ISBN : 2742769366
Éditeur : Actes Sud (2007)


Note moyenne : 4.08/5 (sur 287 notes) Ajouter à mes livres
Entre un jeune Californien du XXIe siècle et une fillette allemande des années 1940, rien de commun si ce n'est le sang. Pourtant, de l'arrière-grand-mère au petit garçon, chaque génération subit les séismes politiques ou intimes déclenchés par la génération précédente.... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par sylvie, le 24 février 2008

    sylvie
    La force de ce texte m'a emportée de pages en pages sans que je puisse décrocher .
    Nous voilà partis des années 2000 aux années 40, à travers les narrations de moments de vie d'enfants de 6 ans, tous de la même famille . Nous remontons le temps en suivant une filiation . Dans la première partie, un enfant de 6 ans nous parle de sa vie , de son père, de sa grand mère, et de son arrière grand mère , puis, nous découvrons le père à six ans qui nous parle de sa mère et de sa grand mère, et nous remontons ainsi jusqu'à l'enfance de kristina ou Erra en 1944/1945.
    Tous ont un lien physique, une marque corporelle qui se perpétue, une tache de naissance... Chacun noue avec elle une histoire particulière et intime... Mais il semble que d'autres choses se perpétuent par eux à leur insu, choses indéfinissables et qui ne se parlent pas, secrets et émotions qui deviennent angoisses, peurs et silences.
    Quand je suis arrivée à l'enfance d'Erra et à son traumatisme, enfant volée pour rejoindre un lebensborn avant d'être adoptée dans une famille allemande, puis placée dans une famille au Canada , j'ai eu envie de reprendre la lecture de ce livre mais à l'envers...
    Recommencer ma lecture par la quatrième partie pour revenir doucement jusqu'à l'enfance du jeune petit américain... J'ai saisi la richesse extrême de la construction de ce livre. Des traces de filiations comme la tache de naissance ponctuent le fil du récit, d'autres permanences plus diffuses s'y promènent, sans doute à foison... Je ne les a pas toutes relevées, il faut le relire...
    Je ne l'ai pas encore fait, mais voilà qu'en écrivant ce petit texte sur un de mes meilleurs moments de lecture de l'année je décide de m'y remettre...
    http://sylvie-lectures.blogspot.com/2007/04/lignes-de-faille-nancy-huston.html
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par LiliGalipette, le 21 mars 2011

