs, suffisamment matures. Cécile Robin-Lapeyre
  • Lecturejeune , le 01 décembre 2006
    Lecture jeune, n°120 - Histoire, mémoire et secret sont au coeur du roman de Nancy Huston. Histoire personnelle, familiale, mondiale, sans oublier celle que le lecteur est invité à reconstituer, s’entrechoquent et se répondent ici. Pour quelle signification ? L’auteure parle-t-elle de l’intime et de la construction de soi, ou davantage du politique ? De tout cela à la fois. Ces lignes de faille évoquent ces influences multiples, sociales, politiques et culturelles, que nous recevons comme autant de chocs, à partir desquelles nous devons nous construire. Le récit nous semble éminemment politique aussi. Nancy Huston prend ici position. Le regard très dur, sans tendresse aucune, qu’elle porte sur Sol, enfant américain vivant en 2004, apparaît comme une critique directe des Etats-Unis. Mais ce sont bien les personnages qui portent et articulent ce récit : des mères et leurs quatre enfants. Le point de vue est celui de ces « petits », et de ce fait singulier. Les voix de Nancy Huston sonnent parfaitement justes. Ce ne sont pas celles d’enfants de six ans, mais bien celles de l’Enfance, dans toute sa beauté, sa violence et son sérieux. En raison de ces entrées multiples, on conseillera cet ouvrage à des lecteurs curieux, disposant déjà d’une bonne culture littéraire. L’inventivité de la narration, la maîtrise de l’écriture et la vivacité du ton achèveront de les convaincre. Hélène Sagnet
  • Lecturejeune , le 01 décembre 2006
    Lecture jeune, n°120 - Jamais un roman n’avait montré à quel point nous héritons des névroses que nos parents et nos grands-parents nous ont léguées. Avec une grande finesse et une tendresse infinie, Nancy Huston dépeint les fragilités de quatre personnages, à des périodes clés de leur existence. Sur fond de guerre, et de mésentente familiale, chacun y apparaît comme victime de sa propre histoire et de l’histoire avec un grand H. Il y a Kristina ballottée de famille en famille, qui survit en se consacrant au chant, Sadie sa fille, qui souffre de l’indifférence d’une mère si peu maternelle, et se sent minable par rapport à elle, Randall, fils de Sadie, effrayé par la violence du monde, et que sa mère, obnubilée par ses recherches, ne parvient pas à rassurer, enfin Sol, fils de Randall, fasciné au contraire par la violence, au point de se masturber devant des images de la guerre en Irak. La grande originalité de Lignes de faille consiste à les présenter dans un ordre contraire à la chronologie, dans quatre récits qui tels des poupées russes, s’emboîtent parfaitement, le suivant apportant la clé du précédent. Un grand roman, à nos yeux le meilleur de Nancy Huston. Lignes de faille a obtenu le prix Femina en octobre 2006. ndlr Anne Lanchon

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Citations et extraits

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  • Par Neigeline, le 08 mars 2010

    Une fois je me suis caché dans leur cave au fond d'une énorme boîte en carton et quand les cousins sont descendus je les ai entendus m'appeler "Randall ! Randall !" mais ma cachette était tellement bonne qu'ils ne mont pas trouvé et pour finir ils ont renoncé et sont sortis jouer au frisbee dans le jardin en m'oubliant complètement. Pendant ce temps j'étais encore dans la boîte, j'attendais, j'attendais et quand je suis sorti enfin j'étais frigorifié et ankylosé et, en me voyant, mes cousins n'ont même pas dit "Où étais-tu ? On t'a cherché partout !" J'étais blessé de ne pas leur avoir manqué et je me suis dit que la mort devait être comme ça : la vie continue tranquillement sans toi.
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  • Par Nini82, le 14 octobre 2010

    P'pa a une histoire drôle, c'est un homme pauvre qui s'installe tous les matins sur un banc devant un boui-boui parce que, même s'il ne peut pas s'acheter de petit déjeuner, il adore l'odeur du bacon en train de frire alors il reste là assis et le hume tout son saoul. Mais le patron du restaurant le remarque et au bout de quelques jours ça commence à lui taper sur les nerfs alors il sort avec une assiette en fer blanc et dit : "Il faudra payer tout le plaisir que vous a donné mon bacon". L'homme pauvre glisse une main dans sa poche, sort une pièce d'argent et la fait tomber dans l'assiette, ensuite il la ramasse et la remet dans sa poche. "Ce n'est pas ce que j'appelle payer !" dit le patron furieux, et l'homme pauvre lui dit en souriant : " Ca me paraît juste : moi j'ai l'odeur de votre bacon, vous avez le bruit de mon argent !"
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  • Par Neigeline, le 08 mars 2010

