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> Éric Boury (Traducteur)

ISBN : 2757803174
Éditeur : Points (2007)


Note moyenne : 4.02/5 (sur 604 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Dans un jardin sur les hauteurs de Reykjavik, un bébé mâchouille un objet étrange... Un os humain ! Enterré sur cette colline depuis un demi-siècle, le squelette mystérieux livre peu d'indices au commissaire Erlendur. L'enquête remonte jusqu'à la famille qui vivait là p... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 06 novembre 2011

    lehane-fan
    Moyenne de 4 / 5 , 248 votes , 60 critiques...Tout est dit !
    Si le systeme de notation Babelio avait été plus pointu , j'aurais pu me fendre d'un 4.728 . Mais apres 3 h de vaines tentatives à essayer de cliquer sur 1/3 , 1/4 d'étoiles dans l'espoir d'affiner mon jugement , les faits sont là Arnaldur , je ne pourrais qu'attribuer un quatre étoiles , les cinq étant exclusivement réservées à la collection Harlequin...
    La femme en vert semble avoir été bardé de récompenses ! Prix des lectrices de ELLE en 2007 ; Prix Clé de verre 2003 du roman noir scandinave ( à ne jamais remettre à un parkinsonien ! ) ; Prix CWA Gold Dagger 2005 . Excusez du peu...N'ayant pas de prix à décerner , je me contenterai d'applaudir et des deux mains encore , ce qui est toujours plus pratique . Assurément le meilleur Indridason lu à ce jour !
    L'enquete : Toti fete ses huit ans . Sa petite soeur , elle , semble s'amuser avec un cadeau atypique mais oh combien original : un os humain ( Noel approche , pensez-y ) . Une fois le squelette localisé , revoila l'infatigable Erlendur , assisté de sa fine équipe , en charge d'identifier la macabre découverte . Un supposé meurtre datant de pres de 60 ans !
    Indridason n'est pas Barbara Cartland ! le rose semble lui etre tout à fait étranger , ce qui est vraiment dommageable , car il nous prive , du coup , de dialogues incroyablement touchants et gravés à vie dans la mémoire collective :
    - As-tu du souçi qui te cause du tracas Anna Gram ?
    -Nan , laisse-moi Anna Lphabeth , j'ai seulement des problemes...
    Merci Barbara...
    Son truc , à Indridason , c'est le sociétal ! le racisme , l'homosexualité , la violence sexuelle...Et le moins que l'on puisse dire , c'est qu'il tape souvent juste ! Là ou ça fait mal ! Il a l'art d'éveiller les consciences aux pires travers , aux pires penchants inavouables commis par l'Homme , maillon supreme de la chaine de l'évolution . Dans cette enquete , l'auteur va prendre un malin plaisir à nous balader d'une époque à une autre , sorte de yo-yo temporel entre un passé à élucider et un présent qui n'a peut-etre plus d'avenir pour Eva Lind , la fille d'Erlendur , découverte par son pere inanimée et promise par le médecin à une mort quasi-certaine . Erlendur pourrait alors perdre du meme coup et sa fille , et son titre de grand-pere . Eva etant alors prégnante au moment des faits . Leurs rapports furent toujours houleux et c'est dans ces conditions extremes qu'Erlendur va se dévoiler comme jamais , offrant ainsi à sa fille ( et au lecteur ) une confession ou la maladresse n'a d'égale que l'amour qu'il lui porte . Touchant .
    Comme bien souvent , c'est le boulot qui permet à tout un chacun de tenir lorsque la vie vous envoie vacherie sur vacherie .
    Et Erlendur s'y livrera à corps perdu . Son obsession , découvrir l'identité de ce cadavre d'apres-guerre . Une fois de plus , Indridason nous perdra avec délectation . C'est à un incroyable jeu de piste auquel l'auteur nous convie . Il nous en donne cependant les clés . Deux hypothese s'offrent à nous et nous paraissent aussi plausibles l'une que l'autre à tour de role . L'on croit deviner ce qui semble etre comme une évidence et un nouveau personnage , un nouveau fait vient instaurer le doute et faire voler en éclat ce qui apparaissait trois pages plus tot comme la résolution indubitable d'une enquete rondement menée . L'une de ces pistes conduit à une famille qui aurait habité les environs au moment du drame. Une femme . Un homme ( encore que..) . Trois enfants dont la petite derniere handicapée . Et c'est avec douleur et compassion que l'on va supporter cette femme en passe de perdre son humanité sous les coups journaliers de son mari et presque résignée à son sort peu enviable . Indridason dépeint crument la violence conjugale au quotidien . L'assassinat de l'ame . Un plaidoyer grandiose sur la condition de femme battue !
    Indridason signe là un polar douloureux et sans concessions . Une Islande d'apres-guerre magistralement évoquée . Un grand polar tout simplement !
    A tous ceux qui pretent la moindre signification aux couleurs , La femme en vert n'engendre pas de grands espoirs , elle les matérialise !!
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    • Livres 5.00/5
    Par Bigmammy, le 31 décembre 2012