    LiliGalipette
    Roman de Nancy Huston. Lettre H de mon Challenge ABC critiques Babelio. Lecture commune avec Anne et Anne.
    Sol, 2004, Californie. Randall, 1982, New York et Haïfa. Sadie, 1962, Toronto. Kristina, 1944 et 1945, Allemagne. Ces quatre personnages ont six ans et sont les échelons d'un chemin à rebours du temps. Kristina est la mère de Sadie, elle-même mère de Randallqui est le père de Sol. du haut de leur enfance, ils racontent leur vie et leurs rapports avec leurs parents et grands-parents. Cette famille se construit autour de silences, de secrets percés à jour et de douleurs qui s'héritent. Ces enfants ont des images puissantes de leur personne. Si Sol se voit lumineux et intouchable, Sadiese sent cernée par l'Ennemi et contrainte à la perfection et à la flagellation pour connaître le bonheur. D'une génération à l'autre, un grain de beauté, qui se niche un peu partout, atteste de la véracité du lien qui unit les quatre personnages. Chaque enfant connaît sa guerre, intimement ou pas : Irak, Liban, Allemagne sont les théâtres des terreurs et rêves enfantins.
    Une fracture béante inaugure la lignée. Kristina, ou quel que soit son prénom, vient de nulle part. Les parents qu'on lui connaît ne sont pas les siens. Si Kristina a décidé de se libérer de ce manque, Sadie s'acharne à creuser la faille plus profond. Ce qu'elle met au jour est un des épisodes les plus méconnus de la seconde guerre mondiale, un épisode à ajouter à l'horreur qui déborde déjà. Kristina est une enfant volée en Ukraine: la perfection de ses traits, conformes au type aryen, faisait d'elle une candidate idéale pour repeupler l'Allemagne nazie décimée. Kristina a sublimé la douleur en devenant une chanteuse mondialement reconnue. Sadie expie le passé en étudiant et enseignant avec acharnement la question du Mal. Randall choisit de se battre en retrait et participe à l'effort de guerre américain en créant un nouveau soldat parfait. Sol, en bout de ligne, a tous les choix. Mais chez lui, la marque de famille est dangereuse : inscrite sur son visage, elle témoigne d'une douleur et d'un secret qu'il n'est plus possible de taire.
    Je suis partagée à la fin de cette lecture. La construction du récit est intelligente et ménage les révélations. Chaque enfant tire sur le fil de la vérité et dévide un peu plus la bobine. Les épisodes s'achèvent toujours sur une découverte dont on pressent qu'elle est majeure. Mais au bord de la faille, la vérité se dérobe et il faut repartir à la rencontre d'un nouvel enfant. le récit est mené successivement par chaque personnage : entre famille et terreur, ils se construisent un monde régi par des rites et des croyances censés conjurer le mauvais sort. Quand le cérémonial échoue, c'est la vie qui bascule et la parole passe à la génération précédente.
    Mais je n'ai pas été convaincue par le langage des personnages. Ils ont tous six ans et, aussi doués soient-ils, il est invraisemblable qu'ils s'expriment ainsi. Ces personnages d'enfants ne sont pas crédibles. C'est dommage, car le sujet est intéressant et bien traité. Il ne tombe pas dans le macabre et ne dénonce pas vainement les méfaits de l'Allemagne nazie. Nancy Huston expose une situation et ses conséquences trois générations plus tard. Il aurait fallu adapter le langage aux personnages ou les penser plus âgés. L'émotion peine à sourdre des pages. Les révélations sont terribles et bouleversantes. le regard innocent de l'enfant qui ne sait pas qu'il a ouvert une porte avait toutes les chances d'accroître l'émotion, mais pour moi, rien n'y a fait, les formes d'expression des personnages ont endigué le sentiment.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    InColdBlog
    Qu'est-ce qui fait de Lignes de faille ce roman à part ? Tout d'abord, sa structure qui fait de la fin du roman le début de tout. Parti pris original, d'accord, mais pas inédit. Et puis, s'il suffisait qu'un roman commence par la fin pour qu'il soit bon, ça se saurait. Nancy Huston maîtrise son récit et sème habilement les d'indices, aucun n'est de trop, tous ont un sens, de façon à ce que son lecteur ne se perde pas en route et ne doive sans cesse revenir en arrière pour appréhender l'histoire.
    Alors, quoi ? La vision d'un monde par des enfants, marqués par les guerres et des mères pour le moins défaillantes ? Faire la connaissance d'un personnage à l'âge de six ans dans un chapitre nous en dit long sur l'adulte qu'il est devenu au chapitre précédent, et éclaire son comportement d'un jour différent. Ici, les enfants sont des créatures moins innocentes qu'il y parait ou que les adultes se complaisent à croire D'ailleurs, les enfants font preuve d'une étonnante maturité qui décontenance un peu au départ. Mais le regard posé par les enfants sur le monde est très bien rendu. La palme de la tête à claques revient sans conteste à Solomon, dernier rejeton de la lignée, enfant-roi, petit roi Soleil, qui n'hésite pas à s'autoproclamer “fils de Google et de Dieu”, effrayant de sournoise cruauté.
    Quoi d'autre ? le message éminemment engagé (critique de la politique conduite par les États-Unis de Bush, traitement du conflit au Proche-Orient, questionnement religieux…) caché dans un récit aux dehors anodins ? Oui, aussi. Mais pas seulement.
    Non, ce qui fait toute la force de ce roman c'est la façon limpide, quasi évidente, dont l'auteur aborde la transmission familiale. Quels que soient notre environnement ou notre éducation, les événements survenus des années auparavant à des membres de notre lignée a un impact certain sur notre devenir, qu'on le veuille ou non, qu'on en soit conscient ou pas. Bien plus que la simple transmission génétique, Nancy Houston nous démontre avec art que nous sommes tributaires de notre histoire familiale, que nous trainons avec nous les traumatismes que nos aïeux ont accumulés au fil des générations.
    Dans Lignes de faille, cet héritage familial se concrétise sous la forme d'une tache de naissance. Tour à tour gri-gri porte-bonheur niché au creux du bras de Kristina, “chauve-souris” confidente pour Randall, ou sujet de honte sur la fesse de Sadie, cette tache va migrer au fil des générations, pour finir par marquer le visage de Salomon de l'infamie originelle, celle-là qui trouve sa source empoisonnée dans les “fontaines de vie”. Car là réside une autre force de ce roman, mettre au grand jour une facette mal connue des exactions nazies, les Lebensborn.

