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ISBN : 233001872X
Éditeur : Actes Sud (2013)


Note moyenne : 3.48/5 (sur 104 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Un dogme ressassé à l'envi dans la France contemporaine: toutes les différences entre les sexes sont socialement construites. Pourtant les humains sont programmés pour se reproduire comme tous les autres mammifères, drague et coquetterie étaient originellement liées à l... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par ygounin, le 22 juillet 2013

    ygounin
    Nancy Huston est une grande romancière. "Lignes de faille" compte parmi mes livres favoris. Mais c'est aussi une féministe engagée dont le dernier essai s'inscrit en faux contre les théories constructivistes de l'indifférenciation des sexes.
    A rebours de l'idée désormais majoritairement admise que les identités sexuelles sont construites, qu'on ne naît pas femme (ou homme) mais qu'on le devient, Nancy Huston ose réaffirmer le primat de la biologie. Sans doute ne sommes-nous pas des chimpanzés (comme l'a clamé Elisabeth Badinter), mais le sommes nous malgré tout quand même encore un peu. "Le mâle a intérêt à répandre sa semence le plus largement possible dans le plus grand nombre possible de corps de femelles jeunes et bien portantes c'est-à-dire susceptibles de mener une grossesse à terme et de survivre à un accouchement" (p. 22). La femme, elle "n'a pas intérêt à copuler avec le premier venu" et aura "tendance (car intérêt) à choisir ses partenaires avec discernement, préférant un mâle qui lui semble non seulement physiquement fort mais psychiquement fiable, susceptible de rester plusieurs années auprès d'elle et de l'aider à nourrir ses petits" (idem). La preuve - administrée avec cette rigueur scientiste dont seuls les Etats-Unis ont le secret : appelés à indiquer l'odeur qui les attire le plus sur des T-shirts masculins, des jeunes femmes choisissent ceux portés par les hommes dont les anticorps diffèrent le plus des leurs, c'est-à-dire le géniteur potentiel qui fournira à leur descendance la meilleure protection (p. 86).
    Nancy Huston dépiste la trace de ces irréductibles différences biologiques dans les regards que s'échangent les hommes et les femmes.
    Les hommes regardent les femmes. Bien sûr, rétorquera-t-on, les femmes n'ont pas les yeux dans leurs poches et regardent aussi les hommes ; mais leur regard n'a jamais la même insistance, la même impudeur, la même violence que ceux qui chaque jour déshabillent à leurs corps défendants (!) les jolies filles.
    Les femmes sont des "reflets dans un œil d'homme" (allusion revendiquée au titre du roman de Carson McCullers). Non pas l'objet passif de la concupiscence masculine, mais l'actrice dédoublée de ce regard. Dédoublée car devant son miroir la femme "regardée" devient aussi "regardante". Et si la femme regardée est féminine, la femme regardante est, elle, masculine : elle se porte le regard qu'elle imagine les hommes porter sur elle.
    C'est ce qui explique que la coquetterie féminine ait encore de beaux jours devant elle. Et Nancy Huston de souligner le paradoxe d'une société qui nie la différence des sexes mais où les industries de la beauté et de la photographie n'ont jamais autant valorisé, au risque de le réifier, le corps féminin.
    On pourrait reprocher à Nancy Huston - et aux déterminismes - sa tendance à la généralisation. Toutes les femmes ne sont pas coquettes, lui fera-t-on remarquer, tandis que l'homme contemporain métrosexuel devient plus soucieux de son apparence et que le corps masculin est lui aussi réifié comme dans les magasins Abercrombie. Mais on s'accordera à reconnaître que la coquetterie est globalement plus féminine : il suffit de se promener ces jours ci dans n'importe quelle station balnéaire pour être frappé du soin que mettent les femmes à se maquiller, à se coiffer et à s'habiller pour sortir tandis que leurs compagnons masculins dépenaillés ne manifestent guère de souci de leur apparence.
    En plein débat autour du Mariage pour tous et de la "théorie des genres", l'essai de Nancy Huston se prêtera à des lectures polémiques. Parce que le constructivisme est classé à gauche et le déterminisme à droite, on aura tôt fait de la ranger parmi les penseurs rétrogrades. Ce serait caricaturer une réflexion autrement plus subtile.
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  • Par Aela, le 25 juin 2012

