Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique


ISBN : 2723470474
Éditeur : Drugstore (2010)


Note moyenne : 3.27/5 (sur 26 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

Un scénariste légendaire, un dessinateur non moins illustre, une famille qui a marqué son époque d’une empreinte de stupre et de sang… et voilà Borgia, un must de la bande dessinée contemporaine, dont Tout est vanit... > voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

Critiques, analyses et avis (4)

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par LVI, le 22 mars 2012

    LVI
    Le songe se dissipe !

    Maurilio, dit Milo, Manara, né en Septembre 45, a découvert la BD en 67 alors qu'il travailla comme assistant d'un sculpteur espagnol fan de ‘Barbarella'. A partir de 69, il se mit à dessiner à son tour et dès 74 il adapta ‘Le Décameron'. Mais sa première BD vraiment ambitieuse n'est parue qu'en 76 (‘Le singe'). En 78, il publia ‘L'homme des neiges' et ‘Giuseppe Bergman'. Et il faudra attendre 83/84 pour que paraisse en Italie d'abord (dans la revue ‘Playmen'), en France ensuite (pré-publié par ‘L'écho des savanes', puis en album par Albin-Michel) ce classique de la bande dessinée érotique qu'est ‘Le Déclic'. En 86 parut ‘Le Parfum de l'invisible' et en 88 ‘Candide Caméra'. le deuxième volet du ‘Déclic' sortit en 91, suivi d'un troisième opus en 94 et même d'une ultime (?) suite en 2001. Entre-temps et au travers de ces BD et d'autres, Milo Manara était devenu le nouveau Pape de l'érotisme dessiné.

    En 2004, Milo Manara (qui n'a jamais été un immense scénariste) a l'excellente idée que de s'associer avec le grand Jodorowski (qui se consacre essentiellement à la bande dessinée depuis les années 80) pour nous offrir une saga dessinée hors-normes sur les Borgia.

    Voici donc illustrés, sous la forme d'une luxueuse fresque dessinée (splendides décors et magnifiques costumes) en quatre tomes, les méfaits des cruels et licencieux Borgia à la tête de Rome et d'une partie de l'Italie au XV° siècle, au cœur donc de la Renaissance, et qui réussirent à faire l'unanimité contre eux !

    En 1492 à Rome, le cardinal espagnol Roderic de Borja, devenu Rodrigo Borgia en Italie, qui vient de perdre son fils aîné, travaille à se faire élire Pape. Neveu du Pape Calixte III (de son vrai nom Alfons de Borja), qui régna de 1455 à 1458 et fut suivi sur le trône du Vatican par Pie II, Paul II, Sixte IV et Innocent VIII, Rodrigo Borgia va effectivement devenir Pape sous le nom d'Alexandre VI et va le rester jusqu'en 1503.

    Ce manipulateur ‘Saint-Père' avait eu plusieurs enfants de différentes femmes, dont Jean, qui va devenir Duc de Gandie (première étape vers le trône d'Espagne), et Cesar, un prince particulièrement ambitieux qui voulait unifier l'Italie et pensait que le sang allait de pair avec la politique et sut notamment, tout comme son père avant lui, se servir de sa jeune et jolie sœur, Lucrèce, pour nouer, puis dénouer les alliances dont il avait besoin pour asseoir sa puissance sur une Italie qui était loin encore d'être unie.

    Conseillé par Machiavel, auquel il servit de modèle pour son ‘Prince', Cesar, qui n'ignorait rien de l'art d'arriver au pouvoir et surtout de s'y maintenir, et qui pensait que ce qu'un premier César avait réussi à faire, un deuxième César devrait pouvoir le refaire, vit au travers des mariages successifs de sa sœur Lucrèce avec Giovanni Sforza (qui fit tomber le Duché de Milan dans l'escarcelle de la famille), Alphonse d'Aragon (qui leur apporta le Royaume de Naples), puis Alphonse 1° d'Este (Duc de Ferrare, Modène et Reggio d'Emilie…) une grande partie de l'Italie tomber sous sa coupe. Probable assassin de son propre frère aîné, d'Alphonse d'Aragon ainsi que d'amants occasionnels de sa lascive sœur (morte à l'âge de seulement 39 ans en 1519 en mettant au monde son huitième enfant), le cruel et perfide Cesare (mort en 1507 à l'âge de 32 ans) fit régner violence et peur au nom de la Papauté sur une Italie qui n'en demandait pas tant.

