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ISBN : 2021291200
Éditeur : Seuil (25/08/2016)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.21/5 (sur 172 notes)
Résumé :
Dans la nuit du 18 au 19 janvier 2011, Laëtitia Perrais a été enlevée à 50 mètres de chez elle, avant d'être poignardée et étranglée. Il a fallu des semaines pour retrouver son corps. Elle avait 18 ans. Ce fait divers s'est transformé en affaire d'Etat : Nicolas Sarkozy, alors président de la République, a reproché aux juges de ne pas avoir assuré le suivi du "présumé coupable", précipitant 8 000 magistrats dans la rue, en février 2011. Mais Laëtitia Perrais n'est p... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (62) Voir plus Ajouter une critique
michfred
03 septembre 2016
★★★★★
★★★★★
Grâce à un petit mot de Jérôme Garcin, en fin d'émission du Masque, j'ai eu envie de découvrir ce livre.
Vous avez peut- être déjà oublié Laëtitia Perrais, jeune fille placée en famille d'accueil, avec sa jumelle Jessica, après une enfance massacrée- mère dépressive et père affectueux avec ses filles mais brutal avec leur mère, foyer, et....famille d'accueil- ?
Sa route croise, un triste jour de janvier, celle d'un criminel récidiviste, brutal, violent, mais pas encore un assassin. L'alcool, la drogue, la frustration et la haine le font irrésistiblement partir en vrille : il va la tuer, la dépecer, éparpiller son corps martyrisé dans les étangs du pays de Retz
Le pays de Gilles de Retz , le terrible Barbe-Bleue. Tout un programme.
Encore un fait divers, me direz-vous, avec une mine un peu dégoûtée. Ce n'est pas de la littérature !
D'abord, écrit Ivan Jablonka , historien et sociologue plus que romancier et auteur de nombreux ouvrages savants , « un fait divers n'est jamais un simple « fait » et il n'a rien de « divers » ». Il « peut être analysé comme un objet d'histoire » car « il dissimule une profondeur humaine et un certain état de la société : des familles disloquées, des souffrances d'enfant muettes, des jeunes entrés tôt dans la vie active, mais aussi le pays au début du XXIème siècle, la France de la pauvreté, des zones périurbaines, des inégalités sociales. »
Ce n'est donc pas un récit linéaire , c'est encore moins un roman, et c'est beaucoup plus qu'une enquête: c'est une interrogation profonde, pertinente, et décapante sur l'espace de liberté que nos sociétés inégalitaires, machistes et sur-médiatisées laissent aux petites filles pauvres pour se soustraire à un destin tout tracé de victimes, et sur celui qu'elles laissent aux hommes de bonne volonté pour faire l'exacte lumière sur les actes et les êtres, et pour exercer la justice malgré des pressions populistes émanant du pouvoir lui-même.
Ivan Jablonka a voulu rendre justice aux unes et aux autres, redonner une place à ces humbles enfants battues, ballotées et martyrisées, et montrer l' obstination et la farouche indépendance de ces discrets travailleurs de l'ombre, gendarmes, juges d'instruction,avocats, travailleurs sociaux, à l'écoute des drames énormes de ces vies minuscules.
