ISBN : 2020363763
Éditeur : Seuil (1998)


Note moyenne : 4.14/5 (sur 490 notes) Ajouter à mes livres
Romancier, Garp insère dans le récit tragico-burlesque de sa vie des extraits de son oeuvre, mêlant ainsi la réalité à la fiction au sein même de la fiction. Ce procédé, sans être vraiment original, révèle n... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 26 décembre 2007

    Woland
    The World According Garp
    Traduction : Maurice Rambaud
    Qui ne connaît pas « Le monde selon Garp » de John Irving ? (En tous les cas, moi, je l'ai longtemps ignoré ...)
    Pour ceux qui ne l'ont pas encore lu et que j'envie, il s'agit d'un roman qui, par son ampleur et la série de « types » qu'il met en scène, évoque irrésistiblement un auteur comme Charles Dickens ou encore Thackeray. Mais, chez Irving, les bons sentiments, quand ils existent, sont toujours menacés par ce que le benjamin de la famille Garp avait l'habitude d'appeler « le Crapaud du Ressac. » C'est le Crapaud de l'Angoisse et aussi celui de la Mort qui, tôt ou tard, vient réclamer son dû.
    Pourtant, on rit et l'on sourit beaucoup chez John Irving qui se fait ici une joie de renvoyer dos à dos tous les extrêmistes, que ceux-ci soient féministes ou machissimes. Sa peinture à la fois aiguë et burlesque des milieux féministes réjouira aussi bien les femmes que les hommes. Les anti-féministes sont, quant à eux, irrécupérables et si dangereux que l'un d'entre eux finit par assassiner la mère de Garp, l'intrépide Jenny Fields, laquelle, après la parution de son ouvrage autobiographique,
    « Sexuellement Suspecte » - beau titre, n'est-ce pas ? - avait été revendiquée comme emblème par le mouvement féministe américain. le sel de la chose, c'est que Jenny ne se sentit jamais féministe dans l'âme. Simplement, elle cherchait à "aider ceux qui en ont besoin."
    Il est révélateur de constater que, si Irving accorde repentance et réhabilitation à la féministe complètement exaltée qui abat ensuite le fils de Jenny, il n'offre en revanche aucun salut à l'assassin de Jenny. Pire : il le fait descendre immédiatement par son propre beau-frère.
    « Le monde selon Garp », c'est aussi, imbriquée dans le roman, la première nouvelle vendue par le héros. Intitulée « La Pension Grillparzer » - Garp et sa mère se trouvaient à Vienne quand elle fut rédigée – elle apparaît comme un condensé de tout ce qui fait le charme et la profondeur du roman : humour, sens de l'absurde, compassion envers autrui, férocité pourtant, hantise de la mort aussi …
    C'est encore la fantastique figure de Roberta Muldoon, ex-Robert Muldoon, ex-ailier des « Eagles » de New-York et qui, s'étant toujours sentie femme au plus profond de lui-même, choisit un jour de franchir le grand pas et de changer de sexe. Je n'en dirai rien d'autre : lisez et vous verrez bien.
    C'est un enchaînement de situations et de personnages accompli avec une rare maîtrise. C'est un moment de grâce absolue dans la littérature du XXème siècle. C'est aussi une analyse précise de l'art d'écrire. Mais là où cela nous change agréablement de bien des sottises lues ici et là, elle est faite en toute humilité par un écrivain qui sait ce dont il parle et qui n'a que dégoût pour le snobisme sous toutes ses formes.
    En bref, "Le monde selon Garp" est un grand roman. Lisez-le. ;o)
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    Critique de qualité ? (18 votes positifs)
  • Par Aela, le 12 février 2011

    Aela
    C'est le quatrième roman de John Irving. Il est devenu dans les années 80, un roman culte pour une génération. Ce roman raconte la vie de Garp, né d'une mère féministe jusqu'à l'extrême, infiirmière dans un premier temps, écrivain engagé dans la cause du féminisme ensuite, et qui va mener l'éducation de son fils tambour battant. Quand vient le moment pour son fils de lui faire choisir un sport, etle lui fait choisir la lutte, qui fut aussi le sport de jeunesse de l'auteur.
    La mère toute puissante va aider son fils dans sa vocation d'écrivain et l'aider à découvrir le monde, préalable à une bonne carrière d'auteur selon elle.
    Dans ce livre défile tout une galerie de personnages savoureux, non conventionnels, ce qui fait le grand charme du roman: le héros lui-même devient homme au foyer, ce qui était peu courant à l'époque, de même Roberta deviendra la meilleure amie de la famille Garp, Roberta la transsexuelle, l'ancien ailier d'une équipe de football.
    Un monde donc baroque, jubilatoire, avec des intrigues serrées, des personnages multiples qui font rire souvent mais qui sont toujours en butte à une violence terrible, c'est le thème qui revient sans cesse dans ce roman: guerre des sexes, intolérance, fanatisme..
    Une très belle oeuvre de John Irving, qui affirme qu'il est un écrivain démodé, ses maîtres étant Dickens, Thomas Hardy, Melville, Hawthorne..Et pourtant les thèmes qui reviennent sous sa plume sont d'une fantastique modernité...
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    Critique de qualité ? (17 votes positifs)
  • Par MIOP, le 09 février 2012

