> Caroline Berg (Traducteur)

ISBN : 2848050829
Éditeur : Sabine Wespieser (2010)


Note moyenne : 3.5/5 (sur 20 notes) Ajouter à mes livres
L'art de pleurer en choeur. Du haut de ses onze ans, le narrateur ne saisit pas très bien les enjeux du monde des adultes dans la petite bourgade du sud du Jütland où il grandit. Il a bien remarqué que le chiffre d'affaires de l'épicerie de son père augmentait après cha... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Melopee, le 11 juin 2011

    Melopee
    Nous sommes à la fin des années 60 dans une région reculée du Danemark. Notre petit narrateur, âgé de 11 ans, est très fier d'avoir pour père un épicier qui vend et encaisse à longueur de journée. Malheureusement la période n'est pas propice au commerce, toute la famille est dans le rouge et notre héros voit donc son père cravacher pour gagner son pain. Survient la mort accidentelle d'une écolière et, dans le village où tout le monde se connait, il est de bon ton de participer à tous les événements de la vie locale. Ainsi le père prononce l'oraison funèbre de la fillette et... c'est le succès !
    Il faut dire que le cher Papa est terriblement éloquent lorsqu'il emploie ces bons mots qui font pleurer. le gamin (jamais nommé) n'est pas dupe et comprend illico presto qu'il y a une ficelle à tirer de ce genre d'intervention.
    Car oui, de cause en conséquence, l'épicerie ne désemplit pas depuis l'oraison si magistrale.
    Le fils souhaite donc ardemment que son père refasse son apparition dans une église. Peu importe que la personne décédée soit une vague connaissance, il est nécessaire de "tirer profit" des deuils récents.
    Alors notre garçonnet, qui a de la suite dans les idées, cherche les potentiels futurs morts et dresse des listes, fait des pronostics et pense être à l'origine des meurtres en chaîne dans son entourage.
    Il faut dire qu'il est louche le gamin, qu'il sait discerner les situations qui l'arrangent ou qui peuvent arranger les siens, mais qu'il ferme les yeux sur des choses bien plus importantes. Car j'ai évoqué la petite relation père/fils mais je n'ai pas évoqué la mère qui semble s'effacer dans le huis clos familial. Quant à la sœur, Sanne, elle tourne peu à peu à la folie. Son frère est d'ailleurs en colère lorsqu'elle ne descend pas rejoindre leur père le soir dans le canapé commun en bas. On sent bien qu'on est loin de la famille unie pour qui tout roule. Il y a une sorte de coalition entre hommes et les femmes sont soit absentes, soit consentantes.
    Quelle drôle d'ambiance que celle décrite dans ce livre-là ! Car le ton léger et innocent du gamin contraste énormément avec toute la gravité des faits. Et on se surprend à comprendre parfois les réflexions de l'enfant, à sourire avec lui de toute cette noirceur qu'il dépeint sans le savoir...
    Un livre tout à fait surprenant et somme tout très, très plaisant ! Il est dépaysant et plein d'humour noir, à moins que ce ne soit une réalité qui dans la bouche d'un adulte lambda aurait, en temps normal, tout pour déplaire.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Mia, le 23 mai 2011

    Mia
    J'ai beaucoup aimé ce roman danois presque burlesque écrit par un romancier et dramaturge largement connu dans son pays. le récit est écrit à la 1ère personne par Allan, un garçon de 11 ans qui nous raconte avec candeur et désinvolture des épisodes de sa vie quotidienne au sein de sa famille.
    Le mot "dérangeant" a été exprimé dans plusieurs des critiques faites sur ce roman et il faut avouer que le décalage entre les révélations naïves que nous fait le jeune narrateur et ce que nous décodons avec notre regard d'adulte instaure une tension souvent dramatique autour de sujets graves.
    En effet, c'est au travers de différents épisodes contés par Allan que nous apprenons à connaître sa famille et l'on se rend assez vite compte que l'on évolue au cœur d'une famille complètement dysfonctionnelle. Allan met tellement d'énergie à préserver l'harmonie et le fonctionnement de sa famille qu'il en est touchant bien qu'il contribue directement à maintenir voire à encourager les névroses de ses parents.
    C'est un petit garçon qui se sent responsable du bonheur des siens et qui s'évertue à les satisfaire en tout point avec une touchante naïveté et avec une authenticité irrésistible.
    C'est aussi le portrait d'une époque, d'une société rurale plutôt fruste dans la fin des années soixante.
    Ce roman est une excellente découverte!
    Erling Jepsen lui a donné une suite dans "Sincères condoléances" (Allan est devenu adulte) que j'ai hâte de découvrir!
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Malaura, le 24 avril 2011

    Malaura
    Le narrateur est un jeune garçon de 11 ans vivant dans le Danemark rural de la fin des années 60.Il porte sur sa famille un regard affectueux et innocent, empreint de la naïveté propre à l'enfance,mais il ne saisit pas toujours les turpitudes des adultes.Ainsi, il ne comprend pas pour quelle raison sa soeur Shane est prise de tremblements à l'idée d'aller dormir avec son père...Ce qu'il veut lui, c'est que son père, épicier modeste, soit content ! Comme quand il fait pleurer les foules avec ses éloges funèbres lors des enterrements et que les gens affluent dans la boutique !
    Très connues au Danemark, les oeuvres d'Erling Jepsen sont pour la première fois traduites en France et la découverte de ce roman est une très bonne surprise. Jouant avec les contrastes et les antagonismes, entre la naïveté de l'enfance et les turpitudes des adultes,entre innocence et perversité,l'auteur donne à la gravité du sujet une dimension loufoque,pleine d'une tendresse et d'un humour ravageurs. Drôlerie et dégoût, rires et crispations se succèdent en un ballet de sentiments contradictoires dans ce portrait de famille totalement irrésistible.
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    • Livres 4.00/5
    Par Lalivrophile, le 15 novembre 2011

