ISBN : 2070401685
Éditeur : Gallimard (1997)


Note moyenne : 3.63/5 (sur 109 notes) Ajouter à mes livres
Dans un archipel du Pacifique Sud ignoré des géographes, l'île des Gauchers abrite une population où les droitiers ne sont plus que l'exception. Mais là n'est pas le plus important. Cette minuscule société, fondée par des utopistes français en 1885, s'est donné pour but... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par livr0ns-n0us, le 17 décembre 2011

    livr0ns-n0us
    Ah, zut, une histoire d'amour(s)... Voilà la première chose que je me suis dite en lisant la quatrième de couverture, réflexion aussitôt suivie par "mais pourquoi je regarde jamais les synopsis des bouquins que je mets dans mes challenges ?!". Et bien tant mieux, puisque je ne me serais jamais dirigé vers ce sublime ouvrage si j'avais pris connaissance de son thème avant, et ç'aurait été passer à côté d'une bien belle découverte ! Pleine de réticences, j'ai pourtant vaillamment attaqué ma lecture, et le miracle s'est produit au bout de quelques pages seulement. Alexandre Jardin a su me toucher au plus profond de mon être grâce à cette histoire à la fois drôle, lucide, belle et cruelle. Ce récit fait écho à des sentiments et des sensations que j'ai pu vivre ou que je vis encore, voilà sans nul doute la raison pour laquelle L'île des gauchers m'a émue et profondément troublée alors que l'époque ou les personnages sont bien éloignés de mon histoire.
    Le récit est merveilleusement servi par une langue imagée, riche, virtuose ; la lecture de ce roman est un véritable délice pour les yeux et les oreilles. le style est fluide et recherché, savoureux, notamment grâce aux décalages de ton que l'auteur emploie. Résolument sérieux, ce roman porte pourtant en lui un comique burlesque insoupçonné dont je suis très friande. Cela passe, par exemple, par les listes interminables et à se tordre de rire des objets fabriqués sur-mesure pour Lord Cigogne ou par le charme à la fois ridicule et touchant d'Algernon, le majordome terriblement anglais (l'auteur nous fait d'ailleurs remarquer qu'en ses veines coule du thé, mais avec un nuage de lait, please.)
    Le sujet est admirablement bien traité. Les réflexions sont pertinentes, qu'elles concernent l'amour ou le monde dans lequel nous vivons. La dimension politique est omniprésente mais n'empiète jamais sur le thème principal, à savoir "comment devenir un vrai mari ?". L'auteur jette un regard extrêmement lucide sur les travers de nos sociétés européennes (en témoigne mon extrait qui fait envie [17]), et toutes ses réflexion pourraient être citées car elles m'ont semblé toutes plus justes les unes que les autres.
    J'ai trouvé en revanche quelques redondances concernant certaines idées, expliquées autrement, soit, mais assez similaires dans le fond. J'ai également vu venir de loin le rebondissement final, ce qui, sans complètement gâcher ma lecture, m'a un peu déçue. Au final, j'ai passé un très bon moment de lecture, très vivant. J'ai véritablement fait corps avec ce récit, et nul doute que je m'en souviendrai longtemps !

    Lien : http://livr0ns-n0us.blogspot.com
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    • Livres 5.00/5
    Par Noura, le 13 octobre 2009

    Noura
    L'île des gauchersAlexandre Jardin
    Lord Jeremy Cigogne à 38 ans, réalise que l'amour qu'il dévoue à sa femme Emily n'est en réalité que la tentative de maintenir une passion qui s'essouffle. Car si les sentiments existent, Jeremy se rend bien compte qu'il ne sait tout simplement pas « aimer » sa femme, l'aimer sincèrement et sans artifices. Il découvre alors l'existence d'une île improbable, habitée par une colonie d'utopiste, une île où la « première urgence » est celle d'aimer.
    Embarquant femme et enfants, Lord Cigogne débarque sur cette île des Gauchers à bord d'une montgolfière, découvre un univers d'intransigeance amoureuse, un univers où les hommes doivent être architectes de leur amour. A travers les coutumes, originales et parfois pénibles qui rythment la vie des Gauchers, Emily et Jeremy apprennent l'amour, le véritable amour.
    Une histoire belle, qui ne cède, selon moi, jamais au mielleux, mais toujours sincère dans sa recherche, si utopique soit-elle de l'amour...
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    • Livres 5.00/5
    Par Sly, le 04 juillet 2010

