ISBN : 2264034963
Éditeur : 10-18 (2002)


Note moyenne : 3.68/5 (sur 28 notes) Ajouter à mes livres
Après le suicide de sa fille aînée, Etsuko, une japonaise installée en Angleterre, se replonge dans les souvenirs de sa vie. Peut-être l’explication du drame demeure-t-elle enfouie dans ce Japon qui, dans les années 50, se relevait des plaies de la guerre et du traumati... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 23 décembre 2007

    Woland
    A Pale View of Hills
    Traduction : Sophie Mayoux
    Qu'il s'agisse du magique et surréaliste « Inconsolé » ou de l'onirique « Quand nous étions orphelins », l'œuvre de Kazuo Ishiguro, écrivain anglophone d'origine japonaise, déçoit rarement et se prête volontiers à plusieurs lectures. C'est que l'art de son auteur s'exprime toujours en demi-teintes et en non-dits, ainsi que le prouve son plus que célèbre « Les Vestiges du jour. »
    « Lumière pâle sur les collines », dont, par extraordinaire, l'action se situe pour l'essentiel dans le Japon de l'immédiate Après-guerre, très précisément à Nagasaki, ville-martyr, ne contrevient pas à ce principe. Mieux : de tous les romans d'Ishiguro, celui-là est sans conteste celui qu'il faut lire avec le plus grand soin, l'attention la plus éveillée et une lenteur qui confine au rituel d'une authentique « cérémonie du thé". Et, avant tout, il faut s'attacher au titre original du livre - « A Pale View of Hills » - dont la traduction française, plus classique, n'a pas su préserver l'ambiguïté.
    L'histoire débute dans la campagne anglaise, où la narratrice, une Japonaise, possède une maison que lui a léguée le Britannique qui fut son second époux. C'est là que la rejoint la fille qu'elle a eue avec Bill, Nikki, jeune fille émancipée qui, d'ordinaire, vit à Londres.
    Nikki vient apporter un peu de réconfort à sa mère, qui vient de perdre sa fille aînée, Keiko, née de son premier mariage au Japon. Keiko, transplantée fillette dans un pays qu'elle n'apprécia jamais et par l'entremise du remariage de sa mère avec un homme qu'elle considéra toute sa vie comme un parfait étranger – Keiko ne s'est jamais acclimatée à l'Angleterre. Un jour, elle partit elle aussi pour Londres et elle s'y pendit, toute seule dans son minuscule appartement. Pour sa sœur cadette comme pour sa mère, le deuil est récent et, inévitablement, les deux femmes vont s'en entretenir.
    Et puis – et surtout – Etsuko, la narratrice, laisse affleurer à nouveau à la surface de ses souvenirs tout son passé à Nagasaki et cet étrange été où, pendant quelques semaines, alors qu'elle attendait la naissance de Keiko, elle se lia d'amitié avec la plus solitaire de ses voisines, Sachiko, une jeune veuve qui élevait sa fille, la petite Mariko, pour laquelle Etsuko devait se prendre de sympathie.
    A partir de là, sous peine d'en révéler ses subtilités, il me devient impossible de résumer l'intrigue. Qu'il vous suffise de savoir qu'on devine rapidement le mélange de fascination et de répulsion qu'Etsuko ressent envers Sachiko, femme cynique, hautaine et émancipée, bien décidée à épouser Frank, un soldat américain, afin de s'ouvrir une vie nouvelle sur un continent nouveau. Que la petite Mariko, que le lecteur, comme Etsuko, voit trop souvent laissée à elle-même et à son imaginaire, ne cache pas son hostilité à pareil projet importe peu à cette mère si peu maternelle et dont on est tenté de croire qu'elle voit en son enfant plus un boulet qu'une fillette à aimer et à protéger.
    Lentement, sûrement, implacablement, Ishiguro mène son lecteur à l'étonnante conclusion de son roman, conclusion devant laquelle on se frotte les yeux tant on reste ébahi par la subtilité du texte. Puis, on repart une ou deux pages plus loin, on les relit et, comme cela ne suffit pas, on repart encore un peu plus loin dans les pages déjà lues, on fouille, on cherche … Une trace, une preuve, un mot plus révélateur qu'un autre … Mais ce n'est qu'au bout de plusieurs lectures et d'infiniment de patience qu'on finit par apercevoir ce « pâle éclairage sur les collines », le mot « éclairage » devant être pris ici dans le sens de « point de vue. » ;o)
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    • Livres 3.00/5
    Par Lostinmypal, le 26 janvier 2012

    Lostinmypal
    Franchement, je ne sais que penser de ce livre. Globalement, je n'ai pas vraiment aimé. Il fait partie des premières oeuvres d'Ishiguro et, stylistiquement parlant, je préfère sa voix actuelle. De même que, contrairement à ses romans plus récents, le Japon de l'après-guerre est le lieu principal de l'intrigue, autre aspect qui ne me passionne pas vraiment.Cela dit, à la fin, je n'ai pu que constater qu'il était fortiche Kazuo, d'où la troisième étoile. Il n'en reste pas moins que, globalement, je n'ai pas réussi à entrer dans le livre. Je peux comprendre que ce qui m'a agacée au cours de ma lecture était en quelque sorte "justifié" mais j'ai dû mal à oublier la galère que fut cette lecture. Que penser d'un livre qui prend fin quand vous commencez à lui trouver un intérêt ? C'est tout mon problème ... (et revoir l'histoire sous un nouvel angle ne suffit pas à me convaincre que le roman "mérite" plus que la note que je lui ai octroyée).
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  • Par christianebrody, le 27 octobre 2011

