> Laurent Lombard (Traducteur)

ISBN : 2754802665
Éditeur : Futuropolis (2010)


Note moyenne : 4/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres

Après avoir exploré l'univers du polar, du jazz et des super héros décalés, Igort s'attaque à la bande dessinée reportage, avec le premier tome d'un diptyque consacrée aux pays de l'ex-URSS. Coup d'essai, coup de ma... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 4.00/5
    Par Apikrus, le 09 mars 2012

    Apikrus
    Cette bande dessinée raconte des parcours de vie de quelques Ukrainiens représentatifs, décrivant ainsi les tragédies qu'a connues ce pays depuis le milieu des années quarante : de la collectivisation forcée et l'extermination d'un peuple sous Staline (notamment en l'affamant) à la catastrophe de Tchernobyl, en passant par la seconde guerre mondiale et sans oublier les difficultés créées par l'éclatement de l'Union soviétique.
    Des rappels historiques sont particulièrement bienvenus et permettent souvent d'appréhender le contexte dans lequel les témoins entendus par l'auteur ont vécu. Il est dommage que ce travail d'explication ait été un peu oublié à propos de la catastrophe de Tchernobyl, présentée uniquement par quelques anecdotes et par la fin de vie d'une victime. Sur ce dernier sujet, je recommande la bande dessinée Чернобыль Tchernobyl, La zone de Natacha Bustos & Francisco Sanchez, ainsi que le recueil de récits La Supplication de Svetlana Alexievitch.
    Cette bande dessinée est sans concessions à l'égard du stalinisme, mais elle n'omet pas de présenter des conséquences économiques et sociales des conditions dans lesquelles la chute de l'Union soviétique s'est déroulée en Ukraine.
    En fin d'ouvrage, l'auteur dresse la liste de 14 pays reconnaissant en 2010 que la famine déclenchée par la dékoulakisation des années 1932 et 1933 a été un crime contre l'humanité. On y retrouve notamment l'Argentine, la Belgique, le Canada, la Géorgie, l'Italie, des pays baltes, la Pologne, les Etats Unis et le Vatican. La France est absente de cette liste. Pourtant, certains de ses représentants semblent s'intéresser à L Histoire quand il s'agit de faire reconnaître le génocide arménien... Il est vrai que la France a accueilli des Arméniens, que nous somme en période de campagne électorale, et que la Turquie est un pays dont la population est majoritairement musulmane (à lire sur le génocide arménien : Le génocide des Arméniens, Anne Dastakian et Claire Mouradian et le crime de silence, Le génocide des Arméniens - Tribunal permanent des peuples).
    Du même auteur et dans la même collection, je recommande aussi Les cahiers russes.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par chocobogirl, le 28 novembre 2011

