ISBN : 2070355705
Éditeur : Gallimard (2009)


Note moyenne : 4.27/5 (sur 89 notes) Ajouter à mes livres
Né du rêve d'un conquérant, le Vieux Royaume n'est plus que le souvenir de sa grandeur passée.
Une poussière de fiefs, de bourgs et de cités a fleuri parmi ses ruines, une société féodale et chamarrée où des héros nobles ou humbles, brutaux ou érudits, se dressen... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Walktapus, le 31 décembre 2009

    Walktapus
    Recueil de nouvelles. De l'auteur, j'avais déjà lu... Te Deum pour un Massacre, jeu de rôles consacré à l'époque des guerres de religion, que j'avais lu surtout pour la description des batailles et des campagnes qui vaut largement un livre dhistoire.
    Mais revenons au sujet. Les sept nouvelles sont indépendantes, liées uniquement par l'endroit où elles se déroulent, et des références à des événements communs, la même région d'un univers fantastico-médiéval à la magie "light". Elles ont toutes un style différent. Il y a notamment une histoire de fantômes, des histoires d'intrigues politiques, des combats, un conte humoristique, une vie, etc. On passe de caveaux obscurs à des villes pleines de spadassins, de palais monumentaux à des forêts hantées, de la vie villageoise aux châteaux-forts balayés par les vents.
    Ecrites dans des styles différents, elles présentent une sorte d'éventail des talents de conteur de l'auteur. Et quel talent ! Certaines nouvelles m'ont fait penser à Howard dans leur efficacité (ce qui est de ma part un grand compliment). Mais ses possibilité sont en fait plus étendues que celle d'Howard. Toutes ces nouvelles, ces contes, se lisent avec un grand plaisir et un réel intérêt. C'est un grand raconteur d'histoire, le format de la nouvelle étant difficile. Et le tout est dans un style riche et élégant sans être ostentatoire.
    Seul regret, de la part de quelqu'un qui aime les "grandes constructions", l'univers reste assez fade et un peu terne. C'est peut-être un effet de bord du format (nouvelles). Il est vrai qu'avec les différents aspects entrevus du culte du Desséché, par exemple, on devine une richesse et une originalité possible.
    Un auteur à suivre, et qui a déjà transformé l'essai avec Gagner la Guerre.
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par TwiTwi, le 06 mai 2010

