ISBN : 2246680212
Éditeur : Grasset (2009)


Note moyenne : 3.79/5 (sur 24 notes) Ajouter à mes livres
Tout avait si bien commencé. Insouciants et heureux, Voltaire, sa femme et son fils se préparent à une journée de farniente sous le soleil ardent. Mais un feu dévastateur embrase l'arrière-pays : la panique générale les accule vers la plage... Face à une mort qui semble... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Zazette97, le 04 mars 2011

    Zazette97
    "Plage de Manaccora, 16h30" est le 8ème roman, paru en 2009, de l'écrivain français Philippe Jaenada, salué par la critique et le Prix de Flore pour son roman "Le chameau sauvage".
    Voltaire, écrivain quadragénaire, passe ses vacances d'été dans le Sud de l'Italie avec sa femme Oum et leur fils Géo.
    Mais un événement interrompt rapidement les vacances : un feu de forêt se déclare au milieu de cette région aride exposée à un soleil de plomb et parsemée de pins.
    Comme les autres vacanciers, Voltaire et sa famille se retrouvent coincés dans un incendie qui se propage à une vitesse folle et les pousse à prendre la fuite d'un point à un autre, pour un répit toujours de courte durée.
    Je ne connaissais Philippe Jaenada que de nom et lorsque Cécile m'a offert ce roman, je ne savais pas du tout de quoi il était question.
    Comme vous l'aurez compris, "Plage de Manaccora, 16h30" est un récit catastrophe.
    Il ne faut pas longtemps au lecteur pour deviner qu'un malheur se prépare et pour entrer dans l'action.
    Les différents personnages sont à peine esquissés au début et l'on devine que l'intérêt de l'auteur est de les examiner par le prisme d'une situation extrême pour révéler leurs vraies personnalités.
    Certains se montrent vaillants, d'autres beaucoup moins. Parmi eux se trouve Voltaire, le narrateur, qui apparaît comme un homme effacé derrière une femme habituée à endosser toutes les responsabilités du couple. A mesure que le danger et la tension montent, il va peu à peu s'affirmer dans son rôle de père de famille soucieux de protéger les siens, raison pour laquelle on lui pardonne ses petites lâchetés.
    Mais cette position est un leurre : Voltaire a peur et s'abrite derrière les souvenirs et le second degré pour relativiser ce qu'il vit.
    L'auteur nous gratifie dès lors d'anecdotes savoureuses qui permettent non seulement de faire plus ample connaissance avec l'attachant Voltaire et son rapport à la mort mais présentent également l'avantage de casser le rythme effréné du récit, de relâcher la tension, pour faire souffler le lecteur (un peu comme dans un épisode de "Lost", la schizophrénie en moins).
    Un choix narratif des plus judicieux pour moi qui ne suis pas férue des récits apocalyptico-anxiogènes (je suis inhumaine, vous l'ignoriez?)
    Pour le reste, la patte de l'auteur est bien là : un humour décalé, de longues phrases traversées de parenthèses voire de doubles parenthèses, un style qu'il m'a fallu apprivoiser non sans mal.
    J'ai trouvé certaines phrases interminables et il n'est pas rare que je dusse en décomposer certaines pour arriver à comprendre leur sens.
    Autre bémol : la fin ! J'aurais préféré que l'auteur s'en tienne au retour au pays de Voltaire et de sa famille, les fausses frayeurs (le problème de bateau et l'incident du parachute pour ceux qui l'ont lu) n'ajoutant selon moi rien au récit.
    J'ai donc eu un coup de coeur pour l'humour de l'auteur mais nettement moins pour l'histoire dans sa globalité. J'ai bien l'intention de lire "Vie et mort d'une jeune fille blonde" déjà dans ma PAL et pourquoi pas "Le chameau sauvage"?


    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2011/02/plage-de-manaccora-16h30-p..
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    • Livres 4.00/5
    Par Corboland78, le 28 mars 2012