    christianebrody
    Neurasthéniques, ce livre est pour vous! C'est triste à souhait.
    Etsuko, installée en Angleterre, reçoit sa file cadette à l'occasion du suicide de sa fille ainée née d'un premier mariage au Japon. Cette perte la replonge dans ses souvenirs, un particulier: celui de sa rencontre avec une autre femme japonaise, mère célibataire et affublée d'un enfant traumatisé par la vie.
    Japon, deux bombes plus tard, la reconstruction du pays qui commence. Etsuko, nouvellement mariée et enceinte fait la connaissance d'une voisine qui vit dans une maison sombre seule avec sa petite fille. Une amitié étrange se noue entre ses deux femmes. L'une respectueuse des règles sociales et familiales, se plie volontiers à un certain code du savoir vivre. Contrairement à son époux qui voit d'un mauvais oeil l'intrusion de son propre père chez lui, Etsuko semble ravie d'entretenir cette ancienne mode sociale; vivre sous le même toit avec l'ancienne génération et péréniser un mode de vie qui disparait assez vite depuis la guerre. Car le pays en se reconstruisant, balaie les vieilles habitudes. Ces nouveaux buildings tout équipés sont destinés à ces nouveaux jeunes couples.
    Sachiko, jeune veuve qui élève sa fille seule, a tout quitté et coupé les ponts avec la seule famille qui lui restait et préfère vivre dans une relative pauvreté et poursuivre son rêve: aller vivre et prospérer aux Etats-Unis. Elle a pour ami un militaire qui lui promet monts et merveilles mais tout capote toujours au dernier moment. Elle s'accroche à cet eldorado rempli de promesses pour une jeune femme pleine d'ambitions et par dessus le marché japonaise. Sa fille souffre visiblement de la perte de repères familiales, de la solitude, des errances de sa mère qui poursuit son militaire à travers toutes les bases militaires installées dans le pays. Elle est mutique et l'absence d'amour de sa mère, son obsession l'enferment dans son monde imaginaire.
    L'histoire de Sachiko qui décide, envers et contre tout, de refaire sa vie avec un occidental sans prendre en compte les intérets de sa fille est un écho à ce qui arrivera plus tard à Etsuko.
    Le style est dépouillé, simple, en non-dits. Il sert à merveille cette histoire mélancolique.

    Lien : http://www.immobiletrips.com/dramatique/lumiere-pale-sur-la-colline-..
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    • Livres 4.00/5
    Par clarinette, le 30 août 2009

    clarinette
    Un roman tout en suggestions. Kazuo Ishiguro, auteur britannique d'origine japonaise procède par allusions, au lecteur alors de lire entre les lignes. Tous les protagonistes ont vécus des traumatismes terribles et ont perdu au moins un de leurs proches d'une manière brutale et violente. Toutes les émotions sont pourtant exprimées avec retenue et quand les chagrins sont évoqués c'est avec un détachement apparent qui peut être déconcertant, comme si le plus important était de sauver les apparences et de se montrer fort et positif. Il ne se passe pas grand-chose, pourtant on sent une anomalie, on est happé par ce livre et on a envie de le lire jusqu'au bout.
    Il m'a été difficile d'écrire un commentaire sur ce livre car la fin m'a laissée perplexe, je ne suis pas sûre de l'avoir réellement comprise. L'auteur a-t-il voulu laisser le lecteur libre de l'interpréter à sa façon ? J'ai tout de même été très sensible au charme de l'écriture subtile et toute en finesse de Kazuo Ishiguro et de l'impression de mystère qui s'en dégage, rien que pour ça, j'ai aimé ce livre.

    Lien : http://leslecturesdeclarinette.over-blog.com/article-35228529.html
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    • Livres 4.00/5
    Par Guulh, le 02 mars 2012

    Guulh
    Ishiguro a un seul trip: le narrateur trompé par ses souvenirs. C'est toujours rigolo de retrouver la vérité au prisme des souvenirs déformés.
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Citations et extraits

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  • Par clarinette, le 30 août 2009

    Peut-être mon souvenir de ces évènements est-il devenu flou avec le temps ; peut-être que les choses ne sont pas passées exactement comme je me les remémore aujourd'hui. Mais je me rappelle avec une certaine netteté le sortilège troublant qui semblait nous lier toutes les deux, debout dans les ténèbres qui s'épaississaient, contemplant cette forme qui gisait plus loin sur la berge. Enfin, l'envoûtement fut rompu, et nous nous mîmes à courir. Arrivée un peu plus près, je vis Mariko roulée en boule, les genoux repliés, nous tournant le dos. Sachiko atteignit notre but un peu avant moi car ma grossesse me ralentissait ; elle se tenait près de l'enfant lorsque je la rejoignis. Les yeux de Mariko étaient ouverets et je crus d'abord qu'elle était morte. Mais je les vis bouger et se lever vers nous ; ils nous fixaient avec un regard étrangement vide.
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Vidéo de Kazuo Ishiguro

"Les vestiges du jour". Chronique une minute avant le film. Plongez vous dans l'ambiance de votre film et découvrez des anecdotes de tournage et ses acteurs.








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