    Sly
    Sublime ! Que ce voyage sur l'île d'Hélène a été révélateur.
    Tout pour moi dans ce livre, est à l'image de ce que j'aimerai vivre comme amour. Que la société de droitier dans la quel je vie, va me sembler encore plus terne maintenant.
    L'histoire de deux êtres qui s'aimaient, et qui ont préféré risquer de se perdre, plutôt que de s'aimer à moitié.
    Un livre touchant, plein de tendresse, et dont l'amour de Lord Cigogne et Emilie ne peut vous laissez indifférent.
    Que je regrette l'époque du romantisme.
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    • Livres 3.00/5
    Par iarsenea, le 27 avril 2010

    iarsenea
    Alexandre Jardin... Cet auteur possède tous les trucs pour semer la confusion. Dans L'île des gauchers, tout est écrit de sorte que l'on finnisse par croire à l'existence de cette île totalement hors de l'ordinaire. Des annexes à la fin du roman nous relatent l'histoire des habitants de l'île (avec les sources !!!) et donnent des statistiques sur l'Île d'Hélène. Poussée par la curiosité, j'ai fait des recherches sur cette supposée île, pour trouver... Nada ! Que des critiques sur le roman d'Alexandre Jardin. J'ai lu quelques critiques de bloggeurs comme moi. Certains disent: «Mais cette île existe vraiment ! Il y a des annexes à la fin qui attestent de sa vérité !». Hum ! Pas si sûre. J'ai cherché pendant des heures. C'est sûr que cette île est supposée être inconnue du monde des droitiers (c'est-à-dire de tous les habitants de cette terre n'habitant pas l'île d'Hélène). Mais après que des milliers de personnes aient lu le livre de M. Jardin, je doute fort que cette île ne suscite pas plus d'intérêt...
    Voilà, j'en suis venue à la conclusion que cette île n'existait pas. Mais je doute toujours. Cet Alexandre Jardin et son esprit tordu en aura fait douter, des esprits... J'ai bien l'impression que là était l'intention de cet auteur dont l'originalité et la manière peu commune de parler des choses de la vie fait la popularité.
    L'histoire de l'île d'Hélène aurait commencé lorsqu'en 1874, le capitaine Auguste Renard aurait fait un naufrage sur cette île australe. Il se serait confectionné un radeau pour revenir en terre habités. Puis, en 1885, il serait revenu avec tout un équipage d'hommes et de femmes gauchers et gauchères qui avaient comme ambition commune de fonder une société où l'art d'aimer prendrait la priorité sur tout.
    Par la suite, ils auraient instauré une série de traditions visant à apprendre à aimer, mais surtout à conserver la flamme. Leurs méthodes peu orthodoxes, qui de prime abord peuvent paraître inconcevables sont pourtant d'une logique et d'un génie indescriptible.
    Malheureusement, ce roman comporte un point négatif majeur. La narration très philosophique en découragera certainement beaucoup. Cela peut parfois ressembler à un long monologue, qui bien que d'un génie qui ne peut être nié, tend à devenir répétif et lassant, cassant par le fait même le rythme du récit.
    Donc, ne vous laissez pas décourager par la longueur de la narration, car je crois que ce livre mérite d'être lu !


