Un matin pluvieux dans le port de Marseille. Les trois marins de l'Aldébaran se lèvent, "le moral poissé dans la grisaille". Voilà cinq mois que leur cargo est à quai : leur armateur, non content de sa faillite, a pris la fuite. Le navire e... > voir plus
Jean Claude Izzo nous emporte toujours dans des histoires magnifiques et intenses. Ces trois marins qui survivent et esperent dans le port de Marseille ont chacun un parcours et un bagage emotionnel differents. Tous les trois sont à la recherche de quelque chose de particulier qui leur permettra de retrouver leur équilibre..
L'atmosphere de ce bateau échoué, de ce quai où l'espoir s'amenuise à chaque intant, et le destin qui mettra un coup fatal à l'avenir des personnages font de ce roman une lecture terriblement prenante..
Je suis vraiment très partagé sur ce livre, l'histoire est bonne, mais tarde à venir, on passe beaucoup de temps dans certaines considérations inutiles, et souvent des références au passé qui n'apportent pas grand chose.
Mon plus grand reproche reste néanmoins l'écriture, trop souvent vulgaire, même si l'histoire, parfois s'y prête. Par conséquent, je suis globalement assez déçu de cette lecture.
"Tu te lèves, tu pisses, tu bois un café, et t'avales un Doliprane." Il se répéta cela à haute voix, lentement, en bougeant une jambe puis l'autre. Il s'assit sur le bord du lit. "Deux Doliprane, même. Ouais. Et après, tu te recouches. Ça va ?"
Non, ça n'allait pas. Chaque geste était comme un poignard qu'on lui enfonçait. Il fallait vraiment qu'il aille pisser. C'était à cause de toute cette bière qu'il avait bue hier soir. Encore heureux qu'il ne se soit pas fait sur lui, pendant qu'ils le bastonnaient. Non, ça, ça ne lui arriverait plus. Avant de quitter le bar, il était passé par les chiottes. C'était un réflexe, maintenant. Pressé ou pas, il pissait avant de se rendre quelque part. Surtout s'il devait y aller à pied. Surtout si c'était la nuit.
Marseille, ce matin-là, avait des couleurs de mer du Nord. Diamantis avala, vite fait, un Nescafé dans la salle commune déserte, puis il descendit sur le pont, en sifflotant Besame Mucho, l'air qui lui venait le plus souvent à l'esprit. Le seul qu'il sût siffler aussi. Il sortit une Camel d'un paquet froissé, l'alluma et s'appuya au bastingage. Diamantis, ça ne le gênait pas ce temps. Pas ce jour-là, en tout cas. Depuis le réveil, il avait le moral poissé dans la grisaille.