ISBN : 2213613761
Éditeur : Fayard (2002)


Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes) Ajouter à mes livres
La philosophie islamique déploie une intuition du réel qui importe au destin de la métaphysique. L'islam porte en lui, autrement dit, une ontologie qui appartient à la constitution de notre propre univers de pensée. Or, l'œuvre de Mollâ Sadrâ Shîrâzî (mort en 1640) se v... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 5.00/5
    Par Piling, le 01 avril 2009

    Piling
    Si l'identification des chrétiens à la figure du Christ est celle du Pardon devant la persécution, la réponse du chiite devant ses ennemis est la dissimulation, dans un retrait qui réactualise à tout moment celui de l'Imâm caché . Renversement saisissant de la scène du reniement de saint Pierre et du chant du coq : l'un trahit en niant, l'autre trahit en avouant ; ici, la fidélité s'appelle Secret, parjure de l'apparent par adhésion envers le caché ; là, au contraire des chrétiens sommés de renier publiquement leur foi, et donc d'être ouvertement témoins, (martyrs) en bravant les supplices, le fidèle de l'Imâm est sommé de se taire et ainsi de "se garder" et par là-même de "garder son Imâm" qui, dans cette conception salvatrice d'un combat contre la ténèbre, dépend de ses fidèles autant qu'eux de lui : qu'importe que la lampe brûle à couvert, ce qui compte, c'est que la flamme ne s'éteigne pas de ce monde, sous peine de perdre le monde.

    Lien : http://vitanova.blogspot.com/2009/04/limam-cache-et-le-chant-du-coq...
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    • Livres 5.00/5
    Par Piling, le 01 avril 2009

    Piling
    Aujourd'hui il est de bon ton de stigmatiser l'islam, religion vouée à rester "arriérée" à cause de l'absolue de la Révélation (le judaisme aussi d'ailleurs) en opposition à un christianisme dont la sûreté des sources est plus floue car émanant de propos et récits humains, et donc plus aisé à remettre au "goût du jour". En introduction à L'Acte d'être de Molla Sadrâ, Christian Jambet rappelle cependant ce propos de Hegel : "Dans le concept de la religion vraie, c'est-à-dire de celle dont le contenu est l'esprit absolu, il est impliqué essentiellement qu'elle soit révélée et, à la vérité, révélée par Dieu."


    Lien : http://vitanova.blogspot.com/2009/04/revelation-prophetique-et-verit..
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    • Livres 5.00/5
    Par Piling, le 01 avril 2009

    Piling
    Et alors ce passage réjouissant quand on nous corne sans cesse aux oreilles que la philosophie islamique s'est arrêtée avec Averroès (et donc de l'abandon de l'aristotélisme), en omettant déjà que le néoplatonisme c'était tout de même quelque chose : en Mollâ Sadrâ, il y a le dépassement des deux pensées, au sens où il y prend ce qu'il veut et, comme pour l'Ishraq, en fait sa propre cuisine :


    Lien : http://vitanova.blogspot.com/2009/04/lontologie-des-lumieres-avicenn..
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Citations et extraits

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  • Par Piling, le 17 mai 2009

    Adam reçoit l'insufflation de l'esprit, qui demeure vivant en son intériorité cachée. La tâche des hommes est de réaliser la révélation de l'esprit prophétique, jusqu'à rejoindre l'archétype foncier, le père spirituel, Muhammad. L'événement historique de la révélation muhammadienne, et de l'exégèse développée par les Imâms, est l'accomplissement de ce retour, en une réconciliation de l'ordre temporel, gouverné par la paternité adamique, et de l'ordre spirituel, commandée par l'anthropomorphose de l'esprit dans le plérôme originel. Mais cet accomplissement n'est pas temporel. Il est retour à l'origine spirituelle, et il dépend de l'aptitude des fidèles à la connaissance de l'esprit. Le temporel s'évanouit, conformément à sa nature évanouissante foncière, tandis que demeurent les divers degrés de la remontée dans le monde de l'impératif, l'homme psychique, l'homme intelligible, l'homme spirituel divin. Telle est, ici condensée, l'intuition de l'histoire propre à l'ontologie de l'islam, qui est une liturgie de l'esprit et non pas, comme la phénoménologie occidentale chrétienne, une incarnation dans l'effectivité concrète temporel.