    Lien : http://lecturesdisabelle.blogspot.com/2008/12/lle-des-gauchers-parti..
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    • Livres 3.00/5
    Par tulisquoi, le 29 juillet 2010

    tulisquoi
    Je n'ai jamais été attiré par les livres d'Alexandre Jardin : le style autobiographique ne me convient pas dans la plupart des cas, les sujets abordés dans ses romans ne me parlent pas en général et, pour être tout à fait honnête, l'auteur en lui-même me semblait un brin naïf, un peu trop fleur bleue.
    Quelque part, on retrouve un côté fleur bleue dans ce roman : imaginez, un homme a un coup de foudre à 17 ans pour une femme, mais estime qu'il ne la mérite pas encore. Il va donc s'exiler quelques années afin de parfaire son éducation, devenir plus sûr de lui et mériter son amour. Et il arrive enfin à la conquérir ! Les années passent dans le bonheur d'abord, les enfants arrivent, puis viennent les soucis et, comme c'est souvent le cas, les disputes, les cris et la séparation n'est finalement plus très loin. Pourtant cet homme aime sa femme, mais il se rend compte que finalement il ne sait pas vraiment ce qu'aimer veut dire. Aimer vraiment. Non plus dans la passion et le feu, mais dans la durée, dans le respect et la compréhension de l'autre. Il découvre alors L'île des gauchers par hasard dans un livre et décide que c'est la dernière chance pour sauver son couple et sa famille.
    L'île des gauchers ? Une île composée majoritairement de gauchers effectivement, mais surtout une île qui a décidé d'aller à contre-courant du monde entier et d'ériger le bien aimé en art de vivre. Travailler ? Oui, mais juste le minimum nécessaire. Sur cette île, le but n'est pas d'amasser encore plus d'argent ou d'atteindre une meilleure position sociale. Ici, ce qu'on veut, c'est comprendre l'autre, l'aimer dans toute sa différence ou sa ressemblance, l'accepter, partager, communiquer et respecter. Et toutes les actions qui sont mises en place, toutes les fêtes, tous les lieux de cette île tourne autour de cela : arriver à une meilleure compréhension de l'autre. Oh bien sûr, tout n'est pas toujours rose non plus. Un couple, c'est un travail de tous les instants et le moindre relâchement peut réduire à néant des mois d'efforts ! Que va devenir notre couple d'amoureux sur cette île des gauchers ? Vont-ils réussir à s'aimer ?
    (lire la suite...)

    Lien : http://www.tulisquoi.net/lile-des-gauchers-alexandre-jardin
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Citations et extraits

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  • Par Noura, le 12 octobre 2009

    A presque quarante an, il y avait urgence à s'aimer. La seule réalité n'était-elle pas celle des sentiments? Le reste ne faisait-il pas semblant d'exister? Il lui fallait arrêter ses conneries, mettre un terme à toute la disconvenance qu'il voyait entre lui et l'Europe industrielle, s'arracher au monstrueux désenchantement des droitiers, quitter l'eau morte de son présent, appareiller pour cette civilisation peuplée d'être plus conscients d'eux-mêmes, cette île poétique qui lui semblait être sa vraie patrie. Cigogne se sentait dépossédé de sa vie dans cette Angleterre défigurée par la Grande Crise des années trente, au sein de cette société que ne soutenait aucun grand dessein. Il voulait piloter autrement sa destinée, convertir enfin sa passion pour Emily en un amour phénoménal, à plein temps et, là-bas, rencontrer vraiment sa femme.
    Cigogne avait toujours cru que les commencements de la séduction renfermaient le meilleur d'une liaison ; à présent il sentait toute la fausseté de cette croyance de jeune homme. L'amour était bien plus sublime que les vertiges limités d'une passion. Il rêvait de se livrer, d'écouter Emily, de la pardonner, de la comprendre et de découvrir enfin ce que c'est que de vivre à deux, pour de vrai, et non côte à côte. Le secret de son propre plaisir n'est-il pas d'en donner? En levant l'ancre pour le pays des Gauchers, Jeremy avait dans l'idée de partir à la découverte de sa femme, cette Mal-Aimée qu'il avait eu tant de difficulté à entourer de sa tendresse. Il en avait assez de frustrer celle qu'il aimait, de croupir dans ce rôle d'époux défaillant qui contredisait tous ses rêves et lui renvoyait de lui-même une image détestable.
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  • Par iarsenea, le 27 avril 2010

