Suite indépendante des Cahiers Ukrainiens,
Les cahiers russes d'
Igort relatent son voyage en Russie. Suite car c'est la même démarche que l'auteur poursuit. Indépendante car le sujet de son enquête est différent. Ici,
Igort part de la mort de la journaliste
Anna Politkovskaïa abattue pour avoir dénoncé la politique de Poutine et les atrocités de la guerre de Tchéchènie.
« J'ai été choqué lorsque, le 7 octobre 2006,
Anna Politkovskaïa a été assassinée dans l'ascenseur d'un immeuble anonyme de Moscou. Je me rappelle avoir écrit quelque chose sur mon blog à ce sujet, bien qu'il soit réservé habituellement à la narration. Anna était morte. Une lumière s'était éteinte de quatre coups de Makarov dans le ventre et dans la tête.
La brutalité d'une démocratie travestie, à laquelle les soviétologues ont donné le nom de démocrature, avait parlé.
Pour ma part, je ne savais pas encore que, seulement trois ans plus tard, je rentrerais dans cet ascenseur, au numéro 6 de Lesnaja Ulitza, que je parlerais avec les personnes les plus proches d'Anna. Que je suivrais certains de ces parcours en quête d'un sens, malgré les questions qui se multipliaient en moi » (extrait de la présentation d'
Igort sur le blog de Futuropolis).
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Les Cahiers ukrainiens m'avaient laissée sans voix. Remuée, mal, cette lecture m'avait pourtant ouvert tout un pan de l'histoire ukrainienne que j'avais méticuleusement pris soin d'oublier. Pourtant, malgré l'insupportable de certaines scènes, malgré la violence des témoignages, je voulais lire ce second volet du voyage d'
Igort.
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Si le premier tome m'avait heurtée malgré l'intérêt que je lui ai porté, je pensais être plus à même de faire face à la force de ce nouvel album. S'appuyant sur un graphisme sobre et sans aucun artifice,
Igort relate le fruit de ses recherches sur le parcours d'
Anna Politkovskaïa. L'ouvrage accueille le lecteur sur les faits tels qu'on les connait aujourd'hui et les circonstances de son assassinat puis, on part dans des allers-retours entre passé et présent (on y côtoiera notamment l'amie et traductrice française d'Anna :
Galia Ackerman).
Igort reconstitue le puzzle, met en exergue toutes les répercussions (sociales, politiques…) de l'action menée par la journaliste russe. Il aborde les pressions dont elle a été l'objet et son modus operandi professionnel, rend compte de son combat, de ses valeurs éthiques et humaines. Il livre-là un superbe hommage à cette femme.
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Lien : http://chezmo.wordpress.com/2012/01/23/les-cahiers-russes-igort/