Le génie, c'est Henri Maartens, illustre physicien, prix Nobel, voué à la fois de à caractère infantile et d'un tempérament explosif qui le rendent en apparence totalement dépendant de sa femme et maîtresse mère.
C'est celle-ci - la déesse - incarnation parfaite... > voir plus
La structure est particulière, il n'y a pas de division. Tout le récit est comme en un morceau. du coup c'est parfois un peu long quand on ne lit pas très vite. Mais il y a quand même un aller-retour avant-après qui donne un rythme au récit. Il y a des procédés narratifs à relever. c'est bien tourné, on ne s'ennuie pas et l'histoire est bien.
Incipit :
- Le chiendent, dans la littérature d'imagination, dit John Rivers, c'est qu'elle constitue un tout trop cohérent. La réalité ne fait jamais un tout cohérent.
- Jamais ? fis-je, d'un ton de doute.
- Peut-être, du point de vue de Dieu, concéda-t-il. Jamais, du nôtre. La fiction a de l'unité, la fiction a du style. Les faits ne possèdent ni l'une, ni l'autre. Dans la nature brute, l'existence, c'est toujours “ une sacrée chose après une autre ”, et chacune de ces sacrées choses est simultanément Thurber et Michel-Ange, simultanément Mickey Spillane et Thomas a Kempis. Le critère de la réalité, c'est son décousu intrinsèque.
Et lorsque je demandai : “ Par rapport à quoi ? ” il agita une main brune et carrée dans la direction des rayons chargés de livres.
- Par rapport à ce qui a été Pensé et Dit de Meilleur, déclama-t-il avec une feinte solennité. Puis : Chose curieuse, celles qui sont le plus proches de la réalité, ce sont toujours les fictions qui sont censées être les moins vraies.