    Aela
    "Reflets dans un oeil d'homme", titre inspiré par la célèbre oeuvre de Carson Mac Cullers, est un essai écrit par Nancy Huston, la célèbre écrivain canadienne d'expression française et anglaise.
    Il s'agit d'une oeuvre "féministe" mais d'un féminisme "réaliste" si l'on peut dire, à l'opposé des grandes visées des auteurs féministes des années 70 comme Simone de Beauvoir ou Benoîte Groult.
    Un féminisme un peu "désabusé" qui analyse froidement la réalité de la condition féminine.
    Nancy Huston retrace dans ce court essai une historique de la Femme et des rapports Homme / Femme.
    Elle souligne que la domination masculine s'exerce toujours, sous des formes parfois plus subtiles et "sournoises", tout du moins en Occident.
    Sous l'influence des combats féministes, les sociétés occidentales ont, selon Nancy Huston, eu trop tendance à nier les différences Homme / Femme;
    Et pourtant, contrairement à ce que veulent démontrer les "gender studies" actuelles, ces différences existent et ne sont pas près de s'amenuiser.
    Nous sommes bien loin du cri de Simone de Beauvoir: "on ne naît pas femme on le devient"; ici au contraire Nancy Huston nous affirme que c'est un leurre dangereux et dangereux essentiellement pour la femme que de nier ces différences biologiques qui vont bien au delà des différences anatomiques.
    En effet, selon elle, le rapport des femmes à la sexualité par exemple est tout à fait autre que celui des hommes.
    Le fait de nâitre Garçon ou Fille est significatif et Nancy Huston pourfend ici ceux qui affirment que le faut d'être homme ou femme relève d'un choix personnel.
    L'aliénation de la femme existe encore, tant dans les sociétés orientales qu'occidentales;
    En Occident, cette aliénation se manifeste surtout par le diktat de la "beauté" et de l'apparence physique.
    Deuxième source d'aliénation et non des moindres: l'importance de l'industrie pornographique, en chiffre d'affaires et en impact, industrie qui véhicule une image dégradante de la femme.
    Autre signe d'aliénation: le phénomène de la prostitution qui hélas ne faiblit pas, malgré les mesures prises dans différents pays;
    C'est un livre féministe, mais d'un "féminisme noir" dans le sens où il analyse froidement les faits qui demeurent et qui font encore de la femme une citoyenne de second ordre dans bien des pays.
    Peu de "remèdes" envisagés mais ce livre veut surtout dénoncer l'essor de certaines idées "trop optimistes" qui veulent gommer les différences Homme/ Femme, ce qui peut être dangereux pour les femmes en leur donnant une vision déformée de la réalité et des réactions masculines.
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    • Livres 2.00/5
    Par mariech, le 05 janvier 2013

    mariech
    J'ai eu un peu de mal à la lecture de ce livre , je l'ai lu jusqu'à la fin , je me suis forcée à le terminer pour pouvoir écrire une critique la plus juste possible .
    Il m'a semblé que sur ce sujet très intéressant , très complexe ( trop peut-être ) , l'auteur s'enlise à plusieurs reprises .
    Les références féminines qu'elle cite dans on livre ; l'ancienne prostituée Nelly Arcan , Jean Seberg , Marylin Monroë , icones au destin tragique , ne me semblent pas être neutres .
    J'ai eu un peu de mal avec ça , l'auteur me semble peu nuancée pour un sujet pareil , qu'elle traite sans aucune légéreté ;
    je veux bien que les hommes et les femmes soient différents , que peut-être dans les années 60-70 , les féministes aient été trop loin , où qu'au contraire , qu'on ait pensé à une certaine époque , que les sexes étaient intercheangeables , sans aucune spécificité , que l'on ait connu des travers certes mais faut-il généraliser .
    il y a des passages intéressants mais ils ont noyés par un pessimisme , par un parti pris , un manque flagrant de nuances ;
    enfin ceci est mon avis , cela n'engage que moi , déception car en général j'aime beaucoup les livres de l'auteur ;
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    • Livres 3.00/5
    Par Nadael, le 04 juillet 2012

