> Michel Lebrun (Traducteur)

ISBN : 2020257793
Éditeur : Editions du Seuil (1995)


Note moyenne : 4.19/5 (sur 239 notes) Ajouter à mes livres
Owen tue la mère de John, son meilleur ami, d’une balle de base-ball perdue. A onze ans, il se proclame instrument de Dieu, et, grâce à lui, John devient chrétien. C’était avant Kennedy, la guerre du Vietnam et la prolifération de l’arme nucléaire. John se souvient de s... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 30 juillet 2009

    Woland
    A Prayer for Owen Meany
    Traduction : Michel Lebrun
    "Une prière pour Owen" ressemble à un haut-de-forme de prestidigitateur. Dans ce livre-fleuve (près de sept-cents pages chez Points), John Irving a mis tout de sa nature de romancier : l'amour de la fresque, le souffle, une technique remarquable, des personnages que Dickens aurait pu imaginer et une réflexion sociale et politique qui sous-tend l'ensemble. Mais ces caractéristiques ne sont pas que des vertus : si le prestidigitateur, s'emportant, veut faire montre de trop d'audace, il risque de dévoiler ses trucs à un public qui cessera de croire en lui. Qu'importe : pour raconter l'histoire d'Owen Meany, John Irving prend Tous les risques.
    Terrible fut pour moi l'instant où je sentis vaciller ma foi en ce romancier - car ce moment, je l'ai connu, eh ! oui ! Lorsque Owen, alors un gamin de onze-douze ans, donne ses ordres (il n'y a pas d'autre terme) à celles et ceux, enfants et adultes, qui préparent le spectacle de la crèche de Noël. Owen, qui en a plus qu'assez du rôle qu'on lui attribue depuis des années, a résolu d'obtenir la vedette : il veut représenter l'Enfant Jésus. Mais comment réussir à convaincre l'épouse du pasteur, femme très autoritaire sous ses dehors souriants, de la justesse de son raisonnement ?
    Je ne vais pas vous expliquer comment Owen parvient à ses fins - si je vous ai mis l'eau à la bouche, foncez vous procurer le livre. Wink Mais il parvient non seulement à décrocher le rôle mais encore à imposer ses propres vues sur les autres personnages et sur la mise-en-scène. Tout ça, à onze ans, avec sa stature qui en fait facilement trois de moins et sa voix si particulière que John Irving a éprouvé le besoin de le faire parler, du début jusqu'à la fin de son roman, en majuscules.
    Quand j'ai lu la scène pour la première fois, je suis restée incrédule. Je me suis même dit : "Ce n'est pas possible, il prend son lecteur pour un imbécile !" La deuxième fois, j'étais toujours aussi sceptique mais je croyais sentir que, en grattant un tout petit peu ... La troisième fois, j'avais compris : j'avais pris le seul parti qu'il me restait, j'avais choisi d'y croire.
    Comme je crois à Samuel Weller, à la régénération de Mr Dombey, à Mr Micawber et à Betsy Trotwood, à l'agonie de la petite Nell, à Pip et la vieille Miss Haversham et même aux malheurs d'Oliver Twist.
    C'est le propre des créateurs-nés - et des illusionnistes-nés - d'attirer ainsi le lecteur-spectateur dans la réalisation de ses rêves personnels. En ce sens et quelles que soient ses faiblesses (et il en a, nous les distinguons aujourd'hui d'un oeil aussi implacable que l'était celui des contemporains lisant le "Pot-Bouille" de Zola, en attendant, très probablement, que les lecteurs du siècle prochain les occultent complètement ou ne les considèrent plus qu'avec une indulgence amusée), John Irving est un romancier fabuleux, un vrai. Avec Owen Meany et son incroyable destin, il a créé un personnage qu'on ne peut pas oublier.
    Parce que, en chacun de nous, sommeille un Owen Meany, c'est-à-dire un être humain qui s'interroge désespérément sur le sens à donner à son existence. Plus que la certitude d'un Dieu biblique ou pas, John Irving affirme ici le lien éternel de l'espèce humaine avec un univers physique et spirituel dont la conscience la dépasse. Il le fait avec candeur et roublardise, avec tristesse et humour mais toujours avec Foi - une Foi qui, parce qu'elle ne se borne pas au domaine religieux, mérite largement sa majuscule.
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par TwiTwi, le 31 décembre 2009

