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> Éric Boury (Traducteur)

ISBN : 2864247232
Éditeur : Editions Métailié (2010)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.8/5 (sur 502 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Un soir d'automne. Maria est retrouvée pendue dans son chalet d'été sur les bords du lac de Thingvellir. Après autopsie, la police conclut à un suicide.

Quelques jours plus tard, Erlendur reçoit la visite d'une amie de cette femme qui lui affirme que ce ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par lehane-fan, le 19 avril 2012

    lehane-fan
    C'est toujours un plaisir de retrouver certains «  héros «  particulierement attachants . Erlendur en fait assurément partie ! le temps d'enfiler moon boots , gants et bonnet ( qui a dit d'ane! ) et voilà que sonne l'heure - ou le glas , on est pas à l'abri - de se plonger dans le dernier Indridason au titre si énigmatique : Hypothermie .
    Indridason , ce sont , bien sur , des enquetes au cordeau , mais pas que ! L'auteur , sous couvert de polars rondement menés , fustige régulierement une Islande qui se délite quand il ne traite pas , avec brio , des tourments inhérents à la condition humaine ! Une femme , Maria , retrouvée pendue dans son chalet d'été . Tout semblait limpide , facile . Suicide et basta ! Affaire suivante ! Oui mais non , ce serait oublier l'incroyable flair assorti de la non moins renversante ténacité de l'ami Erlendur . Lorsqu'une amie de la défunte lui avoue son scepticisme quand à son geste définitif , le doute s'immisce . Lorsque cette meme amie lui fait écouter une cassette présentant Maria narrant sa triste histoire à un pseudo-médium , Erlendur le sait , il le sent , l'affaire ne fait que commencer , il se met en chasse...
    Certainement son roman le plus touchant ! L'auteur traite , ici , des affres de l'absence . de cette douleur sourde qui vous taraude , tapie dans l'ombre, toujours prete à vous assaillir , vous terrasser pour peu que vous ne baissiez la garde . Maria , ravagée par la perte d'une mere à l'amour fusionnel et réciproque , est prete à tout pour renouer le contact ! Indridason fait dans le polar médical , mystique et spirituel . Ceux qui se souviennent de ce petit film L'Expérience Interdite , qui , contrairement à un Pere Benoit millésimé, vieillit tres mal , en comprendront le sens . Une enquete originale de tres bonne facture avec toutefois certains bémols . Tout d'abord , Indridason aborde la médecine et le spiritisme sans jamais faire dans le rébarbatif . Cette enquete tient particulierement à cœur à notre commissaire mal dans sa peau car l'histoire de Maria semble faire écho à son propre vécu ! La disparition de son frere qui chaque jour le ronge un peu plus et dont il ne peut en faire le deuil ! Dans ce récit , la famille apparaît comme la pierre angulaire . Celle de Maria , tout d'abord , avec ce pere trop tot disparu et ce , dans des conditions pour le moins étranges puis cette mere vampirisante l'abandonnant alors à son couple de façade . L'auteur humanise un Erlendur que l'on avait l'habitude de retrouver desabusé , froid et distant . Ses tourments familiaux sont toujours présents mais il semble désormais vouloir les partager dans une envie de sérénité retrouvée à défaut d'oubli . Questionnement interessant sur un passé qu'il semble analyser froidement mais tres justement . Gachis familial , tant au niveau de l'éducation de ses enfants que celui de son lamentable mariage . Ses enfants , Eva et Sindri , y prennent une part beaucoup plus importante en venant lui réserver une- mauvaise- surprise par le biais d'une demande sacrificielle .
    L'enquete est prenante, cohérente , rien à redire . Comme d'habitude , l'auteur entremele habilement flash-back et investigation tout en nous dépeignant amoureusement une Islande sauvage dont il a le secret . Non , ce qui m'a le plus géné , ce sont ces deux enquetes paralleles qu'Erlendur poursuit à son compte , enquetes qui ne manqueront pas d'etre résolues en recoupant des indices et des infos récoltés de la façon la plus banale et tristement facile qui soit . Indridason , pour le coup , fait dans la complaisance en laissant le hasard les démeler plutot que sa perspicacité coutumiere ! Petit goût d'inachevé au final...Ce qui n'enleve absolument rien au nouveau plaisir de lecture ressenti au travers ce roman douloureux et atypique .
    Hypothermie : froidement réaliste !
    3.5 / 5
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    • Livres 4.00/5
    Par Marple, le 15 juillet 2013

