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ISBN : 2070382753
Éditeur : Gallimard (1990)


Note moyenne : 3.12/5 (sur 806 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Gaspard Sauvage, dit le Zèbre, refuse de croire au déclin des passions. Bien que notaire de province, condition qui ne porte guère aux extravagances, le Zèbre est de ces irréguliers qui vivent au rythme de leurs humeurs fantasques. Quinze ans après avoir épousé Camille,... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Epictete, le 30 juin 2014

    Epictete
    J'avais déjà lu quelques titres d'Alexandre Jardin et je l'avais surtout beaucoup entendu soit en interview, soit lors de ses participations à des émissions radiophoniques de promotion. Son humour, son entrain, son culot, parfois et son écriture m'avaient plu (même si je n'étais pas d'accord avec toutes les idées qu'il avance) Alors j'ai voulu aller plus loin, en reprenant une de ses premières publications.
    Gaspard (Le Zèbre) et Camille, deux membres apparemment bien normaux d'un couple de petits bourgeois (Notaire et professeur) très classiques, vont chercher chacun de leur côté à sortir de leur quotidien, à raviver la passion de leur couple, sinon dans leur vie.
    Gaspard monte des stratagèmes plus ou moins monstrueux pour satisfaire ses objectifs de reconquête, et bientôt, Camille de son côté en devient prisonnière, s'invente elle-même un scénario afin d'entrer dans le jeu de son mari, mais surtout de satisfaire ses propres envies, ses propres rêves.
    Ce roman traite d'un thème presque classique, présenté avec une écriture fluide, rythmée, joyeuse, même si la situation ne s'y prête pas.
    C'est amusant et parfois, en lisant ce texte on a l'impression d'entendre la voix rieuse et mutine de l'auteur.
    Ce livre est bien écrit, avec du vocabulaire et surtout une utilisation des temps à laquelle nous ne sommes plus habitués. Les chapitres sont très courts – Environ deux pages et demi en moyenne – et donnent un rythme très soutenu au récit. On vit intensément chaque journée passée par les acteurs de l'histoire.
    Il y a bien sûr quelques facilités (du type « Une montre arrêtée donne l'heure exacte deux fois par jour… » Mais on est face à un nouveau type d'écriture particulièrement intéressant. Ce thème m'a rappelé une chanson de Richard Anthony de 1974 : « Qu'est-ce qui m'arrive aujourd'hui ? Je suis amoureux de ma femme ! » qui peut, à mon avis peut fort bien résumer ce roman, si ce n'est que son issue est nettement plus tragique.
    Les questions posées sont du type :
    • Peut-on jouer avec les sentiments ?
    • Jusqu'à quel niveau ?
    • Quels sont les dangers ?
    Le texte apporte quelques éléments de réponse : « Maigre butin au regard de l'amour qu'il avait dilapidé dans cette aventure (Page 109) »
    « Le Zèbre » est un roman qui se lit vite, mais apporte un certain nombre d'interrogations aussi bien au niveau du style que du thème choisi. Expérience intéressante.
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    • Livres 4.00/5
    Par lecassin, le 16 avril 2013

    lecassin
    « Le Zèbre » est mon premier Jardin…
    Il avait bien écrit « Bille en tête » un peu avant, mais les hasards de la chine en vide grenier m'ont mis en présence de celui ci…
    C'est tout de même avec une certaine appréhension que j'attaque : un best seller, un auteur (déjà) controversé… J'ai déjà donné avec Amélie Nothomb ; et chat échaudé craint l'eau froide !
    Surprise ! c'est frais, c'est enlevé, avec un sens de la formule qui ne manque pas de me séduire.
    Et en parlant de séduction, nous voilà au cœur de sujet du livre. Et cette question, lancinante que l'on retrouve en filigrane de l'incipit : la passion est elle soluble dans vingt ans de lit à deux places ?
    Gaspar Sauvage (Le Zèbre), notaire, est marié à Camille et le couple ronronne… Où est la passion dans tout cela ? Gaspar va partir en reconquête de son épouse, comme au bon vieux temps ; et pour ça, il ne manque pas d'imagination, passion oblige.
    Il s'ensuit un roman alerte, un peu (beaucoup) iconoclaste, souvent tendre… mais surtout imprévisible, dont ma lecture s'effectuera avec en tête le si beau texte de Souchon : « Passez votre amour à la machine, faites bouillir… Est ce que les couleurs d'origine peuvent revenir ? »…
    Même si Alexandre Jardin est toujours aussi controversé, je ne sais pas vous mais moi, ce « Zèbre » m'a bien plu.
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    • Livres 4.00/5
    Par ladesiderienne, le 31 mars 2014