    Nadael
    La femme occidentale d'aujourd'hui est-elle libre ? On entend ici et là qu'il y a désormais guère de différences entre l'homme et la femme – tellement d'évolutions, révolutions ces dernières décennies, contraception, avortement, travail... – ne serait-ce pas qu'un leurre ? Ne se voile-t-on pas les choses ? La réalité n'est-t-elle pas quelque peu déformée... des reflets dans un oeil d'homme ?
    Dans cet essai, l'auteure se fie à sa propre expérience, à celles d'ami(e)s, d' écrivains (une jolie évocation d'Anaïs Nin), de peintres, de sculpteurs, de photographes. Défilant sous nos yeux, les âges successifs de la femme : l'enfant qui vient au monde, le premier regard du père sur sa fille lourd de conséquence pour la suite de son existence, l'adolescente qui cherche à plaire, ses premiers pas dans la vie d'adulte , et toujours les regards des hommes sur elle, l'ami, l'amant, le mari... et puis les traits de cette femme qui se tire, l'angoisse de vieillir, de ne plus plaire ?
    Tel un miroir grossissant, Nancy Huston dissèque la femme contemporaine. L'importance de l'enfance où tout semble se jouer, l'image qu'elle se doit de renvoyer aujourd'hui à l'époque des photos, de la société de consommation, de la publicité, des produits de beauté qui inondent le marché, de la chirurgie esthétique et de la course à la jeunesse éternelle. Séduction et rivalité n'emprisonnent-elle pas les femmes dans une image, effigie inaccessible ? Quête de perfection...
    Des figures mythiques parsèment leur beauté à travers les pages comme Marilyn Monroe, addicte à la photographie et au regard que l'homme pose sur elle (pour combler le manque de son père), Jean Seberg qui à contrario subira sa vie durant la violence des hommes qui ne voit en elle qu'un objet de désir. L'une cherche à capter l'attention de l'homme par besoin viscéral d'être aimée, l'autre tente en vain de le convaincre à regarder au-delà de la beauté. Les deux femmes se suicideront de désespoir.
    Plus loin, l'auteure analyse avec justesse la prostitution (et le manque de liberté des femmes encore, pas de symétrie homme-femme) à travers des témoignages et les écrits de Nelly Arcan, philosophe et prostitué canadienne – qui mettra fin à ses jours, elle aussi –.
    Si on doit bien admettre que Nancy Huston soulève des points intéressants et offre une argumentation sensible et fine, elle fait également bon nombre de racourcis et use de clichés. La femme est objet, l'homme sujet... Ce dernier est un prédateur qui biologiquement a des pulsions incontrôlables. La femme d'aujourd'hui s'éloigne de la maternité – refusée, écartée, interrompue, empêchée, massacrée selon ses mots. Des généralités gênantes.
    Une lecture dont on sort décontenancé, traînant une espèce d'amertume et encore plus d'interrogations qu'au commencement du livre... Toutes les batailles que les femmes ont mené seraient donc vaines, ce ne serait que biologique, les hommes seraient ainsi et voilà, il n'y aurait pas d'évolution possible ? Une sorte de condamnation perpétuelle à subir le regard de l'homme, à être prisonnière d'images factices ? Avec cette lancinante angoisse de voir sa peau se flétrir, enlevant à la femme toute arme de séduction. Personnellement, je ne crois pas que les choses soient si manichéennes, si figées.


    Lien : http://lesmotsdelafin.wordpress.com/2012/07/04/reflets-dans-un-oeil-..
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    • Livres 2.00/5
    Par sophieelle, le 10 janvier 2014

