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Critiques sur Le monde selon Garp (41)


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    • Livres 5.00/5
    Par Woland le 26/12/2007


    The World According Garp
    Traduction : Maurice Rambaud

    Qui ne connaît pas « Le monde selon Garp » de John Irving ? (En tous les cas, moi, je l'ai longtemps ignoré ...)

    Pour ceux qui ne l'ont pas encore lu et que j'envie, il s'agit d'un roman qui, par son ampleur et la série de « types » qu'il met en scène, évoque irrésistiblement un auteur comme Charles Dickens ou encore Thackeray. Mais, chez Irving, les bons sentiments, quand ils existent, sont toujours menacés par ce que le benjamin de la famille Garp avait l'habitude d'appeler « le Crapaud du Ressac. » C'est le Crapaud de l'Angoisse et aussi celui de la Mort qui, tôt ou tard, vient réclamer son dû.

    Pourtant, on rit et l'on sourit beaucoup chez John Irving qui se fait ici une joie de renvoyer dos à dos tous les extrêmistes, que ceux-ci soient féministes ou machissimes. Sa peinture à la fois aiguë et burlesque des milieux féministes réjouira aussi bien les femmes que les hommes. Les anti-féministes sont, quant à eux, irrécupérables et si dangereux que l'un d'entre eux finit par assassiner la mère de Garp, l'intrépide Jenny Fields, laquelle, après la parution de son ouvrage autobiographique,

    « Sexuellement Suspecte » - beau titre, n'est-ce pas ? - avait été revendiquée comme emblème par le mouvement féministe américain. le sel de la chose, c'est que Jenny ne se sentit jamais féministe dans l'âme. Simplement, elle cherchait à "aider ceux qui en ont besoin."

    Il est révélateur de constater que, si Irving accorde repentance et réhabilitation à la féministe complètement exaltée qui abat ensuite le fils de Jenny, il n'offre en revanche aucun salut à l'assassin de Jenny. Pire : il le fait descendre immédiatement par son propre beau-frère.

    « Le monde selon Garp », c'est aussi, imbriquée dans le roman, la première nouvelle vendue par le héros. Intitulée « La Pension Grillparzer » - Garp et sa mère se trouvaient à Vienne quand elle fut rédigée – elle apparaît comme un condensé de tout ce qui fait le charme et la profondeur du roman : humour, sens de l'absurde, compassion envers autrui, férocité pourtant, hantise de la mort aussi …

    C'est encore la fantastique figure de Roberta Muldoon, ex-Robert Muldoon, ex-ailier des « Eagles » de New-York et qui, s'étant toujours sentie femme au plus profond de lui-même, choisit un jour de franchir le grand pas et de changer de sexe. Je n'en dirai rien d'autre : lisez et vous verrez bien.

    C'est un enchaînement de situations et de personnages accompli avec une rare maîtrise. C'est un moment de grâce absolue dans la littérature du XXème siècle. C'est aussi une analyse précise de l'art d'écrire. Mais là où cela nous change agréablement de bien des sottises lues ici et là, elle est faite en toute humilité par un écrivain qui sait ce dont il parle et qui n'a que dégoût pour le snobisme sous toutes ses formes.

    En bref, "Le monde selon Garp" est un grand roman. Lisez-le. ;o)

    critique de qualité ? (20 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par MissSugarTown le 11/05/2012


    John Irving fait partie de ces auteurs talentueux et confirmés chez moi, il a suffi que je lise un seul de ses livres pour que je me décide à lire tous les autres, pourtant je l'avais découvert par simple hasard dans une foire de livres d'occasion il y a un an, honte à moi !

    Le monde selon garp est apparemment son livre le plus connu, celui qui a fait son succès il y a quelques années et qui figure dans plusieurs top 100 des livres qu'il faut absolument lire, cité dans divers classements littéraires, et d'ailleurs plusieurs de ses livres y figurent, c'est pour dire le talent de John Irving !

    Le monde selon garp commence avec une femme, Jenny Fields, qui avait envie d'avoir un enfant, seule. N'ayant jamais ressenti le besoin d'être avec un homme, et ne comprenant pas pourquoi les autres ressentaient cette envie, elle voyait en la quête de plaisir (une notion qu'elle ne connut jamais et n'en éprouva jamais le besoin) ainsi que la concupiscence comme elle aimait bien le répéter, la principale voie qui menait vers la ruine de toute l'humanité ! Ce thème constituera d'ailleurs le noyau de tout le roman. Elle réussit à avoir un enfant, Garp, d'une façon bien singulière que je vous laisserai le soin de découvrir. Jenny Fields, en repensant maintenant au roman, je crois que de toutes mes lectures, aucun personnage ne m'aura autant marquée. Pourtant elle n'était pas si présente que ça sur les 600 pages et quelques, mais je réalise qu'elle était une sorte de référence, pour tous les personnages du livre, leur lien commun en effet...