    TwiTwi
    Par où commencer ? Comment parler de ce livre bouleversant, inoubliable ? C'est ma deuxième lecture, la précédente datant d'il y a plus de 10 ans. le même choc, les mêmes rires, les mêmes larmes, la même plongée dans la vie de Owen Meany et de son meilleur ami, John Wheelwright.
    Owen Meany est un garçon tout petit, tout léger à la voix complètement déglinguée et à la personnalité bien trempée. John Wheelwright, le narrateur est un garçon tout ce qu'il y a de plus normal, voire un peu effacé. Si c'est l'histoire d'Owen que John raconte en premier lieu, c'est aussi la sienne, intimement liée au destin d'Owen Meany. Destin décidé par Dieu, destin qui sera révélé à Owen d'une bien étrange façon et qui façonnera ses actes jusqu'à sa réalisation.
    S'il ne devait rester qu'un livre sur terre. C'est celui-là que je choisirais de garder. C'est le livre le plus juste, le plus vrai qu'il m'ait jamais été donné de lire.
    Les personnages sont tellement bien dessinés que l'on a l'impression de vivre avec eux, de les avoir en face de nous. Ils sont d'une cohérence parfaite, leurs attitudes ne nous paraissent jamais sorties de nulle part ou ne correspondant pas à ce que l'on aurait pu s'attendre d'eux. Ils ont leur caractère, leur façon de parler, d'agir, comme s'ils étaient vrais ou avaient vraiment existé.
    L'histoire et sa narration est stupéfiante de réalisme et de justesse également. John raconte, dans l'après coup, comment il en est venu à croire en Dieu. Les 700 pages du livre sont consacrées à expliquer les premières phrases du livre :
    Si je suis condamné à me souvenir d'un garçon à la voix déglinguée, ce n'est ni à cause de sa voix, ni parce qu'il fut l'être le plus petit que j'ai jamais connu, ni même parce qu'il fut l'instrument de la mort de ma mère. C'est à lui que je dois de croire en Dieu ; si je suis chrétien, c'est grâce à Owen Meany.
    Qu'on ne s'y trompe pas, ce n'est pas le récit d'une grenouille de bénitier. C'est un récit poignant sur l'amitié inconditionnelle, sur la foi et le rapport à la religion, sur la politique américaine en particulier pendant la guerre du Viet-Nam. du passé au temps présent, la narration de John Wheelwright ne donne jamais l'impression d'être décousue, tout s'enchaîne avec fluidité. A tel point que l'on se demande quelle part de lui-même John Irving a placé dans ce livre. D'ailleurs, il partage de nombreux points communs avec John Wheelwright.
    Le style d'Irving est imparable. Il manie l'ironie, l'absurde et l'émotion d'une main de maître, nous faisant passer du rire aux larmes comme un public de pièce de théâtre . Dans le domaine de l'absurde, on ne peut échapper à la scène d'Owen en troisième esprit de Noël dans la pièce annuelle adaptée du conte de Dickens, celle de la coccinelle au milieu du gymnase ou encore celle de la Nativité, Owen jouant le rôle du petit Jésus. Quant aux larmes, on n'y échappera pas à plusieurs reprises.
    Non, vraiment, jamais un livre n'aura atteint, à mes yeux, un tel degré de perfection. A lire absolument.