    ladesiderienne
    CHALLENGE ABC 2013/2014 (23/26)
    Je ne suis pas fan des romans d'amour et pourtant, je me suis lancée dans cette lecture, ayant déjà été séduite, il y a longtemps, par la plume d'Alexandre Jardin. Je ne regrette pas mon choix car voilà encore un roman où j'ai pu relever un nombre incalculable de citations, véritables petites pépites de la langue. Une question me vient tout de suite à l'esprit : comment peut-on écrire à vingt-trois ans (prix Fémina 1988) un livre sur l'usure des sentiments ? Peut-être en s'inspirant un peu de son propre père, qui d'après l'auteur ressemblait au Zèbre, dans les sentiments éprouvés pour sa femme, et qui est décédé aussi alors que lui-même avait 15 ans.
    Comme le dit Alexandre Jardin, il n'a pas voulu écrire un roman d'amour mais un roman d'aventures dont l'amour est l'objet... et pour moi, c'est réussi. Quand dans la loufoquerie du départ, se profile, subtil, le drame, et que la mort vient perturber le jeu de la comédie, l'émotion est sans contexte au rendez-vous. Et une petite voix nous murmure, il a raison ce zèbre finalement : profitons pleinement chaque jour des êtres que nous aimons.
    C'est bon, rangez les mouchoirs, la minute sentimentale est finie !
    J'ai noté aussi que ce roman était un bel hommage à l'amitié avec Alphonse, complice de Gaspard jusqu'après la mort, pour entretenir la flamme de la passion chez la femme qu'il a dû quitter.
    Même si au début, j'ai trouvé les ficelles du héros, dans la reconquête de son épouse, un peu grosses et surtout prévisibles, j'ai finalement été sensible à la "morale" de cette histoire et au talent de l'écrivain qui a su mêler humour et émotion. 15/20
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    • Livres 4.00/5
    Par Sly, le 04 juillet 2010

    Sly
    Je ne me lasse pas de lire les romans de cet auteur. C'est incroyable l'imagination que peut avoir Jardin. Il m'a été difficile de refermer le livre avant d'en avoir fini la lecture. Toute mon attention a été prise, par les différents stratagèmes utilisés par Le Zèbre pour tenter de faire renaître la passion dans son couple usé par les années de vies communes. C'est une très belle histoire d'amour, qui peut nous donner des idées afin de ne pas laisser son couple dériver sur le fleuve de la routine.
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    • Livres 5.00/5
    Par herveGAUTIER, le 23 février 2014

    herveGAUTIER

    N°25
    Février 1989

    LE ZEBRE – Alexandre Jardin – Éditions Gallimard – Prix Fémina 1988.

