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> Dominique Millet-Gérard (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070387542
Éditeur : Gallimard (1996)


Note moyenne : 4/5 (sur 11 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Dans ce roman autobiographique, l'auteur conte l'histoire d'un écrivain et de son retour à la religion catholique.
Admirateur du Moyen Âge, des cathédrales, de la peinture religieuse ancienne, le héros séjourne dans un couvent pour tenter de résoudre son drame de... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (2)

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    • Livres 4.00/5
    Par stcyr04, le 28 février 2013

    stcyr04
    En Route est le premier volet du triptyque catholique de Huysmans, dont les deux oeuvres suivantes sont La cathédrale et L'oblat. La Cathédrale abordant le catholicisme par sa symbolique, ici c'est l'aspect mystique de la foi qui est traité. C'est aussi le versant “blanc” de Là-Bas qui était consacré au ténèbres du Spiritisme. On y retrouve le personnage récurant de Durtal.
    On reconnaît dans cet écrit, le goût de l'auteur pour le mot rare, les archaïsmes de langues, les néologismes tirés du latin, les champs lexicaux issus du naturalisme. Narré dans une langue de feu, comparable à celle d'un Léon Bloy, ce récit aux forts échos autobiographiques est l'histoire d'un lent et difficile processus menant le protagoniste à faire brièvement retraite dans une abbaye. On saisi aussi ce qui a attiré, principalement, Huysmans vers le catholicisme: goût de l'architecture romane et gothique, amour du plain-chant, prédilection pour l'art des primitifs, c'est-à-dire la foi dans son acception médiévale.
    La prose de Huysmans est vraiment un bonheur, elle rend ce livre au sujet qui semble si austère, et qui pourrait n'être qu'un fatras de bondieuseries, relativement intéressant. Ce livre est une somme de connaissances sur le mysticisme religieux, et grâce à l'appareil critique remarquable de l'édition Folio, on se cultive à l'envie...
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    • Livres 4.00/5
    Par Kaya, le 25 avril 2013

    Kaya
    Dans le cadre de mon cours de littérature de XIXe, je suis supposée manger, boire et respirer Huysmans depuis le mois de février. En élève un peu paresseuse, j'ai parcouru à toute vitesse "En Ménage" et "A Rebours", sauté "Là-Bas" pour me consacrer au livre sur lequel portera mon examen, qui est "En Route".
    Les premières pages ont fait mon désespoir. Ainsi donc, j'allais devoir lire 500 pages sur la conversion au Catholicisme d'un homme englué dans la Luxure. J'ai senti que cela allait être fastidieux et j'ai entrepris quelque chose que je ne fais jamais d'ordinaire: j'ai pris des notes à même le roman, pour m'assurer d'y rester attentive : ça a marché et, à vrai dire, j'y ai pris goût!
    Certes, c'est lent, on y retrouve le goût de Huysmans pour les passages encyclopédiques à la "A Rebours" où il nous assomme d'inventaires de livres mystiques, de chants liturgiques, etc. Mais peu à peu on se laisse gagner par cette expérience de conversion.
    J'aurais détesté ce livre si je l'avais entamé dans un autre cadre que celui de mon examen. Mais m'obliger à en comprendre toutes les nuances m'a appris à l'apprécier, à en apprécier les procédés littéraires. Je songe à relire "A Rebours", celui de ses romans qui a fait le plus de bruit, pour trouver le trésor que d'autres avant moi y ont déterré et que, dans ma course folle aux lectures obligatoires, j'ai lamentablement loupé. Mais avant-cela, je vais retrouver le héros de "En Route", Durtal, dans "Là-Bas", qui s'annonce paraît-il fort différent.
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Citations et extraits

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  • Par stcyr04, le 26 février 2013

