> Marc Fumaroli (Éditeur scientifique)

ISBN : 207036898X
Éditeur : Gallimard (1977)


Note moyenne : 3.76/5 (sur 126 notes) Ajouter à mes livres
La Bible de l'esprit décadent et de la "charogne" 1900. À travers le personnage de des Esseintes, Huysmans n'a pas seulement résumé, immortalisé les torpeurs, les langueurs, les névroses vénéneuses et perverses du siècle finissant. Des Esseintes est aussi un héros kierk... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par chartel, le 10 octobre 2011

    chartel
    C'est suite à une très belle exposition consacrée au peintre et dessinateur Odilon Redon au musée Fabre de Montpellier que j'ai découvert Joris-Karl Huysmans et "À rebours". C'est peut-être le roman le plus connu de Huysmans et aussi celui qui suscita de très vives réactions de la part du milieu littéraire de son époque. L'incompréhension qui suivit sa parution n'a pas totalement disparu aujourd'hui (voir la critique de marcanciel) et je déconseillerais le livre à ceux qui attendent de la littérature qu'elle leur serve des sucreries.
    Mais je crois que ceux qui n'ont pu entrer dans cette œuvre s'attendaient à lire un classique roman. Peut-être y-a-t-il là un malentendu ? Huysmans se démarque dans cette histoire sans histoire de l'impasse naturaliste et du grand maître Émile Zola. Il se rapproche plutôt des œuvres de Flaubert comme "La Tentation de Saint-Antoine" ou "salammbô". Il se réfère également à la poésie et au décadentisme de Baudelaire, au symbolisme de Mallarmé, ainsi qu'à l'angoissant univers d'Edgar Allan Poe. Il y a certes un personnage et une situation initiale : un riche dandy croyant abolir son mal de vivre en quittant la société parisienne pour la campagne, mais aucune véritable intrigue. le seul objet du récit est les tentatives successives de des Esseintes pour combler sa sensation de vide existentiel. Il s'apparente un peu à Antoine Roquentin dans "La Nausée" de Sartre ou Adam Pollo dans "Le Procès-verbal" de le Clézio. La différence est dans l'espoir spirituel de des Esseintes, il ne s'y raccroche pas encore, mais on sent qu'il lui paraît comme sa seule issue possible.
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    • Livres 2.00/5
    Par Luniver, le 02 mars 2012

    Luniver
    Après avoir épuisé tous les plaisirs que la capitale pouvait lui procurer, des Esseintes se retire à la campagne, pour vivre une vie austère, dans le calme et la tranquillité. Il se consacre à plusieurs passe-temps : pierres précieuses (dont il couvre la carapace d'une tortue, qui finit par mourir), les alcools, la littérature, les fleurs, les parfums, ... Son isolement le plonge dans la névrose, et son médecin lui ordonnera finalement de revenir à Paris pour se divertir et guérir.
    Le style d'Huysmans m'a séduit : les longues descriptions des sujets d'étude de des Esseintes sont un régal. Toutefois, après un tiers du texte, mon intérêt a décru : je n'ai pas compris la rupture que ce livre faisait avec le naturalisme, ni pourquoi il a été tellement décrié à sa parution. Les informations glanées par-ci par-là ne m'ont pas été d'un grand secours. Il ne me restait plus que le plaisir des "belles phrases", mais avec la sensation de passer complètement à côté de l'essentiel.
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    • Livres 4.00/5
    Par zohar, le 22 avril 2011

    zohar
    A rebours met en scène un aristocrate décadent, Des Esseintes, dans des décors d'un raffinement suprême : est-ce encore un roman naturaliste, comme il l'a dit, pour se défendre auprès de Zola irrité ?
    Ou s'agit-il, au contraire, d'une mise à mort du naturalisme ?
    La réponse est simple : l'anti-héros, Des Esseintes (héritier des mélancolies de rené de François-rené de Chateaubriand) marque une totale rupture avec Zola. Ce roman inaugure, au contraire, des thèmes et des réflexions qui sont associés au symbolisme.
    Huysmans emprunte désormais un chemin littéraire nouveau avec des romans qui sentent le soufre (Là-Bas, 1891) ou qui dévoilent les beauté de l'art chrétien (La cathédrale, 1898).
    Considéré comme un manisfeste de la décadence, Oscar Wilde s'en est inspiré, par ailleurs, pour l'écriture de son plus grand chef-d'oeuvre que nous connaissons Tous : Le portrait de Dorian Gray.
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    • Livres 2.00/5
    Par Anassete, le 21 mars 2012

    Anassete
    Un des classiques que j'ai eu le plus de mal à digérer. Trop de dandysme pour pouvoir avoir un peu de compassion pour cet aristocrate qui s'ennuie.
    Une réflexion très forte sur son siècle néanmoins qu'il est important à connaître et que l'on peut relier à celle de Baudelaire plus tard.
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    • Livres 3.00/5
    Par Chiwi, le 01 mai 2012

