Une très belle découverte malgré des débuts plus que difficile (il vous reste 6 jours pour lire... il me reste 500 pages...je suis laaaaarge !!! ), mais je remercie Babélio et l'opération Masse critique de m'avoir sélectionnée pour ce pavé (700 pages).
Je remercie aussi, par la même occasion, Hahasiah (mon ange gardien littéraire ;)) qui m'a soutenu dans cette fastidieuse lecture en me conseillant de m'accrocher, m'assurant que je ne serais pas déçue.
Alors j'me suis accrochée, j'ai tenu, et j'm'en suis sortie !
Pas comme ce pauv' gamin, Angel, qui a coulé à pic sous les troncs d'arbre et descendu la « twisted river » jusqu'au barrage de la Morte.
J'm'étais pourtant bien attaché à ce gamin, j'l'avais pris sous mon aile et tout le monde l'appréciait bien. Un italien, toujours souriant et qui ne rechignait pas à la tâche !
Dans le métier de bûcheron, on peut dire qu'il y a des risques et une fois la journée finie, il ne nous reste pas grand chose à part l'alcool et cogner un peu sur nos femmes. Les femmes ici ne font pas moins de 100 kilos ! C'est une norme ! La mienne s'appelle...je ne sais plus...tout le monde l'appelle « Pack de six », inutile de vous expliquer pourquoi. Beaucoup des femmes travaillent en cuisine avec Dominic, le cuistot italien qui vit avec son fils Daniel, 12 ans, un brave gamin celui-là aussi, j'crois qu'il m'aime bien.
Il a pas eu de chance le petit, il a perdu sa mère à l'âge de 2 ans, encore à cause de l'alcool et c'est d'ailleurs elle qui a donné son nom au barrage.
Et puis cette fameuse dernière nuit...Son père lui avait raconté la fois où un ours était entré dans la maison et avait essayé de le manger, alors au milieu de la nuit, il a entendu du bruit dans la chambre de son père, il est allé voir et a cru qu'un ours, à califourchon sur son père, était en train d'essayer de le bouffer. Il a chopé la poele à frire et a frappé de toutes ses forces la tête de la bête...c'était Jane l'indienne, la maitresse de son père. le réel problème est qu'elle était à la colle avec le shérif Carl appelé le cow boy à cause de son colt 45, un homme qui se servait plus de ses poings que de sa bouche pour lui faire des bisous à l'indienne.
Du coup ils ont filés tous les deux en emportant les papiers d'Angel pour pouvoir prévenir sa mère.
Daniel avait promis de m'écrire et il l'a fait ! Son père s'est mis à la colle avec Carmella, la mère d'Angel et ils ont tout de suite été accepté par les italiens de Boston. Ils se sont posés pendant un moment et Daniel a trouvé ce qu'il voudrait faire plus tard: écrivain !
Le passé nous rattrape souvent quand on ne s'y attend plus et Dominic et Daniel devront souvent se déplacer pour échapper à la vengeance du shérif. Une épopée grandiose dans le Nord des Etats-Unis où se mèlent la force de la nature et des êtres humains, plutôt bruts (de pomme) mais si attachants. La vie est faite d'accidents, selon Irving, et c'est ce qui fera toute la trame du roman mais on découvre aussi différentes gastronomies, différentes cultures comme les indiens, les italiens, les asiatiques...Des descriptions interminables pourraient par contre en agacer certains mais je sens encore l'odeur du bois flottant sur la rivière, la cuisine italienne et chinoise, les sentiments forts et sincères. Je ne connaissais pas cet auteur (Houuuu...vous pouvez, vous pouvez...) mais j'avoue avoir été touchée par la force du récit, un peu comme ces grands films aux paysages incroyables, sur fond de grande musique à vous faire vous hérisser les poils sur les bras.
«
Dernière nuit à Twisted River » ne sera pas mon dernier livre de
John Irving.