    Bigmammy
    J'ai bien failli laisser en plan ce roman, publié en 2001, tant certaines scènes de violence conjugales m'étaient pénibles à imaginer.
    Plusieurs histoires s'entremêlent dans ce polar qui commence de sinistre manière, à croire que l'Islande, patrie de l'auteur, est vraiment au coeur de la noirceur. Jugez-en :
    Au cours d'une fête d'anniversaire, on découvre entre les lèvres d'un bébé un morceau d'os humain : un cadavre est enfoui sur la colline, là où la ville vient de s'étendre. On fait appel à une équipe d'archéologues pour exhumer des restes humains datant de la dernière guerre. Homme, femme, qui a été enterré là ?
    Une femme sans nom raconte sa vie, ou plutôt son calvaire avec un mari à la violence extrême, elle est mère d'une petite fille handicapée qui n'est pas de lui et de deux jeunes fils qui assistent, impuissants, au martyre de leur mère. Nous les retrouverons tout au long de l'enquête quand sa vie deviendra un véritable cauchemar, avec ses enfants et son mari pervers, monstre de sadisme, jusqu'à ce que survienne une éclaircie momentanée.
    Benjamin, riche commerçant : il était le propriétaire de la maison sur la colline, là où on voit de temps en temps une femme habillée d'un long manteau vert, récolter des groseilles à la saison. La soeur de Benjamin raconte à la police que sa fiancée a disparu juste avant son mariage. Où est-elle partie, pourquoi ? Quels secrets de famille sont enfouis dans les mémoires? Les interrogatoires des proches de la famille restant en vie sonnent faux, ce qu'ils cachent a-t-il un rapport avec les ossements ? Les archéologues, chargés de sortir le corps de terre, prennent milles précautions, pendant près qu'une semaine, de toutes façons, le médecin légiste est en vacances en Espagne, on ne saura rien avant son retour...
    Erlendur, le commissaire, est un homme solitaire qui a quitté sa femme il y a très longtemps. Son fils le voit rarement et les visites de sa fille, qui ne parvient pas à de déprendre de la drogue, se terminent sous un flot de reproches. Pourquoi l'a-t-elle appelé ce soir-là ? Il sent qu'elle est en danger, se met à sa recherche...va la retrouver mourante, dans le coma. Pendant toute la durée de l'enquête, il ira lui parler à l'hôpital, dans l'espoir qu'elle en sorte.
    Bon, je crois que j'ai tout de même bien fait de mener ce roman à son terme. C'est l'un des meilleurs de l'auteur que j'aie lu jusqu'ici.
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    • Livres 5.00/5
    Par Ellen-R, le 03 janvier 2013