    Lien : http://www.incoldblog.fr/?index/oeuvres/Lignes%20de%20faille
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par iarsenea, le 19 avril 2010

    iarsenea
    Lignes de faille est le premier livre que je lis de Nancy Huston. Je ne croyais pas que j'allais aimer ce livre, parce qu'il me paraissait totalement excentrique. Pourtant, je me suis laissée emporter par l'histoire sans m'en rendre compte, et finalement, j'ai adoré !
    C'est une histoire bien difficile à résumer, puisqu'elle couvre quatre générations d'une même famille. le narrateur de chacun des quatre chapitres est un enfant de six ans faisant partie de la famille. Aussi, l'histoire est contée en ordre antichronologique, ce qui est très inhabituel.
    On débute l'histoire en Californie avec Sol pendant le règne de Bush sur les États-Unis. Ce petit de six ans croit qu'il est un être extraordinaire, plus puissant que Schwarnzegger, Bush et même Jésus ! Il connaît tout de la guerre et de la porno. Même qu'il adore. C'est très choquant. Aucun doute que Nancy Huston a tenté de passer un message ici !
    Le deuxième chapitre, qui se déroule en 1982, est raconté par Randall, père de Sol, alors qu'il a six ans. Sadie, la mère de Randall est alors sur la trace de tous les non-dits de sa propre mère. Ses recherches vont l'emmener elle et toute sa famille à vivre en Israël.
    On poursuit l'histoire en 1962 avec Sadie qui demeure chez ses grands-parents à Toronto pendant que sa mère débute une carrière de chanteuse.
    Le livre se termine avec l'histoire de Kristina. On se retrouve en Allemagne à la fin de la deuxième guerre mondiale et on découvre tout le mystère de son histoire. Je n'en dis pas plus, mais c'est, à mon avis, de loin la partie la plus intéressante de l'histoire.
    J'ai bien aimé cette façon de raconter l'histoire en ordre antichronologique, et, en plus par des enfants. Cela a permis à l'auteur de laisser planer de nombreux mystères, car les yeux d'enfants ne sont pas des yeux d'adultes.
    Malheureusement, cela a aussi des mauvais côtés. On ne sait pas ce qu'il advient de Sol, l'homme surhumain, ni ce qui advient des autres personnages entre les différents chapitres (Il y a environ 20 ans entre chaque chapitre). C'est dommage, mais obligé quand on choisit cette façon de raconter une histoire !
    J'ai vraiment été fascinée par cette histoire. Lisez-le, vous allez voir ! C'est original et vraiment réussi.

    Lien : http://lecturesdisabelle.blogspot.com/2009/04/lignes-de-failles-faul..
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Nanou2008, le 15 août 2008

