ISBN : 2266128566
Éditeur : Pocket (2002)


Note moyenne : 3.91/5 (sur 733 notes) Ajouter à mes livres
Les expérimentations sur l'embryon, l'usage généralisé de la drogue. Ces questions d'actualité ont été résolues dans l'État mondial, totalitaire, imaginé par Aldous Huxley en 1932. Défi, réquisitoire, anti-utopie, ce chef-d'oeuvre de la littérature d'anticipation a fait... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Peggy, le 22 février 2008

    Peggy
    Dans ce livre visionnaire écrit dès 1932, Aldous Huxley imagine une société qui utiliserait la génétique et le clonage pour le conditionnement et le contrôle des individus.
    Dans cette société future, tous les enfants sont conçus dans des éprouvettes. Ils sont génétiquement conditionnés pour appartenir à l'une des 5 catégories de population. De la plus intelligente à la plus stupide: les Alpha (l'élite), les Bétas (les exécutants), les Gammas (les employés subalternes), les Deltas et les Epsilons (destinés aux travaux pénibles).
    Le "Meilleur des mondes" décrit aussi ce que serait la dictature parfaite: une dictature qui aurait les apparences de la démocratie, une prison sans murs dont les prisonniers ne songeraient pas à s'évader. Un système d'esclavage où, grâce la consommation et au divertissement, les esclaves "auraient l'amour de leur servitude"...
    Ce livre reprend en fait les thèmes chers à Orwell dans 1984 : le totalitarisme, la manipulation des masses en vue de leur contrôle et le "grain de sable" qui fait vasciller la machine, avant de se retrouver broyé par elle... Ce qui est phénoménal ici, c'est le comparatif fait entre une société "civilisée", où la reproduction est exclusivement faite in-vitro, la sexualité n'ayant qu'une fonction récréative ("une personne appartient à toutes"), les notions de maternité et paternité étant qualifiées d'ignominieuses, et où tout sentiment est proscrit, le tout dans le but de fournir un "bonheur parfait"...
    Le livre est construit comme une belle histoire : un descriptif presque clinique de la société "civilisée", comme un tour d'horizon, ou une visite dans un musée sociologique, puis à l'occasion d'un voyage d'agrément, le contact brutal avec des individus "autres"... et la volonté de les ramener à la civilisation... une civilisation qui n'est pas la leur, et dont l'insertion finira forcément en tragédie...
    Je recommande chaudement cet ouvrage, qui vaut vraiment la peine d'être lu. Je ne suis pas seule à le dire, car cette oeuvre a été reconnue comme un des 100 chefs d'oeuvre de la SF par bon nombre de critiques...
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    Critique de qualité ? (20 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 02 juillet 2011

