> Hélène Hervieu (Traducteur)
> Alain Gnaedig (Traducteur)

ISBN : 2355800170
Éditeur : Libella Maren Sell (2010)


Note moyenne : 4.6/5 (sur 5 notes) Ajouter à mes livres
Des aventuriers déterminés à conquérir les océans et à naviguer aussi loin que le vent les portera. Des hommes contraints à une guerre permanente : contre des pays ennemis, contre la mer, contre les femmes qu'ils aiment et surtout contre leurs propres pulsions inavouabl... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 5.00/5
    Par raton-liseur, le 08 janvier 2012

    raton-liseur
    Je ne sais où commencer. Non que ce livre me laisse indifférente, loin de là, mais il semble tant se suffire à lui-même, dire tout ce qu'il y a à dire que je ne sais comment aborder cette critique. Ce livre est comme ce beau deux-mâts des jours lointains de la marine à voile encerclé par un tourbillon marin, sur la couverture du livre.
    L'histoire, centrée autour du village côtier de Marstal au Danemark, s'étend sur près d'un siècle, de l'essor de la marine à voile au long cours à sa disparition, de 1848 à 1945, d'une guerre (contre la Prusse) à l'autre (la Seconde Guerre Mondiale, bien sûr), comme un effet de miroir. Ce livre est tout, de ces livres qui ont pris dix ans de la vie de leur auteur comme il me semble l'avoir lu quelque part. Une chronique historique des grandes heures de la marine à voile, la vie de personnages complexes, une réflexion sur la société, une recherche littéraire avec une narration polyphonique (dont notamment une narration à la première personne du pluriel, emploi déroutant mais très bien maîtrisé du « nous »)…
    Je me suis attachée aux personnages principaux, Albert Madsen puis Knut Erik, mais c'est surtout la description de la fascination pour la mer que je retiendrai de ce livre. Je crois bien que je n'ai jamais vu une description qui me paraît aussi juste, qui rend compte à la fois de la fascination et de la répulsion pour la mer et pour la vie en mer. « À peine les marins étaient-ils revenus, le corps meurtri par leurs éternelles luttes contre la mer, qu'ils en redemandaient et repartaient sur le pied de guerre, jamais rassasiés de ces coups de fouet qui pleuvaient de tous côtés, de la tempête, des vagues, du froid, de la mauvaise nourriture, de l'hygiène épouvantable, de la grossièreté de leur langage entre eux, de la violence qui s'abattait, comme par hasard, sur les plus faibles. » (p. 503, Chapitre 3, “Le Marin”, Partie III). Cette ambivalence est très bien rendue tout au long du livre, par des phrases belles qui font mouche. Un grand coup de chapeau au traducteur, d'ailleurs, car les phrases coulent, les images sont parlantes, et l'on sent que le traducteur a fait un véritable travail sur la langue pour rendre en français, sans lourdeur, le style poétique original.
    C'est un livre comme j'en ai rarement lu, peut-être un des plus beaux livres sur la condition de marin, sur son ambiguïté, entre fascination et résignation, fatalisme et désir, peur et courage. Il peut, je pense, intéresser des lecteurs qui n'ont pas d'attirance particulière pour la mer, car la vie sur un bateau est un miroir qui amplifie les travers de la vie à terre, mais comme ce sont surtout les descriptions maritimes que j'ai aimé dans ce livre, je le conseillerais avant tout à ceux qui ont déjà mis les pieds sur un bateau, ou qui ont le rêve insistant et inexplicable de le faire un jour.
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par luocine, le 01 octobre 2011

