ISBN : 274274925X
Éditeur : Actes Sud (2004)


Note moyenne : 3.75/5 (sur 20 notes) Ajouter à mes livres
Nancy Huston, Canadienne anglophone, vit à Paris depuis de nombreuses années et compose une œuvre qu'elle écrit en français ou en anglais et qu'elle traduit elle-même dans l'autre langue. C'est dire si elle connaît de l'intérieur le profond sentiment de trouble qui naît... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 4.00/5
    Par Melopee, le 26 janvier 2012

    Melopee
    Ce livre est sans doute le plus autobiographique qu'il m'ait été donné de lire de Nancy Huston. Avec ses mots toujours justement pesés, elle donne corps à un aspect de sa vie qui l'a profondément marquée. En effet, à peine majeure, elle a décidé de partir faire ses études à Paris. Par la suite elle est restée en France et y réside d'ailleurs toujours actuellement. C'est son expérience d'expatriée, de toute jeune débarquée en territoire français, dont elle nous fait part. Et en la matière, elle en a à raconter car Nancy Huston est une baroudeuse à qui on ne la fait pas : elle a déjà beaucoup bougé notamment en Allemagne, quand elle était enfant, avec son père et sa belle-mère et est donc quelque part investie par ses voyages. Mais c'est la France qui l'attire, la gagne et lui donne envie de s'enraciner. L'intérêt de ce livre réside particulièrement dans son ressenti du français comme langue étrangère, langue à apprivoiser et qui est moins aisée que son anglais maternel. On peut d'ailleurs relever qu'elle prend bien plus de plaisir à jurer en français qu'en anglais (comme si elle ne possédait pas complètement tous les sens de son vocable).
    J'ai aimé la manière dont Nancy Huston évoque son expérience car on sent l'appréhension qui a dû l'habiter à son arrivée. tout comme sa volonté de bien faire et d'être comme tout le monde. Mais rien n'est gagné comme en témoigne la première conversation téléphonique, à son arrivée à Paris, qui la décontenance complètement (pour les mots exacts, je vous laisse lire le passage que je n'ai pas relevé). J'ai retenu, par contre, toute sa volonté de s'intégrer (familièrement, on pourrait dire qu'elle a la niak), son besoin de communiquer, sa curiosité vis-à-vis de notre langue (et c'est qu'elle en a emmagasiné du vocabulaire, bien plus que certains)...
    Même si, comme le titre l'indique, Nancy Huston dit avoir perdu le Nord en arrivant parmi nous, elle n'en est pas moins très lucide sur son besoin d'apprendre et c'est avec un réel plaisir qu'on la voit confronter deux idiomes : le français et l'anglais. le texte est parsemé de réflexions dont on se nourrit avidement.
    Vient ensuite un autre texte intitulé Douze France qui, en quelques pages, dresse un portrait global de la France en douze adjectifs. La France est ainsi résumée à ses grandes caractéristiques, ses forces ainsi que ces charmes par l'œil neuf d'un étranger intransigeant. Car si Nancy Huston a choisi de rester parmi nous, c'est que la France est une terre d'adoption qui l'a charmée et la surprise, bien loin de sa famille canadienne, restée au pays. Les mots de Nancy Huston ont tôt fait de nous conquérir et on prendrait bien d'autres goulées de sa "perte de repères".
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    • Livres 3.00/5
    Par Sarah_DD, le 04 juin 2008

    Sarah_DD
    J'ai changé d'avis avec le temps à propos de ce livre. Au début je le trouvais très brouillon. Finalement, je le trouve toujours aussi brouillon, mais je me dis que c'est peut-être une bonne manière d'aborder le thème dont elle traite: les réflexions d'une "expatriée" (c'est elle qui le dit), le regard nouveau sur les choses, sur la langue,...
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    • Livres 4.00/5
    Par lalirette, le 22 septembre 2009

    lalirette
    J'ai beaucoup lu Nancy Houston mais ce livre est particulier en ce sens qu'il décrit son rapport aux deux langues de sa vie: sa langue maternelle(anglais) et la langue dans laquelle elle écrit le francais. C'est une réflexion interessante sur les liens affectivité/langage.
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Citations et extraits

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  • Par Eipoca, le 01 avril 2011

    Même un être connu, un être proche, quelqu'un avec qui je suis en train de discuter et qui, décrochant le téléphone, se met brusquement à parler dans une langue pour moi opaque... me bouleverse. Au fond, me semble-t-il, l'étrangéité est une métaphore du respect que l'on doit à l'autre. Nous sommes deux, chacun de nous, au moins deux, il s'agit de le savoir! Et, même à l'intérieur d'une seule langue, la communication est un miracle.
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  • Par Eipoca, le 01 avril 2011

    "Ce souvenirs étaient morts d'inanition. Un souvenir, il faut lui rendre visite de temps à autre. Il faut le nourrir, le sortir, l'aérer, le montrer, le raconter aux autres ou à soi-même. Sans quoi il dépérit.
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  • Par Eipoca, le 01 avril 2011

    - Mais je ne suis pas un enfant, moi! protesta-t-il.
    - Bien sûr que si vous l'êtes; on est tous nos âges à la fois, vous ne croyez pas? L'enfance, c'est comme le noyau du fruit: le fruit, en grandissant, ne devient pas creux! Ce n'est pas parce que la chair s'épaissit autour de lui que le noyau disparaît...
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  • Par Sachenka, le 17 juillet 2011

    C'est une très grande dame, la langue française. Une reine, belle et puissante. Beaucoup d'individus qui se croient écrivains ne sont que des valets à son service : ils s'affairent autour d'elle, lissent ses cheveux, ajustent ses parures, louent ses bijoux et ses atours, la flattent, et la laissent parler toute seule. Elle est intarissable, la langue fraçaise, une fois qu'elle se lance. Pas moyen d'en placer une.
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  • Par Alice5, le 05 février 2012

    La littérature nous autorise à repousser ces limites, aussi imaginaires que nécessaires, qui dessinent et définissent notre moi. En lisant, nous laissons d’autres êtres pénétrer en nous, nous leur faisons de la place sans difficulté – car nous les connaissons déjà. Le roman, c’est ce qui célèbre cette reconnaissance des autres en soi, et de soi dans les autres. C’est le genre humain par excellence.
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les matins - Nancy Huston .
EcrivainVient de publier chez Actes Sud "Reflets dans un ?il d'homme"








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