    Lien : http://ledragongalactique.blogspot.com/2009/12/une-priere-pour-owen...
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  • Par petitepom, le 23 mars 2012

    petitepom
    C'est la première fois que je finis un livre de john Irving et que j'aime, le personnage d' Owen est hors du commun, je suis tombée sous son charme comme tout les personnages qui l'entourent.
    Ce n'est pas seulement le personnage d'Owen qui m'a intéressé dans ce livre, c'est le regard de l'Amérique dans ces années 50/60 :
    -tout d'abord, la façon dont vit la famille de John, malgré les différences de classe, il y a une communication et une entraide, les barrières sociales s'effacent peu à peu et réunit tout le monde avec la modernité ; l'arrivée de la télé en est l'exemple flagrant.
    -l'école est aussi le modèle de celle d'aujourd‘hui en Europe, comme l'arrivée des Psychologues pour régler les problèmes ; là encore l'école évolue, efface les différences et apportent d'autres méthodes d'enseignement.
    L'amitié entre John et Owen est très fusionnelle, Owen est le moteur qui fait avancer John. Cela est très prenant et fait la richesse de ce livre.
    J'ai beaucoup aimé ce récit, sans aucun moment d'impatience comme ce fut le cas à la lecture de « Une veuve de papier » et « le quatrième main » ; comme quoi, il ne faut jamais s'arrêter sur une mauvaise impression.
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par pictura, le 16 mai 2012

    pictura
    Mon roman préféré de John Irving. Ce fut aussi le premier que j'ai lu. Irving incarne la magie de la littérature américaine, ses livres se lisent comme un enfant joue au tourniquet, il faut pas que ça s'arrête, ne pas s'arrêter, non , pas dejà .... encore, encore... On veut du Irving pour toujours...
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    • Livres 5.00/5
    Par Folfaerie, le 12 avril 2010

    Folfaerie
    J'ai pris une claque avec ce livre. Qui me hante encore.
    J'ai été émerveillée et touchée par ce foisonnant roman et ce personnage extraordinaire, Owen Meany, étrange lutin au charisme indéniable. Owen et sa drôle de voix restera longtemps dans ma mémoire, comme est toujours présent Homer Wells. Quel autre auteur qu'Irving peut bâtir une histoire, une destinée en fait, sur une robe rouge habillant un mannequin, une balle de base-ball, et des entraînements de basket ?
    Comment la statue d'une Vierge Marie, le rôle d'un spectre dans une pièce de Noël et la reconstitution d'une crèche vivante vont-ils pouvoir influencer la vie de deux amis, Owen et le narrateur, John Wheelwright ?
    On peut considérer Une prière pour Owen est à la fois l'une des plus belles histoires d'amitié, le roman de la foi, ou encore une diatribe contre le gouvernement américain.
    Burlesque et dramatique, ce roman nous permet de faire connaissance avec une galerie de personnages hauts en couleurs, comme toujours, des hommes et des femmes admirables ou grotesques, originaux ou lamentablement médiocres, de la grand-mère Wheelwright, délicieusement tyrannique et sa cohorte de domestiques, en passant par les parents d'Owen, plus que bizarres, les brutaux cousins de John, le proviseur imbuvable à qui Owen rendra la vie infernale (ah, la scène de la voiture montée dans une salle de classe…), la cousine Esther, amoureuse d'Owen et future star du rock. Dès les premières pages, Irving donne le ton, et nous livre, mine de rien, la clé du destin d'Owen que l'on s'efforcera de déchiffrer tout au long du roman en redoutant naturellement les dernières pages qui infligent fatalement un choc au pauvre lecteur.
    Ce n'est pas un chef-d'oeuvre de la littérature américaine, mais de la littérature tout court.
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Citations et extraits

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  • Par wictoria, le 27 septembre 2008

    Quand meurt, de façon inattendue, une personne aimée, on ne la perd pas tout en bloc ; on la perd par petits morceaux, et ça peut durer très longtemps. Ses lettres qui n'arrivent plus, son parfum qui s'efface sur les oreillers et sur les vêtements. Progressivement, on additionne les pièces manquantes.
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  • Par Luniver, le 18 janvier 2012

