Par Florina Ilis

Note moyenne : 4.25/5 (sur 4 notes)
Syrtes 2010
ISBN : 2845451520  
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Succès critique mais aussi succès de librairie, La Croisade des enfants est une fresque de la Roumanie contemporaine qui a comme point de départ le voyage en train d’un groupe d’enfants vers une colonie de vacances, au bord de la mer Noire. Le train est détourné par les écoliers issus de milieux très différents, enfants gâtés, orphelins, tsiganes et n’arrivera nulle part. Stoppés en pleine campagne, les enfants vont organiser leur résistance devant les troupes spéciales venues de Bucarest et qui ne comprennent pas ce qui se passe. Ils pensent avoir affaire à un groupe de terroristes qui exerce un chantage sur le gouvernement ; on pense par la suite à des malfrats roumains. Les enfants demandent la liquidation des orphelinats et autres maisons d’accueil. Une bagarre entre les deux groupes d’enfants permet aux autorités de reprendre le contrôle de la situation – ce qui se soldera par quelques victimes.

La Croisade des enfants invite à une réflexion sur les rapports entre les générations et sur la société actuelle. Le roman, dans un style libre et qui permet l’ironie, est composé de fragments qui alternent rapidement : à chaque page, le lecteur se retrouve devant un nouveau « rapporteur » impliqué dans l’histoire. Chaque phrase se termine par une virgule, accentuant la continuité du récit, sans affirmation, uniquement par des exclamations ou des questionnements.

La Croisade des enfants a été traduit en espagnol, portugais, hébreux et hongrois et le film adapté du roman est en tournage actuellement en Roumanie.

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Critiques et avis sur La croisade des enfants


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    • Livres 4.00/5
    Par uncoindeblog, 2010-04-05 12:55:51

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    OUF ! Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un livre aussi dense ! A peine deux chapitres, quasi pas de renvoi à la ligne ou de paragraphes....

    Un roman intéressant et prenant par sa thématique, mais difficile à lire par les choix de ponctuation (absence de points, seules les virgules et points d'exclamation sont présents) qui sont totalement en dehors des habitudes usuelles de lecture. Je comprends que l'auteur ait fait ce choix dans une volonté de donner un élan particulier à son texte mais pauvre lectrice que je suis, cela m'a donnée du fil à tordre pour ma lecture. Plus particulièrement dans la première partie où Florina Ilis pose son histoire et ses personnages : plus de 25 si je ne me trompe pas que nous découvrons un à un. Déjà il est difficile de passer d'un informaticien, à une tzigane, un politicien, un train et ses différents intervenants mais quand, en plus, le tout est présenté enchaîné, sans point ou retour à la ligne, vous relisez une deuxième fois afin de vérifier de quel personnage il s'agit et le temps de vous imprégner de tous. Arff. Epuisant pour le lecteur, je dois l'avouer.



    Mais, le sujet est là, dense, saisissant, tel que je me suis accrochée afin de connaître comment elle allait pouvoir mener tout son petit monde, les liens pas forcément évidents qui allaient découler des uns et des autres. Progressivement , dans la seconde partie de l'ouvrage, les événements s'enchaînent, les personnages sont réunis est cela fut plus aisé, en dépit d'un texte très dense et quelques échappatoires de la part de l'auteur, des instants parfois de poésie ou que certains verront comme de la disgression, mais qui permet avant tout de s'éloigner de situations parfois chargées en émotion.

    L'auteur nous plonge au coeur de la société roumaine et plus particulièrement la vie des enfants des rues. Tout est y décrit avec conviction : la place des politiciens, les contradictions d'un pays dont l'histoire fut source de mutiples rebondissements, dont la chute de Ceaucescu et des généraux est encore dans toutes les mémoires. La place de la religion, des superstitions, la place des tziganes.... Et, la montée en puissance des nouvelles technologies : comment Internet a pris une place prépondérante dans la vie courante, la place des médias et la manipulation des faits. Un flot de contradiction, à l'image de ces vies qui se trouvent bouleversé le temps que des enfants aspirent à la liberté que tous les peuples réclament et, qui comme toute rebellion se trouve confronté à des luttes pour le pouvoir entre anciens et nouveaux belligérants.



    C'est réellement un très beau roman à qui il faut donner beaucoup de temps - et prendre son temps pour le lire.

    Lien : http://uncoindeblog.over-blog.com/article-la-croisade-des-enfants-fl..
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    • Livres 5.00/5
    Par 94sophie947708, 2010-03-28 22:36:23

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    Un roman particulier et intéressant, par son nombre de pages (495) et un récit sans point, tout en virgules.

    Pour moi, l'auteur a voulu donné du souffle, un rythme rapide, soutenu, fort, à cette histoire.

    Une histoire racontée du point de vue de plusieurs personnages et qui narre la condition des enfants orphelins roumains.





    C'est une grande aventure que vont vivre ces enfants, qui par l'étincelle de Calman, vont arrêter le train, et semer la confusion dans les rôles habituels :enfants-parents-professeurs.

    C'est également, des chroniques individuelles que nous suivons, avec une galerie de personnages très différents (tziganes, professeurs, politiciens, etc).