    Nanou2008
    Très beau roman, qui grandit en densité au fur et à mesure des différents récits. le premier récit (Sol) me paraît tellement anodin et trivial par rapport au dernier récit, poignant, profond, dur, cruel et fondamental.
    J'ai été particulièrement gênée par le premier récit, dans la mesure où le discours de ce petit garçon représente pour moi l'opposé de l'innocence de l'enfance. A la limite, ce récit n'est pas crédible. J'ai du mal à imaginer un enfant de 6 ans tenir pareil raisonnement et avoir les obsessions et travers d'un adulte sexuellement actif !
    En même temps, le principe de raconter l'histoire à travers la vision d'un enfant de 6 ans oblige par moment l'auteur à placer dans la bouche de ces enfants-narrateurs des idées et des mots "adultes" nécessaires pour faire avancer le récit (cf. BD Calvin et Hobbes).
    Le fond historique (les Lebensborn) est étonnant et tellement représentatif des dérives de l'épuration ethnique.
    J'ai relu (en vitesse) une deuxième fois le livre pour mieux comprendre les enjeux de cette généalogie difficile, tout en ayant les clés du dernier récit. Certains éléments reviennent dans les 4 histoires : blagues, rapport à la mère, rapport à la nourriture, et bien sûr la tache de naissance !
    Ce roman aborde aussi la question du droit à l'oubli, du droit au silence. Erra ne veut pas se souvenir, ne veut pas parler de ce qu'elle a vécu enfant. Et cela se traduit dans ses paroles sans paroles. Sans langue aussi à choisir car se joue aussi là toute la question de l'identité multiple de Erra, qui change de nom comme de vie.
    Pour revenir au titre, chaque personnage est touché par une ou des failles au cours de sa vie.
    Apparemment (confidence de l'auteur), ce livre a d'abord été écrit dans l'ordre chronologique (de Erra à Sol), et c'est sur les conseils d'un proche, que Nancy Huston a revu la structure du texte et l'a présenté de cette façon, c'est-à-dire à rebours.
    En couverture : Léa et Rachel, deux sœurs qui ne s'aimaient pas vraiment… (toutes deux épouses de Jacob.).
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)

Critiques presse (4)


