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Critiques sur Sévère (14)


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    • Livres 2.00/5
    Par clamy le 30/01/2012


    Pourquoi Régis Jauffret s'est-il approprié ce fait divers somme toute assez banal (d'ailleurs qui s'en souvient ?) pour en faire un roman qui n'a pas plus d'intérêt que le fait divers lui-même ? Son écriture est certes incisive, comme dans beaucoup de ses autres romans, mais les personnages sont d'une inconsistance affligeante. Comment ressentir une quelconque compassion pour ce richissime mâle sadomaso, ses occupations de milliardaire, ses maîtresses en tout genre, et sa bagnole de luxe ? Et puis la susdite maîtresse a-t-elle plus de consistance ? J'en doute. Un roman donc dont on peut se passer, à classer très loin derrière Clémence Picot par exemple.

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par mustango le 30/03/2010


    Sévère nous plonge dans une ambiance perverse. Les rapports du banquier avec sa maîtresse sont loin d'être simples : ils sont faits de provocation, d'humiliation...on a l'impression que la mort était inévitable, que le banquier la cherchait, en initiant sa maîtresse au maniement des armes par exemple.

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par MarianneDesroziers le 14/05/2010


    Bien que je ne sache toujours pas trop quoi penser de Régis Jauffret ( ayant adoré "Clémence Picot", très moyennement apprécié les quelques nouvelles de "Microfictions" que j'avais lues et été assez rebutée par le projet de "Lacrimosa"), je dois reconnaître que "Sévère" m'a entièrement conquise. Livre lu d'une traite, en un après-midi. Il faut oublier le fait divers, l'histoire de la prostituée et du banquier suisse et se laisser porter par l'écriture au scalpel. Plus que de sexe ou de meurtre, il est ici question de pouvoir et d'amour et le bourreau (si bourreau il y a) n'est jamais là où on le croit.

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



  • Par Flebez le 05/02/2012


    Il était une fois un « il » et une « elle », une Histoire d'amour fictionnelle, qui colle à une réalité dans un choix d'authenticité.

    Dans Sévère de Régis Jauffret, on y lit du Sade ou du Reinardt là où la vision de l'amour n'est pas conventionnelle. Tronqué, l'amour est charnel, corporel, sexuel, d'avantage qu'il est douceur, fidélité et contractuel. du sexe à la perversité en passant par l'aliénation, les personnages sont emprunts de complexité.

    On ne parvient pas à savoir qui manipule, qui gagne ce bras de fer à la fois amoureux et incohérent ; on est scotché par une écriture brute et intense qui prend aux tripes.
    Néanmoins, l'auteur nous prévient dès le début : tout cela n'existe pas, ce sont juste des mots assemblés qui créent l'illusion d'une histoire tangible aux limites du dicible puisque « la fiction ment ».

    « Les personnages sont des poupées remplies de mots, d'espaces, de virgules, à la peau de syntaxe. La mort les traverse de part en part, comme de l'air. Ils sont imaginaires, ils n'ont jamais existé. Ne croyez pas que cette histoire est réelle, c'est moi qui l'ai inventée. »

    Ne nous y trompons pas, tout est maîtrisé à merveille : l'apparente fragilité des personnages, la remise en question des normes établies, ou encore l'avenir de la condition humaine.

    Régis Jauffret aborde des sujets de société que l'on souhaite tabou : la prostitution, le sadomasochisme, la perversité, la sexualité échangiste et multiple, l'amour intense et destructeur... Ces thèmes qui fascinent autant qu'ils répugnent sont traités avec justesse et sublime.

    Un roman visionnaire qui marquerait la fin des histoires d'A?



    Lien : http://lescritiquesdefannylebez.over-blog.com/5-index.html

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par smiroux le 27/01/2012


    "Je l'ai rencontré un soir de printemps. Je suis devenue sa maîtresse. Il m'a initiée au maniement des armes. Il m'a fait cadeau d'un revolver. Je l'ai abattu d'une balle entre les deux yeux."

    Cette sécheresse, pas un mot de trop, ce ton froid, définitif, m'ont donné envie d'aller voir un peu plus loin.

    J'ouvre le livre de Jauffret et je tombe sur le préambule. (J'avoue, j'aime pas tellement les préambules, et autres introductions..., ils m'empêchent de rentrer dans ma lecture aussi vite que je le voudrais.) Bon, je lis le préambule... je cite :

    "Je suis romancier, je mens comme un meurtrier. Je ne respecte ni vivants, ni morts, ni leur réputation, ni la morale. Surtout pas la morale. Ecrite par des bourgeois conformistes qui rêvent de médailles et de petits châteaux, la littérature est voyou. Elle avance, elle détruit."

    "Je suis brave homme, vous pourriez me confier votre chat, mais l'écriture est une arme dont j'aime à me servir dans la foule. D'ailleurs quand vous lui aurez appris à lire, elle tuera tout aussi bien votre chat."

    "Ne croyez pas que cette histoire est réelle, c'est moi qui l'ait inventée. Si certains s'y reconnaissent, qu'ils se fassent couler un bain. La tête sous l'eau, ils entendront leur coeur battre. Les phrases n'en ont pas. Ils seraient fous ceux qui se croiraient emprisonnés dans un livre."

    Et bien, quel programme ! Alors, après ça, je suis allée vérifier, plus avant dans le livre ; voir si Jauffret était un maître de la provocation, si cette annonce n'était qu'un bel effet de manche, si l'arme dont il nous menace n'était qu'un pétard mouillé.

