ISBN : 2234060869
Éditeur : Stock (2009)


Note moyenne : 3.56/5 (sur 9 notes) Ajouter à mes livres
Longtemps, l'humanité a vécu en pensant qu'elle avait tout son temps, que le progrès n'en finirait pas de transformer le monde à notre avantage, que les hommes seraient toujours plus riches, plus beaux, plus performants, que l'on pouvait fabriquer indéfiniment des bombe... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 3.00/5
    Par jd, le 19 juillet 2009

    jd
    La lecture d'un essai ou même d'un article d'Albert Jacquard est toujours une épreuve de sagesse, de bon sens et d'évidence . L'intelligence du bonhomme, la manière simple et implacable dont il exprime ses idées, sa force de conviction sont ses armes de séduction massive. Son objectif ici est exposée d'entrée de jeu dans le titre de l'ouvrage : « le compte à rebours a t-il commencé ? ». La question est posée.
    Et forcément, le célèbre généticien a déjà un embryon de réponse: la fin de l'humanité ne tardera guère si nous, et notamment « nous, habitants du nord » ne modifions pas nos comportements. Immédiatement, sans attendre, et surtout sans faire semblant. C'est un cri d'alarme qui cherche à provoquer une prise de conscience individuelle. A travers quelques chapitres qui se lisent rapidement, Albert Jacquard passe en revue ce qui nous menace: le terrible constat sur le déséquilibre Nord/ Sud, la dangerosité de l'arme nucléaire, l'absence de libéralisation des mouvements migratoires, les risques du clonage, le concept de « croissance » incompatible avec les capacités de la planète…etc
    Ce livre est en fait un véritable appel. Un appel à raisonner autrement, à avoir d'autres schémas de pensée... On pense parfois aux discours sincères et convaincus de Nicolas Hulot ou encore Yann Arthus Bertrand, qui plus médiatiquement et avec d'autres méthodes, font le même type d'appels, et on se prend à rêver..
    On se prend à rêver d'une jeunesse qui appréhende différemment ces enjeux et qui prennent en charge la construction d'un autre monde. Et dans la seconde partie de l'esssai, Albert Jacquard ne donne pas de solutions, mais donne les pistes de cet espoir : investir dans la recherche, la lutte contre les maladies, la création artistique et surtout, l'éducation. Car c'est l'école qui doit apprendre aux jeunes générations à préserver l'humanité, à partager les richesses et permettre aux futurs adultes d'être les premiers acteurs de ces nouveaux comportements.
    Alors, certains taxeront Albert Jacquard d'utopiste. Il l'a toujours était. Il l'était déjà quand je l'ai lu pour la première fois en 1999 et qu'il publiait une tribune dans L'humanité « Moi, Albert Jacquard, ministre de l'éducation, je déclare … » (cf :http://lesbottesrouges.hautetfort.com/archive/2008/04/18/moi-albert-jacquard-ministre-de-l-education-je-decrete.html.) Il l'est aussi quand dans une livre sans langue de bois, il demande l'arrêt des Jeux Olympiques et cette course au sport-business..
    Mais c'est aussi avec des pamphlets aussi puissants qu'on peut modifier nos habitudes, réfléchir à nos erreurs d'aujourd'hui et changer demain.
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    • Livres 4.00/5
    Par madlodi, le 04 juin 2009

    madlodi
    Comme Hubert Reeves, Albert Jacquard a l'image du grand père sage et bienveillant. Et que fais-t-on d'un grand père sage et bienveillant ? Et oui, on écoute (où dans ce cas précis, on lit) ce qu'il a à nous dire. Et d'autant plus lorsqu'il s'agit de notre avenir.