    Corboland78
    « Les deux premiers jours, tout s'est très bien passé. le troisième, non. » La lecture du livre débute à peine mais déjà le ton est donné, il va y avoir des problèmes mais ils seront présentés avec humour. le père, la mère et leur petit garçon sont en vacances dans un coin perdu de l'Italie, au bord de la mer. C'est l'été, il fait très chaud, tellement chaud qu'un incendie de forêt se déclanche et embrase toute la région. Notre petite famille et quelques centaines de personnes se retrouvent acculées entre les terres en feu et la mer. Les autochtones voient leurs commerces et maisons détruits par les incendies, les vacanciers leurs voitures et bien personnels disparaître dans les flammes mais tout cela n'est rien quand leurs vies ne tiennent plus qu'à un fil.
    Philippe Jaenada réussit un tour de force en nous relatant une histoire dramatique et humaine tout en gardant un ton plein d'humour. Ecrit à la première personne du singulier, le père raconte l'histoire ne nous cachant rien de ses petits travers (il est un peu enrobé, il perd ses cheveux, l n'est pas très courageux etc.) ou de ceux des autres (sa femme est maniaque) et l'écrivain combine allègrement le temps présent, les actions passées et les traits d'humour même aux moments les plus incongrus (alors qu'ils sont tous coincés sur un bout de plage et que sa femme retire son slip pour passer son maillot de bain, espérant fuir le feu à la nage, il se satisfait de voir un inconnu reluquer le cul de celle-ci !). Il y aura des morts, une région dévastée, des survivants ruinés, mais aussi de l'espoir, du courage et la vie reprendra son cours.
    Un livre magistral émerge de ce récit souvent rigolard et si le titre et la forme inclinent à prendre ce bouquin pour un roman de plage, je vous certifie qu'il va bien au-delà et qu'il vous réservera en tout cas de très bons moments. A lire absolument.
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    • Livres 4.00/5
    Par SebastienFritsch, le 17 avril 2012

    SebastienFritsch
    "Plage de Manaccora, 16 h 30" raconte les vacances en Italie d'un écrivain (dénommé Voltaire, restons modestes), accompagné de sa femme Oum (comme Oum Kalsoum) et de leur fils de sept ans, Géo (comme Géo Trouvetou, pour continuer dans les références culturelles). Tout se passe bien, jusqu'au jour (le troisième jour des vacances) où la forêt voisine prend feu. La résidence où s'est installée notre petite famille se retrouve coupée du monde, piégée, de même que le camping situé juste à côté : il n'y a en effet qu'une route pour y arriver et elle est barrée par des troncs en flammes. Il ne reste qu'une solution : fuir vers la plage... qui s'avère bordée d'arbres sur plusieurs kilomètres, lesquels arbres prennent feu les uns après les autres, lançant alors, aux trousses des touristes affolés une chaleur insoutenable et une épaisse fumée noire. La fuite doit donc continuer : les estivants tentent coûte que coûte de s'éloigner de l'enfer, en suivant la côte, sur le sable, sur les rochers ou dans la mer.
    Voilà donc la trame de ce roman : on suit cette fuite, pendant quelques heures, ce qui permet à Jaenada d'instaurer un vrai suspense. En réalité on ne s'inquiète pas trop pour le narrateur (puisqu'il est là pour le raconter, c'est qu'il s'en est sorti, non ?), mais plutôt pour ses proches, Oum, Géo et quelques amis.
    Mais même si la tension est bien réelle (et pousse à tourner les pages avec avidité), ce qui est le plus réussi est la méthode narrative employée par l'auteur : il aurait pu nous la faire en Bruce Willis sauveur du monde qui ne craint pas les flammes, avec l'angoise suintant à chaque ligne (pas très original), mais il opte pour un style (très) détendu, comme s'il nous invitait à prendre un pot et nous racontait ses vacances en Italie, tranquillement attablés à la terrasse d'un bistrot. "Ah, oui, au fait, j'tai pas dit : on a failli mourir brûlés vifs."
    On profite donc d'une narration très fluide, entrecoupée de multiples parenthèses (voire doubles parenthèses), d'apartés, jeux de mots, blagues à deux balles et autres pensées railleuses du narrateur qui, finalement, donnent un ton tout à fait original pour une histoire qui est, en fait, réellement tragique.
    Mais, je dois le dire, il n'y a pas que cette originalité qui rende intéressant le choix de style fait par l'auteur : la façon dont il écrit donne vraiment l'impression qu'il parle à des bons copains. Cela crée une empathie qui rend toute son histoire plus proche du lecteur, presque plus personnelle. A tel point qu'on ne se sent plus seulement le bon copain qui écoute les malheurs de Voltaire, mais qu'on s'identifie totalement au narrateur. Et qu'on en vient à se poser les mêmes questions que lui : que ferais-je fasse à la mort ? que chercherais-je à sauver ? qu'est-ce qui m'apparaitrait alors, dans tout ce qui fait ma vie, comme ayant le plus d'importance ? Et si je m'en sors, comment envisagerais-je la vie ensuite ? Prendrais-je de grandes résolutions ? Les tiendrais-je plus de vingt-quatre heures ?
    En conclusion, il y a trois bonnes raisons de lire ce roman : le suspense, le style "décontracté" très plaisant (voire amusant (mais je suis un très bon client des blagues à deux balles)) et les questions qui se posent au narrateur (et donc à nous tous (même si on pourrait se les poser sans avoir besoin de lire un livre de Jaenada, ni même sans avoir besoin d'aller se cramer les sourcils sur une plage italienne (vous voyez que moi aussi je sais faire des parenthèses multiples (ce n'est pas si compliqué, finalement)))).