    Je ne veux pas ajouter au concert d'applaudissements qui a suivi la publication de ce livre, au prix qui l'a couronné et à l'avenir qu'on prédit à ce jeune écrivain…
    J'ai lu ce roman avec plaisir car le style est agréable, harmonieux mélange d'humour de délicatesse et de cocasserie. J'ai même ri de bon cœur tant certaines scènes sont décrites avec un talent auquel le lecteur attentif ne peut rester indifférent.
    Pour moi, c'est un roman où l'amour dont il est question est fantasque et original mais c'est aussi, en filigranes, le livre d'une amitié entre deux hommes que tout sépare, la profession, la culture, le langage, la manière d'être mais qui se rejoignent dans des beuveries mémorables d'où surnage une idée fixe, celle d'aller hongrer « le claque-mâchoire mâle ». Leur histoire à eux s'apparente à une folie qui se manifeste dans des projets aussi incongrus que de faire voler un hélicoptère en bois ou de s'établir ailleurs, dans des contrées à la géographie incertaine. Le Zèbre ourdit-il quelque projet ? Aussitôt Alphonse lui emboîte le pas. Il est son ombre, son mentor, son extraordinaire complice au point que ce dernier acceptera de jouer après la mort de son ami le fantôme de celui-ci et d'exécuter à la lettre son testament amoureux tout entier contenu dans ces mots : « Je courtiserai ma veuve ! »
    Ces deux compères veulent être ailleurs tant le monde qui les entoure est étriqué, ennuyeux. Parfois, ensemble, ils s'échappent…
    Cette complicité, Le Zèbre, décidément plus vrai que nature, la vit avec ses enfants qu'il entraîne dans son sillage et ses fantasmes prennent corps avec eux, dans la construction d'une machine à fumer avec son fils où d'un pied de nez constant qu'il inflige avec sa fille au gardien du cimetière.
    C'est vrai que l'histoire qu'il vit avec Camille, sa femme, est une persévérante mise en échec du quotidien, une remise en question des passions usées par le temps. Certes, l'histoire est prenante, passionnante, mais c'est un roman qui évoque une manière de désespoir qui ne veut pas dire son nom. Le Zèbre pourra rejouer tant qu'il le voudra la scène de sa première rencontre avec Camille, lui infliger une séparation, s'inventer des maîtresses à seule fin de la rendre jalouse, où, à coups de missives répétées, lui composer un amant sans visage qui finira par la séduire et ainsi être à la fois le mari et le galant de cette femme d'exception qui ne pourra de toute manière n'être qu'à lui ! Il n'en fera pas pour autant échec au temps qui passe, qui use et qui détruit. La cartomancienne avait bien eu raison de lui dire qu'il n'était pas de ces gens qui vivent assez longtemps pour arborer une « carte vermeille » ! Homme d'exception lui aussi, il n'en est pas moins mortel, pas moins mangé par une maladie qui chaque jour diminue sa vie. Quoi d'étonnant à ce qu'il souhaite la vivre autrement ? 
    C'est vrai que malgré tout cet homme qui avait décidé que son chef-d'œuvre serait sa vie conjugale n'a rien perdu de sa passion pour sa femme. Il l'a menée jusqu'à son terme et même au-delà, citant indirectement Saint Augustin qui professait que celui qui a perdu sa passion a plus perdu que celui qui s'est perdu dans sa passion... C'est vrai aussi qu'il n'y a pas d'autre mort que l'absence d'amour et que pour retrouver cette manière de foi, il n'hésite pas, à la manière de la religion, à recourir aux rituels et aux reliques. Ne battait-il pas grossière monnaie de plomb à l'effigie de leurs deux mains enlacées ? Ne collectionnait-il pas ongles, cheveux et bas, tous pleins d'odeurs de Camille ? (Les odeurs ont une grande importance dans ce roman, elles reviennent au hasard des phrases comme les témoins privilégiés de présences…), n'a-t-il pas racheté la maison des « Mirobolants » à seule fin de lui plaire ? Et quand elle est absente, tout s'effondre autour de lui.
    Ces deux êtes vivent une passion hors du commun, mais le temps y a une grande importance, les guettent au détour du quotidien. Leur force est de le savoir et de vouloir que chaque jour soit une résurrection. de toute façon, la mort aura gagné, même si, par un hasard dérisoire, Le Zèbre refuse de se laisser enterré dans une fosse trop petite pour lui et même s'il continue encore quelque temps à survivre pour Camille grâce à des artifices dus à la seule complicité d'Alphonse, même si on ne peut pas ne pas imaginer que sa mémoire demeure intacte dans l'esprit des gens de son terroir. Le Zèbre est un mortel !
    Par extraordinaire, la plume est là qui est un gage d'immortalité, et pas seulement pour les personnages de roman. 
    © Hervé GAUTIER.


