Découverte d'un auteur merveilleux, avec un recueil de contes nouvelles vraiment magnifiques, balançant entre la sensibilité de la littérature russe et le goût du fantastique turco-persan : salopards hilarants, gens simples et naïfs oscillant entre chance et malchance, roublards maladroits, et toute cette foule de peuples, ouzbeks, kirghizes, sarts, luli, juifs, communistes, mollahs, cheminots, ivrognes et mouchards… Guilas, 'paisible bourgade d'Ouzbekistan' semble à elle seule un concentré des républiques soviétiques d'Asie centrale, dont le seul lien avec la Russie est
Le Chemin de Fer, convoyant marchandises, soldats, déportés, aller simples ou aller-retour, hasardeux et arbitraires, inspirés par la politique du tsar, des soviets ou du Guide.
Mon personnage préféré est Obid-cori, mollah kirghize ayant épousé par amour une Ouzbek, qui resta indélébilement kirghize chez les Ouzbeks, et qui, du jour où tout le monde fut fortement incité à devenir kirghize, refusa et resta ainsi le seul Ouzbek de Guilas, comme il en resta le seul et unique mollah.
"La vie est tissée de mots : on dit ou on pense avoir bien ou avoir mal agi. Or, que sont le bien et le mal en dehors des mots ? Lorsque les mots sont retournés, ce ne sont plus les feuilles qui projettent de l'ombre mais l'ombre qui engendre des feuilles. (…)
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