    TwiTwi
    Janua Vera est un recueil de 8 nouvelles. Enfin, plus ou moins, il pourra y en avoir une de plus ou une de moins selon l'édition que vous aurez en main. Donc, je reprends. Janua Vera est un recueil de 8 nouvelles écrite par un auteur français (!). En plus d'être francophone donc et nous épargner les affres parfois douloureux de la traduction, ce monsieur écrit bien. Vachement bien même. A une époque où le sms est en passe de devenir la première langue mondiale (j'exagère mais à peine), où la richesse de vocabulaire semble se perdre de génération en génération, il est vraiment plaisant de lire un livre aussi riche. Ha oui, évidemment parfois, faudra ouvrir un dico ou se faire une raison.
    Janua Vera c'est aussi de la fantasy. Mais ne cherchez point trop les gros effets spéciaux. La fantasy de Jaworski est discrète, une pincée de magie par-ci un poil d'elfe par-là, au profit d'une ambiance résolument médiévale, avec des châteaux-forts, des damoiselles en détresse (ou presque), des chevaliers, des guerriers sanguinaires, des paysans, ... Bien davantage du merveilleux à la Chanson de Roland que de la fantasy tolkienesque.
    Bon allez place aux nouvelles...
    Janua Vera. Cette première nouvelle sert d'introduction aux suivantes. Elle se passe bien avant les intrigues de la plupart des nouvelles du recueil, si j'ai bien compris l'affaire et raconte l'histoire du Roi du Vieux Royaume qui a quelques soucis avec ses rêves. Plaisant, on veut lire la suite.
    Mauvaise donne. La nouvelle la plus longue du recueil. Elle sert de prélude à Gagner la Guerre, le roman de l'auteur sorti l'an dernier aux Moutons Électriques. On se retrouve ici dans une histoire tout à fait mafieuse dans une ambiance médiévale. Des assassins, des complots et des intrigues politiques, des courses poursuites à travers la ville. C'est prenant.
    Le service des dames. Nouvelle tournant autour de la thématique de la courtoisie chevaleresque. Là où Jaworski déchire tout dans cette nouvelle c'est dans la description des chevaux. Enfin un auteur dont on a l'impression qu'il a déjà mis un pied dans une écurie (et si ce n'est pas le cas, je lui soulève mon chapeau). On est conquis.
    Une offrande très précieuse. Une nouvelle onirique à laquelle j'ai accroché jusqu'à ce que l'aspect onirique se dévoile. On est dans le brut, la guerre, la fuite sous la pluie dans la forêt, la peur, la douleur, le sang et puis pouf on est dans le rêve. J'ai eu un peu de mal. Au niveau de la psychologie et la profondeur du personnage principal, c'est très fort cependant. On sent le passé de cette homme qui pèse une tonne sur son dos bien plus que le moribond qu'il transporte dans sa fuite.
    Le conte de Suzelle. Une nouvelle que j'ai trouvé longue et lente. Sans doute l'effet désiré cela dit. Raconte la vie de Suzelle, petite fille paysanne plutôt délurée, et sa rencontre avec un personnage sorti tout droit d'un conte de fées.
    Jour de guigne. Les déboires de Calame, un pauvre type atteint du Syndrome de Palimpseste. Comment vous ne connaissez pas cette maladie ? Un mal qui sévit chez les copistes quand la magie n'a pas bien été ôtée des parchemins. Les symptômes ? Un manque de bol consternant, pouvant mener à la Mort... On sent l'hommage à Pratchett dans cette nouvelle humoristique. Attention hommage pas copie (encore que le parallèle avec le métier du héros est tentant) : le texte est animé de sa vie propre. Pour jubiler.
    Un amour dévorant. Ha ! Ce n'est pas une nouvelle, mais un conte. Superbe tout simplement. Je me demande si l'auteur s'est inspiré d'une légende existante où s'il a forgé celle-ci de toute pièce. Une histoire de fantômes médiévales. Pour se faire peur tard le soir.
    Le confident. Texte très sombre, voire lugubre. Drôle d'impression de malaise tout au long de la lecture. De quoi faire ressortir des penchants claustrophobes. C'est l'histoire d'un gars qui a choisi de vivre dans l'obscurité ... pour écouter les Morts. le pire, c'est que ces derniers lui parlent. Brrr.

    Lien : http://ledragongalactique.blogspot.com/2010/05/janua-vera-jeanphilip..
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par boudicca, le 21 mars 2012

    boudicca
    Dans ce recueil de huit nouvelles, J-P. Jaworski nous emmène à la découverte du Vieux Royaume à différentes époques et à travers les yeux de personnages tous plus originaux et attachants les uns que les autres. Toutes m'ont beaucoup plu (à l'exception peut-être de la première) et il se dégage de ces textes une grande poésie. Dans Mauvaise donne on découvre (ou retrouve) avec grand plaisir le personnage du tueur à gage Benvenuto avec sa gouaille, son sens de l'humour et son talent pour se sortir des situations les plus désespérées, ainsi que celui du brillant et machiavélique Podestat Léonide Ducatore. Parmi les autres je retiendrais surtout le service des dames pour le personnage de la duchesse de Bregor, Un amour dévorant pour l'ambiance très particulière qui s'en dégage et surtout le conte de Suzelle, nouvelle très touchante dont la fin nous laisse rêveur et mélancolique. J'avais déjà été séduite par la plume de J-P. Jaworski dans son premier roman Gagner la Guerre et ce recueil de nouvelles ne fait que confirmer mon opinion.
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Ys, le 25 avril 2012