    Marple
    La criminalité est-elle si faible en Islande que les policiers désœuvrés peuvent choisir d'enquêter sur ce qu'ils souhaitent, y compris des suicides ou des disparitions vieilles de 30 ans ? 
    C'est en tout cas ce que fait ici Erlendur, sortant du circuit officiel pour des investigations solitaires et pas vraiment catholiques. Tout commence avec le suicide de Maria dans son chalet près du lac Thingvellir. Tourmentée, Maria l'est depuis longtemps, et encore plus depuis la mort de sa mère tant aimée 2 ans auparavant. L'autopsie et le témoignage de son mari confirment les faits. Pourtant, son amie Karen ne croit pas au suicide et confie à Erlendur l'enregistrement d'une séance de Maria chez un médium. Il n'en faut pas plus à celui-ci pour s'interroger et commencer une enquête, au départ tout à fait nonchalante et décousue. Et, tant qu'à mener une enquête officieuse, autant en mener deux et chercher en parallèle des adolescents disparus il y a bien longtemps !
    Rien de classique donc dans cette intrigue, qui ressemble d'ailleurs moins à un polar qu'à un roman psychologique sur la souffrance, le deuil, la mort, la famille, les secrets... Sous ses airs bourrus et sauvages, Erlendur fait une nouvelle fois montre d'humanité, de tendresse et de compassion, notamment envers la défunte Maria ou ses propres enfants Eva et Sindri. Livre poignant sur la souffrance et l'amour, c'est aussi, comme toujours chez Indridasson, une magnifique invitation au voyage, la destination étant cette fois le beau et tragique lac Thingvellir.
    Vous l'avez compris, cette enquête d'Erlendur hors des sentiers battus participe certainement à creuser le déficit public déjà préoccupant de l'Islande... mais a été pour moi un excellent plaisir de lecture ! 
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    • Livres 3.00/5
    Par Christw, le 15 mars 2012

    Christw
    Crimes sanglants et tueurs en série ne font pas partie des ingrédients de "Hypothermie". On parlera plutôt d'un polar soft dans ce pays où la criminalité est quasi inexistante. Il est vrai qu'en Islande, les classes sociales sont peu marquées et ce serait un vecteur de paix intérieure. J'ai lu aussi que la rareté des délits graves entraîne que la communauté ne sait pas toujours comment les traiter. Il n'empêche, cet auteur islandais connaît aussi bien le succès dans son pays qu'à l'étranger où il est largement traduit.
    Roman gris comme un lumière polaire(1), il relate une affaire policière sur fond de peinture sociologique. Arnaldur Indridason(2) offre un regard sur la société islandaise qui n'est pas aussi sereine que l'eau de ses lacs, avec des bas-fonds, des gens à la dérive et des convoitises matérialistes. Loin des scénarios émaciés d'une efficacité aiguë, celui-ci suit un cours plus tranquille en donnant une consistance psychologique aux personnages et n'hésite pas à impliquer la vie privée du commissaire Erlendur, un bonhomme attachant(3).
    J'ai employé le qualificatif gris à dessein, car il est très significatif du contexte, du climat de neige et de brume, de la progression laborieuse de l'enquête informelle, à l'image du probe Erlendur, solitaire et apathique, hanté perpétuellement par la disparition de son jeune frère. Tout semble aller très lentement car l'affaire offre peu de prise. D'ailleurs il n'y a pas de crime, juste un suicide ordinaire qui n'appelle aucun soupçon au départ. Erlendur va aux limites de son intuition et finit par déterrer une vérité machiavélique grâce à sa persévérance et le hasard d'enquêtes liées à des disparitions. En égratignant implicitement au passage fantômes et mediums, qui n'ont pas les faveurs du policier cartésien.
    Le suivi de l'investigation est vraisemblable. Pas de recours ostensible à un deus ex machina maladroit. Erlendur est justicier mais pas du tout un super-héros, même s'il fait preuve d'un stoïcisme opiniâtre aux prises avec des collègues peu coopératifs et des témoins pas forcément décidés à lui faciliter la vie. Un bon roman policier, propre et humain, qui délivre tranquillement ses vérités avec un dosage bien calculé. Un bon moment de lecture.
    (1) Situé juste sous le cercle polaire arctique, l'Islande est baignée d'une lumière étrange sans nuit en juin et juillet mais connaît la nuit quasi perpétuelle de novembre à février.
    (2) le deuxième nom des Islandais n'est pas un nom de famille. Il s'agit du prénom du père auquel on accole le suffixe -son pour les hommes ou -dóttir pour les femmes. Ainsi Erlendur Sveinsson est Erlendur le fils de Sveinn et Eva Erlendsdóttir est Eva la fille d'Erlendur. C'est toujours par le prénom qu'on réfère à l'individu, le deuxième nom ne servant que de précision destinée à éviter les confusions. (Note du traducteur Eric Boury)
    (3) Erlendur Sveinsson apparaît dans une dizaine de romans de Indridason parus entre 1997 et 2011 (dont plusieurs non traduits en français).
    Lu sur Sony PRS-T1

