> Yuki Inoue (Éditeur scientifique)
> Karine Chesneau (Traducteur)

ISBN : 2877303349
Éditeur : Editions Philippe Picquier (1999)


Note moyenne : 3.74/5 (sur 39 notes) Ajouter à mes livres
Née en 1892, vendue à l'âge de huit ans, Kinu Yamaguchi fera l'apprentissage du dur métier de geisha. C'est un peu l'envers du décor qu'elle raconte : avant de porter le kimono de soie, il lui faudra vivre un apprentissage rigoureux, étudier tous les arts de divertissem... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Fanyoun, le 10 mai 2009

    Fanyoun

    Comme beaucoup de lecteurs, je recommande ne pas confondre le roman de Yuki INOUE avec le roman homonyne d'Arthur Golden. Les Geishas ont inspiré Rob Marshall en 2006 mais si le romanesque et l'émotion étaient présents dans l'oeuvre cinématographique, le roman de Inoué laisse place à la véracité, aux faits et à l'histoire (au sens propre du terme).
    La trame de l'histoire est citée ci-dessus dans la quatrième de couverture, je ne m'y attarde donc pas.
    Yuki Inoué a recueilli le témoignage de Kinu qui avait 84 ans. C'est donc au début du XIXème siècle que débute le récit de cette gamine qui, dès l'âge de huit ans, va apprendre pendant de nombreuses années le dur métier de Geisha. Histoire bouleversante et fidèle au témoignage de Kinu, elle est en outre très riche information : le parcours des Geishas y est décrit sans fioriture, sans mélo, le tout sur un fond sur un fond historique et l'évolution de ce métier qui perd peu à peu de son "prestige". Instructif, courage, révolte et résignation sont les adjectifs que j'utilise pour décrire ce roman.

    Geisha ou Geiko signifie "quelqu'un qui pratique ou vit par le gei (l'art)", ou plutôt les arts. Les arts musicaux : le jeu du shamisien (instruments à corde), du tambour, de la danse et du chant traditionnel et les autres : la cérémonie du thé, de la calligraphie et de la conversation.
    Dans les Okiyas, régentés par les Okamisan (mère qui tient la maison), vivent les Geishas, les maikos (titre attribué à partir de 17 ans) et les tamagos (jeunes filles en apprentissage). le roman de Inoué nous apprend que l'habillage, le maquillage, la manière dont sont attachés les cheveux ont leur importance, tout est codifié.
    Les maikos, généralement vendues par leurs parents, subissent un apprentissage qu'elles mettront des années à rembourser car excessivement chers : les leçons, l'apprentissage des arts, les kimonos (d'où le travail de servitude auquel devra se plier pendant de nombreuses années la future Geisha afin de rembourser sa dette. La plupart d'entre elles espérait rencontrer leur dana, leur protecteur : un homme qui leur fournirait kimono et argent, parfois même le remboursement de leur créance, en échange de faveurs sexuelles. Il est dit que les Geishas ne sont pas des prostitués bien que leur virginité se négociait et s'achetait à prix d'or selon la beauté de la jeune fille, on appelle cela le mizuage, l'histoire de Inoué semble nous indiquer le contraire. La différence étant que les Geishas, outre des objets de plaisirs, étaient des artistes accomplissant leurs arts avec perfection, à l'inverse des prostituées qui ne sont là que pour... je ne vous fais pas un dessin.
    Ces mémoires qui nous livrées par l'intermédiaire de Yuki Inoué retranscrivent simplement une condition, une vie, des faits.
    Je vous encourage vivement à lire cette oeuvre mais si vous souhaitez du romanesque, passez votre chemin et choisissez plutôt le roman de Golden. Moi, j'ai de loin, de très très loin, préféré celui-ci.

    Lien : http://fanyoun.over-blog.net/article-30637973.html
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par mimipinson, le 26 octobre 2011

    mimipinson
    Voilà une lecture que je qualifierais d'exotique (ne pas y voir un caractère péjoratif) tant l'univers dans lequel est plongé le lecteur est éloigné de notre culture occidentale, et plus largement judéo-chrétienne.
    Une fois franchi le premier quart de l'ouvrage qui m'aura demandé pauses et décantation, c'est d'une traite que j'en finirai la lecture.
    Le récit, car c'est d'un récit dont il s'agit, peut dérouter par la forme. L'auteur transcrit le vécu d'une femme, et agrémente assez copieusement sa narration, des propos directs de Kinu dont il est question dans ce livre.
    Ce récit constitue un témoignage complet, et à mon sens honnête, sur une pratique, ou plutôt un « art de vivre » bien méconnu des occidentaux. Je dis méconnu, car il me semble que le terme de Geisha et de tout ce qui s'y rapporte ne constitue qu'une vague idée pour qui n'a pas lu ou vu à ce sujet. le monde des plaisirs et de la courtisanerie au japonais reste assez obscur, du fait d'une part que durant son âge d'or, le Japon était un pays replié sur lui-même, et, que d'autre part, l'histoire du Japon, et notamment l'après-guerre a accéléré le déclin de ces pratiques. Il se dit que de nos jours, l'apprentissage tend à reprendre vigueur…..
    Est-ce un bien ? A la lecture de cet ouvrage, sans aucun doute. J'ai découvert, par l'écrit en tout cas, un monde barbare consistant à vendre ses filles à des maisons de plaisir, pour en faire de parfaites hôtesses à messieurs fortunés. Mais à quel prix ???
    Celui de la soumission, de la souffrance, l'abnégation, la résignation, et au final une exploitation féminine qui ne dit pas son nom. Tout cela existe à nos portes, me direz-vous….oui, mais la pratiques des arts en moins, le raffinement en plus ; en apparence, car à y regarder de plus près, quelle violence faut-il infliger à ces toutes petites filles pour en arriver à maîtriser l'art de la conversation, de la cérémonie du thé, de l'art floral, ou de la pratique musicale…….
    C'est la première partie, qui s'intéresse à la formation de la future Geisha, qui est la plus indigeste. Les deux autres respectivement consacrées à son activité de Geisha, puis de patronne d'une maison de Geisha, seront plus abordables, et plus instructives parce que l'évolution du « métier » suit intimement l'histoire du Japon. Et tout cela ne m'a pas déplu, loin de là.
    J'ai apprécié la présence de photographies noir &blanc tout au long de ce récit. Cela donne un plus à l'ouvrage, qui pour moi n'est pas un roman, mais plus une récit-documentaire.
    La personnalité de Kinu, est assez complexe. A la fois soumise résignée, bonne élève, elle n'en est pas moins déterminée, dotée d'un caractère rebelle. Elle n'hésite à pas à supporter les coups pour sortir des griffes de son souteneur ; et n'est pas dénuée d'ambition, puisqu'à son tour elle fondera sa propre maison de Geisha en ayant tiré les leçons de sa propre expérience.
    Les mœurs familiales en vigueur à l'époque sont assez difficiles à comprendre de notre propre point de vue. Au siècle dernier, vendre ses filles pour quelques yens était chose courante, et communément admise, voire normal.