Que de prédateurs dans cet assassinat sordide : l'assassin lui-même, bien sûr, mais aussi le père biologique, histrion alcoolique et sentimental (mais auteur de brutalités conjugales) , le père d'accueil, vrai Tartuffe et s'avérant, après l'affaire et sa sanctification en père idéal par l'Elysée, un prédateur sexuel sans scrupule qui a honteusement abusé de ses nombreuses « filles » de passage, et, pour terminer, le président de la République, Nicolas Sarkozy lui-même, instrumentalisant l'affaire comme à son habitude pour faire monter la mayonnaise sécuritaire et durcir encore la législation pénale. « Un fait divers, une intervention publique. A chaque crime, sa loi. Un meurtre vient « prouver » les failles du système pénal existant ; la loi qui y fait suite doit « couvrir » tous les crimes à venir". Ce président n'hésite pas à accuser la magistrature de laxisme, à fausser les faits, à forcer les rôles, provoquant , en Bretagne et ailleurs, une fronde des juges sans précédent. Pauvre Laëtitia, « démembrée par un barbare, récupérée par un charognard » titrait Charlie Hebdo…
Pour résumer, dit Jablonka, la mort de Laëtitia est un véritable féminicide : une petite jeune fille de 18 ans en butte aux quatre figures du prédateur machiste : le Caïd toxico et dangereux, le Nerveux imbibé, le Père-la-Morale pervers et le Chef qui joue les « puissances invitantes », « quatre cultures, quatre corruptions viriles, quatre manières d'héroïser la violence »

L'auteur va même jusqu'à se mettre lui-même en accusation, conscient qu'il est lui aussi un homme, après tout, et même une sorte de disséqueur de cadavre et que son livre,qui jette en pâture au public la vie trop brève de Laëtitia, pratique lui aussi sur la jeune fille une forme de violence. Il entreprend avec une grande lucidité son autocritique ainsi que celle du fait divers en tant que tel, et dénonce avec vigueur les « couples » écrivain-criminel célèbres, de Genet-Pilorge à Carrère-Romand.
Il faut, dit-il, que toute la fascination provoquée par le fait divers aille cette fois à la victime.
Car cette analyse sociologique et politique n'est pas seulement intelligente et convaincante, elle est aussi tendre, empathique, bouleversante: l'auteur fait revivre la figure timide de la petite serveuse, sa vie ébauchée, son essor interrompu, avec un très grand respect, une infinie douceur, une grande justesse.
Laëtitia recouvre son intégrité, et le fait divers, dans un tel ouvrage, ses lettres de noblesse.
Un livre formidable de profondeur, d'humanité et d'intelligence. Je recommande plus que chaudement !!
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domisylzen
21 décembre 2016
★★★★★
★★★★★
Et dire je j'ai faillit ne pas le prendre !
La bibliothécaire : t'nez celui-là vient de rentrer. Il est prix machin-chose 2016 !
Mwa : j'aime pas les prix machin-chose (un peu sur le ton de j'aime pas la tarte au concombre).
Mais lorsque j'ai voulu le reposer sur le présentoir, ma main ne l'a pas quitté. Comme ci l'âme de ce livre avait engagé un dialogue avec mon subconscient.
Un fait divers dans la région nantaise au début de l'année 2011. Laëtitia et sa soeur jumelle sont placées chez monsieur et madame Patron, famille d'accueil. Elles viennent d'un milieu défavorisé et violent. Ici elles tentent de se reconstruire espérant trouver un foyer aimant et reconnaissant. Elles viennent juste d'être majeures et suivent des cours, l'une pour être serveuse, l'autre cuisinière. Laëtitia sera enlevée, torturée, rouée de coup, poignardée, étranglée et pour finir démembrée et jetée à l'eau. Son bourreau, un ferrailleur du coin en mal d'amour, lui aussi venant d'un milieu violent.
L'affaire fait grand bruit, c'est le calme plat côté médiatique et le président de l'époque et ses acolytes ajoutent de l'huile sur le feu en pointant du doigt le dysfonctionnement de l'appareil judiciaire qui descendra dans la rue en colère pour réclamer plus de moyen. de la à dire qu'il y a un avant et un après l'affaire Laëtitia il n'y a qu'un pas.
Un livre que j'ai pris comme un coup de poing. On se croit à l'abri dans nos habitations confortables et proche de chez vous se passe des scènes dont nous ne sommes même pas conscient. La misère guette les plus faibles de nos congénères, dans ce livre ce sont les femmes qui sont les victimes. Victime de l'égo surdimensionné des hommes de tous poils et de leur taux de testostérone.