    Ys
    Si le genre de la nouvelle est assez peu courant dans la littérature française actuelle, il s'épanouit en de bien jolies fleurs dans les domaines dit de l'imaginaire. Janua Vera est l'une d'entre elles, particulièrement réussie.
    L'édition originelle de 2007 se compose de sept nouvelles. Sept récits en écho pour créer un monde : le Vieux Royaume, né du rêve d'un conquérant puis émietté au fil de l'histoire et des guerres en de multiples Etats. Un monde médiéval qui ressemble un peu au nôtre mais se peuple d'autres êtres, d'autres religions, d'autres rêves.
    *
    On y croise un Roi-Dieu flamboyant, aux prises avec un rêve obsessionnel.
    Un maître-assassin gouailleur tombé dans de tortueuses manigances politiques.
    Un chevalier superbe au service des dames, pour le meilleur comme pour le pire.
    Un barbare en déroute, confronté aux mystères de la forêt et aux troubles de son propre passé.
    Une paysanne amoureuse d'un rêve tout juste effleuré.
    Un copiste malchanceux luttant contre les sortilèges d'un palimpseste.
    Un prêtre enfermé dans les tréfonds obscurs d'un sanctuaire.
    *
    Le tout servi par une plume excellente, aussi à l'aise dans la légèreté et l'action que dans la description fastueuse, le mystère et l'introspection. Un peu moins, peut-être, dans l'humour – l'avant-dernier récit, qui en relève essentiellement, m'a moins plu que les autres, peut-être parce que le ton en est un peu trop décalé, inattendu par rapport à ce qui l'entoure. Une réticence bien minime face à la qualité de l'ensemble. Outre ses talents de créateur d'univers et de personnages, J.P. Jaworski témoigne aussi d'une belle maîtrise du récit, avec ces textes bien calibrés, toujours terminés par une chute comme je les aime - cette note épicée qui relève la saveur de ce qu'elle clôt.
    *
    Le recueil, épuisé dans sa version originale, a été republié en 2010, toujours aux Moutons électriques, mais dans une édition augmentée de trois récits. Que j'ai hâte de découvrir !
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Oliv, le 16 mars 2009

    Oliv
    Un auteur français inconnu du public, un ensemble de courts textes, un Moyen-Âge extrêmement réaliste, un style très littéraire... S'il existe une recette miracle de la Fantasy à grand succès, Jean-Philippe Jaworski en a pris le contre-pied avec "Janua Vera". Et le résultat est excellent.
    Si les huit textes composant "Janua Vera" sont indépendants les uns des autres, ils ont cependant comme point commun leur lieu — le Vieux Royaume — et, surtout, une indéniable qualité à tous points de vue.
    Sans jamais perdre de son harmonie, le style naturellement élégant et finement ciselé de l'auteur sait s'adapter à son propos : grandiloquent, gouailleur ou gracieux, selon qu'il met en scène un roi-dieu, un homme de la rue ou un chevalier errant.
    Le ton est toujours juste, comme l'est ce Moyen-Âge inventé mais si proche du nôtre ; on sent que l'auteur, sans renier l'héritage de ses prédécesseurs dans le genre Fantasy, est avant tout un médiéviste. Qu'il s'agisse de la violence des combats ou de la misère des gens du commun, le réalisme est de rigueur, bien loin des Moyen-Âges en carton-pâte fleurissant d'ordinaire en Fantasy. L'unique petite faute de goût dans ce tableau quasi parfait tient à la présence d'Elfes, lesquels, par bonheur, restent suffisamment en retrait pour ne pas être trop gênants.
    "Janua Vera" est, pour moi, l'une des meilleures surprises de ces derniers mois, comme il l'a été pour le Cafard Cosmique, qui en a fait le dernier lauréat de son prix annuel.
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Citations et extraits