    Ellen-R
    Outre l'agréable dépaysement inhérent à ses origines islandaises, ce roman policier se fait aussi remarquer par le détournement que son auteur opère vis-à-vis des codes classiques de l'enquête.
    D'accord, tout part d'un cadavre, ou plus exactement d'un squelette, mais de ce squelette on ne sait rien durant les trois quarts du roman. Prenant comme point de départ le lieu où est enterré cet inconnu, Erlendur et ses deux adjoints remontent le temps à la recherche des disparus ou des rumeurs du coin, qui datent de la Seconde Guerre mondiale. le thème de la mémoire est d'ailleurs le fil conducteur, extrêmement bien exploité, de ce roman habile. En alternant d'abord le récit de l'enquête et une histoire passée, puis en y ajoutant des allers-retours entre le drame privé que vit Erlendur et sa vie publique, La Femme en vert gagne en profondeur et devient poignant. La violence conjugale exercée sur les femmes, pierre angulaire de cette étrange enquête nordique, est abordée avec un réalisme qui glace le lecteur. Témoin impuissant de la cruauté physique mais surtout psychologique qui détruit une innocente femme, il subit ce conflit qui lui laisse un arrière-goût amer. Tout cela peut sembler classique...
    Et ça l'est. Indridason ne cherche pas à innover mais nous plonge dans une histoire captivante. Il transcende un genre. Pas de grands effets, rien de rocambolesque, cette intrigue nous touche parce qu'elle reste proche de nous. Tout cela est profondément humain. On arpente les côtés sombres de l'âme et la gorge se noue à certains passages d'une grande force.
    On passe d'une narration à une autre, le long d'histoires qui se déroulent en parallèle et dont on suit les évolutions, lentes et inéluctables. Les personnages sont aux prises avec leurs doutes, leurs souffrances. En contrepoint, un humour noir délicieux pimente l'intrigue pour notre plus grand bonheur. Et puis, dans un final rendu encore plus palpitant par sa lenteur (Arnaldur Indridason joue avec nos nerfs en interrompant le récit pour n'importe quel prétexte) tout s'éclaire. La mémoire revient, la vérité prend le dessus.
    Exotique et original, un roman à découvrir d'urgence.
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    • Livres 5.00/5
    Par marina53, le 05 avril 2012

    marina53
    Un très bon cru d'Indridason. Roman qui se lit avec un intérêt croissant et beaucoup d'émotion.
    J'ai particulièrement aimé la construction de ce roman: d'un côté l'histoire qui se déroule dans le passé et dont on comprend assez vite le lien avec le présent; et ce présent où se mêlent l'enquête policière et la vie personnelle d'Erlendur et Sigurdur Oli. Ainsi, on s'attache aux héros et on a envie de les suivre dans d'autres enquêtes.
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    • Livres 5.00/5
    Par bina, le 24 mai 2012

    bina
    Oups, le plus prenant des trois livres de cet auteur que j'ai pu lire jusqu'à présent.
    Indridason a l'art de nous perdre dans les méandres de l'histoire, pour mieux nous raccrocher et nous mener là où il veut: qu'on en vienne à haïr cet homme brutal, pratiquant la violence conjugale comme il respire.
    Le cheminement se fait d'une part en remontant le temps, d'autre part à travers deux récits en parallèle. Nous ne sommes pas en mesure au début du livre de dater certains passages par rapport à d'autres, nous ne comprenons pas immédiatement qu'il s'agit de flash back. Les indices surviennent peu à peu, avec la présence d'une enfant handicapée et des soldats américains.
    En parallèle, nous avons la découverte d'un cadavre sur un terrain en travaux. (Curieux, d'ailleurs, la manière dont ce bout d'os entre en scène, avec la présence de quelques personnages qui ne sont que des prétextes pour faire apparaitre cet os. Nous n'en entendrons plus parler de toute l'histoire). Erlandur et Elinborg enquête en remontant 60 ans en arrière, en trouvant des survivants de cette période, et en recollant petit à petit les morceaux façon puzzle, pour nous ramener à cette crapule. Quand on comprend que les deux récits sont mortellement liés, on en vient à appréhender les passages dans le passé, on se demande lequel est devenu le cadavre près des groseillers. L'un des enfants, la mère, le père, l'amant?
    Une histoire prenante, qui ne laisse pas de répit tant qu'on est pas arrivé à cette dernirèe page, qui redonne espoir à Erlandur.
    En effet, troisème parallèle, Indridason, nous plonge en plus dans l'histoire familiale d'Erlandur, et triture l'âme humaine en profondeur.
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Citations et extraits

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  • Par IzaBzh, le 09 août 2011

