ISBN : 2246776511
Éditeur : Grasset (2011)


Note moyenne : 3.33/5 (sur 48 notes) Ajouter à mes livres
Après une première incursion dans l’histoire familiale avec Le roman des Jardin, l’auteur s’attache cette fois-ci à la personnalité de son grand-père paternel, figure aimée à propos duquel le petit-fils commença à comprendre à l’adolescence le rôle important joué par « ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par carre, le 20 mars 2012

    carre
    Alexandre Jardin décide de dévoiler un passé qu'il traine comme une honte. Son grand-père surnommé "Le nain jaune" fut en effet le directeur de cabinet de l'immonde Pierre Laval au moment de la rafle du Vel d'Hiv. Pendant vingt cinq ans, Alexandre Jardin a caché cette tache en écrivant des romans d'amour, en montrant l'image d'un auteur romantique au rire communicatif. Mais la blessure était là silencieuse. Regroupant enquêtes, témoignages et documents l'auteur du "Zèbre" rassemblent les preuves de l'infamie. Avec une autre question : pourquoi Pascal Jardin son père n'a rien dit ? Pourquoi c'est à lui le petit fils d'exhumer cette honte. L'on devine bien évidemment le besoin salutaire d'écrire sur un tel sujet. de prendre ces distances avec cette famille qui n'aura cesser de faire semblant. D'écrire le désamour qui s'installe, la haine qui grandit.
    Mais si le livre est passionnant sur le fond et la sincérité bien présente, les figures de style de l'auteur m'agacent souvent et gâche mon plaisir de lecteur. A découvrir pour l'histoire.
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
  • Par Kittiwake, le 11 février 2012

    Kittiwake

    Avant de commencer, j'avais un a priori négatif : je me méfie beaucoup des auteurs qui après nous avoir enchanté avec des fictions hautes en couleurs, se lancent dans l'autobiographie romancée.
    La déconvenue a été à la hauteur de mes attentes.
    La finalité du livre est de se délivrer du secret familial qui pèse sur les épaules de l'auteur depuis que celui ci a compris que son grand-père paternel était un collabo et pas n'importe lequel : le bras droit de Laval, celui qui a organisé la rafle du Vél d'Hiv.
    Certes le fardeau est lourd, mais est-il nécessaire de consacrer plusieurs chapitres à l'analyse de micro-éléments qui authentifient la participation du directeur de cabinet de Vichy en toute conscience à la déportation de familles entières? la peur d'une erreur judiciaire? Ils sont longs ces chapitres...
    Longs aussi ceux consacrés au stratagème utilisé par la famille pour travestir l'infamante activité du grand-père au point que celui-ci recevra les louanges de tout un panel de célébrités, embobinées par la verve plumitive de Pascal Jardin, le père de l'auteur. C'est intéressant mais trop répété.
    Autre système de défense : la balance! Il est vrai que l'on est pas surpris par l'identité des montrés du doigt, prompts à retourner la veste quand le vent souffle de Londres
    Derrière cette méthode de défense un peu naïve, transparaît l'angoisse majeure : la ressemblance. Traquée sur les photos de famille, auto-analysée dans les traits de caractère, réfutée haut et fort dans les actions et les alliances, c'est le moteur de la honte. d'autant que les échanges avec une ancienne adepte convaincue et non repentante du national socialisme, argumentant ses choix, mettent en évidence la compatibilité d'un back-ground social et intellectuel honorable avec une conception ignoble et délirante de l'identité juive. Des gens très bien....
    Et tout cela est inutile pour le lecteur : j'ai aimé Jardin pour son écriture dynamique et enjouée, son regard de clown anxieux sur la vie, celui qui "avait trop mal pour être triste" et qui "avait ri abondamment pour ligaturer son chagrin", "les zèbres qui n'appartiennent qu'à eux même et qui s'éclipsent du jeu social". Je ne suis pas certaine que l'on puisse reprocher à des parents les exactions de leur progéniture, alors garder rancune à un petit-fils même pas à l'état de gamète au moment des méfaits de son grand-père!.....
    Je comprends ce besoin de justification, mais une fois de plus le lecteur est pris en otage et contraint de de jouer le rôle de thérapeute ou d'exorciste.
    Je remercie les éditions du Livre du Poche pour cette lecture dans le cadre de la sélection pour le Prix des lecteurs 2012