    On entend souvent qu'il faut sauver la planète. En réalité, nous dis Albert Jacquard, la planète continue sa route, inébranlable. En revanche, l'Homme a réellement besoin d'être sauvé. Car, selon lui, la Troisième Guerre mondiale pourrait bien être celle que l'humanité prépare contre elle-même.
    Le compte à rebours a-t-il commencé ? est un ouvrage très pédagogique, accessible à tout ceux que leur avenir intéresse. En effet, Albert Jacquard commence régulièrement par expliquer les faits théoriquement avant de donner des exemples. Personnellement, cela m'a été très utile lorsqu'il s'est agit d'expliquer les probabilités qu'un incident nucléaire se produise ou pas. Je dois l'avouer : tout ce qui touche de près ou de loin aux mathématiques n'a jamais été mon point fort. Il fait également régulièrement appel à l'Histoire ou à la mythologie afin de mettre en perspective des faits actuels. Tel est notamment le cas lorsqu'il rappelle que dans la Grèce Antique, seuls les Dieux avaient le pouvoir de la foudre. Aujourd'hui chefs d'Etat ou terroristes peuvent aisément la déclencher. De quoi faire froid dans le dos quand on y pense. D'autant plus qu'avec ce type d'arme, une guerre serait immédiatement planétaire.
    En outre, il est appréciable qu'Albert Jacquard aie le courage de ses opinions. Or cela n'est jamais facile lorsqu'il s'agit de la Deuxième Guerre mondiale et d'Hitler. Il affirme qu'il laisserait agir un nouvel Hitler s'il débarquait sur la planète plutôt que de déclencher une guerre qui risque de détruire l'humanité. Il reconnaît également que les mesures prises par la Chine en matière de natalité, quoi que brutales, étaient indispensables. Pas facile a admettre tout de même.
    Quant au dernier chapitre, concernant l'éducation des enfants, il est réellement passionnant. Albert Jacquard est persuadé que la confiance en l'avenir peut être redonnée grâce à l'éducation. Pour cela, il est indispensable de « mettre l'enfant au cœur du système éducatif ». L'école doit être au service de ceux qu'elle forme et non de la société. Il condamne le système de notation qui selon lui ne vise à justifier la hiérarchie. Certes, ces idées ne sont pas nouvelles mais ça fait toujours du bien de les relire. Alors merci.

    Au final, un essai pas très optimiste d'un chercheur humaniste à la pensée brillant. Pas de quoi être rassuré donc. A moins de révolutionner les mentalités. Or, on ne sait que trop bien à quel point les mentalités sont difficiles à faire évoluer. Mais Albert Jacquard croit en la volonté des hommes. Croyons-y également...



    Lien : http://elodie.delcambre.over-blog.com/
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    • Livres 3.00/5
    Par lecassin, le 23 novembre 2011

    lecassin
    "Le compte à rebours a-t-il commencé ?", un titre en forme de figure de rhétorique pour frapper le lecteur.
    Albert Jacquart, lui, connaît la réponse à la question posée :si nous ne modifions pas radicalement et rapidement nos comportements de nantis du Nord, le compte à rebours qui mènera l'expérience humaine à sa perte pourrait bien être d'ores et déjà enclenché.
    La planète Terre survivra à l'homme, cependant que l'humanité ne survivra qu'à condition que l'homme parvienne à se raisonner et à abandonner le culte de la croissance et de la rentabilité. Tel est le crédo d'Albert Jacquart qui milite en faveur du développement des biens sans valeur marchande comme la recherche fondamentale, la lutte contre les maladies, la création artistique et enfin (et surtout) l'éducation.
    Bien sûr, on ne peut que souscrire à un tel programme ; mais malgré tout, et avec tout le respect que je porte à l'homme, Albert Jacquart, outre le grand humaniste qu'assurément il est, n'est-il pas aussi un doux rêveur ?
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    • Livres 4.00/5
    Par Fantasio, le 08 juin 2009