    chocobogirl
    Comme l'annonce la couverture, cet album n'est pas une fiction mais un récit-témoignage. Nous avons entre les mains le résultat de 2 ans de voyage en Ukraine (en 2008-2009) que l'auteur s'applique à nous faire connaître à travers ses habitants et son histoire.
    Après une douzaine de pages posant les bases d'un pays en plein marasme depuis la domination russe, Igort rentre ensuite au coeur de l'histoire Ukrainienne en rapportant et illustrant les propos de quelques habitants qui lui ont confiés leur vie.
    On découvre alors avec stupéfaction le drame humain qui s'est joué depuis les années 30 et les conditions difficiles de vie, de survie même pourrait-on dire.
    En 1932, Staline lance une opération de "dékoulakisation". Les koulaks sont des propriétaires terriens qui refusent la collectivisation. Il s'agit alors de réquisitionner toutes les réserves de céréales des paysans et par là même d'annihiler toute tentative d'indépendance du pays. Outre la terrible famine qui s'en suit, une vaste déportation dans les goulags est organisée. La population meurt littéralement de faim au point de se pervertir en mangeant chiens, chevaux et... cadavres humains. Les corps sont déterrés, les enfants abandonnés.
    La conséquence de cette opération : la population passe de 5 600 000 à 149 000 personnes...
    Un crime contre l'humanité dont on discute encore aujourd'hui de sa reconnaissance. Seuls 24 pays l'ont reconnu comme génocide, et la France n'en fait pas partie.
    Vous l'aurez compris, c'est un témoignage extrêmement fort que nous livre ici Igort. Alternant les témoignages d'habitants avec des chapitres historiques qui nous détaillent avec beaucoup d'habileté la réalité de l'époque, il nous sert le portrait inhabituel d'un pays dont on ne sait finalement que peu de choses.
    Chaque habitant a vu sa vie brisée d'une manière ou d'une autre par la famine, la pauvreté ou la maladie. Et leurs conditions de vie actuelles ne se sont pas vraiment améliorées. Seraphina, 80 ans, évoque l'horreur de la famine. Nicolaï, 78 ans, raconte son enfance cahotique, l'invasion allemande, ses drames sentimentaux et surtout une terrible maladie qui le laisse à moitié paralysé et rampant comme un chien pour essayer de survivre malgré sa solitude. Maria à 83 ans explique son parcours qui la mène aujourd'hui à gagner quelques kopeks en proposant aux passants de se peser sur sa balance.
    L'Ukraine, après avoir été le grenier de l'Europe, est aujourd'hui un pays qui peine à se redresser malgré l'indépendance obtenue en 1991. Chômage, hausse des prix, la population peine à s'en sortir et l'ombre communiste continue toujours de peser sur le pays.
    Igort traduit excellement son expérience dans un dessin et une mise en page audacieuse. Prenant quelque peu l'apparence d'un carnet de voyage, l'album alterne entre une narration plus classique dans des planches colorées de 5-6 cases et des pages plus libres où texte et illustration se mélangent dans un noir et blanc plus affirmé. Cette opposition reflète bien les différentes narrations. Les témoignages d'ukrainiens s'illustrent de manière plus "académique" dans des tons sépias et éteints tandis que le récit historique apporté par Igort se teinte d'un noir plus agressif qui traduit bien la violence des faits de l'époque.
    Les Cahiers ukrainiens d'Igort est vraiment une lecture forte qui ne pourra laisser aucun lecteur indifférent. Mélangeant habilement histoire et témoignage, l'auteur réussit à dresser le portrait d'un pays peu médiatisé et dont l'histoire dramatique reste à ce jour encore peu connu du grand public. C'est vraiment un album de grande qualité que l'auteur et l'éditeur ont su mettre en valeur avec une belle présentation, un beau papier qui soulignent toute la richesse graphique de son dessinateur.

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-les-cahiers-ukrainiens..
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Katherine, le 02 mai 2011

    Katherine
    Igor Tuveri alias Igort est né à Cagliari (Sardaigne, Italie) en 1958. Il a commencé sa carrière en 1980 et a publié dans des revues italiennes (Il Pinguino, Frigidaire, Linus, Alter) puis françaises (Métal Hurlant, L'Écho des Savanes). En 2000, il a fondé les éditions Coconino.
    Chez Futuropolis : La balade de Hambone (tome 1 : janvier 2009, tome 2 : juin 2010). Chez d'autres éditeurs : Goodbye Baobab (Milano Libri, 1987), Nerboruto (Edizioni Becassine, 1987), La léthargie des sentiments (Albin Michel, 1988), Dulled feelings (Catalan Communications, 1990), L'enfer des désirs (Les Humanoïdes Associés, 1991), That's all folks (Granata Press, 1993), Cartoon aristocracy (Carbone, 1994), Perfetti i invisibli (Skirà, 1996), 5 est le numéro parfait (Casterman, 2002, Alph'art du meilleur album à Angoulême), Fats Waller (Casterman, 2004), Baobab (Vertige Graphic, 2005), L'Alligator : Dis-moi que tu ne veux pas mourir (Casterman, 2007).
    Plus d'infos sur son site officiel, http://www.igort.com/.
    « Au début pour moi, l'Ukraine était quelque chose d'indistinct, un nuage appartenant au firmament soviétique. Et puis j'ai commencé à la visiter et les noms exotiques que j'entendais chez moi depuis l'enfance, Kiev, Odessa, Poltava, Sébastopol, Leopoli, Yalta, sont devenus des paysages concrets. Je me demandais sincèrement comment était la vie pendant et après le communisme là-bas. » (page 7, planche ci-contre).
    Pendant presque deux ans, Igor a voyagé en Ukraine et raconte sous forme d'anecdotes, de petites histoires, ce qu'il a vu, ce qu'il a appris de ses amis Andreï, Micha, Elena, Sacha et sa copine Serioja, et des Ukrainiens qu'il a rencontrés pendant son voyage (et qui ont bien voulu se souvenir et raconter).
    [...]