    brigittelascombe
    Est ce donc ce Meilleur des mondes qui nous attend dans le futur? L'être humain est il affecté pour toujours par les progrés de la science?
    L'utopie, cette douce illusion, le choix donné, le libre arbitre,ce triste paradoxe est il pure folie?
    Voilà les principales questions posées par Aldous Huxley dans "Le meilleur des mondes". Né en 1894, après quelques recueils de poèmes, cet écrivain britannique a publié en 1931 ce best seller international (adapté au cinéma) dont le titre original "Brave New World" provient de l'acte V scène 1 de La Tempête de Shakespeare et dont le titre français est tiré du Candide de Voltaire.Aldous Huxley a reçu en 1959 le Award of mérit for the world par l'académie américaine des Arts et des Lettres.
    Ce roman fantastique débute à Londres au 632 de notre Ford.
    Autrefois vivipares, les êres humains vivent pour la plupart dans l'état mondial et sont crées par clonage génétique en laboratoire.La sexualité est devenue un loisir. Seuls les "sauvages" sont parqués dans des réserves et se reproduisent de façon traditionnelle.
    L'homme est artificiellement fécondé en couveuse.
    La hiérarchie sociale provient des manipulations génétiques sur les embryons et du conditionnement des bébés.L'enseignement conditionne également les enfants.
    Dans le batiment gris de 34 étages, "centre d'incubation et de conditionnement de Londres Central",dont la devise est "identité,stabilité", les infirmières se raidissent au garde à vous face au directeur, dans les pouponnières, on étudie les réflexes pavloviens des enfants rampeurs leur injectant tour à tour de bonnes ondes ou des décharges électriques douloureuses pour les éduquer et éventuellement leur enlever tout gout de lecture.
    Les réformateurs ont délivré les anciens des émotions faciles.
    Le "soma" délivre un sommeil paradisiaque qui rend heureux et évite les revendications.
    Bizarre! Bizarre! dit Lénina Crown, une superbe béta (une travailleuse, pas une gama populaire, ni une epsilon simiesque), sa forme habituelle de condamnation, ça ne me plait pas!
    Bernard Marx, un alpha(l'élite) réfractaire, déteste le soma, remet en cause le fait que Lénina soit considérée comme de "la viande" et "préfère être lui même et triste plutot qu'une autre personne qui soit heureuse".
    Il fait la connaissance de Helmholtz Watson maitre de conférences qui travaille sur les émotions qui s'interroge sur cette siociété non héroïque.
    Ils obtiennent un droit de passage chez les "sauvages" dans le territoire du nouveau Mexique.
    Ils vont rencontrer John, issu de Linda, mais ce système qui écrase ce qu'il y a d'humain chez l'homme n'a t il pas mené Le meilleur des mondes vers une folie irréversible? C'est ce que démontre Aldous Huxley qui dénonce les méfaits de l'utopie.
    A mort! A mort! A mort! continuera à crier le sauvage en frappant la chair rebelle qui lui demande le fouet puis... il se pendra, sans espoir.
    Triste l'avenir?
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par patachinha, le 13 juillet 2010

    patachinha
    Le meilleur des mondes raconte l' univers singulier d' une société bâtie sur le progrès, soucieuse du bonheur de ses habitants et de la stabilité du tissu social. Là où les gens sont heureux, et toutes leurs aspirations réalisées il n' y a point de guerres, ni de conflits... En cela, cette merveilleuse société a su tirer les leçons du passé. Dans des époques bien lointaines et archaïques des hommes se battaient au nom d' idéaux absurdes, par jalousies de ce qu' ils ne possédaient pas, pour des rivalités mesquines, par méfiance envers l' inconnu, par révolte pour leur misérable condition, etc..
    Ici, point de tout cela, la civilisation s' inspire et tend vers le bonheur et la sérénité, quoi de plus extraordinaire et enviable?
    La devise de l' Etat mondial est à juste titre "communauté, identité, stabilité" : sur elle s' assoient les différents strates qui composent cette société civilisée : les alphas, bêtas, gammas, deltas, epsilons.
    Depuis des siècles il n' existe plus de relations filiales, la procréation se fait dans des centres d' incubation et de conditionnement. L' enfant ne sort plus du ventre d' une mère, mais de bocaux soigneusement surveillés par des fonctionnaires. Toute idée d' individualité est abolie, puisque ils se fabriquent en série, et peuvent se multiplier presque à l' infini selon l' innovante méthode Bokanovski.
    D' ailleurs parler de mère, de père, d' enfant est un blasphème et une honte à une époque si moderne. Tout est plus hygiénique, cela évite la vision de tout ce sang, ignoble et révulsante, en même temps que tous ces drames et tourments inutiles qu' engendrent nécessairement les rapports familiaux.
    C' est finalement une société programmée pour le bonheur qui s' instille dans les esprits dès le plus jeune âge. Un conditionnement des esprits s' opère par répétitions mécaniques pour faire accepter sa position sociale et ne jamais la contester ou vouloir s' élever au dessus d' elle. On éduque les individus pour faire tel ou tel tâche par laquelle ils seront utiles pour la société, on évite soigneusement de développer tout sens critique, ou toute sensation d' inégalité. Les rapports sexuels mêmes sont promus dès le plus jeune âge, comme une activité louable pour le bonheur et la consécration du progrès commun : chacun appartient à tout le monde, ainsi toute relation amoureuse durable et exclusive est absolument fâcheuse et détachée de l' idée de progrès.
    Dans l‘ hypothèse où le doute, le questionnement ou quelque malheur passager viendrait s' immiscer dans les esprits les moins bien conditionnés, il existe toujours le soma, ce produit exquis qui permet pour quelques heures de mettre ces tourments imbéciles de côté jusqu' à devenir à nouveau sain de corps et d' esprit…