    Henry Corbin a soutenu que ce schème était le privilège de l'islam shî'ite, et qu'il était aussi bien la chance offerte à l'ontologie de l'islam tout entier. Nous pourrions soutenir, en déplaçant notre regard, que cette chance a un prix. Que l'esprit absolu ne soit jamais destiné à devenir esprit objectif dans la temporalité sensible, mais à s'en évader jusqu'à faire retour au point d'origine de l'acte révélateur divin, cela produit le schème de la liberté humaine en islam. C'est une liberté impérative, indissolublement unie à la connaissance de la condition éternelle du servant, de la 'ubûdîya constitutive de l'Anthropos primordial, miroir de Dieu et khalife de Dieu.
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  • Par Piling, le 09 mai 2009

    Il y a deux points de vue sur les quiddités, deux considérations de ce qu'elles sont, qui vont permettre de généraliser le modèle du miroir. Selon le premier point de vue, l'acte d'être du réel est le miroir des quiddités, puisqu'elles apparaissent en lui, étant les concomitants de ses noms et attributs. Le principe divin est le miroir où se manifestent les quiddités, qui n'ont pas d'autres lieux épiphaniques que le réel lui-même, d'autre être que l'acte d'être. Mais les quiddités sont le miroir du principe, étant les lieux épiphaniques de ses noms et attributs. Selon ce modèle généralisé, le miroir est miroir de miroirs, l'être est réfléchissement de soi sur soi, il est épiphanie d'épiphanies, miroir qui renvoie l'image d'un miroir où se reflète son image. Le principe, le réel, est ce point unique, intensité pure, qui est point aveugle de toute la manifestation. Sitôt que nous nous situons au niveau de la révélation, dans les noms et les attributs, nous entrons en un univers d'images, dans un réseau de miroirs. L'islam est ce monde où la réalité est toujours spéculative, parce qu'elle ne peut être que spéculaire, où toutes choses, depuis le créé jusqu'au Dieu qui se révèle, est une lumière réfléchissante en une autre lumière. Royaume d'ombres et d'apparitions mêlées où le rêve est prémonitoire et l'action la plus vive retourne vite au monde des rêves.

    Le miroir du réel trouve dans le réel son propre miroir. Le contemplatif achevé est le témoin des trois "naissances", celles d'ici-bas, celles de l'imagination et celles de l'intelligible. Il contemple les deux miroirs, monde créaturel, monde de l'impératif, le miroir des formes et le miroir du réel unifiés, sans dissociation ni différenciation. La dialectique de l'unité et de la multiplicité se convertit pour lui en un échange spéculaire.
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  • Par Piling, le 10 mai 2009

    Le fait pour l'âme d'être une âme, sa "psychicité" (nafsîya), n'est pas un simple accident étranger à son essence, comme peut l'être la paternité du père ou l'écriture pour l'écrivain. L'âme régit le corps autrement que le constructeur bâtit son ouvrage. Qu'elle soit "âme" est un mode de son acte d'être singulier, toute son existence y est engagée, en une activité et une union essentielle au corps : "La quiddité de l'âme ne possède pas un autre acte d'être en fonction duquel elle ne serait pas âme. Sinon qu'après des perfectionnements et des transformations essentielles qui lui adviennent en son essence et sa substance, elle devient intelligence agente après avoir été intelligence en puissance." Sadrâ veut que l'âme, quand elle est la forme et la perfection d'un corps naturel, soit pleinement ce qu'elle est, quitte à subir le mouvement essentiel d'intensification qui la métamorphosera en une autre "naissance", en intelligence agente absolument immatérielle.

