Comme beaucoup de lecteurs, je recommande ne pas confondre le roman de
Yuki INOUE avec le roman homonyne d'
Arthur Golden. Les
Geishas ont inspiré Rob Marshall en 2006 mais si le romanesque et l'émotion étaient présents dans l'oeuvre cinématographique, le roman de
Inoué laisse place à la véracité, aux faits et à l'histoire (au sens propre du terme).
La trame de l'histoire est citée ci-dessus dans la quatrième de couverture, je ne m'y attarde donc pas.
Yuki Inoué a recueilli le témoignage de Kinu qui avait 84 ans. C'est donc au début du XIXème siècle que débute le récit de cette gamine qui, dès l'âge de huit ans, va apprendre pendant de nombreuses années le dur métier de
Geisha. Histoire bouleversante et fidèle au témoignage de Kinu, elle est en outre très riche information : le parcours des
Geishas y est décrit sans fioriture, sans mélo, le tout sur un fond sur un fond historique et l'évolution de ce métier qui perd peu à peu de son "prestige". Instructif, courage, révolte et résignation sont les adjectifs que j'utilise pour décrire ce roman.
Geisha ou Geiko signifie "quelqu'un qui pratique ou vit par le gei (l'art)", ou plutôt les arts. Les arts musicaux : le jeu du shamisien (instruments à corde), du tambour, de la danse et du chant traditionnel et les autres : la cérémonie du thé, de la calligraphie et de la conversation.
Dans les Okiyas, régentés par les Okamisan (mère qui tient la maison), vivent les
Geishas, les maikos (titre attribué à partir de 17 ans) et les tamagos (jeunes filles en apprentissage). le roman de
Inoué nous apprend que l'habillage, le maquillage, la manière dont sont attachés les cheveux ont leur importance, tout est codifié.
Les maikos, généralement vendues par leurs parents, subissent un apprentissage qu'elles mettront des années à rembourser car excessivement chers : les leçons, l'apprentissage des arts, les kimonos (d'où le travail de servitude auquel devra se plier pendant de nombreuses années la future
Geisha afin de rembourser sa dette. La plupart d'entre elles espérait rencontrer leur dana, leur protecteur : un homme qui leur fournirait kimono et argent, parfois même le remboursement de leur créance, en échange de faveurs sexuelles. Il est dit que les
Geishas ne sont pas des prostitués bien que leur virginité se négociait et s'achetait à prix d'or selon la beauté de la jeune fille, on appelle cela le mizuage, l'histoire de
Inoué semble nous indiquer le contraire. La différence étant que les
Geishas, outre des objets de plaisirs, étaient des artistes accomplissant leurs arts avec perfection, à l'inverse des prostituées qui ne sont là que pour... je ne vous fais pas un dessin.
Ces mémoires qui nous livrées par l'intermédiaire de
Yuki Inoué retranscrivent simplement une condition, une vie, des faits.
Je vous encourage vivement à lire cette oeuvre mais si vous souhaitez du romanesque, passez votre chemin et choisissez plutôt le roman de Golden. Moi, j'ai de loin, de très très loin, préféré celui-ci.
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