    Une écriture pas toujours facile à lire, du fait de l'absence de points, mais finalement on s'y fait, et on suit l'histoire jusqu'à la fin en se disant, que c'est bien écrit et que les points ne nous ont pas manqué.





    Une belle découverte grâce à Guillaume de Babelio et l'opération Masse Critique et aux Editions des Syrtes, que je remercie.



    Lien : http://carnetslecturesophie772.blogspot.com/2010/03/florina-ilis-la-..
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    • Livres 3.00/5
    Par Bunee, 2010-03-27 07:01:35

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    Prolégomènes



    La croisade des enfants, apprend-on sur le wiki, est, je cite, une expédition menée par des gens du peuple voulant partir en Terre sainte pour délivrer Jérusalem, à l'image des croisades de chevaliers. Elle se situe en 1212 entre la Quatrième et la cinquième croisade et se compose de deux cortèges qui partent simultanément d’Allemagne et de France. Elle prend son nom du latin « pueri », qui peut aussi signifier « les enfants de Dieu » ou « des hommes se trouvant en état de pauvreté"



    Ces croisades d'"amateurs" on connu des fins terribles, les cortèges se dissipant au fur et à mesure, puis la faim, le froid, la maladie et la misère voire l'esclavage emportant de nombreuses victimes. Cela éclaire d'un jour nouveau le récit et le choix du titre, d'ailleurs.



    Fin des prolégomènes.



    Quart de couverture:



    L’histoire commence un matin, sur le quai d’une gare, quand un groupe d’enfants part vers la mer Noire, en colonie de vacances.

    Stoppé en pleine campagne par les écoliers, leur train ne parviendra pas à destination. Aidés par Calman, « Tsigane blond à peau blanche », les enfants vont y organiser leur propre vie devant des troupes spéciales déconcertées et des médias avides de nouvelles sensationnelles. Ce qui n’était au départ qu’un jeu pour les enfants, prêts à en découdre avec le monde réel ou virtuel des adultes, devient une véritable affaire d’État.

    On évoque la présence d’un groupe de terroristes voulant déstabiliser le gouvernement ; on pense par la suite à des malfrats, des trafiquants en tout genre – hypothèse encouragée par l’arrivée massive d’enfants des rues sur les lieux, qui demandent la liquidation des orphelinats et des foyers d’accueil.

    Les médias, la police, l’armée, les professeurs ou les parents, la société entière, semblent incapables, pour un temps, de mettre fin à la « croisade des enfants », qui exigent le respect de leurs droits et de leurs libertés. L’issue sera précipitée dans une confusion générale et nul ne sortira indemne de cette aventure où le burlesque le dispute au tragique.



    Donc. Des enfants guidés par une petite tête rousse, leur institutrice, partent en goguette, et, curieusement, finissent par détourner le train sous l'impulsion d'une petite tête blonde. Enfin, détourner est un bien grand mot puisqu'un train, est difficilement détournable puisque condamné à suivre des rails. Mais Bref. Les professseurs sont enfermés, le train bloqué sur la voie, et la machine (médiatique / politique / mafieuse / militaire / sociale) s'emballe. Les revendications naissent. On suit avec énormément d'intérêt les (nombreux) personnages dont les destinées se retrouvent figées ici, sur la voie ferrée.



    Cette histoire est tout simplement géniale, et le récit goupillé de façon franchement intéressante. La Narration se fait d'un personnage à l'autre, la ponctuation est complètement explosée, des récurrences forment comme une litanie, des échos qui s'essoufflent et , à peine mort, sont remplacés par d'autres.



    Mais ce style d'écriture, assez particulier, doté de quelques longueurs, a perturbé au début la petite lectrice que je suis, en frôlant parfois l'indigeste. J'ai eu énormément de mal à rentrer dans l'histoire, en dépit d'une scène de départ très vivante et colorée. A un tel point que (toujours au début) je me suis demandée si je n'allais pas l'abandonner.



    Mais l'entêtement s'avère payant, et on découvre des trésors de second degré, d'ironie, et de messages sur les dérives de la société roumaine. Le récit, truculent et truffé de situations ubuesques, se dote vite d'une double lecture, on sourit très souvent devant l'ironie de l'auteur.



    Je n'irai certainement pas, comme l'éditeur, jusqu'à parler de "grâce littéraire" mais il est vrai que Florina ILIS a ici beaucoup de charme. J'ai bien aimé, mais je ne recommanderai cet ouvrage qu'à des lecteurs dits "persévérants"

    Lien : http://lelabo.blogspot.com/2010/03/ilis-florina-la-croisade-des-enfa..
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    • Livres 5.00/5
    Par elfe, 2010-02-28 10:39:56

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    Malgré quelques passages que j’ai trouvé plutôt long et inutile à l’histoire, c’est un roman qui m’a beaucoup intéressé. D’une part par la construction de l’histoire, beaucoup de personnages occupent cette histoire et nous dévoilent leur point de vue de l’événement. D’autre part on apprend beaucoup sur la condition de vie des roumains et notamment du traitement des enfants orphelins. Parfois drôle et tendre et parfois violent et cruel, ce roman m'a bouleversé et profondément ému.
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