    MIOP
    Romancier, Garp insère dans le récit tragico-burlesque de sa vie des extraits de son oeuvre, mêlant ainsi la réalité à la fiction au sein même de la fiction. Ce procédé, sans être vraiment original, révèle néanmoins que le monde est pour Garp un univers où c'est l'imagination qui règne. Roman qui mêle allègrement la farce et la tragédie, Le monde selon garp montre un univers où les références sont inversées sans tabous : la mère a une virilité d'homme, Robert devient Roberta, les hommes mordent les chiens... Cependant, il reste quelque chose de sacré, un havre de paix rythmé par le ressac et vers lequel la métaphore liquide ramène toujours : la famille. Garp porte le nom de son père inconnu, sa fille comme sa mère se prénomme Jenny et la silhouette de la demeure familiale du New Hampshire ponctue tout le roman comme une promesse de bonheur. Si Le monde selon garp connaît un tel succès, c'est sans doute parce qu'à grand renfort de péripéties, à l'image des grands romans picaresques, Irving nous y montre une réalité toute simple.
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    • Livres 4.00/5
    Par athena1, le 28 février 2009

    athena1
    Voici un livre que l'on m'a vivement conseillé de lire.
    Je dois dire qu'au début de ce roman j'étais très sceptique. De la conception de GARP jusqu'à son adolescence, nous sommes en présence d'un personnage tout à fait banal ou même un genre d'anti héros.
    Par la suite, ce roman nous fait partager le monde du féminisme dans sa forme la plus extrême. Il nous livre les craintes et les échecs de l' écrivain face au danger d'une vie personnelle trop houleuse, et notamment l'échec que constitue le roman exutoire.
    Mais aussi il nous fait vivre à travers GARP tous les éléments d'une vie : l'amitié, l'amour, l'échec, la discorde, la haine, le pardon mais aussi car elle fait bien partie de la vie elle aussi : la mort.
    Je n'en dirai pas plus alors lisez-le!!!
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    • Livres 3.00/5
    Par Folfaerie, le 12 avril 2010

    Folfaerie
    Mon troisième Irving (après L'oeuvre de dieu la part du diable et Une prière pour Owen), que je me suis d'ailleurs décidée à lire après avoir visionné le film que j'ai bien aimé même s'il était grandement incomplet, n'a pas soulevé mon enthousiasme comme les deux précédents. Le monde selon Garp est le roman culte d'une génération. Pourtant, quelques longueurs dans la première partie (leur vie à Vienne notamment), et des personnages secondaires qui ne m'intéressaient pas vraiment, comme Helen, la femme de Garp, m'ont gâché le plaisir. J'ai trouvé certains passages un brin excessif aussi, entre autres l'accident de voiture, et j'ai véritablement aimé le roman dans sa seconde partie seulement. En revanche, j'ai particulièrement apprécié les histoires intercalées, œuvres de Garp : la pension Grillparzer ou encore Vigilance.
    Ce livre traite d'obsessions (cette fameuse concupiscence, l'obsession de Garp envers les chauffards et plus généralement sa crainte obsessionnelle de perdre des êtres chers), de création littéraire, du mouvement féministe et scrute une certaine société dans une certaine époque, disséquée et commentée par Garp qui tente avec plus ou moins de bonheur de trouver sa place en ce monde et d'y être heureux. Alors certes l'histoire est originale (la conception de Garp restera dans les annales...), tout à la fois pathétique, grotesque ou drôle, et la plupart des personnages sont incroyables et inoubliables, Garp en tête, sa mère Jenny, Roberta l'amie fidèle, mais, en plus des longueurs, quelques passages assez sordides m'ont un peu rebutée.
    Même si c'est un excellent roman, et je le reconnais bien volontiers, il gardera la troisième place dans mon classement.
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Citations et extraits

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  • Par dflasse, le 07 janvier 2009

    Un faible gazouillis filtre des rares postes de télé encore branchés sur The Late Show et la lueur bleu-gris des écrans palpite aux fenêtres de certaines maisons. Pour Garp, cette lueur est pareille à un cancer, insidieuse et engourdissante. elle endort le monde entier. Qui sait si la télévision ne provoque pas le cancer, se dit Garp; mais son irritation est en fait une irritation d’écrivain; il sait que partout où luit la télévision, veille quelqu’un qui ne lit pas.
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  • Par Piling, le 01 août 2008 Première phrase du livre

    incipit :
    La mère de Garp, Jenny Fields, fut arrêtée en 1942 à Boston, pour avoir blessé un homme dans un cinéma. Cela se passait peu de temps après le bombardement de Pearl Harbor par les Japonais, et les gens manifestaient une grande tolérance envers les militaires, parce que, bruquement, tout le monde était militaire, mais Jenny Fields, pour sa part, restait inébranlable dans l'intolérance que lui inspirait la conduite des hommes et des militaires en particulier.
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  • Par Spilett, le 08 décembre 2010

    Dans ce monde à l'esprit pourri, une femme ne saurait être que l'épouse ou la putain d'un homme - du moins ne tarde-t-elle pas à devenir l'une ou l'autre.
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  • Par toto, le 18 octobre 2010

    Elle prit un appartement, ce qui suscita de la part de sa mère une nouvelle avalanche de poires à injection et une pile de chaussures de la part de son père. Elle comprit soudain qu'ils se tenaient le raisonnement suivant : si elle est destinée à devenir putain, au moins qu'elle soir propre et bien chaussée
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  • Par Aela, le 12 février 2011

    Le monde est dangereux et imprévisible, alors qu'on nous vend un monde confortable et sans surprise.
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