    Lien : http://leblogdemimipinson.blogspot.com/2011/10/memoire-dune-geisha.h..
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Ladybug, le 30 avril 2012

    Ladybug
    Un livre documentaire dans lequel on apprend énormément sur la vie des geishas. Sur l'origine de celles qui le deviennent (système des filles adoptives), les détails vestimentaires, les règles de vie très strictes, la pratique quotidienne et intensive des arts (chants, danse, musique) et les qualités requises : une allure gracieuse (plus que de la beauté), un caractère souple, une attitude réservée et une grande subtilité dans les relations. C'est un monde vraiment à part, un monde de souffrance et de prostitution, (ce coté n'est pas occulté dans le récit) mais également un monde où elles sont l'objet de toutes les attentions, on leur donne une fierté, une estime de soi et elles sont protégées de la pauvreté (et peuvent aider leur famille comme dans le cas de Kinu Yamaguchi).
    Mais ce qui m'a dérangée dans ce livre, c'est que la profusion de détails est parfois étouffante (ils ne sont pas toujours intéressants). Souvent on a droit à une suite interminable de détails qui rend la lecture un peu hachée et au final assez aride.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
  • Par petitepom, le 23 septembre 2011

    petitepom
    Ce roman est plus une biographie que roman, Kinu nous relate sa vie de Geisha, j'ai appris des choses intéressantes mais il me reste encore certains points qui sont obscures.
    Avant d'être une geisha, il y a un parcours bien contraignant, les petites filles sont vendues dans des maisons de plaisir où elles sont d'abord des servantes en plus de recevoir une éducation. Elle deviennent par la suite une apprentie geisha, elle doit se perfectionner dans les arts ( musique, danse…), leur rituel de la journée est un marathon qui va s'intensifier lors qu'elle deviennent Geisha, car elles doivent en plus assister à toutes les soirées pour être vu, connu en espérant trouver un protecteur.
    Une fois sous la protection d'un homme, elle doit leur être fidèle, celui-ci verse un rente à la maison de plaisir auquel elles appartiennent ; une fois leur dette payée à la mère, elles ont plus de liberté mais doivent si elles veulent renoncer, demander l'autorisation pour sortir du quartier des plaisir où elles sont plus ou moins prisonnières
    Tout cela nous est révélé dans la vie de Kinu, le sort de sa famille est aussi relaté mais il manque des questions sans réponses, en effet certaines ont des querelles, des enfants et si non comment la contraception est pratiqué, il y a sûrement eu des maltraitances ; j'aurai aimé en savoir plus sur ces sujets.
    Je ne suis pas déçu par cette lecture mais j'en attendais plus.
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    • Livres 2.00/5
    Par Taranys, le 25 février 2011

    Taranys
    Ce témoignage rapporté de manière indirecte, m'a été particulièrement difficile à suivre, étant donné la chronologie chaotique où les évènements narrés reviennent pèle-mêle à la mémoire de cette ancienne geisha.
    Comparé à l'oeuvre de Mineko Ideka, qui abonde en détails sur les mœurs d'une okiya, cet ouvrage si ne m'a parut que survoler certains détails ô combien intrigants, se perdant par contre dans certaines palabres historico-politique, qui viennent comme un cheveu sur la soupe, et brisent la magie du récit sur "les mythiques Geishas".

    Les anecdotes sur les relations avec les prisonniers russes, et leur traitement, était par contre un fait dont je n'avais jamais entendu parler.
    L'histoire en soit parait aussi répétitive et ennuyante pour la narratrice, qu'au final pour le lecteur lui même...Qui se voit à maintes moment empli de lassitude devant une histoire qui semble tourner en rond.
    Quant au récit de fin, il me semble plus passionné, mais malheureusement un peu trop court pour qu'on puisse vraiment l'apprécier à sa juste mesure. Je dirais que comparé à d'autres récits antérieurs sur le même sujet, celui-ci est pour moi une grande déception.
    Ceci dit cela reste une introduction correcte pour un novice sur le monde des Geishas, mais paraîtra terne à ceux ayant déjà gouté à d'autres récits du genre.
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Citations et extraits

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  • Par Marigold, le 26 avril 2012

    Une geisha avait beau vendre sa virginité et se prostituer, il lui était interdit de donner son cœur au client et de l'aimer. p.190
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