    Lien : http://hervegautier.e-monsite.com
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Citations et extraits

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  • Par ladesiderienne, le 31 mars 2014

    Aucun héros de roman, de cinéma ou de théâtre ne l'avait précédé sur le difficile chemin dans lequel il s'engageait. Roméo séduit une Juliette qu'il ne connaissait pas, Julien Sorel enflamme une inconnue qui portait déjà le nom de Monsieur de Rênal et Love Story reprend l'histoire d'un amour naissant. Tous se contentent de conquérir une femme qui surgit dans leur existence ; mais reconquérir la sienne après quinze ans de mariage ? Aucun séducteur imaginaire ne s'y risque. Et c'était bien là ce qui tourmentait le Zèbre ; car si Shakespeare, Stendhal et les plus grands auteurs se sont gardés d'aborder le thème de la reconquête, ce doit être parce qu'elle est impossible. Cette réflexion achevait de l'accabler ; mais il aimait Camille avec trop de passion pour renoncer à son dessein.
    Seuls, des procédés exceptionnels lui permettraient de réussir là où l'humanité ne connaît que le naufrage, pensait-il.
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  • Par lecassin, le 16 avril 2013

    T’es-tu au moins demandé quel aiguillon m’a poussé à agir comme je l’ai fait ? Pourquoi je n’ai reculé devant rien ? Parce qu’il y a six mois, je t’ai retrouvée exsangue à l’hôpital. J’ai compris alors qu’il y avait urgence à s’aimer avant que la mort ne nous sépare.

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  • Par LydiaB, le 03 décembre 2010

    Emporté par son débit tumultueux, toujours plié en deux, il lui annonça que son stratagème n'était qu'une préface à la cure de jouvence qu'il entendait faire subir à leur couple. Un grand ravalement en quelque sorte, bien nécessaire après quinze années d'anesthésie progressive de leurs désirs. Le Zèbre était résolu à délaisser son rôle de mari, au sens amorti du terme, pour se glisser dans la peau d'un amant légitime. Il traquerait désormais les imperceptibles habitudes qui émoussent les sentiments. Sa vigilance ne connaîtrait plus de jours fériés. A partir de cet instant, il ne cesserait d'ourdir des mises en scène, comme celle de ce matin, pour retendre le lien qui les unissait.
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  • Par ladesiderienne, le 01 avril 2014

    Le jour même, Camille fit revenir la Tulipe d'Angleterre sous un faux prétexte. Le téléphone communique trop mal les vraies nouvelles. Imperfection d'un appareil qui oublie les regards et ne transmet que les paroles.
    Quand la Tulipe pénétra dans la Maison, sa mère se tenait au bout du vestibule. Elle pensa si fort qu'il comprit tout de suite que la Providence venait de lui confisquer son adolescence. A l'intérieur de cette maison silencieuse tout lui disait d'oublier ses quinze ans.
    (...). Des mots instinctifs sortirent du fond d'elle-même, de sa solitude :
    - Tu es maintenant le chef de famille.
    Paroles de plomb qui tombèrent sur les frêles épaules de la Tulipe et assassinèrent le petit garçon qui se prélassait encore en lui. D'un coup, la Tulipe porta le deuil de son père et de son enfance.
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  • Par ladesiderienne, le 29 mars 2014

    L'amour conjugal est un poisson plein d'arêtes, pensait Gaspard. Pas comestible, une illusion, un mirage, oui, mais tellement sublime ; un résumé de la beauté du monde pour ainsi dire.
    Le manque d'entrain de Camille l'accablait. Ah, le mariage... Vous aviez une maîtresse, elle met des rideaux à vos fenêtres, et la voilà devenue "de maison". Quelle Bérézina !

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