    Lien : http://laculturesepartage.over-blog.com/article-les-cahiers-ukrainie..
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    • Livres 4.00/5
    Par alouett, le 25 mars 2011

    alouett
    En 2008, Igort s'est rendu deux ans en Ukraine. Un voyage qui matérialise une quête personnelle, une forte envie de découvrir « ces noms exotiques que j'entendais chez moi depuis l'enfance, Kiev, Odessa, Poltava, Sébastopol, Leopoli, Yalta » pour reprendre les propos de l'auteur.
    L'idée d'en faire un album semble être venue ensuite. Je le cite encore :
    « Il suffit de gratter un peu pour entendre s'écouter, sous la discrétion soviétique, l'envie d'être écouté. Je me suis retrouvé là au moment où avait lieu le vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin. J'ai tendu l'oreille pour écouter les histoires et j'ai décidé de les dessiner. Je ne pouvais tout simplement pas les garder pour moi. Ce sont des histoires vraies de personnes rencontrées par hasard dans la rue à qui il a été donné de vivre à l'étroit dans l'étreinte du rideau de fer ».
    A quelques dix planches du début de la lecture, nous avons déjà largement eu le temps de mesurer la portée de ce qui nous est donné de lire. On ne peut qu'être émus de la sincérité des propos de chacun des protagonistes et de la gravité des actes qu'ils ont souhaité relater. Des vies brisées, « d'un autre temps » peut-on dire, Nous, Européens de l'Ouest qui n'avons jamais connus tels événements

    Lien : http://chezmo.wordpress.com/2011/03/25/les-cahiers-ukrainiens-igort/
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    • Livres 4.00/5
    Par Theoma, le 26 août 2011

    Theoma
    La couverture l'annonce, vous ne vous sentirez pas d'humeur à danser le quadrille pendant et après la lecture de cet album. Totalement déprimant, Les Cahiers ukrainiens ne laissent aucune place à l'espoir.
    Si je le regrette, je ne peux, malgré tout, que conseiller cette oeuvre qui devrait davantage être utilisée par les professeurs d'Histoire. L'Histoire de la Russie et des pays de l'Est étant douloureusement complexe, la BD, quand elle est bien faite, permet d'accéder à une compréhension tant globale que précise ainsi que visuelle du monde qui nous entoure.
    Contrairement aux idées reçues, la vulgarisation exige une grande maîtrise et Igort y excelle tout particulièrement. L'ampleur de la tragédie, trop méconnue !, de l'Ukraine se dévoile avec horreur. La cruauté, la manipulation, le génocide, le basculement vers la terreur.
    Glaçant. Asphyxiant. Un peu trop à mon goût malgré une vérité criante. J'ai tourné la dernière page complètement sonnée. La fin manque de pistes concrètes, de solutions, d'une petite flamme dans les ténèbres. Peut-être n'y en a-t-il tout simplement pas.
    Un mauvais point pour Futuropolis pour avoir laissé plusieurs coquilles dans cette BD majeure !

    Lien : http://www.audouchoc.com/article-les-cahiers-ukrainiens-igort-795187..
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Citations et extraits

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  • Par alouett, le 25 mars 2011

    Il suffit de gratter un peu pour entendre s’écouter, sous la discrétion soviétique, l’envie d’être écouté. Je me suis retrouvé là au moment où avait lieu le vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin. J’ai tendu l’oreille pour écouter les histoires et j’ai décidé de les dessiner. Je ne pouvais tout simplement pas les garder pour moi. Ce sont des histoires vraies de personnes rencontrées par hasard dans la rue à qui il a été donné de vivre à l’étroit dans l’étreinte du rideau de fer
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  • Par Katherine, le 02 mai 2011

    Au début pour moi, l'Ukraine était quelque chose d'indistinct, un nuage appartenant au firmament soviétique. Et puis j'ai commencé à la visiter et les noms exotiques que j'entendais chez moi depuis l'enfance, Kiev, Odessa, Poltava, Sébastopol, Leopoli, Yalta, sont devenus des paysages concrets. Je me demandais sincèrement comment était la vie pendant et après le communisme là-bas.
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  • Par alouett, le 25 mars 2011

    District de Vyssokopolsk. Le 16 février, à Zagradovka, le jeune Nikolaï, 13 ans, est mort dans la famille d’un paysan pauvre. Sa mère F. et sa voisine Anna S. ont coupé le cadavre en morceaux et l’ont servi avec les plats qui avaient été préparés. Presque la totalité du corps a été consommée. Il ne restait que la tête, les pieds et une partie de l’épaule, une paume de la main, la colonne vertébrale t quelques côtes. Toutres les parties du corps ont été retrouvées dans le sous-sol de l’isba. F. a expliqué son geste par l’absence totale de nourriture. Il lui reste trois enfants, tous gonflés. Une aide a été apportée à cette famille
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  • Par mandarine43, le 04 février 2012

    Et ils ne rêvent même pas, car personne ne leur a appris. Il n'y a pas d'espoir, rien que de l'étourdissement et de la confusion.
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