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ISBN : 2742735356
Éditeur : Actes Sud (2002)


Note moyenne : 3.75/5 (sur 101 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
La plupart des livres de Nancy Huston font référence à la musique ; celui-ci n'est ni un récit ni un roman mais, comme l'indique le sous-titre une polyphonie, un véritable Stabat mater où se conjuguent les thèmes de la musique, de... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par KarmaBoomerang, le 19 mai 2011

    KarmaBoomerang
    Livre fini il y a tout juste quelques jours, j'en profite donc pour faire ma critique tant que c'est encore frais!

    Mon avis :
    Nancy Huston m'avait déjà surprise avec le premier livre que j'avais lu d'elle, Instruments des ténèbres. L'aspect glauque, obscure, presque sale, m'avait saisie et emportée. Ce qu'elle racontait était souvent dérangeant, mais profondément humain.
    Si on retrouve toujours dans Prodige cette exploration du sentiment humain, la surprise n'est plus dans l'abjecte et le tabou, elle est ailleurs, dans le sublime, l'abandon, le sacrifice.

    Ici, les femmes sont toujours au coeur de l'oeuvre.
    Lara, la femme entre deux âges, pianiste passionnée mais sans doute pas assez habitée par la musique pour devenir une virtuose et ainsi réaliser le rêve de sa mère, Sofia, elle-même ancienne pianiste russe.
    Ce duo se voit complété par l'arrivée de Maya, tour à tour luciole, libellule ou papillon. C'est l'enfant de Lara, une prématurée tellement fragile que sa survie reste incertaine. Dès lors, la maman va rester jour et nuit à l'hopital, pendant des mois, à côté de la couveuse, à parler à sa petite, à son trésor, à lui raconter la vie qu'elle aura, son talent, leur amour.
    Il y a également des hommes, mais toujours à demi, comme éblouis par les femmes. Robert, le père, qui partira malgré son amour pour sa femme et sa fille, car au fond, il sait qu'il n'a pas sa place entre elles deux. Lucien, le nouveau voisin, et son neveu, Benjamin. Ils sont dans l'histoire et en dehors, comme si ce qui se jouait là leur était inaccessible.
    Le sous-titre du roman, c'est "Polyphonie", et ce n'est pas un hasard.
    Polyphonie des voix, car l'histoire nous est racontée par tous les personnages à la fois, les importants et les moins importants. On alterne les narrateurs dans de courts chapitres/paragraphes, chacun avec sa vision du monde, de la vie, et de ce qui se déroule, chacun sa manière de dire les choses et de les ressentir. On aborde ainsi dans des modes très différents les thèmes de la virtuosité, de la musique, du deuil, de l'amour, de la famille...
    Polyphonie des voix, mais polyphonie des temps également. Car on a l'impression d'assister à deux présents simultanés. le présent blanc et aseptisé de la clinique, où une mère s'abandonne à une seule idée: être la raison de vivre de ces 720 grammes d'être humain. Et le présent de l'histoire qu'elle lui raconte, ou qui se déroule véritablement, on ne sait plus trop, ce présent où Maya n'est plus un prématuré mais une gamine d'une dizaine d'années, déjà si talentueuse et tellement à part, ailleurs, dans un monde où tout est musique...
    Je pense que je n'ai pas réellement besoin de préciser mon point de vue, la manière dont je décris ce livre parle pour moi. J'ai aimé, c'est d'une beauté très juste, jamais clichée, jamais surexploitée. le style aux premières personnes est maîtrisé, changeant, léger. On s'attache à ces personnages si simples et si réels.
    J'aurais aimé que la fin s'étale sur plus de pages, s'installe plus lentement. Elle vient d'un coup, sans que l'on ne parvienne trop à savoir ce que l'on en tire. Pourtant, il n'y a rien d'autre à ajouter, la boucle est bouclée. Mais je serais bien partie pour un autre tour...

    Je le conseillerais à... : des gens qui aiment les narrations simples mais pas linéaires, la narration à la première personne, l'exploration des sentiments humains et de ses contradictions...
    Je le déconseillerais à... : des gens qui cherchent de l'action, des rebondissements, c'est une histoire très banale finalement.
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    • Livres 5.00/5
    Par le_Bison, le 01 mars 2012