  • LeFigaro , le 27 septembre 2011
    On sent que la romancière est habitée par ce thème, et elle nous fait partager cette passion pour le savoir et la mémoire.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro
  • Lecturejeune , le 01 décembre 2006
    Lecture jeune, n°120 - Récit à quatre voix, le dernier roman de Nancy Huston donne à chaque fois la parole à un enfant de six ans, relayé ensuite par son parent direct : père, grand-mère, arrière-grand-mère. Quatre destins d’enfants se succèdent ainsi à rebours, de génération en génération, entre 2004 et 1945. Détail curieux : un lien génétique les relie car ils possèdent tous un grain de beauté, qui aura pour chacun une signification bien différente. Le titre évoque les fractures, dérives des continents entre l’Amérique et la vieille Europe, mais aussi les blessures de l’histoire. Solomon, le premier narrateur, surdoué et franchement détestable, est fasciné par les corps disloqués des soldats et des civils, pris dans la tourmente de la guerre en Irak. Nancy Huston trace à travers lui le portrait de l’Amérique de Bush, caricaturale et hautaine. A l’autre bout de l’arbre généalogique, se situe son arrière-grand-mère Kristina, une petite Ukrainienne enlevée à sa famille par la Wehrmacht, comme 250 000 autres enfants, dans le programme de germanisation de Himmler. Entre les deux, le père de Sol, Randall, rejette l’histoire pour mieux vivre le présent, tandis que sa mère fouille le passé de manière obsessionnelle. Si les thèmes abordés peuvent être difficiles pour les adolescents, la structure du roman donne des repères pour décoder l’histoire. Qui connaissait l’existence des fontaines de vie, ces pensionnats où l’on élevait des bébés dans le but d’aryaniser la population allemande ? Les cassures dans les vies de chaque personnage font écho aux failles de l’Histoire. Ce procédé narratif original, en puzzle, tient le lecteur en haleine d’un bout à l’autre du roman. Une fois le livre terminé, on a envie de reprendre le récit en boucle. L’émotion, surtout dans les deux dernières parties, va crescendo. Les narrateurs sont des enfants, et leurs interrogations devant des situations trop lourdes, interpellent le lecteur dans un style direct. A conseiller vivement aux bons lecteurs, suffisamment matures. Cécile Robin-Lapeyre
  • Lecturejeune , le 01 décembre 2006
    Lecture jeune, n°120 - Histoire, mémoire et secret sont au coeur du roman de Nancy Huston. Histoire personnelle, familiale, mondiale, sans oublier celle que le lecteur est invité à reconstituer, s’entrechoquent et se répondent ici. Pour quelle signification ? L’auteure parle-t-elle de l’intime et de la construction de soi, ou davantage du politique ? De tout cela à la fois. Ces lignes de faille évoquent ces influences multiples, sociales, politiques et culturelles, que nous recevons comme autant de chocs, à partir desquelles nous devons nous construire. Le récit nous semble éminemment politique aussi. Nancy Huston prend ici position. Le regard très dur, sans tendresse aucune, qu’elle porte sur Sol, enfant américain vivant en 2004, apparaît comme une critique directe des Etats-Unis. Mais ce sont bien les personnages qui portent et articulent ce récit : des mères et leurs quatre enfants. Le point de vue est celui de ces « petits », et de ce fait singulier. Les voix de Nancy Huston sonnent parfaitement justes. Ce ne sont pas celles d’enfants de six ans, mais bien celles de l’Enfance, dans toute sa beauté, sa violence et son sérieux. En raison de ces entrées multiples, on conseillera cet ouvrage à des lecteurs curieux, disposant déjà d’une bonne culture littéraire. L’inventivité de la narration, la maîtrise de l’écriture et la vivacité du ton achèveront de les convaincre. Hélène Sagnet
  • Lecturejeune , le 01 décembre 2006
    Lecture jeune, n°120 - Jamais un roman n’avait montré à quel point nous héritons des névroses que nos parents et nos grands-parents nous ont léguées. Avec une grande finesse et une tendresse infinie, Nancy Huston dépeint les fragilités de quatre personnages, à des périodes clés de leur existence. Sur fond de guerre, et de mésentente familiale, chacun y apparaît comme victime de sa propre histoire et de l’histoire avec un grand H. Il y a Kristina ballottée de famille en famille, qui survit en se consacrant au chant, Sadie sa fille, qui souffre de l’indifférence d’une mère si peu maternelle, et se sent minable par rapport à elle, Randall, fils de Sadie, effrayé par la violence du monde, et que sa mère, obnubilée par ses recherches, ne parvient pas à rassurer, enfin Sol, fils de Randall, fasciné au contraire par la violence, au point de se masturber devant des images de la guerre en Irak. La grande originalité de Lignes de faille consiste à les présenter dans un ordre contraire à la chronologie, dans quatre récits qui tels des poupées russes, s’emboîtent parfaitement, le suivant apportant la clé du précédent. Un grand roman, à nos yeux le meilleur de Nancy Huston. Lignes de faille a obtenu le prix Femina en octobre 2006. ndlr Anne Lanchon

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Citations et extraits

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  • Par Alice5, le 05 février 2012

    Je lis de mieux en mieux et de plus en plus vite, je lis comme si ma vie en dépendait, lire est mon seul et unique talent, si on me disait, que je n’ai plus le droit de lire j’aurais une crise d’apoplexie et j’en mourrais.
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  • Par Neigeline, le 08 mars 2010

    Pendant le bénédicité il demande à Dieu de protéger père et mère et Lothar de l'ennemi et ça me gène parce qu'il y a sûrement des familles en Russie qui lui demandent de protéger leurs hommes de l'ennemi sauf que quand ils disent l'ennemi ils parlent de nous, et à l'église quand le prêtre dit qu'il faut prier pour Hitler je pense aux gens dans les églises russes qui prient pour leur Guide à eux et je peux imaginer le pauvre Dieu qui, là-haut dans les nuages, se prend la tête dans les mains et essaie de faire plaisir à tout le monde et se rend compte que ne c'est tout simplement pas possible.
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  • Par Neigeline, le 08 mars 2010

