ISBN : 2266097830
Éditeur : Pocket (1999)


Note moyenne : 4.09/5 (sur 34 notes) Ajouter à mes livres
"Trop pauvre que je suis pour posséder un autre animal, du moins 'le Cheval d'Orgueil' aura-t-il toujours une stalle dans mon écurie."

Ainsi parlait à l'auteur son petit-fils, l'humble paysan Alain Le Goff qui n'avait d'autre terre que celle' qu'il empor... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(1)

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par sandrine57, le 19 janvier 2012

    sandrine57
    C'est un ami, qui a grandi à Pouldreuzic, qui m'a conseillé ce livre dont je connaissais l'existence surtout par le film que Claude CHABROL en a tiré. C'est donc à Pouldreuzic, petit village du pays bigouden, que Pierre-Jackez HELIAS naît en 1914. Issu d'une famille d'ouvriers agricoles pauvres, il va grandir auprès de son grand-père et s'imprégner des traditions bretonnes. Plus tard, il partira pour quimper et Rennes afin d'y faire ses études. Devenu professeur de lettres, il oeuvrera pour la pérennité de la culture bretonne.
    Dans ce livre, largement autobiographique, il nous livre des chroniques de la vie dans son village depuis le début du XXème siècle. C'est une immersion totale dans la Bretagne de jadis. La vie était simple, dure mais honnête. le travail des champs se faisaient au rythme des saisons. Les relations sociales étaient codifiées par des règles très sérieuses. La religion catholique était omniprésente, même chez "les rouges".
    A travers de petites histoires, des anecdotes de la vie quotidienne, HELIAS nous parle des coutumes, traditions et légendes qui ont forgé le peuple breton. Et puis il y a aussi la langue bretonne, celle qu'on apprend dès le berceau et qui est la seule, la vraie, celle qu'on utilise à la maison, dans la rue mais qui est interdite à l'école et dans la cour de récréation sous peine de punition.
    Et puis il y a les meubles, l'armoire, souvent unique possession de la famille et qui contient la vaisselle précieuse, les photos, les papiers importants, le lit fermé où l'on s'enferme la nuit mais qui garde toujours une ouverture pour voir ce qui se passe dans la pièce commune.
    Et puis, il y a les crêpes et galettes, réservées aux jours de fête et que l'on ne peut manger que lorsque toute la pâte a été utilisée, le pain au café qui attend bien au chaud sur un coin du poêle.
    Et puis il y a la fameuse coiffe bigoudène que les filles portent dès leur plus jeune âge. C'est tout un art de la faire tenir bien droite sur la tête et de la garder bien blanche.
    Et puis il y le temps qui passe, le siècle qui avance avec son lot de modernité. L'instruction se généralise. La république impose le français. Les jeunes quittent le village pour le lycée de Quimper. Les machines commencent à envahir les champs, remplaçant les hommes. Les touristes de la capitale viennent pour les plages qui jusque là étaient réservées à la pêche à pieds.
    La fin d'une époque?Oui parce qu'on ne lutte pas indéfiniment contre le temps, contre le modernisme. Mais non,parce que les bretons, fiers et orgueilleux, sauront encore une fois faire face à l'adversité en intégrant la modernité sans se départir de leurs traditions.
    Un livre très riche, empreint de nostalgie mais parsemé de touches d'humour, écrit par un amoureux de sa région qui a vu s'éteindre une époque, celle de la vie simple, de la solidarité mais qui a réussi à éviter l'écueil du "c'était mieux avant".
    Je l'ai beaucoup aimé et même sans être bretonne, j'y ai reconnu des manières de voir, de penser et d'agir, des faits, des us et coutumes que ma grand-mère alsacienne évoquait quand elle parlait de son enfance.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (8 votes positifs)

> voir toutes (2)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par cequejelis, le 27 novembre 2011

    Au Pays Bigouden, la misère était encore le lot de bien des gens au début du siècle. C'était une calamité comme une autre et contre laquelle on ne pouvait pas grand-chose. Le moindre coup du destin suffisait à y faire tomber ceux qui étaient déjà en prise au diable sans le loger dans leur bourse ni le tirer par la queue, comme on dit en français. Le naufrage, l'invalidité, la maladie sur les hommes ou sur les bêtes, le feu dans la paille, une mauvaise récolte, un maître trop dur ou simplement les sept malchances quotidiennes vous jetaient pour un temps sur les routes, vous obligeaient à tendre la main au seuil des portes, la prière entre les dents et les yeux fermés sur votre humiliation. Quelquefois, les hommes choisissaient de se pendre et il y avait toujours, dans l'appentis, une corde qui ne demandait que cela. Les femmes préféraient se noyer et il se trouvait toujours un puits dans leur cour ou un lavoir au bas de leur champ.

    Terre humaine/Pocket n° 3000 p. 29-30
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (6 votes positifs)
  • Par cequejelis, le 04 mars 2012

    Cependant, mon père put fréquenter l’école communale de Plozévet jusqu’à l’âge de onze ans. Le sabotier aurait voulu que tous ses enfants eussent de l’instruction. Lui-même lisait dans les livres et c’était assez rare, à l’époque, pour un homme de sa condition. Il lisait en breton et en français, de préférence à haute voix. Quelqu’un m’a dit l’avoir entendu déclamer dans son champ un livre à la main, en guise de récréation. Moi, je l’ai vu manier mes livres de classe comme un prêtre les évangiles. Un tel homme, ne pouvait qu’ambitionner de l’instruction pour ses enfants.

    Terre humaine/Pocket n° 3000 p. 15-16
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)

> voir toutes (13)

Video de Pierre Jakez-Hélias

>Ajouter une vidéo

Quelle Bretagne ? quels Bretons ?
Pierre Jakez HELIAS annonce, en breton, le thème de l'émission.Bernard PIVOT reprend la main pour animer le débat entre ces bretons, auteurs d'ouvrage dont le thème commun est la Bretagne.Yves LE BERRE présente l'ouvrage "la Bataille de Kerguidu" de Ian INISAN dont il a assuré la traduction.Pierre Jakez HELIAS auteur du livre de contes "Les autres et les miens" parle des bigoudins et de...








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Le cheval d'orgueil. memoires d'un breton du pays bigouden. par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (83)

> voir plus

Quiz