    le_Bison
    Maya, petite fille née beaucoup trop tôt (5 mois et demi, 720 grammes), commence sa vie enfermée dans une couveuse. Elle ne devra sa survie qu'à des tubes en plastique mais surtout grâce à l'amour insufflé par sa mère Lara.
    Présentation de l'univers familiale, essentiellement féminin : Sofia, la grand-mère russe, traditionnelle et pianiste. Lara, la mère, pianiste également au conservatoire, donnant des cours particuliers. Maya, nouveau-née et peut-être future pianiste.
    Pendant plusieurs mois, Lara passera ses jours et nuits, aux côtés de sa fille, sans pouvoir la toucher, la prendre dans ses bras, l'embrasser. Lorsque votre bébé se trouve séparé de tous liens avec vous dès sa naissance, lorsqu'une paroi vitrée le sépare de votre amour et de vos caresses, que faire ? Simplement attendre et espérer...Attendre et lui parler... Attendre et l'aimer encore plus fort... S'attacher à cet amour incertain, un amour sans nom ou presque... Avoir la patience de l'attendre... Je t'attends mon bébé, et je t'aime... Tu ne me vois sûrement pas mais je sais que tu m'entends et je te demande de te battre avec moi...Je ne peux pas encore te prendre dans les bras, te serrer bien fort, mais j'attendrai le temps qu'il faudra pour pouvoir le faire et prouver mon amour pour toi. Je suis là, à tes cotés, et je ne peux que te parler...
    Et pendant ces longues journées d'attente, Lara ne va cesser de lui parler de sa passion, la musique classique, de lui raconter Bach, allant jusqu'à lui lire les partitions du compositeur. Touche noire, Touche blanche, Touche noire.
    Prodige est un roman sur la maternité, la vie et la mort et l'Amour. le miracle de la vie et de la médecine actuelle, les tubes en plastiques et autres sondes aidant, l'amour peut grandir jusqu'à produire une enfant Prodige, curieuse et passionnée par la musique classique, par le piano et par la vie tout simplement.
    Prodige est aussi un roman sur la musique classique. La passion de cette musique est omniprésente tout au long de la vie des trois femmes de ce livre. En lisant ces quelques lignes sur la musique de Bach, je sentais l'émotion de ce compositeur, le jeu transmis par Maya, enfant virtuose. J'ignore tout de cette musique, tout du compositeur, mais par les mots et la perception de Nancy Huston, j'ai été touché et j'ai envie de découvrir cette fantaisie chromatique de Johann Sebastian Bach. Si cette musique bouleverse tant Nancy Huston et cette famille de virtuose, pourquoi ne serai-je pas sensible aussi à son charme. Je ne demande pas mieux de découvrir...

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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    • Livres 3.00/5
    Par nougat65, le 08 juillet 2012

    nougat65
    Belle lecture mais j'avoue être un peu passée à côté de l'histoire et des personnages. Au coeur du roman la symbiose entre Lara et de sa fille Maya, née prématurément mais aussi une déclaration d'amour à la musique et à la sensibilité des musiciens. le final m'a semblé un peu convenu et pas très original.
    L'écriture de Nancy Huston est comme toujours remplie de finesse mais il m'a manqué "ce petit quelque chose"... suis restée à distance tout au long de ma lecture, comme "spectatrice" et c'est bien dommage.
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    • Livres 4.00/5
    Par EMOTION, le 28 août 2011

    EMOTION
    Ce petit livre(170 pages) est un véritable bouleversement, une poesie jaillissante ininterrompue au travers de ces voix multiples qui se réinterprètent en permanence. Maya, enfant prématurée, entre la vie et la mort, fusionne avec sa mère , de même qu' elle ne fait plus qu'une entité avec la musique. le père, beau personnage également, a uni à jamais ces deux vies, Lara la maman et Maya, sa petite fille: En disant que ces deux vies étaient indissociables, il a précipité leurs trois destinées. le texte est lumineux, plonge en permanence dans le sacré, donne corps à un basculement continue entre la vie, la mort et la folie. de tels textes nous font aimer intensément la littérature, la Vie et les êtres qui s'y bousculent et s'interrogent( mêmes les insectes, si chers à Benjamin, nous surprennent!!)
    La réalité est que nous quittons ce livre dans un état d'étonnement mélancolique et bienheureux. Maya ( Moulipa?), Lara, Robert, Lucien, Sofia, Benjamin, tous continueront, malgré les murs blancs, à marcher à nos côtés.
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    • Livres 5.00/5
    Par Malice, le 30 août 2012

    Malice
    C'est un court roman en polyphonie c'est à dire à plusieurs voix, chacun des personnages raconte l'histoire selon la manière qu'il la voit. Après Ligne de Faille (surtout pour le passage avec Sadie quand elle joue du piano) j'ai eu envie de relire ce livre Prodige, une histoire de trois générations, la grand-mère Sofia d'origine Russe, la mère Lara, sa fille de dix ans Maya.
    La petite fille naît prématurément à 24 semaines et elle est un prodige au piano. Trois vies, trois personnalités, trois destins.
    Maya enfant prodige dès la naissance. Lara sa mère a tout fait pour que sa fille soit un enfant doué. Lara reporte sur cette enfant miracle ce qu'elle aurait voulu être elle-même.
    Lara, pianiste, est mariée avec Robert un scientifique. Mais, ils ont divorcé Robert a eut beaucoup de mal à trouvé sa place au sein de cette famille de femmes.
    Un livre musical, livre construit comme une partition de musique, il se lit comme une composition à plusieurs voix.Tension entre Lara et Sofia, mère et fille, séduction entre Lara et Julien, complicité entre Sofia et Maya entre la grand-mère et la petite fille.
    La fin de ce livre est extrêmement dur et bouleversante, on est sous le choc. Nancy Huston avec une grande maîtrise, elle a construit un livre fort, original, sur la relation mère/fille, c'est remarquable. Un livre que j'ai beaucoup aimé, qui m'a fait vivre plein d'émotions: tendresse, perplexité, rire, incompréhension face à la mère de Maya.
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Citations et extraits