    Le sagamore local s'appelait Watahantowet ; en guise de signature, il dessinait son totem sur les actes de vente : un homme sans bras. Par la suite, il y eut des discussions - fort peu intéressantes - au sujet du contrat avec les Indiens, et des hypothèses un peu plus intéressante sur la signification du totem sans bras. Les uns disaient qu'il symbolisait l'état d'esprit du sagamore en se voyant ainsi dépouillé de sa terre - comme si on l'amputait des deux bras-, les autres faisaient remarquer que sur les précédentes "signatures" de Watahantowet, le bonhomme, toujours dépourvu de bras, tenait une plume dans la bouche, indiquant ainsi la frustration du sagamore de ne pas savoir écrire. Mais dans d'autres versions du totem, l'effigie a un tomahawk dans la bouche et l'air complètement zinzin ; ou encore, il peut signifier la paix : pas de bras, tomahawk dans la bouche, Watahantowet ne combat pas... Quoiqu'il en soit de ces diverses interprétations, vous pouvez être sûrs que les Indiens se firent posséder jusqu'au trognon.
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  • Par TwiTwi, le 25 juin 2009

    Depuis le lointain Noël 1953, j'ai toujours considéré cette période de fête comme un enfer pour les familles qui ont subi la perte d'un être cher et qui ne sont pas au complet ; la prétendue coutume des cadeaux vaut autant pour ceux que l'on donne que pour ceux que l'on reçoit. C'est à Noël que nous prenons conscience de ce qui nous manque.
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  • Par TwiTwi, le 21 octobre 2009

    Maintenant, il y avait une raison concrète à mon angoisse, mais je me sentais mal à l'aise : en quoi la mort de Marilyn Monroe pouvait-elle me concerner ?
    "ELLE NOUS CONCERNE TOUS, me dit Owen Meany quand, ce soir-là, je lui téléphonai. ELLE ÉTAIT L'IMAGE MÊME DE NOTRE PAYS : PLUS TRÈS JEUNE MAIS PAS ENCORE VIEILLE ; UN PEU ESSOUFFLÉE, D'UNE TRÈS GRANDE BEAUTÉ, PEUT-ÊTRE UN PEU BÊTE, ET PEUT-ÊTRE PLUS INTELLIGENTE QU'ELLE N'EN DONNAIT L'IMPRESSION. ET ELLE ÉTAIT A LA RECHERCHE DE QUELQUE CHOSE. JE CROIS QU'ELLE VOULAIT S'AMÉLIORER. REGARDE LES HOMMES DE SA VIE ... JOE DI MAGGIO, ARTHUR MILLER, PEUT-ÊTRE LES KENNEDY ... REGARDE COMME ELLE ÉTAIT DÉSIRABLE. C'EST CE QU'ELLE ÉTAIT : DÉSIRABLE; ELLE ÉTAIT DRÔLE ET SEXY - MAIS VULNÉRABLE AVANT TOUT. ELLE N'A JAMAIS ÉTÉ TOTALEMENT HEUREUSE. ELLE ÉTAIT TOUJOURS UN PEU TROP GROSSE. EXACTEMENT A L'IMAGE DE NOTRE PAYS !"
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  • Par Luniver, le 21 janvier 2012

    À travers sa porte close, nous entendions respirer Hester ; la respiration d'Hester après boire se situait à mi-chemin entre le ronflement et le gémissement.
    «Pourquoi boit-elle autant ? demandai-je à Owen.
    - ELLE EST EN AVANCE SUR SON ÉPOQUE.
    - Et ça veut dire quoi au juste ? Doit-on s'attendre à une génération d'ivrognes ?
    - NOUS AURONS UNE GÉNÉRATION QUI REFUSERA D'ENVISAGER L'AVENIR, ET PEUT-ÊTRE DEUX GÉNÉRATIONS QUI SE FOUTENT DE TOUT.
    - Comment le sais-tu ?
    - JE NE SAIS PAS COMMENT JE LE SAIS, MAIS JE SAIS QUE JE SAIS», répondit Owen Meany.
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