    "Sévère", l'histoire d'un meurtre, une femme tue son amant, elle raconte, depuis la cellule où elle est emprisonnée, cette "généalogie" du crime.Elle replace les pièces du puzzle pour nous, ou pour elle ; comment elle est devenue la "secrétaire sexuelle" d'un homme riche, puissant, et malade. Malade de l'argent, de la violence, du pouvoir. Malade dans son rapport aux autres, qui n'existent que pour être achetés, vendus, humiliés, réifiés. Malade enfin dans son rapport à lui-même, à son corps, à ses peurs d'enfant.

    Partant d'un fait divers réel : l'assassinat du banquier suisse Stern en 2005, Jauffret met des mots sur l'indicible de cette histoire. le fait divers ne compte pas - il a raison de le dire dans le préambule : "Ne croyez pas que cette histoire est réelle, c'est moi qui l'ai inventée" -, Jauffret tend à l'universel, l'exemplarité ; comment la société broie les êtres, comment le rouleau compresseur fonctionne si bien sur nous.

    "Ne croyez pas que cette histoire est réelle"... L'écrivain ment comme un meurtrier. Il manipule aussi. C'est tout le malaise que l'on ressent à la fin du livre. Qu'a-t-il fait de nous - lecteurs - pendant ces quelques pages ? Il nous a fait voyeurs, haletants jusqu'au dénouement pour quelques détails sordides. Il nous a rendus complices de cette époque de banquiers, de négociateurs, qui transforment les corps en métal.

    "Sévère", c'est elle, c'est le système dans lequel nous rampons, grave et austère, qui n'a le droit ni à la chute ni à la faiblesse, et qui pourtant nous y réduit.

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par zelig le 09/04/2011


    Le lecteur est prévenu d'entrée. Dans ce livre, je m'enfonce dans un crime. Je le visite, je le photographie, je le filme, je l'enregistre, je le mixe, je le falsifie. Je suis un romancier, je mens comme un meurtrier. Avec Sévère, Régis Jauffret revisite à sa façon un fait divers ayant défrayé la chronique en 2005 avec l'assassinat par balles à Genève du financier Edouard Stern par sa maitresse lors de jeux sado-masochistes...



    Lien : http://lirevoirentendre.blogspot.com/2010/05/severe-de-regis-jauffre..

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



  • Par Desmaze le 25/08/2010


    On connaît le fait divers qui l'inspire, l'assassinat du banquier Stern par sa maîtresse dans un contexte sadomasochiste, mais on le dépasse très vite pour atteindre une vérité universelle, très présente aussi dans l'oeuvre de Jauffret : celle du rapport de force qui existe dans toute relation humaine.
    Plus que l'histoire, c'est la langue limpide et précise qui embarque le lecteur.

    Dans les Inrocks, Jauffret confie "Nous avons été gavés de livres qui parlaient du quotidien et du moi des écrivains."
    Lui nous parle de personnages si lointains et pourtant tellement de nous... Fascinant

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



  • Par Flebez le 05/02/2012


    Il était une fois un « il » et une « elle », une Histoire d'amour fictionnelle, qui colle à une réalité dans un choix d'authenticité.

    Dans Sévère de Régis Jauffret, on y lit du Sade ou du Reinardt là où la vision de l'amour n'est pas conventionnelle. Tronqué, l'amour est charnel, corporel, sexuel, d'avantage qu'il est douceur, fidélité et contractuel. du sexe à la perversité en passant par l'aliénation, les personnages sont emprunts de complexité.

    On ne parvient pas à savoir qui manipule, qui gagne ce bras de fer à la fois amoureux et incohérent ; on est scotché par une écriture brute et intense qui prend aux tripes.
    Néanmoins, l'auteur nous prévient dès le début : tout cela n'existe pas, ce sont juste des mots assemblés qui créent l'illusion d'une histoire tangible aux limites du dicible puisque « la fiction ment ».

    « Les personnages sont des poupées remplies de mots, d'espaces, de virgules, à la peau de syntaxe. La mort les traverse de part en part, comme de l'air. Ils sont imaginaires, ils n'ont jamais existé. Ne croyez pas que cette histoire est réelle, c'est moi qui l'ai inventée. »

    Ne nous y trompons pas, tout est maîtrisé à merveille : l'apparente fragilité des personnages, la remise en question des normes établies, ou encore l'avenir de la condition humaine.

    Régis Jauffret aborde des sujets de société que l'on souhaite tabou : la prostitution, le sadomasochisme, la perversité, la sexualité échangiste et multiple, l'amour intense et destructeur... Ces thèmes qui fascinent autant qu'ils répugnent sont traités avec justesse et sublime.

    Un roman visionnaire qui marquerait la fin des histoires d'A?


    Lien : http://lescritiquesdefannylebez.over-blog.com/article-severe-de-regi..

    critique de qualité ? (0 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par zabeth55 le 04/02/2012


    Partant d'un fait divers (un célèbre banquier retrouvé mort, en combinaison latex), Jauffret nous offre, malgré les apparences, sexe et argent, une véritable Histoire d'amour. Et le ton est juste, la progression interessante.
    La narratrice nous raconte sans concession ni provocation le rapport de force dans la relation amoureuse et érotique.

    critique de qualité ? (0 votes positifs)



  • Par friedrich_rabbit le 12/07/2011


    Une grande déception. A la lecture des premières pages je m'attendais à beaucoup mieux. J'ai découvert le style et les thèmes de prédilection de Jauffret et je n'insisterai pas avec cet auteur !

    critique de qualité ? (0 votes positifs)






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