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  • Par le_Bison, le 01 mars 2012

    Vis, ma petite ! Sois forte, vis !
    Tu es presque invisible dans ta bulle de verre. Petite fée prise dans une énorme goutte de pluie. Je me penche sur toit, très près, pour te scruter...
    Tu as la bouche entrouverte sur une sonde. Je n’ai pas encore le droit de te nourrir - mais je te nourrirai, tu verras, je te gaverai de nourritures, terrestres et célestes ! Pour l’instant tu es nourrie par un cathéter passé dans ton ombilic. Scotchées à ta poitrine, de froides électrodes en forme d’araignées suivent attentivement les battements de ton cœur. Quand les infirmières approchent de la couveuse, c’est pour te faire des piqûres au talon ou pour chercher sur ton cuir chevelu une veine où accrocher une perfusion. Le monde n’arrête pas de t’agresser. Seringues, tubes, aiguilles te pénètrent, traversent ta peau, sondent tes orifices - et tu pleures, tu pleures silencieusement, ton visage se plisse et se contorsionne dans la mimique des larmes mais on n’entend rien, car la sonde d’intubation passe entre tes cordes vocales et empêche le son de sortir...
    Accrochée à la vie par un fil incroyablement ténu, tu flottes dans les limbes entre ce monde-ci et l’autre - et je t’aime, ma grande prématurée ! Je t’aime et je te sauverai ! Tu verras. Je t’ai donné la vie, je ne permettrai pas qu’on te la reprenne.
    Vis ! Toi qui n’as pas de nom.
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  • Par le_Bison, le 02 mars 2012

    Ce sera une « Fantaisie » de Bach mais ce sera comme si tu l’avais composée toi-même, comme si tu étais un oiseau et que cette « Fantaisie » était ton chant. A t’écouter, Dianescu et moi, on s’élève peu à peu vers une sorte de sérénité parce qu’il n’est même plus question de notes, de fautes, de doigtés, de technique : tes mains courent sur le piano comme tes pieds courraient sur une plage, parce que tu veux, parce que tu peux courir, tes petites mains frappent et caressent les touches blanches et noires et on est immergés tous deux dans un bain de félicité. Mon ange, tu domines - regarde, tu conquiers cet instrument qui m’a toujours dominée, c’est ton instrument, il se met à ton service. Oui ce monstre noir qui pèse une tonne se cabre et se laisse flatter par toi comme un chat.
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  • Par EMOTION, le 27 août 2011

    Assise à ma fenêtre ouverte, j'écoute leur petit échange, j'épie tout ce qui se passe. Sans honte, sans même prendre la peine de me cacher. C'est bien pour ça la vieillesse. On est là, les autres s'en fichent, on compte pour des prunes, voilà. La vie me convient, comme elle vient.

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  • Par michab, le 19 mai 2013

    Je t'écoute, maman, tu sais? Même si tu penses ne pas parler, je t'écoute très fort. Les vraies musiciens savent déchiffrer le silence, c'est toi qui me l'as appris. Tu m'as appris tout ce que je sais et tout ce que je ne sais pas au sujet de la musique, les quatre-vingt-huit notes du clavier et puis les cent millions de constellations dans l'univers, chaque note une étoile et toi aussi, étoile ma petite étoile, j'ai besoin de toi, ma mamotchka.
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Vidéo de Nancy Huston


NANCY HUSTON
Reflets dans un oeil d'homme Causerie avec Nancy Huston Mardi 2 octobre à 19h à la Librairie Monet Nancy Huston interroge les responsabilités de notre société quant au regard aujourd'hui porté sur les femmes. Elle attire notre attention sur les déviances de ce regard générées notamment par la photographie et son utilisation publicitaire ou artistique depuis la fin du XIXe siècle. Elle explore l'ombre et la lumière du tout premier regard masculin -- celui du père --, lequel renvoie aux jeunes filles un reflet d'elles-mêmes qu'elles ne pourront jamais oublier. Assurance ou éternel dégoût s'immisce alors dans l'inconscient de chacune, et de cela dépendra immanquablement leur devenir physique et amoureux. Convoquant au fil de sa réflexion sa propre expérience, celle des hommes qui l'entourent, comme celle de très belles figures féminines -- la photographe Lee Miller, l'actrice Jean Seberg, l'écrivaine Anaïs Nin, la star Marilyn Monroe ou la « philosophe prostituée » Nelly Arcan --, Huston nous offre un livre sensible, puissant et dérangeant car il révèle notre insouciance, parfois même notre indifférence devant une époque devenue pornographique ; elle remet en question le dogme selon lequel les différences entre les sexes sont socialement construites, replace hommes et femmes dans leurs justes rôles par rapport à la séduction et à l'idée de beauté, et nous rappelle que notre indignation vis-à-vis des femmes portant le voile est déplacée dans un pays où la femme se prostitue ...








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