    Pendant le bénédicité il demande à Dieu de protéger père et mère et Lothar de l'ennemi et ça me gène parce qu'il y a sûrement des familles en Russie qui lui demandent de protéger leurs hommes de l'ennemi sauf que quand ils disent l'ennemi ils parlent de nous, et à l'église quand le prêtre dit qu'il faut prier pour Hitler je pense aux gens dans les églises russes qui prient pour leur Guide à eux et je peux imaginer le pauvre Dieu qui, là-haut dans les nuages, se prend la tête dans les mains et essaie de faire plaisir à tout le monde et se rend compte que ne c'est tout simplement pas possible.
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  • Par le_Bison, le 25 février 2012

    Parfois à la récré les garçons poursuivent les filles, les bras tendus en avant, en disant : « Juive ! juive ! » et les filles font semblant d’avoir peur, elles piaillent et se sauvent en disant : « Nazi ! nazi ! », ce qui est un mot nouveau pour moi. Je le recherche dans le dictionnaire mais je ne vois pas le rapport entre un parti politique allemand et l’école publique n° 140 alors le dimanche d’après, chez Katz, je pose la question à papa.

    « C’est quoi un nazi, papa ? » je dis d’une voix claire et forte et papa sursaute et devient rouge comme une pivoine. [...]

    « Les nazis, c’était l’aspect le plus désagréable de la vie des juifs. [...] C’étaient des Allemands qui voulaient que les juifs disparaissent de la surface de la Terre.

    - Pourquoi ?
    - Parce qu’ils étaient juifs.
    - Mais pourquoi, papa ?
    - Parce qu’il est plus facile d’apprendre aux gens à être bêtes que de leur apprendre à être intelligents. Par exemple, si on dit aux gens que tous leurs problèmes viennent des juifs, ils sont soulagés parce que c’est facile à comprendre. La vérité est beaucoup trop compliquée pour la plupart des gens.
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  • Par mandarine43, le 27 mars 2011

    Présentation du livre par son auteur, Nancy HUSTON :

    " 'Lignes de faille' est un roman construit à rebours. Il est composé de quatre chapitres où nous sommes successivement dans la tête de quatre enfants, chacun étant le parent du précédent. Cela commence en Californie en 2004, avec ce petit garçon qui s'appelle Sol. Dans le deuxième chapitre, on est en 1982, dans la tête de son père, Randall, à New York ; dans le troisième chapitre, dans la tête de sa mère à lui, en 1962 : elle a toujours 6 ans, et on est à Toronto ; finalement en 1944-45, dans la tête de Cristina, l'arrière-grand-mère du premier petit garçon, en Bavière, pendant la guerre. Ce livre a été une expérience assez complexe. Il est difficile, je dois dire, de vivre dans la tête des enfants. J'ai voulu le faire, parce qu'il me semble que même les gens qui n'aiment pas les enfants et qui ne vivent pas avec eux comprennent que l'enfance est une expérience unique, irremplaçable, intense, grave, sérieuse, et gardent des souvenirs très forts de cette époque de notre vie. Au fond, j'ai voulu explorer l'histoire de la deuxième moitié du XXe siècle, à travers ces regards de tout-petits, parce que je suis convaincue que c'est à cette époque-là, dans le chaudron des émotions bouillonnantes, chaotiques de ces petits qui sont en train d'apprendre le monde, que sont forgés nos opinions politiques, nos préjugés, nos haines, nos peurs, parce que nous observons ce qui se passe autour de nous, nos parents surtout et tout ce qui peut les bouleverser : le fait de les voir paniqués ou en conflit ou effondrés ou humiliés a un impact extrêmement fort. Pour résumer le livre, nous pourrions peut-être reprendre la phrase d'un père, Aron, le père de Randall dans le livre, qui dit que le problème avec l'espèce humaine, c'est que les gens ont des tripes à la place du cerveau. Ils pensent avec leurs tripes et pas avec leur cerveau. Je souhaite aux lecteurs un beau voyage en arrière, dans le temps, dans la tête de ces petits, en espérant qu'ils vont pouvoir les prendre dans leur cœur comme moi, je les ai."
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les matins - Nancy Huston .
EcrivainVient de publier chez Actes Sud "Reflets dans un ?il d'homme"








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