ISBN : 2754807578
Éditeur : Futuropolis (2012)


Note moyenne : 4.5/5 (sur 4 notes) Ajouter à mes livres
Dans Les cahiers ukrainiens, Igort nous avait parlé de la grande famine qui avait touché l’Ukraine dans les années 30. Avec Les cahiers russes, il reste dans le récit-témoignage en bandes dessinées en s’intéressant cette fois à la Russie d’aujourd’hui ; et plus précisém... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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  • Par alouett, le 23 janvier 2012

    alouett
    Suite indépendante des Cahiers Ukrainiens, Les cahiers russes d'Igort relatent son voyage en Russie. Suite car c'est la même démarche que l'auteur poursuit. Indépendante car le sujet de son enquête est différent. Ici, Igort part de la mort de la journaliste Anna Politkovskaïa abattue pour avoir dénoncé la politique de Poutine et les atrocités de la guerre de Tchéchènie.
    « J'ai été choqué lorsque, le 7 octobre 2006, Anna Politkovskaïa a été assassinée dans l'ascenseur d'un immeuble anonyme de Moscou. Je me rappelle avoir écrit quelque chose sur mon blog à ce sujet, bien qu'il soit réservé habituellement à la narration. Anna était morte. Une lumière s'était éteinte de quatre coups de Makarov dans le ventre et dans la tête.
    La brutalité d'une démocratie travestie, à laquelle les soviétologues ont donné le nom de démocrature, avait parlé.
    Pour ma part, je ne savais pas encore que, seulement trois ans plus tard, je rentrerais dans cet ascenseur, au numéro 6 de Lesnaja Ulitza, que je parlerais avec les personnes les plus proches d'Anna. Que je suivrais certains de ces parcours en quête d'un sens, malgré les questions qui se multipliaient en moi » (extrait de la présentation d'Igort sur le blog de Futuropolis).
    -
    Les Cahiers ukrainiens m'avaient laissée sans voix. Remuée, mal, cette lecture m'avait pourtant ouvert tout un pan de l'histoire ukrainienne que j'avais méticuleusement pris soin d'oublier. Pourtant, malgré l'insupportable de certaines scènes, malgré la violence des témoignages, je voulais lire ce second volet du voyage d'Igort.
    (...)
    Si le premier tome m'avait heurtée malgré l'intérêt que je lui ai porté, je pensais être plus à même de faire face à la force de ce nouvel album. S'appuyant sur un graphisme sobre et sans aucun artifice, Igort relate le fruit de ses recherches sur le parcours d'Anna Politkovskaïa. L'ouvrage accueille le lecteur sur les faits tels qu'on les connait aujourd'hui et les circonstances de son assassinat puis, on part dans des allers-retours entre passé et présent (on y côtoiera notamment l'amie et traductrice française d'Anna : Galia Ackerman). Igort reconstitue le puzzle, met en exergue toutes les répercussions (sociales, politiques…) de l'action menée par la journaliste russe. Il aborde les pressions dont elle a été l'objet et son modus operandi professionnel, rend compte de son combat, de ses valeurs éthiques et humaines. Il livre-là un superbe hommage à cette femme.
    (...)

    Lien : http://chezmo.wordpress.com/2012/01/23/les-cahiers-russes-igort/
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    • Livres 4.00/5
    Par Apikrus, le 23 janvier 2012

    Apikrus
    Cette bande-dessinée, éditée avec le logo d'Amnesty International, raconte le conflit entre la Fédération de Russie et la population tchétchène. Elle consacre une large place à l'action d'Anna Politkovskaïa ainsi qu'à son assassinat. le contenu de ce livre est particulièrement sombre et dur, notamment ses passages consacrés aux témoignages de tortures et d'exécutions.
    Les responsabilités des autorités russes sont très clairement énoncées mais l'ouvrage analyse aussi les motivations diverses des auteurs des actes qu'il dénonce : du simple soldat paumé qui n'a guère le choix, aux décideurs motivés par le pouvoir et l'argent, en passant par les bourreaux zélés accros à la violence qu'ils infligent.
    Quelques flash-back ou références à la culture russe sont intéressants et bienvenus (éléments sur les vies de Dostoïevski et de Tolstoï), mais d'autres m'ont en revanche semblé superflu. Ainsi, la dernière partie du livre intitulée "Limbes" retrace la collectivisation forcée en Ukraine et ses conséquences dramatiques, sans explication sur l'objet de ce rappel et son lien avec le conflit en Tchétchénie : c'est dommage, même si cela amène le lecteur à réfléchir.
    Les couleurs ternes et un graphisme très simplifié m'ont d'abord rebuté mais ils me sont finalement apparus bien adaptés aux propos de l'ouvrage : trop de réalisme aurait parfois été difficilement supportable.
    Je recommande vivement cet ouvrage à ceux que le sujet intéresse et aux curieux de l'actualité (la vie n'est toujours pas rose en Tchétchénie, et Poutine et son réseau sont encore aux commandes de la Fédération de Russie).
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    • Livres 5.00/5
    Par MOMO123, le 19 avril 2012