    sophieelle
    Dans son essai, Nancy Huston dit vouloir analyser l'image de la femme et son aliénation à elle. Elle prend ainsi comme point de départ principalement les écrits de Nelly Arcan en s'efforçant de comprendre son suicide dû, selon elle, à la domination du regard masculin. Si l'enjeu est ici intéressant (j'avais beaucoup d'attentes, disons le) l'auteure soutient toutefois, comme thèse principale, que les hommes et les femmes sont déterminés biologiquement et que leurs différences innées expliquent l'emprisonnement de la femme par le regard de l'homme. Et ainsi débutent les explications à deux balles, le gerbage de stéréotypes, d'éternels clichés réducteurs aussi bien pour les hommes que pour les femmes, un bon gros fourre-tout de prétendues sources sérieuses…
    1.
    Nancy Huston prétend que la théorie du genre est antidarwinienne, tout comme le créationnisme, car elle refuse la continuité biologique de l'humain avec le monde animal. Mais ce qu'elle passe sous silence ici, c'est le fait que les chimpanzés et les humains n'appartiennent pas à la même espèce et qu'ils se différencient justement principalement au niveau sexuel, la sexualité humaine étant beaucoup plus complexe car davantage basée sur le désir plutôt que sur la reproduction.
    2.
    L'auteure part d'un constat de la préhistoire (la division sexuelle des tâches) pour expliquer les relations de pouvoir entre l'homme et la femme d'aujourd'hui. Sous couvert d'une certitude scientifique, elle émet ainsi une hypothèse non fondée et semble omettre toutes les luttes égalitaires féministes du dernier siècle.
    S'en suit de nombreux « exemples » lamentables qui tentent d'illustrer les différences fondamentales des sexes : les femmes n'aiment pas la mécanique, la population carcérale est composée d'hommes, les hommes sont superficiels et recherchent la baise, les femmes ne le sont pas et recherchent l'Amour avec un grand A…. autant de clichés qui contribuent non pas à expliquer la différence des sexes mais à produire des images tout simplement réductrices et à propager des idées prémâchées. À gerber.
    Dur me direz-vous ? Mais que penser alors des hommes fidèles et des femmes infidèles ? Des femmes superficielles et des hommes qui ne le sont pas ? D'autant plus que son propos, basé uniquement sur l'envie reproductrice, délaisse ainsi complètement les homosexuels. Que faire en effet des homosexuels qui n'exercent pas de stratégie amoureuse dans l'ultime but de se reproduire? Les homosexuels seraient-ils des erreurs de la nature ? le pire passage est sans doute celui sur les queers… je le passe sous silence, il a déjà été cité. Quelle arrogance mal placée.
    Excès d'arrogance et de passion et pourquoi ? Pour perpétuer les idées reçues et apprises. Pour choisir de véhiculer l'idéologie hétéro-normative en vantant la biologie et la prétendue évolution de l'espèce.
    3.
    Tout au long de son essai, l'écrivaine semble vouloir dissimuler son engagement féministe sans toutefois vouloir le renier complètement. Elle bascule en effet entre promotion des luttes féministes, notamment au sujet de la prostitution, et rejet de l'égalité homme-femme. Après avoir affirmé la domination de l'homme sur la femme et l'avoir expliqué par le déterminisme biologique, elle écrit que les femmes ne doivent pas s'avouer vaincues, comme si, après avoir soutenu tout au long de son essai que les femmes étaient en quelque sorte conditionnées dans leur rôle de femmes en raison de l'évolution de l'espèce, elle revenait à ses idées féministes initiales et affirmait qu'il était peut-être possible pour elles d'en sortir : « Dire que les comportements ''machistes'' sont en partie biologiquement déterminés n'est pas dire qu'il faille baisser les bras devant le sexisme ». Oui, mais comment sommes-nous censés contrer la biologie ? Telle est la question.
    En somme, l'essai de Nancy Huston, partant d'une idée intéressante qu'est l'image de la femme aux yeux des hommes dans une perspective de domination, change de trajectoire et nous propose plutôt un essai dans lequel toute femme semble condamnée et réduite au rôle reproductif et à un « reflet dans un œil d'homme ».
    Un prétendu féminisme tout bonnement opportuniste. Next.
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Critiques presse (5)


  • Actualitte , le 09 août 2012
    Nancy Huston livre ici un essai un peu indigeste et fourre-tout.
    Lire la critique sur le site : Actualitte
  • NonFiction , le 25 juin 2012
    Réunissant récits personnels, témoignages de peintres et un corpus de textes d'Anaïs Nin à Nelly Arcan, Nancy Huston signe un polémique rappel à l'ordre biologique, contre les théories du genre.
    Lire la critique sur le site : NonFiction
  • Telerama , le 06 juin 2012
    Darwin élu nouveau mentor, Huston crache son venin sur les adeptes des gender studies, qui, en séparant le sexe et le genre, se refuseraient à inscrire l'homme dans la continuité du monde animal.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • Lexpress , le 01 juin 2012
    Dans ce livre touffu sans être confus, l'écrivain multiplie les pistes, nuance ses propos pour analyser les propagandes et influences qui, sournoisement ou au grand jour, fabriquent encore la femme d'aujourd'hui.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Lexpress , le 03 mai 2012
    Féministe, Nancy Huston? Assurément! Intelligemment aussi, comme en témoigne son nouveau livre, un essai vif, fin, passionnant, nourri de références magistrales, superbement écrit.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par Aela, le 25 juin 2012