    Fantasio
    Célèbre généticien et humaniste convaincu, Albert Jacquard avec ce livre pousse une nouvelle fois un cri d'alarme. Par sa façon de produire, de consommer, de se comporter, notre planète ou plus exactement notre humanité se dirige rapidement vers sa fin.
    Il nous communique ses réflexions sur le risque démographique, le changement climatique, la fin annoncée des ressources naturelles, le péril nucléaire de plus en plus présent avec la prolifération de l'arme atomique, les dangers de l'économie financière déconnectée de la réalité capitaliste et bien sûr l'appropriation de la consommation par une minorité, laissant de plus en plus de pauvres dans un dénuement complet.
    Certes, ce genre de dénonciation n'est pas nouvelle mais Albert Jacquard sait dépasser le simple constat pour, non pas proposer des solutions, mais donner des pistes, des orientations possibles pour essayer d'inverser ce processus d'auto-destruction qui paraît irréversible.
    Pour lui, l'éducation est la priorité. Arrêter de penser « compétition », se demander ce qui est vraiment UTILE à une vie réussie. Remplacer la recherche de domination par l'apprentissage du travail en équipe, bref, se battre pour les besoins collectifs plutôt que pour une accumulation de produits de consommations inutiles qui devient, à terme, suicidaire.
    L'écriture de l'écrivain est d'une clarté étonnante et il nous persuade facilement qu'une technique sans éthique n'est vouée qu'à un échec dont la perspective désastreuse se rapproche très vite. Un livre passionnant d'une humanité rare.

    Lien : http://lefantasio.com/index.php?2009/06/08/779-jacquard-albert-le-co..
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    • Livres 4.00/5
    Par gflorens84, le 11 mars 2012

    gflorens84
    Pour qu'un tir groupé de scientifiques, d'écrivains, de scientifiques aussi divers que Jacquard, Reeves, Stenger, Dupuy ou Maalouf lancent en quelques mois des bouquins qui traitent du même problème, à savoir le dérèglement du monde actuel, sur les plans moraux, économiques ou économiques, devrait nous alerter grandement sur les risques que nous courons et que nous faisons courir à l'humanité dans son ensemble.
    Jacquard est encore ici remarquablement synthétique, lucide et percutant. Encore une bouteille dans une mer déchainée...
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Citations et extraits

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  • Par lecassin, le 23 novembre 2011

    Il est temps que les années passées dans le système éducatif leur apparaissent non comme la préparation à une soumission, mais comme le début de la construction par chacun de la personne qu'il choisit d'être.
    C'est cette soumission qui représente le pire danger de l'intégrisme économique : l'acceptation passive des conséquences de processus qui nous échappent, amplifiés par le recours à des mots qui ne font référence à aucune réalité.
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  • Par lecassin, le 23 novembre 2011

    Le mot "croissance" à lui seul est le signe d'une véritable supercherie, contre laquelle l'enseignement prémunissait autrefois les élèves préparant le certificat d'études, au bon vieux temps où ce certif marquait la fin de l'adolescence. Les programmes scolaires introduisaient le concept d'"intérêts composés", c'est-à-dire, en terme plus pédants, celui de l'évolution exponentielle. Les élèves comprenaient qu'un franc placé à "trois pour cent l'an" à l'époque de Charlemagne représentait, douze siècles plus tard, une fortune fabuleuse, supérieure à la totalité des avoirs de tous les humains morts ou vivants ; ils savaient donc qu'un tel processus ne peut être durable.
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  • Par lecassin, le 23 novembre 2011

    La croissance de la consommation est, parmi les exigences manifestées, celle qui recueille actuellement la plus large approbation. Par malheur, c'est aussi celle qui, dans les pays développés, nous entraîne le plus évidemment vers un butoir, en raison de la finitude de la planète.
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  • Par lecassin, le 23 novembre 2011

    Depuis de nombreuses générations ils [les humains] savaient que, pour créer de la richesse, il faut des idées, du travail et des outils ; des paraphes sur des documents imprimés peuvent tout au plus déplacer les richesses, non les créer. Les clients des banques ont été semblables aux publics naïfs qui, dans les foires, sont séduits par les promesses des bonimenteurs. Ils ont confié leur fortune à des financiers, ceux-ci l'ont convertie en prêts qui ne seront jamais remboursés.
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  • Par lecassin, le 23 novembre 2011

    Devenir soi nécessite un détour par les autres, car il faut s'immerger dans toutes les richesses apportées par nos prédécesseurs. Ce détour peut être, périlleux, douloureux, mais en faire l'économie serait délibérément s'appauvrir.
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