    Lien : http://kittylamouette.blogspot.com/2012/02/des-gens-tres-bien.html
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par athena1, le 20 février 2011

    athena1
    Lourd passé que celui d'Alexandre JARDIN.
    Après Le Roman des Jardin, ouvrage sur les moeurs quelques peu farfelues et dissolues de ses ascendants, Alexandre JARDIN crève l'abcès en publiant Des gens très bien... Et là c'est une toute autre histoire, celle d'une famille gouvernée par l'omerta, dont le seul mot d'ordre est la cécité. L'histoire c'est celle de Jean, grand-père d'Alexandre connu sous le pseudonyme du Nain Jaune. Jean fut le proche collaborateur de Laval sous le régime vichyste.
    Le pilier central de ce "roman" demeure la rafle de juillet 1942 où 4000 enfants furent sauvagement assassinés, leur tort étant tout simplement celui d'être juifs !
    Alors que la France a dû attendre le dernier quart du 20ième s pour enfin admettre son rôle à part entière dans la déportation des juifs, A Jardin a dû composer avec son passé, celui de petit-fils du Nain Jaune.
    Cette ouvrage est poignant, il montre le malaise de notre auteur qui malgré, sa confession demeure profondément heurté par ce passé si sombre. A travers les pages, nous découvrons que bien souvent Alexandre s'est retrouvé, contre son gré, en compagnie de ceux qui furent les alliés de ce plan d'extermination ou encore ceux qui sont comme lui les descendants de ces criminels. Un passé qu'Alexandre subit, et ce à tel point que lorsqu'il retranscrit les propos d'une ex femme de SS, il ne peut s'empêcher de crier son indignation, comme si le vieil adage "qui ne dit mot consent" pourrait lui être attribué, comme si il devait justifier qu'il n'est pas de ces antisémites qui semèrent la terreur dans la France Vichyste et bien au-delà.
    Enfin, ce roman légitime le choix littéraire de notre romancier. A un passé trop sombre, trop lourd, il a substitué un mode littéraire. Celui de romans légers voir parfois à l'eau-de-rose.
    Une chose est sûre, plus jamais je ne lirai monsieur Jardin de la même manière.

    Lien : http://www.athena1-lire.blogspot.com
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par Annaelle, le 11 avril 2011

    Annaelle
    Ce n'est pas trop le genre de livres ou d'auteurs qui m'attirent en général, mais le thème abordé dans celui-ci m'intéressait, j'ai donc voulu tenter malgré tout.
    Au final, je reste assez mitigée après cette lecture.
    Je l'ai trouvé très intéressante sur le fond, mais sa forme de m'a pas captivée.
    Cela vient sans doute essentiellement du style de l'auteur qui ne me transporte pas, la structure de son récit est assez ennuyeuse je trouve (le seul autre livre que j'ai lu de lui, c'est « L'Île des gauchers », je ne m'en souviens pratiquement plus, mais je sais qu'il m'avait laissé cette même sensation tiède).
    Le livre ne contient finalement qu'une succession d'anecdotes qui sont certes intéressante pour nous aider à comprendre l'état d'esprit de l'auteur, son cheminement, la façon dont il se dépêtre de ses origines qui lui pèsent tant, mais elles donnent un ensemble un peu décousu je trouve. Il y manque un fil rouge pour donner une cohérence à l'ensemble.
    Du coup, j'ai eu parfois un peu de mal à rentrer dedans.
    Ceci dit, le sujet en lui-même est passionnant et je trouve important qu'il soit abordé, parce que même s'il existe des milliers d'œuvres diverses sur cette périodes, rares sont celles qui parle de l'après. Que ce soit du côté des Allemands ou du côté des Français, on y parle rarement de la difficulté que c'est de vivre en étant un descendant d'un de ceux qui a commis toutes ces horreurs.
    J'ai aussi trouvé triste de voir que (même s'il vaut sans doute mieux cela à l'ignorance intentionnelle), lorsque le jugement ne se pose pas de l'extérieur sur des gens qui n'ont rien fait d'autres que de venir au monde dans la mauvaise famille, il peut aussi être tout aussi difficile de vivre pour cette personne qui se sent coupable et souffre alors qu'elle n'a pourtant rien fait…
    Je pense aussi que ce livre peut être très intéressant à lire pour ceux qui aiment cet auteur, parce qu'il nous en apprend beaucoup sur la personnalité d'Alexandre Jardin, sur la façon dont ses œuvres se sont construite en fonction de ce passé, il y explique aussi comment la légèreté de ses histoires a été pour lui une échappatoire, une façon de cacher par la joie et les sourires les souffrances et la culpabilité qu'il ressentait en raison de ce grand-père si dérangeant.
    Par contre, je trouve la fin sans intérêt et en totale contradiction avec l'objet de l'ensemble du livre. Tout du long il ne cesse de nous répéter qu'il veut rétablir la vérité et se démarquer de cette famille qui a toujours enjolivé l'histoire de son grand-père et préféré ignorer ses agissements dérangeants, mais finalement, dans le dernier chapitre il fini par choisir à nouveau la solution de facilité en se tournant vers l'imaginaire, comme s'il n'avait pas su finir ce livre autrement que par un nouveau mensonge pour excuser son grand-père. Je trouve ça vraiment dommage…
    En plus, dans ce passage, il ne va même pas au bout de la rencontre, et elle n'en a du coup qu'encore moins d'intérêt.