    Lien : http://marque-pages.over-blog.net/article-hypothermie-arnaldur-indri..
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    • Livres 5.00/5
    Par Aline1102, le 30 mars 2014

    Aline1102
    Erlendur fait cavalier seul dans ce roman d'Indridason.
    Son équipe connaissant un rare moment de répit, le policier décide de se lancer dans deux enquêtes officieuses.
    Tout d'abord, le suicide de Maria. Cette mort ne lui semble pas, au premier abord, vraiment suspecte. Mais Erlendur veut comprendre ce qui a poussé la jeune femme à se pendre : pourquoi à ce moment-là ? Alors que ses investigations avancent et qu'il connaît - et surtout comprend - un peu mieux Maria, Erlendur commence à douter. S'est-elle réellement suicidée ?
    Parallèlement, Erlendur "déterre" deux vieilles affaires qui font apparemment partie des affaires irrésolues auxquelles il souhaite absolument mettre un terme. Il s'agit de disparitions. Depuis que son propre frère a disparu alors que tous deux n'étaient encore que des enfants, Erlendur est obsédé par ce genre de drame.
    Gudrun, une jeune étudiante en biologie, et David, un lycéen qui se préparait à entrer en faculté de droit, ont disparus trente ans plus tôt à quelques semaines d'intervalle. Erlendur était chargé, à l'époque, de ces deux enquêtes, mais aucun indice ne s'étant présenté, les deux disparitions sont restées sans suite.
    Depuis trente ans, le père de David vient régulièrement voir Erlendur à son bureau ; il lui demande s'il a du nouveau et discute pendant quelques minutes avec le policier. Mais cette année, sa visite semble devoir être la dernière : le vieil homme souffre d'une maladie incurable.
    Pour lui, Erlendur décide de rouvrir le dossier sur la disparition de David. Et tant qu'il y est, il reprend également le dossier concernant Gudrun. Peu à peu, des liens inattendus commencent à se dessiner entre les deux disparitions...
    Erlendur est confronté, dans ce roman, à ses propres fantômes. La mort de la mère de Maria, deux ans plus tôt, lui remet en mémoire le décès de sa propre mère. Les disparitions de David et de Gudrun lui rappellent celle de Bergur, son petit frère. Comme si cela ne suffisait pas, Eva Lind, sa fille, insiste pour organiser une rencontre entre Erlendur et Halldora, son ex-femme.

    Eva Lind est d'ailleurs très agaçante dans ce roman. Elle semble s'accrocher à une psychologie de bas-étage pour expliquer pourquoi elle se sent si mal dans sa peau, et cela la pousse à croire qu'une réconciliation entre ses parents l'aiderait à se sentir mieux. Elle tente également de s'immiscer dans l'intimité de son père, dans cette solitude qui le caractérise tant et qu'elle essaye de comprendre par tous les moyens. A-t-on le droit de ne pas respecter le silence de quelqu'un juste par ce qu'il est votre géniteur ? Eva Lind semble le penser.
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    • Livres 4.00/5
    Par Eric75, le 24 octobre 2011