    Lalivrophile
    Par certains côtés, ce roman m'a rappelé «le jour où le temps s'est arrêté». C'est une famille unie en apparence, où les choses se disent à demi-mots, où on s'aime maladroitement, où on communique mal, où pleurer est une mise en scène qu'on pratique ensemble afin de recouvrir tous les non-dits... L'écriture et les personnages m'ont plu.
    Le jeune narrateur est à la fois agaçant et attendrissant. Il a la candeur de l'enfance. Il est dévoué corps et âme à sa famille, surtout à son père. Il est touchant parce qu'il veut toujours que tout le monde s'aime, et fera tout ce qu'il pense être bien pour unir sa famille. Certains de ses actes montrent que malgré son ignorance, son instinct le pousse.
    Cependant, son amour inconditionnel, son refus de voir, son obstination naïve à cacher la vérité par des choses dont lui-même pressent qu'elles ne sont que prétextes, tout cela m'a agacée. Il a onze ans, mais parfois, on dirait qu'il en a huit. On me dira qu'il est tenu dans l'ignorance par les adultes qui ne veulent pas dire la faute (ce serait lui donner vie), et par Sann qui ne peut pas la dire.
    [...]
    Lire la suite sur:

    Lien : http://www.lalivrophile.net/l-art-de-pleurer-en-choeur-de-erling-jep..
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    • Livres 4.00/5
    Par Fromtheavenue, le 10 février 2012

    Fromtheavenue
    Voici un roman très plaisant à lire qui pique votre curiosité par les sentiments contradictoires qu'il provoque en vous. Un portrait de famille assez surprenant.

    Nous sommes à la fin des années 60 dans une région rurale du Danemark. Allan nous raconte du haut de ses 11 ans sa vie au sein de sa famille, avec beaucoup de candeur et de désinvolture. On s'aperçoit assez vite que rien ne va entre les 5 membres de cette famille. Allan tente de manière maladroite de préserver l'harmonie de celle-ci mais provoque le contraire. Cela donne des scènes loufoques et pleines de tendresse.
    Pourtant, le ton léger et innocent du roman, à travers le regard du jeune narrateur contraste énormément avec la gravité des faits qui nous sont racontés (décès, inceste, psychiatrie). Voici donc un roman qui désarçonne et qui provoque parfois un certain malaise. Une très belle surprise néanmoins !

    Lien : http://fromtheavenue.blogspot.com/2012/02/lart-de-pleurer-en-choeur-..
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Citations et extraits

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  • Par oops, le 06 mai 2011

    Ils sont assis au bord du lit, à se regarder dans le fond des yeux et à se déshabiller l'un l'autre[...]
    "Ils ne savent pas se déshabiller tout seuls ? demande Mette.
    - C'est parce qu'ils s'aiment, je lui dis, quand on s'aime c'est comme ça qu'on fait.
    - Mon père et ma mère, ils font comme ça.
    - C'est parce qu'ils sont mariés. Mon père et ma mère non plus, ils font pas comme ça.
    - On ne s'aiment plus quand on est mariés ?
    - Si, mais on a des enfants, on est obligés de se déshabiller tout seuls, sinon on ne peut pas donner le bon exemple à ses enfants.
    - Et si les enfants ne le voient pas ?
    - on ne peut jamais savoir ce que les enfants voient. "
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  • Par Melopee, le 11 juin 2011

    Tu crois que je vais bientôt le revoir?
    - Oui, dans pas très longtemps."
    J'entends à la façon dont elle me dit ça qu'en fait elle n'en sait rien du tout, mais qu'elle a envie de me faire plaisir. C'est souvent difficile d'avoir des réponses claires quand on questionne les adultes. On dirait qu'ils ont toujours besoin de laisser un peu d'incertitude dans ce qu'ils disent, mais je crois qu'ils en souffrent aussi. Quand on est un enfant, il faut les comprendre, et apprendre à leur pardonner pour simplifier leur vie, et la nôtre aussi parfois.
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  • Par Mia, le 22 mai 2011

    Sur la route du retour je me dis : pourvu que quelqu'un meure bientôt, quelqu'un de vraiment proche, pour [que papa] puisse faire ce qu'il fait le mieux, un éloge funèbre. C'est la seule chose qui pourrait lui remonter le moral.
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  • Par Mia, le 23 mai 2011

    J'espère que je n'ai pas mis de l'huile sur le feu. Si je vois que papa est nerveux, je descendrai moi-même mon pantalon, et je lui demanderai de me frapper pour qu'il se sente mieux après.
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Erling Jepsen - Sincères condoléances .
A l'occasion du Salon du Livre de Paris qui s'est déroulé du 18 au 21 mars 2011, Erling Jepsen vous présente son ouvrage "Sincères condoléances" aux éditions Sabine Wespieser.http://www.mollat.com/livres/erling-jepsen-sinceres-condoleances-9782848050942.html








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