    Histoire

    1886: Adoption à l'unanimité par le conseil de Port-Espérance de la coutume des jours blancs (Il s'agit de jours où les gens s'habillent de blanc. Pour la famille de la personne, cela signifie qu'aucune question ne doit lui être posée. Durant ces jours blancs, la personne peut agir en toute liberté, sans contraintes. Elle peut être infidèle et même devenir quelqu'un d'autre si elle le souhaite.
    1888: Colonisation de l'île du silence par Jeanne Merluchon qui impose un silence absolu sur cet îlot. La même année, instauration du Carême Gaucher. Il s'agit de quarante jours durant lesquels tout le monde doit s'abstenir d'avoir des relations sexuelles.
    1952: Interdiction d'éclairer les restaurants autrement qu'à la bougie; les lampes électriques sont formellement interdites dans les lieux publics, afin que le teint des femmes soient mis en valeur par la lumière chaude que diffusent les bougies.
    1968: Instauration du mariage à durée limitée.
    1969: Instauration du divorce à temps limité.
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  • Par grisette, le 09 juin 2010

    Il rêvait de se livrer, d'écouter Emily, de la pardonner, de la comprendre et de découvrir enfin ce que c'est que de vivre à deux, pour de vrai, et non côte à côte. Le secret de son propre plaisir n'est-il pas d'en donner ? En levant l'ancre pour le pays des Gauchers, Jeremy avait dans l'idée de partir à la découverte de sa femme, cette Mal-Aimée qu'il avait eu tant de difficulté à entourer de sa tendresse. Il en avait assez de frustrer celle qu'il aimait, de croupir dans ce rôle d'époux défaillant qui contredisait tous ses rêves et lui renvoyait de lui-même une image détestable. Jeremy Cigogne espérait soigner leur couple, se libérer là-bas des pièges qui en douce délitaient leur histoire, de ces mécanismes pervers qui tuent l'amour et jettent malgré soi dans l'adultère. Ces pièges sournois lui semblaient plus redoutables encore que la soi-disant usure due, paraît-il, à l'empilement des années de ronron conjugal.
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  • Par tulisquoi, le 29 juillet 2010

    Que les riches s’aiment, discrètement, soit ; qu’ils se vautrent dans les sentiments raffinés qu’autorisent l’opulence et le temps libéré de l’affreuse nécessité, si vous voulez ! Les démunis ? Circulez ! L’amour, c’est une chose privé qu’on vous dit ! Pour après les fatigues des journées salariées, les soins aux chiards et tout le tintouin domestique. Le bonheur ? Vous rigolez, my dear ? Toutes les universités, Cambridge et les autres, étaient là pour s’en gausser, avec des thèses formidablement tournées à l’appui, sur l’absolu nécessité du malheur qui accable le Blanc. Pourquoi ? Parce qu’il croyait, le Blanc droitier, qu’il lui fallait trimer pour exister, qu’il n’avait rien à gagner à perdre son temps.
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  • Par iarsenea, le 27 avril 2010

    Statistiques

    Population de gauchers en 1885: 94%. En 1910:82%.
    En 1994: 90%.
    Changements dans la population (1988-1996):
    Naissances: 1051 (dont 1050 désirés). Décès: 803 (dont 207 morts de chagrins d'amour).
    Mariages: 1900: 61% de couples infidèles et 60% de couples s'aimant à la folie.
    1994: 90% de couples infidèles et 91% de couples s'aimant à la folie
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Vidéo de Alexandre Jardin

Alexandre Jardin à Tout le monde en parle le 1er mai 2011
Alexandre Jardin s'attendait aux représailles de sa famille, mais pas à celles de la France tout entière. C'est dans un registre plus dramatique et loin du romantisme que le célèbre auteur de Fanfan a dénoncé le passé controversé de ses proches dans son roman Des gens très bien. Au-delà des violentes réactions, ce livre grave sur la collaboration des Français avec les nazis durant la Seconde Guerre mondiale a eu une influence irréversible sur l'écrivain, qui a désormais pris goût au vrai.








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