    Eric75
    Ce roman ajoute une enquête de plus dans la carrière d'Erlendur que l'on ne voudrait surtout pas rater, un peu comme un nouvel épisode attendu d'une de nos séries télé préférées. Même si Hypothermie n'a pas la force de frappe de La femme en vert ou de L'homme du Lac, on se plonge avec délectation dans sa lecture après en avoir attendu avec impatience la publication. On l'appréciera d'autant plus facilement qu'on a lu les précédents romans d'Indridason, car alors, on est devenu accro aux personnages de la "série" : Erlendur, ses collègues, ses amis, qui ne font ici que de brèves apparitions, et sa famille, qui est plus présente : Sindri et Eva Lind confirment le rapprochement avec leur père, et on en apprend un peu plus sur Halldora, l'ex-femme d'Erlendur.
    Tout commence de façon habituelle, par une mort violente ; la nouveauté réside ici dans le sujet traité, qui explore le surnaturel et les croyances : existe-t-il une vie après la mort ? Les morts peuvent-ils transmettre des messages aux vivants ? Ces questions s'expriment dans un contexte comme toujours uniformément noir et désespéré, ici empreint de mélancolie et de fatalisme.
    Erlendur enquête cette fois en solo, de manière officieuse. Il s'accroche à une affaire de suicide, pourtant classée, car il soupçonne une réalité plus compliquée. Il poursuit en parallèle une idée fixe : retrouver des personnes disparues. Il ne s'est toujours pas remis de la disparition de son jeune frère dont il se sent responsable (épisode de sa vie souvent évoqué dans les précédents romans) et semble compenser son échec personnel par une sorte d'acharnement policier ciblant les vieilles affaires de disparition oubliées. Les morts horribles et glaçantes ne seront pas absentes du récit, Hypothermie porte bien son nom, même s'il s'agit d'une initiative du traducteur (le titre original Hardskafi, est le nom de la montagne où Bergur, le frère d'Erlendur, a disparu).
    La construction du roman reste fidèle au style Indridason : l'enquête au présent, entrecoupée de flashbacks, lente et minutieuse, prend racine dans un passé lointain et mystérieux qu'il s'agit de décrypter.
    Ne cherchez ni les scènes d'action débridées ni les coups de théâtre tonitruants dans ce roman, car le ou les coupables sont plutôt faciles à identifier, mais un style et une atmosphère étrange, comme engourdie par le froid islandais, qui font qu'on a du mal à lâcher cette histoire de revenants, dont certaines scènes vous hanteront encore longtemps.
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Citations et extraits

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  • Par Aproposdelivres, le 03 avril 2010

    L'appel parvint à la Centrale d'urgence peu après minuit. Depuis un téléphone portable, une voix féminine affolée s'exclama :

    – Elle s'est... Maria s'est suicidée... Je... C'est affreux... c'est horrible !

    – Quel est votre nom, s'il vous plaît ?

    – Ka... Karen.– D'où nous appelez-vous ? demanda l'employé de la Centrale d'urgence.

    – Je suis... je me trouve dans... sa maison d'été...

    – Où ça ? Où est-ce ?

    – ... au lac de Thingvellir. Dans... dans sa maison d'été. Faites vite... je... je vous attends...

    Karen avait bien cru qu'elle ne parviendrait jamais à retrouver cette maison. La dernière fois qu'elle y était venue remontait à loin, presque quatre ans. Maria lui avait pourtant fourni des indications détaillées, mais celles-ci lui étaient plus ou moins entrées par une oreille et ressorties par l'autre : elle était certaine de se rappeler la route. Elle avait quitté Reykjavik peu après huit heures du soir, par une nuit aussi noire que du charbon. Elle avait traversé la lande de Mosfell où il n'y avait que peu de circulation, n'y avait croisé que les phares de quelques voitures qui retournaient vers la capitale. Seul un autre véhicule roulait en direction de l'est, elle suivait la lueur rouge des feux arrière, heureuse d'être accompagnée.

    Elle, qui n'aimait pas conduire de nuit, se serait mise en route plus tôt, si elle n'avait pas été retardée. Elle était chargée de communication dans une grande banque et elle avait fini par croire que les réunions et les coups de téléphone n'allaient jamais prendre fin. Elle savait la montagne de Grimannsfell à sa droite même si elle ne la voyait pas plus que celle de Skalafell, à sa gauche. Elle avait dépassé la route vers Vindashlid, la ferme où elle avait passé deux semaines en été, toute gamine. Elle avait suivi les feux arrière à une vitesse confortable jusqu'au moment où ceux-ci étaient descendus vers le champ de lave de Kerlingarhraun. Puis leurs chemins avaient divergé. Les lueurs rouges avaient accéléré avant d'aller se perdre dans l'obscurité. Elle s'était dit que la voiture se dirigeait peut-être vers la dorsale d'Uxahryggir et, de là, vers le nord et la vallée de Kaldadalur. Elle avait souvent emprunté ce chemin, elle trouvait jolie la route qui longeait la vallée de Lundarreykdalur et débouchait sur le fjord de Borgarfjördur. Il lui était revenu en mémoire le souvenir d'une belle journée d'été sur les bords du lac de Sandkluftavatn. Elle avait obliqué vers la droite pour continuer de s'enfoncer dans les ténèbres de Thingvellir, les plaines de l'ancien Parlement. Il lui était difficile de s'orienter en ces lieux plongés dans le noir. Aurait-elle dû tourner plus tôt ? Avait-elle pris le bon accès vers le lac ? Ou peut-être était-ce le prochain ? À moins qu'elle ne l'ait déjà dépassé ?

