ISBN : 2702142478
Éditeur : Calmann-Lévy (2011)


Note moyenne : 3.35/5 (sur 17 notes) Ajouter à mes livres

Julian Treslove et Sam Finkler se connaissent depuis l’enfance, Libor Sevcik est leur ancien prof d’histoire. Au fil des ans, la vie les a séparés sans qu’ils se perdent tout à fait de vue. Finkler est devenu un philosophe ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Ikebukuro, le 13 août 2011

    Ikebukuro
    Un peu surprise par ce roman qui d'un premier abord tourne autour de la question juive, mais qui en réalité va bien au-delà, d'ailleurs j'ai eu besoin d'un peu de temps après sa lecture pour le "digérer" et faire mon billet. Avais-je aimé ou pas ?
    J'avoue qu'au départ j'ai eu un peu de mal à me projeter dans l'histoire et certains passages m'ont semblés un peu obscurs, notamment à propos de tout ce qui tourne autour de la pratique religieuse. N'étant pas d'origine juive, je suis certainement passée à côté de certaines subtilités de l'auteur mais malgré tout j'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir ce livre, notamment grâce au ton particulièrement caustique de l'auteur.
    L'histoire tourne autour de 3 personnages pas forcément très sympathiques qui vivent tous trois dans une sorte de malentendu permanent. Treslove n'a jamais réussi à se fixer vraiment dans la vie, tombant amoureux à chaque rencontre, il a deux fils qu'il néglige et qui ne l'intéressent pas vraiment, il n'est pas juif mais rêve de l'être à la suite d'une agression où il a cru comprendre qu'on le traitait de "Youpin", Finkler est juif mais intègre le groupe des "juifs honteux" et Libor, le troisième personnage, peut-être le plus touchant dans l'amour inconditionnel qu'il voue à sa femme décédée, se démène dans une vie qui ne l'intéresse plus vraiment.
    Le roman pose de nombreuses questions sur notre rapport à la vie, à la mort, à l'influence d'une religion, à la recherche d'amour et à l'intolérance. Il ouvre de nombreuses portes sur les questionnements de chacun et la place qu'on occupe dans le monde qui nous entoure et on peut tout à fait rapporter certaines réflexions au catholicisme ou à l'intégrisme religieux quel qu'il soit… mais le ton reste jubilatoire malgré le sérieux du fond. Je me suis surprise à sourire souvent et à rire parfois et mon impression générale est que ce fut une réelle découverte littéraire qui permet une vraie réflexion derrière un ton volontairement cynique et humoristique.
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    • Livres 3.00/5
    Par Corboland78, le 18 mars 2012

    Corboland78
    Howard Jacobson né en 1942 à Manchester, est écrivain et journaliste anglais. Après des études en Angleterre et en Australie jusque dans les années 70, il commence à écrire au début des années 80 tout en étant journaliste. Howard Jacobson a publié une dizaine de romans, inédits en France, dans une veine comique où il se plaît à mettre en scène des personnages qui se définissent par leur judéité britannique. La Question Finkler a obtenu le prestigieux Booker Prize en octobre 2010.
    Julian Treslove et Sam Finkler sont amis d'enfance quant à Libor Sevcik c'est leur ancien professeur d'histoire. Chacun a mené sa vie de son côté, Sam et Libor sont veufs, Julian multi-divorcé. Après une soirée passée avec ses deux amis chez Libor, Sam se fait attaquer et voler, en pleine rue sur le chemin de son appartement. Ce qui ressemble à un banal incident, va particulièrement troubler Julian, l'obsédant jusqu'à en décortiquer chaque seconde de ce court instant et l'amenant à la conclusion qu'il a été attaqué parce qu'on la pris pour un juif. A partir de là, Julian Treslove va chercher à se comporter comme un véritable juif, s'imaginant et voulant croire qu'il en est un.
    Si Julian est le personnage principal du roman, c'est aussi parce qu'il en est le plus atypique, il n'est pas juif et il exerce le métier de sosie, mais un sosie paradoxal puisqu'il ne ressemble à personne en particulier et à tout le monde en général. D'une certaine manière, Julian est le lecteur lambda, un non juif quelconque qui veut découvrir ce que le terme de « juif » recouvre aujourd'hui, que ce soit en tant que religion, traditions et rites, langue, culture, place dans le monde, sans oublier le terrorisme, la shoah, les palestiniens etc.
    Sam et Libor étant des modèles de juifs peut-être pas opposés, mais différents. Sam Finkler est contre la politique menée par l'Etat d'Israël au point qu'il en a honte, allant même jusqu'à créer un club d'intellectuels nommé « Société des juifs honteux », tandis que Libor Sevcik est un juif plus âgé, intellectuel modéré, vivant dans le souvenir de sa femme défunte.
    Entre Julian qui voudrait être plus juif qu'un vrai juif, Sam un réel juif qui a honte de ce qu'il est et Libor qui s'accepte tel qu'il est, Howard Jacobson réussit une formidable mise en abîme sur le questionnement de l'identité juive. La Question Finkler c'est la question juive et ce tour de passe-passe sémantique où le nom d'un de ses personnages remplace le mot « juif » est déjà très drôle en soi. J'imagine que l'auteur est juif lui-même, car il se permet d'aligner tous les clichés antisémites de manière humoristiques sans crainte de briser le consensus du politiquement correct. Plusieurs fois je me suis surpris à relire des phrases, pour être certain qu'il s'agissait d'humour et non de diffamation, tant il vrai qu'aujourd'hui on se demande parfois « s'il était encore possible d'user du mot « juif » dans un lieu public. (…) dans ce monde d'enragés, c'était comme allumer la mèche de toutes sortes de violences et d'extrémisme. »
    Le roman est tour à tour, désopilant (le rôle du prépuce dans le plaisir sexuel) et drôle, instructif sur certains aspects des traditions juives, émouvant quand les veufs évoquent leurs épouses, agaçant quand Julian Treslove se fait pleurnichard ou carrément chiant quand il laisse son imagination déborder. J'ai aussi regretté quelques longueurs, mais globalement c'est très réussi et enfin on peut lire un bouquin sur les juifs sans tomber dans la compassion ou le morbide.
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    • Livres 4.00/5
    Par maltese, le 07 juin 2011