    Ce livre, tout comme le premier livre que j'avais lu de cet auteur nous raconte l'histoire du personnage principal, Garp, depuis les conditions de sa venue au monde jusqu'à sa mort, ce qui nous donne un roman très complet, et très consistant. A la fin de ses livres, j'ai toujours l'impression d'avoir vécu 10 ans ou toute une vie tout au long de ma lecture. Ses livres sont également aussi riches en évènements et en action, qu'en style d'écriture, en analyse psychologique des profils de tous les personnages, en fait ils sont tous principaux et importants pour John Irving, et ça c'est un travail qui demande une grande endurance et une bonne dose de perfectionnisme.

    En plus de la concupiscence, le second thème principal aussi dans ce livre est le côté très protecteur de Garp. Garp est un père un peu paranoïaque, qui a tout le temps trop peur pour ses enfants et sa femme, et s'imagine toujours le pire dès que l'un d'eux n'est plus dans son champ de vision. Il pensera plusieurs fois que le monde est rempli de dangers futiles et rêvera de pouvoir s'isoler totalement avec sa famille de ce monde plein de dangers...

    Parmi les choses qui ont fait que j'ai été très impliquée dans ma lecture est le fait que Garp est un écrivain, et j'adore lire les livres dont le personnage principal est écrivain ! Bonus dans l'histoire, sa mère aussi a écrit un livre à succès qui déclenchera un grand mouvement féministe et deviendra elle-même une icône du féminisme, et la femme de Garp ainsi que sa mère d'ailleurs encore une fois, sont de grandes lectrices et passent leur temps à bouquiner.

    Ce livre traite donc de féminisme, de violence, de sexe, de libération de la femme... et de plein d'autres sujets. On y retrouve aussi la lutte, qui est un sport très pratiqué par John Irving, il y était consacré avant de se lancer dans sa carrière d'écrivain, on y retrouve alors ici et là des évènements inspirés de sa propre vie, mais ce livre n'est pas une autobiographie. D'ailleurs John Irving déteste lorsqu'on lui pose cette question : est-ce que ce livre est une autobiographie ? Ou bien quelle est la part du vrai et du faux comparé à votre vraie vie ? Pour lui c'est une question qui n'a pas lieu d'être et qui l'ennuie, à ces gens-la il leur répond que le travail d'un romancier c'est avant tout d'imaginer, et qu'évidemment tout ce qu'on peut écrire est inspiré et influencé à des degrés différents de nos propres vies, et qu'un romancier réécris sa vie en l'imaginant encore meilleure, ou différemment...

    En bref, c'était une très bonne lecture, très intéressante, j'en attendais pas moins de cet auteur.


    Lien : http://laculturehajarienne.blogspot.com/2012/05/le-monde-selon-garp-..

    critique de qualité ? (18 votes positifs)



  • Par Aela le 12/02/2011


    C'est le quatrième roman de John Irving. Il est devenu dans les années 80, un roman culte pour une génération. Ce roman raconte la vie de Garp, né d'une mère féministe jusqu'à l'extrême, infiirmière dans un premier temps, écrivain engagé dans la cause du féminisme ensuite, et qui va mener l'éducation de son fils tambour battant. Quand vient le moment pour son fils de lui faire choisir un sport, etle lui fait choisir la lutte, qui fut aussi le sport de jeunesse de l'auteur.
    La mère toute puissante va aider son fils dans sa vocation d'écrivain et l'aider à découvrir le monde, préalable à une bonne carrière d'auteur selon elle.
    Dans ce livre défile tout une galerie de personnages savoureux, non conventionnels, ce qui fait le grand charme du roman: le héros lui-même devient homme au foyer, ce qui était peu courant à l'époque, de même Roberta deviendra la meilleure amie de la famille Garp, Roberta la transsexuelle, l'ancien ailier d'une équipe de football.
    Un monde donc baroque, jubilatoire, avec des intrigues serrées, des personnages multiples qui font rire souvent mais qui sont toujours en butte à une violence terrible, c'est le thème qui revient sans cesse dans ce roman: guerre des sexes, intolérance, fanatisme..
    Une très belle oeuvre de John Irving, qui affirme qu'il est un écrivain démodé, ses maîtres étant Dickens, Thomas Hardy, Melville, Hawthorne..Et pourtant les thèmes qui reviennent sous sa plume sont d'une fantastique modernité...

    critique de qualité ? (18 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par athena1 le 28/02/2009


