ISBN : B0000DXK2G
Éditeur : Le Livre de Poche


Note moyenne : 2/5 (sur 1 notes) Ajouter à mes livres
Emprunt, mensonge, fausse signature, tout ce que Tarvald Helmet réprouve, sa femme Nora l'a fait en cachette pour qu'il puisse se soigner. Elle a presque fini de rembourser sa dette quand Torvald, nommé directeur, décide de renvoyer le commis Krogstad en raison de son p... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 2.00/5
    Par colimasson, le 29 août 2011

    colimasson
    Regroupées dans un même livre, ces deux pièces d'Ibsen ont marqué le franchissement d'une censure que la plupart des autres dramaturges de l'époque n'avaient pas osé surmonter.
    Dans Maison de poupée, malgré l'ironie qui teinte les propos du mari tout-puissant Helmer, rien ne laisse présager du dénouement. Alors que le lecteur s'attend à une résolution classique de l'action –les problèmes sociaux et financiers des deux époux semblant avoir trouvé une solution-, l'épouse Nora, petit oiseau chanteur, sort de la léthargie qui a été caractéristique de toute son existence pour remettre en cause son couple, son rôle de femme, de fille et de mère, et le but qu'elle veut donner à sa vie. Elle refuse de rester à sa place, comme on le lui a toujours ordonné, et la réaction du public et des acteurs, face à ce dénouement qui peut sembler plutôt classique aujourd'hui, montre bien que le propos était très novateur à l'époque.
    En réponse à cette pièce, et en manière de contre-exemple cruel, Ibsen a ensuite écrit Les Revenants. Dans cette pièce, contrairement à Nora, Madame Alving, malgré les doutes qu'elle avait autrefois émis quant à sa qualité de mère et d'épouse, n'a jamais cherché à s'éloigner des sentiers battus. Les conséquences, qui nous sont révélées peu à peu dans la pièce, s'avèreront être désastreuses. D'une manière moins éloquente mais tout aussi cruelle, Ibsen renforce une nouvelle fois son propos.
    « Vous ne m'avez jamais aimée. Il vous a semblé amusant d'être en adoration devant moi, voilà tout. […] quand j'étais chez papa, il m'exposait ses idées et je les partageais. Si j'en avais d'autres, je les cachais. Il n'aurait pas aimé cela. Il m'appelait sa petite poupée et jouait avec moi comme je jouais avec mes poupées. Puis, je suis venue chez toi… »
    Bien sûr, je salue Ibsen pour son audace ainsi que pour son courage. Braver la censure pour essayer d'ouvrir les yeux à des personnes qui n'en ont pas forcément envie représente un acte très charitable et qui mérite qu'on se souvienne de lui.
    Pour autant, si dans le fond j'apprécie Ibsen, dans la forme, il m'ennuie profondément. Je n'apprécie pas la manière dont s'expriment ses personnages, leurs phrases monotones et sans vie, leurs réactions brusques et changeantes, qui témoignent beaucoup trop de l'illusion théâtrale. Mais ce serait peut-être trop demander à Ibsen d'exceller à la fois dans le fond et dans la forme. Avoir réussi à révolutionner le propos théâtral et les idées d'un siècle est déjà un grand œuvre. le reste n'est qu'une question de goût…

    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-maison-de-poupee-1879-et-les..
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Citations et extraits

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  • Par colimasson, le 29 août 2011

    NORA : […] tu ne parles pas comme l’homme qu’il me serait possible de suivre. Une fois rassuré, non sur le danger qui me menaçait, mais sur celui que tu courais toi-même…tu as tout oublié. Je suis redevenue ton petit oiseau chanteur, ta poupée que tu étais tout prêt à porter dans tes bras comme avant, avec d’autant plus de précautions que tu l’avais reconnue plus fragile. (Se levant.) Ecoute, Torvald : en ce moment-là, il me parut que j’avais vécu huit années dans cette maison avec un étranger et que j’avais eu trois enfants… Ah ! je ne puis seulement pas y penser ! J’ai envie de me déchirer moi-même en mille morceaux.
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  • Par colimasson, le 29 août 2011

    HELMER : […] Il s’agit d’étouffer l’affaire à tout prix. Et, en ce qui concerne notre intérieur, rien ne doit sembler changé entre nous. Il ne s’agit bien entendu, que des apparences. Tu continueras donc à demeurer ici : cela va sans dire. Mais il te sera interdit d’élever les enfants… je n’ose pas te les confier. Ah ! devoir parler ainsi à celle que j’ai tant aimée et qui encore… ! Allons, tout cela est passé, il le faut. Dorénavant, il ne s’agit plus de bonheur. Mais uniquement de sauver des restes, des débris, des apparences…
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  • Par colimasson, le 29 août 2011

    MADAME ALVING : […] Ce n’est pas seulement le sang de notre père et mère qui coule en nous, c’est encore une espèce d’idée détruite, une sorte de croyance morte, et tout ce qui s’ensuit. Cela ne vit pas, mais ce n’en est pas moins là, au fond de nous-mêmes, et jamais nous ne parvenons à nous en délivrer. Que je prenne un journal et me mette à le lire : je vois des fantômes surgir entre les lignes. Il me semble à moi, que le pays est peuplé de revenants, qu’il y en a autant que de grains de sable dans la mer.
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  • Par colimasson, le 29 août 2011

    LE PASTEUR : […] une femme n’est pas autorisée à s’ériger en juge de son mari. Votre devoir consistait à supporter en toute humilité la croix que la volonté d’en haut avait trouvé bon de vous imposer. Au lieu de cela, vous vous êtes révoltée, vous avez rejeté la croix, abandonné l’être défaillant que vous aviez mission de soutenir. Vous avez déserté, en exposant votre nom et votre réputation, et vous avez été sur le point de perdre par-dessus le marché la réputation des autres.
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  • Par colimasson, le 29 août 2011

    HELMER : Il était devenu de la famille. Je ne puis me le représenter parti. Avec ses souffrances, avec son humeur solitaire, il constituait comme un fond d’ombre au tableau ensoleillé de notre bonheur… Allons, cela vaut peut-être mieux. Du moins pour lui. (Il s’arrête.) Et peut-être aussi pour nous, Nora. Maintenant, nous voici exclusivement voués l’un à l’autre. (Il la prend dans ses bras.) Ah ! ma bien-aimée, ma femme ; je ne te serrerai jamais assez étroitement.
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extrait du spectacle "une maison de poupée" mis en scène par Jean-Louis Martinelli avec Marina fois








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