    Pour la pornographie comme pour l'industrie de la beauté, les chiffres laissent sans voix. En ce moment il existe plus de 4 millions de sites web pornographiques, comportant plus de 400 millions de pages (dont plus de la moitié américaine); l'âge moyen du premier contact avec la pornographie est de onze ans; 90% des enfants entre huit et seize ans ont vu de la pornographie en ligne en faisant leurs devoirs; 40 millions d'adultes états-uniens regardent régulièrement de la pornographie sur internet.
    Entre 1992 et 2006 les bénéfices tirés de la vente de videos pornos aus USA sont passés de 1,60 à 3,62 milliards de dollars.
    Les revenus annuels de l'industrie pornographique sont supérieurs à ceux, cumulés, de Microsoft, Google, Amazon, eBay, Yahoo! Apple, Netflix et EarthLink.
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  • Par colimasson, le 04 juin 2012

    Que seules les guenons accouchent, mettant au monde des bébés tant mâles que femelles, les singes mâles s'en fichent comme de l'an quarante. Les mâles humains, en revanche, n'en reviennent pas, ne s'en remettent pas. Depuis la nuit des temps, ils scrutent, tripotent, ouvrent et referment, sculptent et dessinent le corps de la femelle pour comprendre non seulement comment ça se passe, cette histoire de gestation, mais de quel droit ou en quel honneur ils en sont exclus.
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  • Par FRANGA, le 05 novembre 2012

    Alors que l'immense majorité des femmes deviennent encore mères, notre culture ne leur propose aucune image dans laquelle se refléter telles. Elle les somme au contraire de faire comme si cette éventualité n'était qu'un détail, un petit accident de parcours, vite résorbable. La grossesse n'est plus du tout un "état intéressant" et ses conséquences le sont encore moins ; logiquement, les femmes n'ont de cesse que d'effacer de leur corps toute trace de ce chamboulement, de retrouver leur ligne, leur beauté et leur "indépendance".
    D'où : culpabilisation massive des jeunes mères contemporaines. Car, malgré la péridurale, le lait en poudre et leurs responsabilités dans le monde du travail, la plupart d'entre elles continuent de se sentir tour à tour bouleversées, effrayées, déprimées, exaltées, ahuries, bref, concernées en profondeur par cette affaire-là, et elles n'ont aucune place où se mirer. Dans la peinture, la sculpture et la photographie contemporaines, dans les défilés de mode, les magazines, sur Internet : zéro suggestion que la beauté d'une femme puisse être parfois liée à sa fécondité.
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  • Par FRANGA, le 04 novembre 2012

    Pour la pornographie comme pour l'industrie de la beauté, les chiffres laissent sans voix. En ce moment il existe plus de 4 millions de sites web pornographiques, comportant plus de 400 millions de pages (dont plus de la moitié américaines) ; l'âge moyen du premier contact avec la pornographie est de onze ans ; 90 % des enfants entre huit et seize ans ont vu de la pornographie en ligne en faisant leurs devoirs ; 40 millions d'adultes états-uniens regardent régulièrement de la pornographie sur Internet ; chaque seconde dans le monde 30 000 personnes se connectent à un site pornographique ; entre 1992 et 2006 les bénéfices tirés de la vente de vidéos pornos aux Etats-Unis sont passés de 1,60 à 3,62 milliards de dollars... Les revenus annuels de l'industrie pornographique sont supérieurs à ceux, cumulés, de Microsoft, Google, Amazon, eBay, Yahoo !, Netflix et EarthLink.
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  • Par FRANGA, le 03 novembre 2012

    En d'autres termes, les femmes se servent des avantages de leur subjectivité accrue non seulement pour asseoir leur indépendance économique et affective, mais pour s'objectiver plus que jamais auparavant. Plus elles gagnent de l'argent, plus elles en dépensent pour leur beauté : en 2009, interrogées sur leurs priorités, une majorité d'adolescentes britanniques disent dépenser deux fois plus pour leur apparence que pour leurs études. "D'un côté, dit Gilles Lipovetsky, le corps féminin s'est largement émancipé de ses anciennes servitudes, qu'elles soient sexuelles, procréatrices ou vestimentaires ; de l'autre, le voilà soumis à des contraintes esthétiques plus régulières, plus impératives, plus anxiogènes qu'autrefois. En effet, c'est une femme plus sujet qui, seule, peut se rendre plus objet ; jamais les hommes dominants n'auraient pu obtenir un tel résultat massif.
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Nancy Huston vous présente son ouvrage "Bad girl, classes de littérature" et "Lignes de faille" aux éditions Actes Sud. "Lignes de Faille" : spectacle mis en scène par Catherine Marnas (TNBA) d'après le roman de Nancy Huston.








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