    MOMO123
    Cette bande dessinée raconte des évènements de pouvoir et de violence épouvantables qui ont eu lieu récemment, dans les années 2000 en Russie. Cette lecture est très troublante et nous fait prendre concience que le racisme est encore très présent aujourd'hui.
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    • Livres 5.00/5
    Par Cielvariable, le 09 mai 2012

    Cielvariable
    Oeuvre bouleversante qui fait découvrir l'épouvantable violence opposant les Russes et les Tchétchènes. Certaines scènes sont presque insoutenables, mais il est très important que cette situation soit dénoncée.
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)

Critiques presse (5)


  • BoDoi , le 16 février 2012
    Au fil de ces Cahiers, le dessin d’Igort se fait mouvant : tantôt réaliste, tantôt stylisé, pour rendre compte de l’atrocité sans flirter avec le voyeurisme.
    Lire la critique sur le site : BoDoi
  • ActuaBD , le 09 février 2012
    Igort est un dessinateur au talent indéniable, mais dans « Les Cahiers russes », ses choix narratifs dérangent, malgré l’admiration sincère manifestée à l’égard du travail d’Anna Politkovskaïa. Son livre, soutenu par Amnesty International, est amené à diviser sur la forme, pas sur le fond.
    Lire la critique sur le site : ActuaBD
  • BDGest , le 30 janvier 2012
    La lecture de Cahiers russes prend aux tripes, oblige à regarder des vérités en face, incite aussi à réfléchir. En cela, l’album atteint son but, malgré quelques imperfections et une volonté évidente de témoigner à charge.
    Lire la critique sur le site : BDGest
  • Telerama , le 11 janvier 2012
    Mettre à nu la cruauté des uns, la lâcheté des autres, et l'indifférence quasi généralisée, dénoncer sans jamais céder sur les valeurs en jeu : ce combat-là et le courage inouï qu'il exigeait trouvent le plus percutant des échos dans une évocation ultra sensible.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • Sceneario , le 19 décembre 2011
    Sur environ 140 pages, l’auteur nous raconte ce qu’il sait et ce qu’il a appris. Il apparaît humblement dans quelques scènes puis s’efface rapidement au profit des gens auxquels il donne la parole ou desquels il rapporte les dires. On est ainsi parfois aux côtés d’Anna Politkovskaïa ou pendus aux paroles de gens qui l’ont côtoyée. On entend aussi des victimes de la guerre russe qui met aujourd'hui encore la Tchétchénie à feu et à sang , mais également des soldats qui se sont retrouvés du côté des bourreaux.
    Lire la critique sur le site : Sceneario

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Citations et extraits

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  • Par alouett, le 23 janvier 2012

    Mais la réponse à mes questions ne soufflait pas dans le vent et les étendues blanches ne me donnaient nullement le sentiment de paix et de réconfort que j’avais espéré. Dans cet hiver moscovite, la tension était palpable, un sentiment de malaise croissant auquel je ne savais pas encore donner un nom. La Grande Mère Russie offre aujourd’hui un destin oppressant à ceux qui s’occupent des droits de l’homme, à ceux qui n’acceptent pas les vérités préfabriquées
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  • Par alouett, le 23 janvier 2012

    Mais dans un contexte où le massacre des Tchétchènes est une pratique quotidienne et le passe-temps préféré des soldats russes en garnison dans le Caucase, les zatchistkis ne sont rien d’autre que des razzias, des expéditions punitives. La violence gratuite contre les gens sans armes, les femmes, les vieux ou les enfants, est comme une drogue, une dépendance. A tel point que les soldats qui sont retournés en Russie ne peuvent pas s’en passer et se dépouillent entre eux
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