    Une fois je me suis caché dans leur cave au fond d'une énorme boîte en carton et quand les cousins sont descendus je les ai entendus m'appeler "Randall ! Randall !" mais ma cachette était tellement bonne qu'ils ne mont pas trouvé et pour finir ils ont renoncé et sont sortis jouer au frisbee dans le jardin en m'oubliant complètement. Pendant ce temps j'étais encore dans la boîte, j'attendais, j'attendais et quand je suis sorti enfin j'étais frigorifié et ankylosé et, en me voyant, mes cousins n'ont même pas dit "Où étais-tu ? On t'a cherché partout !" J'étais blessé de ne pas leur avoir manqué et je me suis dit que la mort devait être comme ça : la vie continue tranquillement sans toi.
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  • Par Nini82, le 14 octobre 2010

    P'pa a une histoire drôle, c'est un homme pauvre qui s'installe tous les matins sur un banc devant un boui-boui parce que, même s'il ne peut pas s'acheter de petit déjeuner, il adore l'odeur du bacon en train de frire alors il reste là assis et le hume tout son saoul. Mais le patron du restaurant le remarque et au bout de quelques jours ça commence à lui taper sur les nerfs alors il sort avec une assiette en fer blanc et dit : "Il faudra payer tout le plaisir que vous a donné mon bacon". L'homme pauvre glisse une main dans sa poche, sort une pièce d'argent et la fait tomber dans l'assiette, ensuite il la ramasse et la remet dans sa poche. "Ce n'est pas ce que j'appelle payer !" dit le patron furieux, et l'homme pauvre lui dit en souriant : " Ca me paraît juste : moi j'ai l'odeur de votre bacon, vous avez le bruit de mon argent !"
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  • Par mandarine43, le 27 mars 2011

    Présentation du livre par son auteur, Nancy HUSTON :

    " 'Lignes de faille' est un roman construit à rebours. Il est composé de quatre chapitres où nous sommes successivement dans la tête de quatre enfants, chacun étant le parent du précédent. Cela commence en Californie en 2004, avec ce petit garçon qui s'appelle Sol. Dans le deuxième chapitre, on est en 1982, dans la tête de son père, Randall, à New York ; dans le troisième chapitre, dans la tête de sa mère à lui, en 1962 : elle a toujours 6 ans, et on est à Toronto ; finalement en 1944-45, dans la tête de Cristina, l'arrière-grand-mère du premier petit garçon, en Bavière, pendant la guerre. Ce livre a été une expérience assez complexe. Il est difficile, je dois dire, de vivre dans la tête des enfants. J'ai voulu le faire, parce qu'il me semble que même les gens qui n'aiment pas les enfants et qui ne vivent pas avec eux comprennent que l'enfance est une expérience unique, irremplaçable, intense, grave, sérieuse, et gardent des souvenirs très forts de cette époque de notre vie. Au fond, j'ai voulu explorer l'histoire de la deuxième moitié du XXe siècle, à travers ces regards de tout-petits, parce que je suis convaincue que c'est à cette époque-là, dans le chaudron des émotions bouillonnantes, chaotiques de ces petits qui sont en train d'apprendre le monde, que sont forgés nos opinions politiques, nos préjugés, nos haines, nos peurs, parce que nous observons ce qui se passe autour de nous, nos parents surtout et tout ce qui peut les bouleverser : le fait de les voir paniqués ou en conflit ou effondrés ou humiliés a un impact extrêmement fort. Pour résumer le livre, nous pourrions peut-être reprendre la phrase d'un père, Aron, le père de Randall dans le livre, qui dit que le problème avec l'espèce humaine, c'est que les gens ont des tripes à la place du cerveau. Ils pensent avec leurs tripes et pas avec leur cerveau. Je souhaite aux lecteurs un beau voyage en arrière, dans le temps, dans la tête de ces petits, en espérant qu'ils vont pouvoir les prendre dans leur cœur comme moi, je les ai."
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DÉMONS QUOTIDIENS .
Une année sous le regard de Nancy Huston, avec l?artiste Ralph Petty.Le journal intime et politique de Nancy Huston avec les dessins de l?artiste franco-américain Ralph Petty. Douze mois sous le regard mordant, humoristique, noir parfois, qui est celui de Nancy Huston, auquel répondent les silhouettes de Ralph Petty. Un livre sur ?la vie comme elle va?, qui modifie notre vision du monde.








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