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  • Par joedi, le 23 décembre 2010

    Je me suis toujours détestée, repris Eva Lind. J'éprouvais de la colère. Parfois, je bouillonnais tellement que j'étais prête à exploser. J'étais en colère contre maman, contre toi, contre l'école et contre ces connards qui m'emmerdaient là-bas. Je voulais me débarrasser de moi-même. Je ne voulais plus être moi. Je n'avais que du dégoût pour moi. Je me détruisais et je permettais aux autres de faire la même chose.
    ...
    Non c'était vraiment ça. De la colère et du dégoût. Ce n'est pas un très bon cocktail. J'ai beaucoup réfléchi après avoir compris que tous mes actes n'étaient que la conséquence d'un processus qui avait débuté avant ma naissance. Un processus sur lequel je n'avais aucune prise. C'était à toi et à maman que j'en voulais le plus. Pourquoi vous m'aviez fait naître ? Qu'est-ce-que vous aviez eu dans la tête ? Qu'est-ce que j'avais pour moi dans ce monde ? Quels étaient mes atouts ? Aucun. Je n'étais qu'une erreur commise par deux personnes qui ne se connaissaient pas et ne voulaient pas se connaître.
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  • Par stefferon, le 04 novembre 2011

    Erlendur était convaincu que le hasard n'était rien de plus que la vie elle-même qui jouait avec les gens de mauvais tours ou les divertissait. Il était comme la pluie qui tombe aussi bien sur les justes que sur les crapules. Il pouvait avoir des conséquences bénéfiques ou néfastes. Dans une certaine mesure, il déterminait ce qu'on appelle le destin. Il naissait du néant : inattendu, étrange et inexpliqué.
    Erlendur se gardait de confondre les hasards et le reste. Il savait mieux que quiconque par son travail que, parfois, les coïncidences étaient organisées. Elles pouvaient être soigneusement agencées dans la vie d'individus qui jamais ne soupçonnaient quoi que ce soit. Dans ce cas, les événements ne portaient plus le nom de hasard. On pouvait les définir de diverses manières, mais dans la profession d'Erlendur il existait un seul mot pour le faire et c'était le mot crime.
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  • Par BMR, le 16 mars 2010

    [...] Erlendur se tut.
    - Et tous ces jours de congés, tu ne veux pas les prendre ? demanda Valgerdur.
    - Je devrais en utiliser quelques uns.
    - Et tu penses en faire quoi ?
    - Je pourrais essayer de me perdre le temps de quelques jours.
    - De te perdre ? s'étonna Valgerdur. Je pensais plutôt aux îles Canaries ou à ce genre de choses.
    - Oui, je ne connais pas tout ça.
    - Dis-moi, as-tu jamais quiité l'Islande ? Tu n'es jamais parti en voyage à l'étranger ?
    - Non.
    - Mais tu en as envie ?
    - Pas spécialement.
    - La Tour Eiffel, Big Ben, le State Building, le Vatican, les pyramides, ... ?
    - J'ai parfois eu envie de voir la cathédrale de Cologne.
    - Dans ce cas pourquoi tu n'y va pas ?
    - Ça ne m'intéresse pas plus que ça.
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  • Par patrick75, le 25 avril 2012

    Fillette, elle écoutait le clapotis de l'eau, assisse seule au bord du lac.
    Jeune femme, elle promenait son regard loin à la surface, goûtant toute la beauté et la clarté qui en émanaient.
    Agée, elle s'accroupit auprès de l'enfant et redevint une fillette, elle entendit le bruissement de ces mots, ce pardon murmuré et ce chuchotement porté par le lac: tu es mon enfant.
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