    Les tableaux de la passion se déroulaient devant elle, tandis que, couchée sur un lit, broyée par les souffrances, saignant par les trous de ses stigmates, elle gémissait et pleurait, anéantie d’amour et de pitié, devant les tortures du Christ.
    A sa parole qu’un scribe consignait, le Calvaire se dressait et toute une fripouille de corps de garde se ruait sur le Sauveur et crachait dessus ; d’effrayants épisodes surgissaient de Jésus, enchaîné à une colonne, se tordant tel qu’un ver, sous les coups de fouets, puis tombant, regardant de ses yeux défaits des prostituées qui se tenaient par la main et reculaient, dégoûtées, de son corps meurtri, de sa face couverte, ainsi que d’une résille rouge, par des filets de sang.
    Et lentement, patiemment, ne s’arrêtant que pour sangloter, que pour crier grâce, elle peignait les soldats arrachant l’étoffe collée aux plaies, la vierge pleurant, la figure livide et la bouche bleue ; elle relatait l’agonie du portement de croix, les chutes sur les genoux, s’affaissait, exténuée, lorsque arrivait la mort.
    C’était un épouvantable spectacle, narré par le menu et formant un ensemble sublime, affreux. Le rédempteur était étendu sur la croix couchée par terre ; l’un des bourreaux lui enfonçait un genou dans les côtes, tandis qu’un autre lui écartait les doigts, qu’un troisième frappait sur un clou à tête plate, de la largeur d’un écu et si long que la pointe ressortait derrière le bois. Et quand la main droite était rivée, les tortionnaires s’apercevaient que la gauche ne parvenait pas jusqu’au trou qu’ils voulaient percer ; alors ils attachaient une corde au bras, tiraient dessus de toutes leurs forces, disloquaient l’épaule, et l’on entendait, à travers les coups de marteaux, les plaintes du seigneur, l’on apercevait sa poitrine qui se soulevait et remontait un ventre traversé par des remous, sillonné par de grands frissons.
    Et la même scène se reproduisait pour arrêter les pieds. Eux aussi n’atteignaient pas la place que les exécuteurs avaient marquée. Il fallut lier le torse, ligotter les bras pour ne pas arracher les mains du bois, se pendre après les jambes, les allonger jusqu’au tasseau sur lequel ils devaient porter ; du coup, le corps entier craqua ; les côtes coururent sous la peau, la secousse fut si atroce que les bourreaux craignirent que les os n’éclatassent en crevant les chairs ; et ils se hâtèrent de maintenir le pied gauche sur le pied droit ; mais les difficultés recommencèrent, les pieds se révulsaient ; on dut les forer avec une tarière pour les fixer.
    Et cela continuait ainsi jusqu’à ce que Jésus mourût et alors la sœur Emmerich, terrifiée, perdait connaissance ; ses stigmates ruisselaient, sa tête crucifiée pleuvait du sang.
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  • Par Kaya, le 17 avril 2013

    Non, plus j'y songe, s'écriait-il, plus je la [L'Eglise] trouve prodigieuse, unique ! plus je suis convaincu qu'elle seule détient la vérité, qu'hors d'elle, ce ne sont plus que des luxations de l'esprit, que des impostures, que des esclandres! - L'Eglise, elle est le haras divin et le dispensaire céleste des âmes; c'est elle qui les allaite, qui les élève, qui les panse; elle qui leur notifie, quand le temps des douleurs est venu, que la vie réelle ne commence pas à la naissance mais bien à la mort. L'Eglise, elle est indéfectible, elle est suradmirable, elle est immense..

    Oui mais alors, il faudrait suivre ses prescriptions et pratiquer les sacrements qu'elle exige!
    Et Durtal, en hochant la tête, ne se répondait plus.
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  • Par stcyr04, le 24 février 2013

    Et puis, hélas ! L’on n’entend plus les tempêtes des grandes orgues et les majestés douloureuses du plain-chant, qu’aux convois des détenteurs ; pour les pauvres, rien-ni maîtrise, ni orgue-quelques poignées d’oraisons ; trois coups de pinceau trempé dans un bénitier et c’est un mort de plus sur lequel il pleut et qu’on enlève ! L’Eglise sait pourtant que la charogne du riche purule autant que celle du pauvre et que son âme pue davantage encore ; mais elle brocante les indulgences et bazarde les messes ; elle est, elle aussi, ravagée par l’appât du lucre !
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  • Par Kaya, le 17 avril 2013

    De quelque côté que l'on se tourne avec la femme, on souffre, car elle est le plus puissant engin de douleur que Dieu ait donné à l'homme!

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  • Par LiliGalipette, le 16 mai 2012

    « L'âme est une sorte d'aérostat qui ne peut monter, atteindre ses fins dernières dans l'espace, qu'en jetant son lest. »

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