    Voici un livre que l'on m'a vivement conseillé de lire.
    Je dois dire qu'au début de ce roman j'étais très sceptique. De la conception de GARP jusqu'à son adolescence, nous sommes en présence d'un personnage tout à fait banal ou même un genre d'anti héros.
    Par la suite, ce roman nous fait partager le monde du féminisme dans sa forme la plus extrême. Il nous livre les craintes et les échecs de l' écrivain face au danger d'une vie personnelle trop houleuse, et notamment l'échec que constitue le roman exutoire.
    Mais aussi il nous fait vivre à travers GARP tous les éléments d'une vie : l'amitié, l'amour, l'échec, la discorde, la haine, le pardon mais aussi car elle fait bien partie de la vie elle aussi : la mort.
    Je n'en dirai pas plus alors lisez-le!!!

    critique de qualité ? (10 votes positifs)



  • Par gflorens84 le 24/03/2012


    Ceci n'est pas une critique... J'ai lu Garp il y a déjà 15 ans, et je n'en garde aucun souvenir précis, si ce n'est l'enthousiasme qui succéda à sa lecture. Je l'avais mis au panthéon de mes bouquins, et sans doute un jour le relirai-je. Mais résistera-t-il à la relecture ? Arriverai-je à y retrouver ce que j'y ai laissé et le plaisir qu'il m'a donné ? Réponse dans quelques mois ;-)

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par -lili- le 14/11/2010


    J'ai lu pour la première fois Le monde selon Garp quand j'étais au lycée, et je l'ai relu plusieurs fois depuis, sans retrouver bien sûr le choc de la première lecture, celui ou on se retrouve à retourner les pages que l'on vient de lire en recherchant les indices qu'on a manqué... Ce livre reste culte pour moi, même si depuis j'ai lu des livres que j'ai préféré, avec moins de longueurs notamment... Mais l'univers de John Irving est tellement particulier, avec ses obcessions ( les ours, les erreurs de conduite qui peuvent couter cher...), ses situations complètements loufoques, ses anti-héros... Notamment dans Le monde selon Garp, les féministes sont succulantes! Il est difficile de décrire ce roman à tiroirs, car il ne s'y passe finalement pas tant de choses que ça, mais il faut à mon sens essayer de le lire au moins une fois...

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par jcnb68 le 05/10/2011


    Il y a deux types d'auteurs ; ceux qui ont du talent et ceux qui sont honnêtes. J'entends par honnêteté, que l'on ne vous prenne pas pour un con (même si vous l'êtes).
    Et puis, il en existe un troisième ; les génies, qui allient les deux premiers.

    Irving fait à mon humble avis partie de cette troisième classe.
    Merci pour lui et autant pour moi.

    Ce roman est un drame à bien des égards et il renvoie au nôtre propre ou au mien en tous les cas.

    À certains détours de phase vous avez envie de mettre les mains devant vos yeux pour ne pas vous prendre la pêche qu'inéluctablement ne manquera de vous assommer.
    Après ça, vous pourrez toujours vouloir persévérer dans votre connerie mais ce ne sera pas faute d'avoir été prévenu.

    Ce roman mêle la violence (celle intrinsèque à la vie ; elle n'est pas inventée), la poésie, le génie narratif, la peur existentielle, le sens commun et une loufoquerie qui rend le tout, magnifiquement absurde, autant que peut l'être notre petite vie de merde mais pas si merdique que ça dans le fond.

    L'on ne sort pas de cette lecture indemne.
    Il ne manquerait plus que ça !

    critique de qualité ? (5 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par polko le 14/04/2012


    Le premier d'Irving et sans nul doute le meilleur.

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par latina le 21/08/2011


    Ce livre ne m'a pas franchement emballée, et je n'arrive pas à en connaître la cause...Il parle du féminisme, j'adore; il parle de l'amour profond que l'on porte à ses enfants, j'adore; il parle de lecteurs , j'adore...Le style est fluide. Mais pourquoi est-ce que je n'aime pas trop LE TOUT? Peut-être parce que je n'arrive pas du tout à m'identifier à Garp? Mais je le comprends, pourtant...Peut-être parce que le groupe des "Ellenjamesiennes" m'horripile et me semble trop irréaliste?...Je n'en sais rien...Mais ce dont je suis certaine, c'est que je ne relirai pas de sitôt!

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Keolla le 25/09/2008


    Un chef d'œuvre. On aime Garp, on le déteste, on l'envie, on le pleure, on s'en moque, etc. Toutes ses émotions font que le livre se lit tout seul !
    La suite ici : http://keolla.livejournal.com/964.html

    critique de qualité ? (4 votes positifs)






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