    Petit à petit, les coups se résument à du pur sadisme parce que le seul pouvoir que l'homme violent détienne au monde, c'est celui qu'il exerce sur cette unique femme qui est son épouse, mais ce pouvoir n'a aucune limite puisque l'homme sait que la femme ne peut rien faire face à lui. Elle est totalement impuissante et complètement dépendante de lui parce qu'il ne se contente pas de la menacer elle, il ne se contente pas de la torturer avec la haine et la colère qu'il éprouve pour elle, mais la torture également avec la haine qu'il éprouve pour ses enfants en lui faisant clairement comprendre qu'il leur fera du mal si jamais elle essayait de se libérer de son emprise. Et pourtant, toute cette violence physique, toute cette souffrance et ces coups, ces os cassés, ces blessures, ces bleus, ces yeux au beurre noir, ces lèvres fendues, tout cela n'est rien comparé aux tortures que l'âme endure. Une terreur constante, absolument constante, qui jamais ne faiblit. Les premières années, quand elle montre encore quelques signes de vie, elle essaie de chercher de l'aide, elle essaie de s'enfuir, mais il la retrouve et lui murmure qu'il a l'intention de tuer sa petite fille et d'aller l'enterrer dans la montagne. Et elle le sait capable de le faire, alors elle abandonne. Elle abandonne et remet sa vie entre les mains de cet homme.
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  • Par BMR, le 06 août 2007

    - J'avais juste envie de te voir, interrompit-elle. J'avais juste une putain d'envie de voir de quoi tu avais l'air.
    - Et alors, j'ai l'air de quoi ? demanda-t-il.
    Elle le fixa du regard.
    - D'un pauvre type, répondit-elle.
    - Bon alors, nous ne sommes pas très différents l'un de l'autre, rétorqua-t-il.
    Elle le dévisagea un bon moment et il eut l'impression qu'elle souriait.
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  • Par kathy, le 05 octobre 2011

    Elendur ne répondait pas à sa fille. Il pensait à ces enfants qui ne connaissent jamais vraiment leurs parents. Qui ne parviennent jamais à savoir qui ils sont en réalité. Ces enfants qui faisaient irruption dans la vie de leurs parents quand celle-ci était déjà à moitié écoulée et qu'ils ne savaient rien d'eux. Qu'ils ne voyaient en eux rien d'autre que la figure du père, de la mère, celle de l'autorité et encore la figure tutélaire. En ne découvraient jamais le secret qu'ls conservaient ensemble ou chacun de leur côté, ce qui avait pour conséquence de rendre les parents aussi étrangers à leurs enfants que tous les autres gens croisés sur leur chemin. Il pensait à la façon dont les parents maintenaient parfois leurs enfants à distance jusqu'à ce que leurs relations se résument à des comportements convenus et polis, minées par le mensonge né de l'expérience commune bien plus que construites sur un amour authentique.
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  • Par kathy, le 05 octobre 2011

    Toute cette violence physique, toute cette souffrance et ces coups, ces os cassés, ces blessures, ces bleus, ces yeux au beurre noir, ces lèvres fendues, tout cela n'est rien comparé aux tortures que l'âme endure. Une terreur constante, absolument constante, qui jamais ne faiblit. ...Elle essaie, en vain, de lutter mais peu à peu toute résistance l'abandonne et avec la résistance, c'est aussi son désir de vivre qui s'évanouit.. En fait elle est morte et elle erre à la recherche d'un échappatoire. Afin d'échapper aux coups, à cette torture de l'âme, et à l'existence de cet homme, parce qu'elle ne vit plus sa vie à elle et qu'elle n'existe plus qu'à travers la haine qu'il lui porte. Pour finir, c'est lui qui remporte la victoire. Parce qu'elle est morte. Et qu'elle est un zombie.
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  • Par isazz, le 27 novembre 2012

    - Pourquoi il est aussi méchant ?
    Il lui avait souvent posé cette question et, parfois, elle lui répondait, parfois elle gardait le silence, comme si elle avait passé des années à chercher la réponse sans en approcher. Elle regardait droit devant elle, comme si Simon n'était plus là et qu'elle était toute seule, se parlant à elle-même, triste, lasse et distante, et rien de ce qu'elle pouvait dire ou faire n'avait le pouvoir de changer quoi que ce soit.
    - Je ne sais pas. Tout ce que je sais, c'est que ce n'est pas à cause de nous. Ce n'est pas notre faute. Au début, je me reprocahis tout ça. Je cherchais ce que j'avais bien pu faire de mal pour déclencher ainsi sa colère et j'essayais de me racheter. Mais je n'ai jamais su ce que c'était et quoi que je fase, ça ne changeait rien. Il y a longtemps que j'ai cessé de me reprocher quoi que c e soit et je refuse de toi, Tomas ou Mikkelina vous sentiez coupable du mal qu'il fait. Même s'il nous insulte, même s'il nous traite de tous les noms. Ce n'est pas notre faute.
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