    maltese
    Très vite le lecteur comprend que derrière le titre de ce roman, on peut lire littéralement "la question juive". Et c'est bien l'un des propos majeurs du livre que de traiter de judéité.
    Le lecteur suit tout au long de cette histoire les destins de Julian Treslove et Sam Finkler, deux amis depuis le collège, amis malgré leurs différences et leurs antagonismes, attachés à Libor Sevcik, un de leurs anciens professeurs.
    Libor et Sam, tous deux juifs, sont veufs depuis peu. Julian, quant à lui, va de rencontre en rencontre, faisant fuir systématiquement les femmes avec qui il connaît une relation et dont il tombe très rapidement amoureux (notons au passage le rapport entre cette capacité de notre héros et son nom de famille).
    Mais avant tout, Treslove est obnubilé par ce que c'est qu'être juif, question qui le taraude davantage encore depuis qu'il a été agressé par une femme qui, se persuade-t-il, l'a traité de youpin !
    Howard Jacobson construit son roman autour de cette condition juive, de la conscience qu'en ont les personnages, de comment ils vivent cette relation... le tout servi par un humour constant, sorte de contrepoint parfaitement maîtrisé à une question grave. En effet, le lecteur rit et sourit tout au long du roman et pourtant l'action revêt toujours plus ou moins un caractère dramatique.
    Tour-à-tour on s'interroge sur la conviction religieuse, sur l'absence de l'être aimé, sur la filiation, sur l'amitié ou l'amour... au milieu de personnages attachants car tellement humains, à commencer par Treslove et Finkler eux-mêmes.
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  • Par keisha, le 27 août 2011

    keisha
    Présentation éditeur :
    "Julian Treslove et Sam Finkler se connaissent depuis l'enfance, Libor Sevcik est leur ancien prof d'histoire. Au fil des ans, la vie les a séparés sans qu'ils se perdent tout à fait de vue. La mort des épouses de Finkler et de Libor va les réunir de nouveau ; Treslove, veuf honoraire, passe quelques heures délicieusement pénibles avec ses deux amis, à se rappeler le passé. Or, ce soir-là, en rentrant chez lui le cœur lourd, il est victime d'une banale agression qu'il passera des jours à décortiquer. Peu à peu, une certitude s'impose à lui : on l'a pris pour un juif. Et s'il l'était vraiment ? "

    "Chaque page déborde d'esprit : humour noir ou doux-amer, ironie, comédie, burlesque, réparties, cynisme... L'humour n'est pas l'ennemi d'un propos sérieux, et, entre de bonnes mains, il est même vital, en ce qu'il inroduit habilement des idées, des postulats, des partis pris et des préjugés inconscients"
    The London Times
    ... sauf que je l'ai lu en VO:
    Comme ma lecture s'est étalée sur trois semaines de vacances outre -Atlantique, mon avis risque d'être imprécis et succint. Je partage totalement l'avis du London Times. Car même si certains passages un peu forts de café m'ont fait ouvrir de grands yeux, si la plongée dans les subtilités des différences entre juifs, sionistes, antisionistes, sans oublier, hélas, les antisémites de toutes obédiences m'a parfois laissée pantoise, si la fascination de Treslove pour le judaïsme est parfois poussée à fond (lire Moïse Maïmonide, ça a l'air chaud quand même), si certaines remarques et réflexions m'ont bousculée, eh bien demeure l'impression d'un roman bougrement bien écrit, intelligent, qui fait réfléchir, aux dialogues ciselés, et très très drôle. Il faut faire la connaissance de ce trio disparate. Quant aux amours passées et présentes de Treslove, c'est vraiment un bon moment de lecture.