Ivan Jablonka a enquêté, interrogeant les uns et les autres : familles et amis de la victime, mais aussi de l'agresseur, avocats, magistrats, enquêteurs pour nous éclairer sur tous les dessous de cette affaire. Il nous livre un bouquin d'un travail remarquable, livre qui se veut factuel, sans parti pris. Pourtant difficile de na pas être emporter pas ses émotions devant un tel déchainement de haine et de violence.
Arrive ce chapitre 54 "fait divers, fait démocratique", une merveille sur l'analyse et le traitement de l'information.
Un livre qui me restera.
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MaminouG
19 octobre 2016
★★★★★
★★★★★
Refermer le dernier roman d'Ivan Jablonka "Laëtitia" est une chose, se détacher de son contenu et l'oublier en est une autre. Laëtita, qui ne se souvient pas de cette histoire abominable, de ce crime odieux et de la vague médiatique qui s'en suivit ? Personnellement, je n'ai rien oublié de ce que l'on nomme un "fait divers". C'est peut-être parce que je connais les lieux, parce que je suis originaire de cette région, parce que je suis une maman, parce que je suis, ou plutôt, j'ai été une enseignante et qu'au fond je le suis restée, et que tout ce qui touche aux jeunes m'est important. Alors, non, je n'ai rien oublié de cette horreur.
Mais se plonger dans ce "Laëtitia" là, c'est tout revivre au centuple. Aux confins du roman policier, de l'étude sociologique, de l'oraison funèbre, du récit historique, du devoir de mémoire, sans être rien de tout ça, l'ouvrage est d'une qualité exceptionnelle d'humanité. L'écrivain écrit, certes, mais derrière les mots on entend l'homme, le père.
Ivan Jablonka est un historien et un sociologue et on le sent. Alternant les chapitres techniques, historiques et politiques à la fois et ceux qui racontent la vie de la victime, il nous entraîne dans un compte-rendu précis, détaillé, un point de vue humain. Il rend ainsi un hommage à la victime mais recherche également la justice et la vérité. Il va essayer, tout au long du livre, sans porter de jugement et tout en retenue, d'analyser, de comprendre, d'argumenter, de rechercher les tenants et les aboutissants d'une mort que l'on peut presque croire annoncée.
Ce récit est foisonnant qui est à la fois une étude sur l'inégalité des chances et une observation de l'instrumentalisation de ce type de drame par les politiques. C'est aussi l'occasion de pointer du doigt les manques de moyens de la justice, des instances de réinsertion, les dangers de la prison, les récidives.
En lisant ce document d'une richesse incomparable, j'ai, en effet, du mal à croire à l'égalité des chances. Laëtitia semblait s'être sortie de sa condition d'enfant en souffrance et pourtant. Réussit-on à se relever d'une enfance cabossée ? Et les questions lancinantes… pouvait-on faire quelque chose, était-elle au mauvais moment, au mauvais endroit ou inconsciemment est-elle allée vers ce qu'elle pensait être son destin ?
Ivan Jablonka a réalisé un travail de fourmi pour ressortir cette histoire des cartons et il livre un hommage magnifique à cette jeune Laëtitia à laquelle il redonne toute sa dignité.
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Jall
28 décembre 2016
★★★★★
★★★★★
Voilà un livre que je m'étais promis de ne pas lire : du voyeurisme, selon moi, dont le seul intérêt était commercial, pour l'auteur.
Or, ce livre s'est trouvé entre mes mains, et j'ai ouvert les premières pages. Je n'ai plus pu décrocher.
Ivan Jablonka, l'auteur, universitaire en sciences humaines, explique son projet : Laëtitia n'est connue que comme un nom de victime, qui apparaît sur la notice Wikipédia de son meurtrier. Ce livre est une enquête biographique sur sa vie et a pour but de lui redonner une identité, autre que celle de victime.