    luocine
    Voici la raison de mon silence sur mon blog, je suis restée plongée (jeu de mot trop facile !) dans ce roman pendant deux semaines.
    J'ai trouvé ce livre dans un lieu que j'aime la « droguerie marine à Saint-Servan (à côté de Saint-Malo) ce livre était pour le blog de la vareuse lié à la Droguerie leur coup cœur de l'année 2010.
    L'auteur revisite la fin du 19° et la moitié 20° siècle du point de vue de la communauté des gens de la mer de Marstal. Au début, lors des temps anciens de la voile (1848), c'est un peu lent pour moi, mais peu à peu, j'ai été captivée par ce roman et j'avoue avoir très envie d'aller visiter Marstal et sa région. La dureté de la vie sur un bateau est telle, que cela forge une mentalité particulière : sans la cohésion de tous et l'acceptation d'un chef incontesté, un bateau est menacé. Autrefois la survie en mer était très problématiques tant les conditions étaient dures : l'humidité, le froid, les tempêtes, le risque de se perdre. Si, de plus, le capitaine ne savait pas se faire respecter de ses hommes, alors, tout l'équipage allait à une perte certaine.
    J'ai beaucoup aimé le personnage d'Albert qui croit en l'unité et dans la solidarité et qui veut appliquer ce qu'il a appris de mieux sur les bateaux à l'organisation de la communauté.
    J'ai aimé aussi la tragique condition des femmes qui pleurent leur père, leur mari et leurs fils... Je comprends celle qui fera tout ce qu'elle peut pour que la mer n'attire plus les garçons.
    L'auteur a su donner vie à une région et à un pays, c'est je crois le premier auteur danois que je lis, je suis contente d'avoir commencé par ce livre car il rend compte du fondement de leur civilisation basée avant tout sur l'amour de la mer et de la navigation.
    Les rapports entres les hommes sont finement analysés, la difficulté du sentiment amoureux également. Les hommes et les femmes vivaient vraiment dans deux mondes complètement séparés, pour les uns la dureté qui commençait dès l'école (mais était tellement pire à bord des navires), et pour les autres la survie du quotidien dans l'angoisse de l'attente.


    Lien : http://luocine.over-blog.com/
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Emma-saru, le 10 septembre 2010

    Emma-saru
    Une formidable épopée que l'on ne peux plus lâcher une fois commencée. Une saga maritime a travers le siècle, faite de naufrages, de vagues, de palmiers, de trahisons, de femmes. Un pur bonheur de lecture !
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Citations et extraits

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  • Par raton-liseur, le 08 janvier 2012

    À peine les marins étaient-ils revenus, le corps meurtri par leurs éternelles luttes contre la mer, qu’ils en redemandaient et repartaient sur le pied de guerre, jamais rassasiés de ces coups de fouet qui pleuvaient de tous côtés, de la tempête, des vagues, du froid, de la mauvaise nourriture, de l’hygiène épouvantable, de la grossièreté de leur langage entre eux, de la violence qui s’abattait, comme par hasard, sur les plus faibles. (p. 503, Chapitre 3, “Le Marin”, Partie III).
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  • Par luocine, le 01 octobre 2011

    Albert croyait au progrès. Il croyait aussi au sentiment d’honneur chez les mars ? C’était sur lui que se fondait l’unité ? Sur un bateau, le manquement d’un seul pouvait être lourd de conséquence pour tous. Un marin s’en rendait vite compte. Le prêtre appelait ça les valeurs morales. Albert appelait ça l’honneur. À l’église, on était responsable devant Dieu. Sur un bateau, on était responsable devant tous les autres. C’est pourquoi le bateau était un meilleur lieu d’apprentissage que l’église.
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  • Par luocine, le 01 octobre 2011

    N’est-ce pas là le secret des hommes à la guerre, qu’ils pissent et chient dans leur froc comme des enfants apeurés ? Nous avions tous, un jour ou l’autre, eu peur de mourir en mer, mais personne n’avait fait dans son froc parce que la tempête arrachait les mâts et le gréement ou parce qu’une simple vague brisait le bastingage et balayait le pont.
    C’était ça la différence. La mer respectait notre virilité. Pas les canons.

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  • Par raton-liseur, le 08 janvier 2012

    Je compris soudain mon papa tru. Il arrive un moment dans la vie d’un marin, pensai-je, où il ne se sent plus chez lui sur terre, alors il s’abandonne au Pacifique, là où aucun pays ne vient boucher la vue, où le ciel et l’océan se reflètent jusqu'à ce que haut et bas perdent leur signification, où la Voie lactée ressemble à l’écume d’une vague qui se brise quand le globe terrestre tangue et roule comme un navire au milieu des brisants du ciel étoilé, et où le soleil lui-même n’est plus qu’un petit point incandescent de phosphorescence sur l’océan de la nuit. (p. 148-149, Chapitre 4, “Le Voyage”, Partie I).
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  • Par raton-liseur, le 08 janvier 2012

    Albert songea aux paroles que le garçon avait dites à la tête réduite. Knud Erik avait tiré sa propre morale à partir des miettes de ce qu’Albert lui avait raconté. C’était aussi une sorte de sagesse, voire peut-être la plus fondamentale. « Tu as fini par mourir, mais tu t’es d’abord bien battu. » S’il s’y tenait, les choses ne tourneraient pas trop mal pour lui. La vie pourrait toujours, au fur et à mesure, ajouter ses propres nuances. (p. 345, Chapitre 3, “Le Garçon”, Partie II).
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