    C' est ce monde asservi que va découvrir le sauvage, atterri dans une civilisation crue d' abord comme un miracle; bientôt dévoilée comme un cauchemar …

    La description que donne l' auteur de ce monde si parfait, aseptisé, m' a fait sourire très souvent car certaines situations tenaient presque du burlesque. On compare souvent ce livre à 1984 d' Orwell, pour ma part j' ai trouvé celui-ci moins lugubre, plus drôle d' une certaine façon; le message transmis en fin de compte n' est pas bien différent. Mais celui-ci met en scène plus de personnages, donne un aperçu plus réel du quotidien de cette civilisation, et la confrontation du sauvage avec les civilisés est assez drôle, le sauvage c' est finalement nous, notre époque, notre mode de vie actuel, face à ce futur incertain mais assez prévisible en définitive.
    A travers cette oeuvre on s' interroge toujours sur la question du conditionnement des masses, le libre arbitre, la nécessaire réflexion personnelle quand aux choix de vies que l' on entend défendre et adopter; face à l' Etat puissant, qui intervient insidieusement pour uniformiser d' une certaine façon les comportements et les modes de vie. Malgré quelques difficultés au début pour me représenter mentalement tous les procédés pour "fabriquer" ces enfants c' est une oeuvre que j' ai beaucoup apprécié car elle décrit plus directement la volonté des dirigeants d' éviter à tout prix le retour au monde ancien, qui est notre monde actuel finalement...
    Chemine-t-on vers cette autre civilisation? C' est bien évidemment la question qui reste sur les lèvres de ceux qui ont lu ce livre...
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    • Livres 2.00/5
    Par lael8, le 15 décembre 2010

    lael8
    Intéressant mais très étrange en vérité... le début est superbe, ahurissant, saisissant (mes lèvres resteront close, le mieux reste de le découvrir soit même )
    Puis naît le sentiment perfide que ce monde parfait, ou plutôt cette dictature parfaite, est vraiment parfait... que c'est non seulement réalisable mais possiblement réellement bénéfique. Vivre dans cette sorte de 'neutralité', c'est certes renoncer aux passions, aux envolés de bonheurs, mais c'est se défaire à jamais de la douleur. On ne manque pas de ce qu'on ne connait pas, alors je croit que oui ils sont vraiment heureux, ils sont dans cette béatitude enfantine, cette neutralité qu'on nomme innocence...
    C'est ça le plus pervers de cette œuvre : c'est odieux mais attirant ! En tout cas franchement marquant
    Bon ensuite ça s'enlise, les persos débattent à l'infini sur cette société mais en somme le principal est dit dès le début, et notre réflexion se fait toute seule. Donc perso je me suis ennuyée... Surtout que la présence du Sauvage, oh quelle originalité hem... On se croirait chez Diderot...
    Peut être finalement ce livre permet de relativiser notre monde "pourris" ?! Un monde où l'on a accès à ces envolés de lyrismes, à ces bonheurs issus de la souffrance... A méditer !
    note : Première incursion pour moi dans la dystopie. La moins bonne de toutes celles lues jusqu'à présent. J'ai préféré Fahrenheit 451 de Bradbury, La Zone du Dehors de Damasio (si on la compte dans les dystopies), les Monades urbaines de Silverberg, et 1984 d'Orwell que je lis en ce moment est aussi en bonne voie.
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par ianf, le 04 septembre 2011