De plus, ce "fait-divers" a, à l'époque, eu des retentissements politiques (exploitation par Sarkozy), juridiques (les magistrats de Nantes se sont mis en grève), médiatiques et sociétales (le père de la famille d'accueil qui hébergeait Laetitia a par la suite été accusé d'agressions sexuelles).
Cette enquête, car c'en est une, nous tend un miroir forcément laid mais extrêmement précis de notre société contemporaine : comment certains enfants, dans des familles fragilisées, deviennent victimes désignées ou bourreaux. Comment fonctionne l'Aide sociale à l'enfance. Comment les économies dans les secteurs sociaux et juridiques ne permettent pas à des personnels compétents de faire correctement leur travail. Pourquoi les médias s'intéressent à certaines affaires et comment travaillent les journalistes. Comment fonctionne une enquête de police et quelles sont les relations de celle-ci avec la Justice.
Ivan Jablonka a interrogé les proches de Laëtitia, depuis sa petite enfance, famille, amis, collègues. Il dresse le portrait d'une jeune fille vivante. Il a enquêté auprès de tous les services qui ont été mêlés à sa destinée.
C'est réellement intéressant, car au-delà du destin individuel, forcément tragique, ce livre parle de notre pays et de notre société contemporaine. le lire, c'est mieux les comprendre aussi.
Laissez vos préjugés de côté : Laëtitia n'est pas un croisement de Paris-Match et de Faites entrer l'accusé. C'est un ouvrage très fouillé et de surcroît très bien écrit (l'auteur parvient à introduire une dimension poétique dans les passages les plus dramatiques), c'est un miroir qui nous est tendu sur notre société.
A conseiller, vraiment.
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Drych
15 novembre 2016
★★★★★
★★★★★
Un documentaire sérieux et dépassionné, dont j'aimerais tant voir plus de journalistes et plus de politiques s'inspirer. Au delà de l'intention louable et réussie de redonner son identité à Laetitia, le traitement de ce "fait divers" est exemplaire de sobriété. Et c'est ce recul qui fait tout son intérêt, par un regard lucide sur les failles de notre société, et par l'analyse sans compromis mais sans haine de ce qui amène certains à déroger à ses règles, d'autres à en être les victimes. le travail est celui d'un universitaire qui sait poser les questions que suscite ce drame, et chercher des réponses. Les allers retour chronologiques dont je ne suis d'ordinaire pas fanatique sont ici bien gérés et participent avec simplicité aux interrogations de l'auteur. le style est clair. le sujet est dur, mais la lecture est enrichissante.
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Les critiques presse (6)
Bibliobs26 septembre 2016
Un livre incroyablement puissant.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LaLibreBelgique21 septembre 2016
Un magnifique récit qui dépasse le fait divers (...) Le lecteur a les larmes eux yeux de voir comment le monde des hommes a pu broyer une innocence.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Culturebox07 septembre 2016
Un livre miroir de la société française au début des années 2010. Tout y passe: le fonctionnement de la justice, le rôle des politiques et des médias.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Lexpress22 août 2016
Ce livre vise à raconter à la fois une histoire de France et un destin émietté.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress22 août 2016
Il arrive souvent qu'un lecteur n'ait pas envie de terminer un livre, il est moins fréquent qu'un écrivain fasse tout pour ne pas y mettre un point final. A lire Laëtitia, d'Ivan Jablonka, l'impression est forte d'un auteur en totale empathie avec son sujet et dont la plume se fait volontiers fleurs et couronnes.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama17 août 2016
Se tenant résolument aux côtés d'une jeune fille martyrisée pour en retracer le destin, l'auteur livre bien plus que l'analyse détaillée d'un fait divers.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (69) Voir plus Ajouter une citation
michfredmichfred03 septembre 2016
Dans tous ces moments, j'ai été avec Laëtitia , elle ne m'a pas quitté, j'ai cherché des mots pour dire son silence, j'ai mis de la continuité à la place de la déchirure, j'ai essayé de suivre les sentiers de liberté qu'elle s'est frayés dans l’épaisseur du malheur. "Obéissante, mais aussi rebelle."
