
par mgeffroy, le 2008-03-12 16:08:14
"Tu te lèves, tu pisses, tu bois un café, et t'avales un Doliprane." Il se répéta cela à haute voix, lentement, en bougeant une jambe puis l'autre. Il s'assit sur le bord du lit. "Deux Doliprane,...
par mgeffroy, le 2008-03-12 15:59:44
Marseille, ce matin-là, avait des couleurs de mer du Nord. Diamantis avala, vite fait, un Nescafé dans la salle commune déserte, puis il descendit sur le pont, en sifflotant Besame Mucho, l'air qui...
Un matin pluvieux dans le port de Marseille. Les trois marins de l'Aldébaran se lèvent, "le moral poissé dans la grisaille". Voilà cinq mois que leur cargo est à quai : leur armateur, non content de sa faillite, a pris la fuite. Le navire et son trio sont condamnés à attendre que la justice s'intéresse à leur avenir. D'ici-là, il faut survivre, entre la mer et la terre, où ils fréquentent d'autres êtres à la dérive, en quête du sens de l'existence. Marseille, la belle, veille sur eux tel "un éblouissement.(...) Une femme qui s'offre à ceux qui arrivent par la mer" et rappelle à leur souvenir "le bonheur, simple, qui descend du ciel vers la mer".
Jean-Claude Izzo, chantre de Marseille, qu'il met en scène comme un personnage dans tous ses romans, notamment dans sa trilogie "noire" (Total Khéops, Chourmo, Solea), est aussi fasciné par le destin des êtres en perdition, par ce moment de bascule qui les précipite dans l'irréparable, les bannit du bonheur. Son dernier roman, Le Soleil des mourants est consacré aux hommes perdus derrière les initiales "SDF"… --Laure Anciel