    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-la-question-fink..
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    • Livres 4.00/5
    Par val-m-les-livres, le 16 novembre 2011

    val-m-les-livres
    Ce roman est une réflexion approfondie sur le judaïsme à travers l'amitié de trois hommes. Libor est un vieil homme qui vient de perdre la femme qui l'a accompagné tout au long de sa vie. Finkler est aussi veuf mais il fut toute sa vie infidèle. Quant à Treslove, c'est le seul goy et il est fortement attiré par la culture de ses amis sans forcément l'admettre au début. Contrairement aux autres, il n'a jamais été marié bien qu'il ait deux enfants. En fait, il n'a jamais su garder une femme près de lui.
    Voici un roman truffé d'idées sur les juifs, ce qu'ils sont, la menace qu'ils représentent pour certains. Bien que détestable, Finkler est un personnage intéressant car il a honte de la politique d'Israël et ne veut pas voir que l'antisémitisme revient. ce roman est empreint de tristesse mais on sourit souvent
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Critiques presse (4)


  • Telerama , le 14 décembre 2011
    Ce mélange des thèmes est la vraie belle prouesse à laquelle parvient ce roman, plus mélancolique qu'il n'y paraît de prime abord, couronné outre-Manche, l'an dernier, par le Man Booker Prize.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • Cyberpresse , le 03 octobre 2011
    Des personnages originaux et colorés, des situations juste assez déjantées et une écriture vive et drôle font de cette Question Finkler une formidable comédie humaine.
    Lire la critique sur le site : Cyberpresse
  • Lexpress , le 13 septembre 2011
    Irrésistible d'un bout à l'autre, La question Finkler réussit à faire sourire et réfléchir tout en parlant de l'amitié masculine, de l'identité, de la perte et de la peur de la mort.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Bibliobs , le 01 septembre 2011
    Le Man Booker Prize 2010 arrive en France. C'est «La Question finkler», un roman maniaque frappé au coin du nonsense. Fameux.
    Lire la critique sur le site : Bibliobs

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Citations et extraits

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  • Par Corboland78, le 18 mars 2012

    Je veux les rites, lui avait-il dit. Je veux la famille, je veux le tic-tac quotidien de la pendule juive. Mais à peine les lui avait-on donnés qu’il avait battu en retraite. Elle l’avait emmené à la synagogue – évidemment pas celle d’à côté où on priait avec le keffieh – et cela ne lui avait pas plu. Ils ne font rien d’autre que remercier Dieu de les avoirs créés, se plaignit-il. Mais à quoi sert d’avoir été créé si tout ce qu’on fait de sa vie, c’est remercier Dieu ?
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  • Par Aifelle, le 03 novembre 2011

    "Treslove n'était pas disposé à admettre qu'il avait croisé une déséquilibrée ou qu'il s'était simplement trouvé au mauvais endroit au mauvais moment. Il avait connu suffisamment d'accidents. Sa vie était un long accident. Sa naissance était accidentelle - ses parents le lui avaient avoué : "Tu n'étais pas prévu, Julian, mais tu as été une belle surprise". Ses propres fils ? Pareil. Sauf qu'il ne leur avait pas affirmé qu'ils étaient une belle surprise. Il avait choisi ses disciplines universitaires par accident : à une autre époque, il aurait choisi les lettres classiques ou la théologie. La BBC, c'était un accident. Un sale accident. Les femmes qu'il avait aimées étaient toutes des accidents. Si la vie n'avait pas un fil conducteur de sens, à quoi bon vivre ?"

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  • Par Francois-Xavier, le 25 septembre 2011

    Il pouvait l'expliquer. La terreur prenait le pas sur la raison. Même à notre époque scientifique, les hommes avaient encore un peu de cette ignorance préhistorique dont la peur est le produit. Que Finkler comprenne les causes et les conséquences des événements ne faisait pas un poil de différence. Le soleil pouvait bien ne pas se lever un matin à cause de quelque chose qu'il avait fait ou de quelque rituel qu'il avait manqué d'observer. Il avait peur, comme un homme né un demi-million d'années avant lui aurait eu peur, peur d'avoir désobéi aux décrets des dieux et qu'en retour ceux-ci se soient vengés sur son fils.
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  • Par val-m-les-livres, le 16 novembre 2011

    It was a strain being representative of your people to a man who had decided to idealise them. It wasn't only him she didn't want to let down, it was judaism, all five thousand troubled years of it.
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  • Par val-m-les-livres, le 16 novembre 2011

    Obeying your father does not make you a Jew. Obeying your mother would make you more of one. While your father's not wanting you to play the violin almost certainly not him one.
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