    C'est abandonner une image naïvement platonisante de l'âme, qui en ferait d'abord une substance intelligible, séparée de toute matière, qui l'imaginerait ensuite s'éloigner du monde des intelligences pour s'appliquer aux matières élémentaires. Cette conception se heurte à la difficulté récurrente de penser l'union de deux réalités, l'une immatérielle, l'autre matérielle. En revanche, si l'on pose que le lien de l'âme et du corps, qui s'exprime dans la régence que l'âme exerce sur le corps, est une réalité essentielle pour l'âme, cette relation n'a plus lieu après coup, mais elle constitue l'âme en tant que telle. L'âme ne cesse pas, pour autant, d'être une substance, mais elle cesse simplement d'être une substance intelligible séparée.
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  • Par Piling, le 19 mai 2009

    Sadrâ énonce cette maxime capitale : "la religion est chose intérieure" (al-dîn amr bâtinî), maxime qui n'en fait pas un bâtinî, un "ésotériste" au sens technique que prend ce terme quand il désigne l'ismaélisme. Mais qui en fait un philosophe averti du danger de confondre l'ordre apparent de la cité et l'ordre de la religion. Non qu'il propose une quelconque séparation de l'Etat et de la révélation, ce qui serait bien surprenant. Il distingue plutôt la discipline juridique, née de l'histoire et liée indissolublement aux statuts du monde sensible extérieur, auquel appartient l'homme de la cité, de l'ensemble des vérités qui relèvent, rigoureusement parlant, de la "religion".

    Il cite une tradition importante, qui dit que "quand Dieu s'épiphanise pour une chose, opère en quelque chose sa révélation éclatante, il soumet à lui l'apparent de la chose et son ésotérique". La religion est cette soumission de l'ésotérique de l'homme, tandis que les statuts juridiques n'ontéressent que son extériorité sensible. L'obédience réelle n'est donc pas le respect des interdits, qui sont pure négation des fautes et des délits. Elle est pleinement affirmative, et elle est un concomitant de la gnose et de la certitude, "la vue spirituelle complète pénétrant da ns la réalité de la religion". Elle culmine dans l'extinction mystique en Dieu (hosûl al-fanâ'). La religion est le mouvement essentiel de l'acte d'être, sa croissance et son perfectionnement, et ne se confond pas plus avec la loi que la liberté ne se confond avec la contrainte.
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  • Par Piling, le 19 mai 2009

    La distinction de l'intelligence en soi et de l'intelligence en nous est affaire de point de vue, selon que nous prenons le point de vue du foyer générateur ou de l'image qui en procède. Le monde intelligible, cette écriture du calame divin, est bien une esthétique généralisée, et fonde l'esthétique de l'art islamique, qui figurera, sous des formes abstraites ou des figures sensibles, cette expansion des ombres spirituelles. L'art des miniatures ou des scènes sensibles sera l'art de l'intelligible, non pas un art réaliste et représentatif, mais l'imagination seconde de ces images premières, idéales, qui procèdent de la surabondance de l'être. Les schèmes de l'imagination sont aussi bien des structures de l'espace intérieur que des modulations du temps, et non l'iconoclasme, ils offrent aux intelligences une configuration sensible. L'icône est ainsi essentielle à l'ontologie de l'islam. Les arts sont témoins des grandes fractures théologiques de l'islam, parce que leur pratique ou leur condamnation impliquent une prise de position engageant le sens de la révélation. L'ontologie sadrienne, contemporaine du grand essor artistique de l'époque safavide, ne déroge pas à l'interdit de la représentation imagée, mais le contourne en une esthétique de la manifestation sensible de l'Idée.
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Maurice Clavel
A Vézelay, seul ou entouré d'amis philosophes, André GLUCKMANN, Philippe SOLLERS, Guy LARDREAU, Christian JAMBET et Michel FOUCAULT, Maurice CLAVEL s'entretient avec Antoine de GAUDEMAR ; parle de lui-même, de sa jeunesse, de son engagement dans la résistance, de son parcours politique, du Général de Gaulle, de sa conversion au christianisme, de la révélation qu'a été pour lui la...











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