    ianf
    Le meilleur des mondes... Oui, sans nul doute, Aldous Huxley nous a bien décrit Le meilleur des mondes. L'utopie absolue ; un univers où l'homme n'est plus en danger ; une planète où la maladie, la tristesse, la douleur, la guerre ont été abolies. Effacées les querelles mondiales ; oubliées la pauvreté et l'horreur ; finis les crimes. Tout a disparu, ne laissant aux hommes que le bonheur. Enfin, la sensation du bonheur.
    Voilà le monde dont nous rêvons. Les enfants naissent - non, ils ne naissent pas, ce mot est horrible ; ils sont crées - dans des tubes et des éprouvettes, mixés à partir de dosages savamment étudiés pour qu'ils appartiennent aux castes de la société. Des castes indispensables pour le bonheur et l'ordre, car chaque être humain - si tant est qu'on puisse encore parler d'être humain - est heureux d'appartenir à son groupe, même si c'est le plus bas sur l'échelle sociale. Tout ça, grâce à l'hypnopédie. La méthode parfaite pour apprendre. La méthode parfaite pour conditionner. le sexe est un plaisir comme une autre, et n'a plus d'autre fonction que le bonheur qu'il veut apporter.
    Seulement, il reste des imperfections. le Sauvage, qui découvre la ville "civilisée", fait partie des restes de l'ancienne humanité. Celle qui fait l'amour, qui procrée, qui lit Shakespeare, qui aspire à la beauté, à l'art. Mais l'art est dangereux. L'art rend malheureux. L'art cause le désordre.
    Le monde parfait se résume ainsi : ordre et bonheur. C'est celui que beaucoup cherchent, pensant y trouver l'absolu.
    Le monde du Sauvage, c'est le nôtre, celui dans lequel nous vivons actuellement, et qui s'oriente de plus en plus vers Le meilleur des mondes : un monde d'art, de douleur, de tristesse, de joie pleinement vécue, mais aussi et surtout de liberté.
    Le meilleur des mondes n'est une utopie, ni même une dystopie. C'est l'effrayante peinture de ce qui nous attend, si nous ne prenons pas garde. Au moment où le progrès scientifique menace l'humain, et à l'heure où l'ectogénèse se développe à tel point que bientôt, de la fécondation à la naissance, la machine fera office de mère, il nous appartient de choisir. Bonheur et ordre, ou art et liberté. Pour ma part, j'ai choisi mon camp. Comme le Sauvage, "je veux de la poésie, je veux du danger véritable, je veux de la liberté, je veux de la bonté. Je veux du pêché. [...] Eh bien, soit, je réclame le droit d'être malheureux."
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Citations et extraits

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  • Par Mayoka, le 23 avril 2010

    Les Utopies apparaissent comme bien plus réalisable qu’on ne le croyait autrefois. Et nous nous trouvons actuellement devant une question bien autrement angoissante : comment empêcher leur réalisation définitive ?… Les Utopies sont réalisables.
    La vie marche vers les Utopies. Et peut-être un siècle nouveau commence t-il, un siècle où les intellectuels et la classe cultivée rêveront aux moyens d’éviter les Utopies et de retourner à une société non Utopique moins “parfaite” et plus libre.
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  • Par Orphea, le 12 avril 2010

    Incipit

    Un bâtiment gris et trapu de trente-quatre étages seulement. Au-dessus de l'entrée principale, les mots : CENTRE D'INCUBATION ET DE CONDITIONNEMENT DE LONDRES-CENTRAL, et, dans un écusson, la devise de l'État mondial : COMMUNAUTÉ, IDENTITÉ, STABILITÉ.
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  • Par Aela, le 04 février 2011

    Brave New World
    Under the microscopes, their long tails furiously lashing, spermatozoa were burrowing head first into eggs; and fertilized, the eggs were expanding, dividing, or, if bokanovskified, budding and breaking up into whole populations of separate embryos.
    From the Social Predestination Room the escalators went rumbling down into the basement, and there, in the crimson darkness, stewingly warm on their cushion of peritoneum and gorged with blood-surrogate and hormones, the foetuses grew and grew or, poisoned, languished into a stunted Epsilonhood.
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  • Par Bartimeus, le 04 avril 2011

    Il révéla l'ahurissante vérité. Pendant une très longue période avant l'époque de Notre Ford, et même au cours de quelques générations postérieures, les jeux érotiques entre enfants avaient été considérés comme anormaux (il y eut un éclat de rire) ; et non pas seulement comme anormaux, mais comme positivement immoraux (non !) ; et ils avaient, en conséquence, été rigoureusement réprimés.
    Le visage de ses auditeurs prit un air d'incrédulité étonnée. Quoi, les pauvres petits gosses n'avaient pas le droit de s'amuser ?
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  • Par AireLibre, le 04 février 2008

    L'expérience, ce n'est pas ce qui arrive à quelqu'un, c'est ce que quelqu'un fait avec ce qui lui arrive.
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