    Lien : http://sebastienfritsch.canalblog.com/archives/2009/05/20/13653246.h..
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    • Livres 5.00/5
    Par liliba, le 10 mars 2011

    liliba
    Voici des vacances comme on n'en souhaite à personne, même pas à son pire ennemi... Tout avait pourtant si bien commencé : Voltaire, le narrateur, sa femme Oum et leur fils Géo venaient d'arriver les bords de l'Adriatique, dans un charmant village de vacances dans lequel ils avaient déjà logé l'été précédent. Heureux, prêts à profiter du soleil, de la mer et de la divine heure de l'apéro à la terrasse du café du coin, ils sont loin de se douter, ce matin-là, que leur vie va basculer dans l'enfer.
    Car c'est bien l'enfer qui les attend : un enfer de feu, flammes et chaleur, pire que celui décrit par Dante... Un feu de maquis pris on ne sait où va bientôt encercler ce petit coin de paradis et retenir prisonnier vacanciers et locaux. Certains tenteront de passer à travers les flammes et de rejoindre l'autre versant de la colline, mais la plupart se retrouveront sur la plage, acculés par les flammes gigantesques, ayant pour seul choix de griller ou de se noyer...
    C'est dans ces moments de panique totale et de confrontation à un réel danger que se révèle l'être humain, dans toute sa profondeur. Courage, héroïsme parfois, abattement, incompréhension, lâcheté et fourberie, tous les sentiments humains se retrouvent comme condensés, mis en exergue par la violence des évènements, et vient le temps où face à la nature avide de mort, il faut choisir...
    L'atrocité de ce récit est fort heureusement tout à fait supportable grâce au talent de l'auteur. Les parenthèses inclues dans le récit, et les parenthèses dans les parenthèses pendant lesquels Voltaire se remémore ses années de jeunesse, sa rencontre avec Oum (et le premier resto, moment d'entologie qui m'a fait hurler de rire) ou différents éléments de sa vie n'alourdissent pas le style et au contraire allègent l'atmosphère.. Ces digressions sont cocasses, parfois tragi-comiques, loufoques, mais toujours très drôles et permettent au lecteur de reprendre son souffle dans cette fuite éperdue de Voltaire et sa famille, et des autres personnes présentes, pour rester en vie. Elles permettent de plus de résister à l'horreur de la situation qui ne cesse d'empirer, avec ce feu immense qui semble même vouloir avaler la mer et les quelques personnes réfugiées sur cette plage.
    Suite sur Les lectures de Lili

    Lien : http://liliba.canalblog.com/archives/2011/03/08/index.html
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    • Livres 5.00/5
    Par gridou, le 20 décembre 2011

    gridou
    Un autre auteur, moins talentueux, aurait écrit sur cet événement (autobiographique) une nouvelle ou un "petit" roman ( chacun prendra "petit" au sens qu'il veut). Jaenada, qui ne recule jamais devant quelque digression hilarante, en fait un roman de 220 pages, d'une drôlerie incroyable (d'autant plus admirable que le sujet se prête au tragique), qui se lit d'une traite.
    Il fait d'une moule sa madeleine de Proust ( on appréciera l'ironie de la chose) et s'égare à raconter sa rencontre avec sa femme.
    Il a du mal à avancer: ça lui rappelle la fois où il s'est fait refouler de l'Hippopotamus...
    Inutile de trop en dire. Ceux qui connaissent Jaenada, et n'ont pas lu ce roman-là, se précipiteront pour découvrir un de ses meilleurs roman.
    Pour ceux qui ne connaissent pas encore, je n'ai qu'une chose à ajouter:
    Il y a peu d'auteurs qui savent écrire ET faire rire. Jaenada est de ceux-là et il mérite vraiment d'être découvert.