    Pour conclure, je dirais que même si ce livre ne m'a pas toujours captivée, je le trouve tout de même intéressant pour les sujets qu'il aborde et les questions qu'il pose, et je pense qu'il plaira beaucoup aux adeptes d'Alexandre Jardin.


    Lien : http://l-imaginarium.forumactif.net/t739-des-gens-tres-bien-alexandr..
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 05 juin 2011

    brigittelascombe
    "A mon père, ce fils qui me manque tant"
    Et voilà, rien qu'avec sa dédicace, Alexandre Jardin lance le jeu d'emblée. Lance le "je" plutot car ce récit auto biographique, long plaidoyer pour clamer haut et fort, surtout "je" me démarque,"je" ne suis ni mon père ni mon grand père est annoncé de but en blanc.
    Quelle étrange mode actuellement, que ces écrivains qui, leur père ou leur mère mourant ou disparu viennent nous parler de leurs relations houleuses, éphémères ou manquées avec leurs géniteurs. Est ce dans cette faille ou dans ces secrets que s'inscrit l'écriture?
    Donc après "Prête moi ta vie pour t'écrire de là haut" de Françoise Dorin(sur son père), "Grandir " de Sophie Fontanel (sur sa mère),"Le pays de l'absence" de Christine Orban(sur sa mère), voici "Des gens très bien" d'Alexandre Jardin(prix fémina pour "Le Zèbre") dont on se doute "très bien" vue l'ironie du titre que ces gens "très bien" n'étaient pas forcément "très bien".
    Pourquoi?
    Secret de famille oblige, nous apprenons sur le tard que le grand père de l'auteur Jean Jardin dit "Le Nain jaune" était collabo et a participé à la rafle du vel' d'hiv' qui a couté la vie à des milliers de juifs. le père de l'auteur, lui Pascal Jardin dit "Le Zubial" enrobait les pires choses de bonne humeur et congédiait le réel pour se persuader que "Le Nain jaune" était resté propre dans son bain de boue et avait même aidé les résistants.
    Alexandre Jardin, lui, se voilant la face, préférait dans ses livres écrire de l'ensoleillé pour dissimuler la nostalgie.
    Aujourd'hui, les vannes s'ouvrent,le père a disparu, il peut se permettre de perdre pied en déballant tout ce linge au public, sa famille de lecteurs, comme on lave son linge sale.
    Un bon livre, un peu "règlement de comptes" ou "essai de compréhension d'un père-enfant" émouvant de par son début et sa fin, comme toutes les fins de vie où l'on voudrait tout effacer pour ne garder que le meilleur.
    Bravo, Alexandre pour votre bravoure, mais chaque membre d'une famille est unique et ce serait dommage de renier aujourd'hui vos écrits passés et ce "Zèbre" que l'on a tant aimé.
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Citations et extraits

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  • Par Leaz, le 17 mai 2012

    Il me fallait une dose d'espoir, de réparation aussi. Un jour, nous réussirons à faire des Français un peuple du livre.
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  • Par levoyageuraudessusdelamerdesnuages, le 09 mai 2012

    quel courage pour avoir reussit à combattre et mettre au grand jour ses ressentiments les plus intimes d'une vie ,vis à vis d'un homme le nain jaune ,d'un pére,d'une famille. le verbe est franc,direct,on sent le vécu intime dans l 'ecriture de l'Auteur que j'ai trouvé authentique. je decouvre Monsieur Jardin votre vrai nature.vous n'êtes en rien responsable des agissements de vos aieuls et je trouve l'approche de la condition des juifs à cette époque décripté avec sincérité et sans embage.
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  • Par morin, le 29 janvier 2011

    Je ne pouvais pas leur faire le coup du j'écris ce livre pour vous..alors que c'est bien pour moi que je m'y colle. Pour reprendre souffle. Pour me laver le cœur et m'engager, je l'espère,moins douloureusement dans la deuxième moitié de ma vie.

    comment leur dire que la culpabilité niée du Nain Jaune et celle esquivée par le Zubial pèsent encore sur mes épaules ?A chaque fois que je flaire le fantôme de mon grand-père, un froid mortel me gagne.
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  • Par jostein, le 13 janvier 2011

    Ceux qui n'ont rien vécu n'ont pas droit au confort du jugement.

    Ceux qui ne se sont pas brûlés les ailes ignorent tout du feu.
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  • Par athena1, le 20 février 2011

    Si l'on désire brûler une synagogue, il suffit de rameuter une poignée de canailles sans foi ni loi; mais pour pratiquer un antisémitisme d'Etat, il est impératif de mobiliser des gens très bien, dotés de vertus morales solides. Les détraqués, les sadiques huileux et les pervers professionnels ne sont pas assez nombreux? Ni suffisamment efficaces.
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