    Chiwi
    A rebours est un roman où il ne se passe rien, il ne faut pas se faire d'illusion. le récit se focalise sur les goûts de des Esseintes et fait du roman un manifeste de l'art décadent.
    Car des Esseintes est un symbole de la décadence. Il est issu d'une famille à forte consanguinité, il est de constitution chétive et est toujours malade. Dans son cas ça frôle l'hypocondrie.
    Sa décadence est aussi marquée en matière de de littérature : il n'apprécie que les auteurs latins de la fin de l'ère romaine car avant ils ne sont que trop classiques, il apprécie certains poètes maudits notamment Baudelaire car il y a une tendance païenne dans ses poèmes (Les Fleurs du Mal).
    Je trouve qu'A rebours est une sorte d'exercice de style, comme de la poésie en prose. Il y a l'utilisation d'un vocabulaire que Mallarmé n'aurait pas nié ou des passages où des Esseintes essaie de marier des tons de couleurs pour son intérieur, c'est fastidieux.

    Lien : http://kulturenblog.over-blog.com/article-a-rebours-joris-karl-huysm..
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Citations et extraits

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  • Par Luniver, le 01 mars 2012

    Maintenant, enfin, l'on était allé plus loin ; l'on avait osé supprimé complètement le blé et d'éhontés marchands fabriquaient presque toutes les hosties avec de la fécule de pommes de terre !

    Or, Dieu se refusait à descendre dans la fécule. C'était un fait indéniable, sûr ; dans le second tome de sa théologie morale, S.E le cardinal Gousset, avait, lui aussi, longuement traité cette question de la fraude au point de vue divin ; et, suivant l'incontestable autorité de ce maître, l'on ne pouvait consacrer le pain composé de farine d'avoine, de blé sarrasin ou d'orge, et si le cas demeurait douteux pour le pain de seigle, il ne pouvait soutenir aucune discussion, prêter à aucun litige, quand il s'agissait d'un fécule, qui, selon l'expression ecclésiastique, n'était, à aucun titre, matière compétente du sacrement.
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  • Par Messager, le 11 février 2011

    Il flairait une sottise si invétérée, une telle exécration pour ses idées à lui, un tel mépris pour la littérature, pour l’art, pour tout ce qu’il adorait, implantés, ancrés dans ces étroits cerveaux de négociants, exclusivement préoccupés de filouteries et d’argent et seulement accessibles à cette basse distraction des esprits médiocres, la politique, qu’il rentrait en rage chez lui et se verrouillait avec ses livres.
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  • Par Sedrik, le 04 février 2012

    [...] il fallait quitter cette solitude, revenir à Paris, rentrer dans la vie commune, tâcher enfin de se distraire comme les autres.
    - Mais, ça ne me distrait pas, moi, les plaisirs des autres, s'écria des Esseintes indigné !
    Sans discuter cette opinion, le médecin assura simplement que ce changement radical d'existence qu'il exigeait était, à ses yeux, une question de vie ou de mort, une question de santé ou de folie compliquée à brève échéance de tubercules.
    - Alors c'est la mort ou l'envoi au bagne ! s'exclama des Esseintes exaspéré.
    Le médecin, qui était imbu de tous les préjugés d'un homme du monde, sourit et gagna la porte sans lui répondre.
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  • Par Kanelbulle, le 29 avril 2011

    Il assimilait volontiers le magasin d'un horticulteur à un microcosme où étaient représentées toutes les catégories de la société : les fleurs pauvres et canailles, les fleurs de bouge, qui ne sont dans leur vrai milieu que lorsqu'elles reposent sur des rebords de mansardes, les racines tassées dans des boîtes au lait et de vieilles terrines, la giroflée par exemple ; les fleurs prétentieuses, convenues, bêtes, dont la place est seulement dans des cache-pots de porcelaine peints par des jeunes filles, telles que la rose ; enfin les fleurs de haute lignée telles que les orchidées, délicates et charmantes, palpitantes et frileuses ; les fleurs exotiques, exilées à Paris, au chaud, dans des palais de verre ; les princesses du règne végétal, vivant à l'écart, n'ayant plus rien de commun avec les plantes de re la rue et les flores bourgeoises.
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  • Par ster, le 23 mai 2011

    En prose, la langue verbeuse, les métaphores redondantes, les digressions amphigouriques; la jactance de ses apostrophes, le flux de ses rengaines patriotiques, l'emphase de ses harangues, la pesante masse de son style, charnu, nourri, mais tourné à la graisse et privé de moelle et d'os, les insupportables scories de ses longs adverbes ouvrant la phrase, les inaltérables formules de ses adipeuses périodes mal liées entre elles par le fil des conjonctions, enfin ses lassantes habitudes de tautologie, ne le séduisaient guère; et pas beaucoup plus que Cicéron, César, réputé pour son laconisme, ne l'enthousiasmait; car l'excès contraire se montrait alors, une aridité de pète sec, une stérilité de memento, une constipation incroyable et indue.
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Video de Joris-Karl Huysmans

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[Joris-Karl Huysmans : Croquis de Paris et d'ailleurs - Croquis parisiens]
Olivier BARROT présente l'ouvrage de Joris-Karl HUYSMANS "croquis de Paris et d'ailleurs" qui fut "crucifié entre la débauche et la chrétienté".








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