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  • Par boudicca, le 16 février 2012

    Elle racontait des histoires anciennes, des chroniques séculaires, des légendes à demi oubliées, ensevelies dans un passé fabuleux. Elle racontait la Geste de Leodegar le Resplendissant, ses batailles, ses victoires, l'union des clans autour du jeune héros habité par le souffle d'un dieu. Elle racontait le Vieux Royaume à l'époque de sa splendeur, Chrysophée aux murailles dorées, la prospérité et l'harmonie des campagnes, les forteresses orgueilleuses des trois duchés. Aux heures froides de la nuit elle racontait parfois les heures terribles de la guerre des Grands Vassaux, les morts marchant mêlés aux vivants dans les armées de Malvern, Chrysophée incendiée dans le soir, les derniers héros de Leomance, de Kahad Burg et de Valanael, ivres d'horreur et de désespoir, livrant combat pour défendre la berge de la Listrelle...
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  • Par boudicca, le 14 février 2012

    Le problème c'est que je me retrouvais au coeur de l'échiquier. Acculé au fond d'une diagonale, dans la position d'une pièce sacrifiée. Or je suis un honnête garçon : vénal, intéressé, dénué de tout sens du devoir. J'ignore jusqu'au sens du mot martyre. En revanche, j'ai l'égoïsme chevillé au corps, et l'égoïsme était précisément en train de me botter le fondement.
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  • Par Coeurdechene, le 26 septembre 2010

    J'avais tué le voïvode Bela. J'avais survécu à Kaellsbruck. J'avais porté la main sur le Podestat. Ils étaient rares, les hommes qui pouvaient se vanter d'avoir commis des crimes ou des exploits comparables. Après tout, même si je sortais du ruisseau, même si je crevais de trouille, je n'en représentait pas moins une sorte d'aristocrate de la crapule. Il me fallait réagir en tant que tel. Il me fallait réagir ! Et ce fut ainsi, dans la pénombre humide qui sentait la vieille pierre et la moisissure, avec un nœud d'angoisse et de morbidité lové au fond du cœur, que je finis par me forger une détermination nouvelle. Je retrouvai ma lucidité acerbe, mon sens des affaires, ma carapace d'égoïsme. Je retrouvai mon audace calculée, ma moralité biaisée, ma ténacité rageuse. Je retrouvai Benvenuto Gesufal.
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  • Par TwiTwi, le 05 mai 2010

    La souffrance, l'effort, la pluie froide, et la pénombre hostile de la forêt finirent par se mêler en un long cauchemar. La jambe et le bras gauche du vieillard, qu'il maintenait contre sa poitrine, heurtaient avec une régularité obsessionnelle son ceinturon d'armes et ses hanches. La tête de Dugham roulait contre son cou, rendue poisseuse par la sueur et par le sang qui lui avait coulé le long de la nuque. Le vieillard devenait de plus en plus froid, et grelottait de façon pathétique. Il gémissait parfois au creux du cou de Cecht, et cette détresse chuchotée à l'oreille du grand guerrier lui glaçait les os.
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  • Par boudicca, le 15 février 2012

    -Vous êtes libre de refuser le jeu, dit la baronne avec indifférence.
    - Je vous sais gré, mais me retirer maintenant serait d'un commun... Et puis, vous le savez mieux que moi : quelle valeur pourrait l'emporter sur le service des dames? Marcher au-devant de la disgrâce ou de la mort pour le bon plaisir d'une femme de votre étoffe, c'est se couvrir de gloire. En définitive, c'est parce que j'ai tout à perdre que j'y gagne quelque chose.
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Pour ce deuxième numéro, Sylvie Lartigue libraire à 1001libraires.com, reçoit Olivier Legendre, de la librairie Sauramps, à Montpellier, et Jean-Philippe Jaworski, auteur de Gagner la Guerre, aux éditions Les Moutons électriques. Au programme, une question métaphysique de choix : y at-il une fantasy française ?








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