    Lien : http://lesgridouillis.over-blog.com/article-plage-de-manaccora-16h30..
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Citations et extraits

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  • Par Zazette97, le 04 mars 2011

    Avant que nous ayons tout à fait quitté le parking, un bruit violent de verre explosé nous a stoppés : le tatoué chauve qui tournait autour des voitures venait de lancer une pierre (je suppose) dans la vitre d'une petite Fiat rouge. Il a ouvert la portière et plongé sous le volant, certainement pour arracher et connecter les fils ( je crois que je n'aurais jamais l'occasion d'essayer ça, mais j'aimerais bien, on doit se sentir gangster désinvolte, la caméra sur soi - et fuck them all). Ce devait être un voyou, à la ville, un petit braqueur de quartier (on y pense pas, mais ils ont bien le droit d'aller se baigner de temps en temps). C'est parfois très utile, comme formation, ça donne un net avantage sur les autres quand il s'agit de foutre le camp de ce traquenard.
    Sous les yeux incrédules des indécis (pas un touriste tremblant ne s'est risqué à monter à côté de lui, les voyous ont leurs propres codes et des réactions imprévisibles - "Vire-moi ton bermuda d'ici, papa, ou je te saigne comme un mouton"), il a démarré en quelques secondes, tout le monde ayant conscience qu'il était en train de condamner à mort une gentille petite famille encore dans la montée ("Va doucement, mémé, on a le temps"), et s'est fait la belle en trombe - en trombe de Fiat, tout est relatif, Fuck them all, sourire édenté.
    (Deux jours plus tard, dans La Gazzetta del mezzogiorno, je lirais trois lignes sur le cadavre anonyme retrouvé calciné dans la carcasse d'une Fiat. Ses amis truands de supérette, à Naples, se demandent où il est passé.) p.128
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  • Par Zazette97, le 04 mars 2011

    - Oum ! (J'ai un peu regretté, mais c'était sorti.)
    - Il faut que j'aide la dame !
    J'ai eu envie de dire quelque chose comme : "Laisse-la, elle a bien vécu!", mais cette fois, je me suis retenu. Pourtant, c'était sincèrement ce que je pensais : je ne trouvais pas normal que nous mourions en essayant de sauver une vieille femme. Je ne voulais pas mettre en jeu la vie de mon fils (et celle de ses parents, soyons honnête) pour que cette brave grand-mère reste quatre ou cinq ans de plus sur terre.
    J'ai continué à avancer avec Géo, en ralentissant tout de même un peu pour ne pas abandonner Oum. Je voyais la femme que j'aimais à la traîne, ma raison d'être, sur fond de flammes et de fumée, et ça m'ouvrait les entrailles - tout ce que je réussissais à penser, c'était : "Laisse-la griller, et tu pourras filer." (C'est dans les situations délicates qu'on comprend qu'on est moins altruiste qu'on l'espérait. J'ai été obligé d'admettre à cet instant, et pour le restant de mes jours, que je n'étais pas prêt à risquer la mort, encore moins celle de ma femme et de mon fils, pour sauver quelqu'un. C'est la honte, mais c'est la vie.) p.60
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  • Par Zazette97, le 04 mars 2011

    L'habitude, quand même, a aussi du bon, je me disais. Ca souligne les souvenirs. J'aime les souvenirs, c'est à peu près tout ce qu'on a de sûr, d'intime et dense, une collection précieuse, inaccessible, dedans, : ils se polissent d'eux-mêmes sans qu'on y pense, et prennent, les bons comme les mauvais, une charge de douceur rassurante, lointaine, une enveloppe aimable.
    Ils restent là, on peut en profiter quand on veut. J'aime me revoir dans le passé, me rappeler ce que j'étais, ce que j'ai fait à tel endroit où je me trouve maintenant, plus vieux, je m'émeus tout seul, nouille. p.16
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  • Par Reka, le 30 septembre 2011

    Elle n’était pas partie depuis 20 secondes qu’une forte détonation a retenti quelque part dans la colline, pas très loin de nous. Le temps que le bruit parvienne à mon cerveau et y soit analysé, une deuxième explosion, plus proche, une troisième. Une femme a crié, les deux Français se sont précipités vers le groupe, encore une explosion, une autre.
    - C’est les pompiers? a glapi la Française (qui ne devait pas être très ouverte sur le monde et pensait que les pompiers mataient le feu en tirant dessus à coups de canon). (p. 42)
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  • Par Corboland78, le 28 mars 2012

    « L’habitude, quand même, a aussi du bon, je me disais. Ca souligne les souvenirs. J’aime les souvenirs, c’est à peu près tout ce qu’on a de sûr, d’intime et dense, une collection précieuse, inaccessible, dedans : ils se polissent d’eux-mêmes sans qu’on y pense, et prennent, les bons comme les mauvais, une charge de douceur rassurante, lointaine, une enveloppe aimable. Ils restent là, on peut en profiter quand on veut. J’aime me revoir dans le passé, me rappeler ce que j’étais, ce que j’ai fait à tel endroit où je me trouve maintenant, plus vieux, je m’émeus tout seul, nouille.
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