S'il ne fallait garder en mémoire qu'un seul fait marquant dans la carrière de musicien de
Benny Goodman, ce serait incontestablement celui-ci :
Benny Goodman fut le premier à intégrer des Noirs dans ses formations de Jazz se produisant en public. Il avait déjà à son actif des enregistrements mixtes puisque le 24 novembre 1933 il participait au dernier enregistrement de la chanteuse Bessie Smith et trois jours plus tard il invitait en studio une jeune interprète de dix-huit ans : c'était la première prestation discographique de Billie Holiday. le 2 juillet 1935 invité par Teddy Wilson il participe à une séance en compagnie de Ben Webster, Roy Elridge, John Trueheart, John Kirby et Cozy Cole afin d'accompagner à nouveau Billie Holiday pour une séance d'enregistrement de trois titres. Il est le seul blanc de cette formation. Mais c'est un plus tard qu'il enfreindra, avec la complicité du batteur Gene Krupa et de John Hammond directeur artistique chez Columbia, cette loi raciale pour ne pas dire raciste qui stipulait que Noirs et Blancs ne pouvaient se produire sur scène ensemble. Au premier trimestre 1936 le Rhythm Club de Chicago désire engager les trois musiciens, c'est-à-dire
Benny Goodman, Gene Krupa et Ted Wilson. Aussi Ted Wilson se produit d'abord seul sur scène, et bientôt Benny et Gene le rejoignent brisant un tabou et enfonçant un premier coin dans le racisme. Mais
Benny Goodman innove également en étant le premier musicien de jazz à se produire au Carnegie Hall, le temple de la musique classique.
Benny Goodman est un musicien éclectique et par ailleurs il enregistrera en 1965 sous la direction d'Igor Stravinsky Ebony Concerto écrit par Woody Herman. Mais ce n'était pas sa première incursion dans le domaine classique puisqu'il enregistra dès 1956 le Concerto pour clarinette de Mozart en compagnie du Boston Symphony Orchestra sous la direction de Charles Munch et quelques autres plages dont le Concerto pour clarinette n°1 de Weber avec l'orchestre symphonique de Chicago sous la direction de Jean Martinon, et bien avant, en 1939, un concert au Carnegie Contrastes pour violon, clarinette et piano, une partition de
Bartók,
Bartók avec au piano
Béla Bartók lui-même et au violon Joseph Szigeti.....
Lien : http://mysterejazz.over-blog.com/