La vie ne nous a pas réunis. De toute façon, cela aurait été impossible: elle n'est jamais allée à Paris, je ne suis jamais allé à Pornic avant sa mort, elle m'aurait trouvé vieux et barbant, moi je n'aurais pas su quoi lui dire, elle s'intéressait surtout à son portable et à des séries télé que je ne regarde pas, mes questions lui auraient paru sans intérêt. Nous n'avons rien en commun, et pourtant, Laëtitia, c'est moi.
+ Lire la suite
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domisylzendomisylzen25 janvier 2017
Au lieu d'analyser le problème à froid, le président a choisi la politique du bouc émissaire, qui consiste à désigner des coupables au sein de la société et à annoncer des "sanctions" en réponses à des "fautes" individuelles et collectives.
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floyd2408floyd240805 janvier 2017
– Aucune société, fût-elle totalitaire, ne peut éradiquer le crime. Le mal, le désir de transgression, l’envie, la folie étant constitutifs de l’espèce humaine, le risque zéro n’existe pas.
– La récidive a aussi des causes sociales : misère, échec scolaire, absence de perspectives, surpopulation carcérale. Puisque la prison a un rôle important dans la fabrique de la délinquance (et du terrorisme), il faudrait, en même temps que le « problème de la récidive », se saisir du problème de la prison, cet incubateur de rage.
– Dans son acception politique et médiatique, la « récidive » désigne les crimes et délits commis par des hommes jeunes en situation d’exclusion (pas nécessairement d’origine urbaine ou étrangère, comme le montre l’exemple de Meilhon). Il y a une autre récidive, endémique elle aussi, mais souvent impunie : celle des délinquants en col blanc, par exemple les hommes politiques qui sautent du trafic d’influence à la corruption active et de l’abus de confiance au financement illégal de campagne.
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SycoraxSycorax05 novembre 2016
Au lieu d'analyser le problème à froid, le président a choisi la politique du bouc émissaire, qui consiste à désigner des coupables au sein de la société et à annoncer des "sanctions" en réponse à des "fautes" individuelles et collectives. L'affaire Laëtitia révèle tout un art de gouverner : dresser la majorité contre une minorité, non seulement pour faire oublier ses propres erreurs, mais pour souder le peuple contre un ennemi supposé (le juge, le jeune de cité, le sans-papiers, etc.).
Là est la vraie rupture de Nicolas Sarkozy avec ses prédécesseurs : par-delà leurs différences, De Gaulle et Mitterrand avaient la volonté de rassembler, c'est-à-dire de mettre en valeur ce qui unit les Français. C'est désormais le contraire. Sous Sarkozy, les pouvoirs publics ne sont plus des régulateurs de paix sociale. Le criminopopulisme des années Laëtita trahit la recherche de la division, l'instillation de la méfiance et de la haine dans le corps social - un président de la République blessant la République. (p. 199)
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rkhettaouirkhettaoui03 septembre 2016
Petite fille, elle est restée timide, inhibée, impressionnable, dissociée d’elle-même, spectatrice de la violence et des actes de maltraitance qu’on lui infligeait. Elle a été d’autant plus oubliée dans son coin qu’elle ne réclamait rien ; on l’a d’autant moins consolée qu’elle semblait passive, absente à sa propre vie. Toutes ces choses inexplicables, les cris, les coups, les larmes, les changements, l’indifférence, ont fait naître en elle ces axiomes monstrueux, ces vérités nichées au plus profond de son être, jusqu’à devenir la substance même dont elle était faite : 
Papa a raison
Papa a raison, sinon il tape
Papa a toujours raison, sinon il tue maman
Les hommes ont toujours raison, sinon ils nous tuent
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