    Le seul qui osa s'opposer officiellement aux sulfureux Borgia, fut le moine dominicain Savonarole que le Pape fit arrêter, excommunier, pendre, puis brûler en place publique.

    Profondément noire et irrémédiablement implacable, ‘Borgia' c'est du Shakespeare ‘live': adultères, assassinats, basses œuvres, complots, coups tordus, haine, humiliations, idéalisme religieux, incestes, injures, intimidations, jalousies, mariages arrangés, marchandages, mensonges, orgies, passion, pragmatisme politique, retournements d'alliance, sodomies sauvages, tortures et supplices, trahisons, violence ; tout le catalogue des vices à peu près connus de l'être humain défilent au fur et à mesure des épisodes, étant entendu que la véritable histoire des malfaisants et débauchés Borgia a dû susciter bien des médisances (pour des histoires de jalousie surtout) et fantasmes (parce que les siècles passent et que ‘chacun' -de ceux qui commentèrent et commentent, Alejandro Jodorowski inclus- y ajoute évidemment son ‘grain de sel', donne sa propre version du ‘mystère' Borgia, forcément en partie imaginaire, et déforme ce faisant, de la réalité au mythe, l'Histoire).

    Dans ce quatrième et ultime volet, Charles VIII étant mort et la guerre avec la France achevée, le sort s'acharne contre les Borgia : Lucrèce, aussi pleine que la Lune, meurt en accouchant, après que César ait fait assassiner Jean, devenant ainsi le nouveau maître de Rome, bien décidé à conquérir toute l'Italie. Mais l'ombre du Cardinal Della Rovere se profile et la ‘gloire' des Borgia s'éteint lentement comme un flambeau dans le sable…

    Le provocateur ‘Jodo' est évidemment plus qu'à l'aise avec cette histoire de foutre et de sang que son illustre collègue Manara dessine avec un bonheur évident : Milo Manara sait faire autre chose que ses BD érotiques, si souvent aussi mal faites que vite faites, et il le prouve enfin de nouveau avec cette décapante série plus écœurante et orgiaque que les deux feuilletons télévisés récents (l'européen et l'américain) consacrés à ces mêmes Borgia réunis. Si une certaine crudité dans les images ne vous pose pas trop de problèmes, vous dégusterez avec une certaine gourmandise cette bande dessinée de luxe qui s'inscrit dans le meilleur de ce que les deux hommes ont produit !

    A noter : Alejandro Jodorowski poursuit, avec la complicité du dessinateur italien Théo (‘Le trône d'argile'), sa saga des Papes de l'Italie de la Renaissance avec ‘Le Pape terrible', une trilogie qui illustre les méfaits du Jules II, l'ex-cardinal Della Rovere
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 0         Page de la critique

    • Livres 1.00/5
    Par Parthenia, le 28 juillet 2013

    Parthenia
    Après la tentative d'empoisonnement de sa femme, Giovanni Sforza s'enfuit de Pesaro pour chercher refuge auprès de son oncle.
    Pendant ce temps, l'expédition de Charles VIII touche à sa fin, mais le roi ne peut savourer sa victoire bien longtemps car il meurt au sommet du Vésuve, emporté par la lave du volcan alors qu'il était en train de forniquer !! (vivivi, vous avez farpaitement lu ! )
    Cette mort permet à César Borgia de réapparaître au grand jour, plus ambitieux que jamais ! Surtout qu'il a reçu les sages enseignements de son philosophe d' hôte Machiavel, qui lui conseille carrément de hâter la mort de son papa de pape (vivivi, on ne faisait pas dans la dentelle en ce temps-là ! ) pour prendre sa place sur le trône de St Pierre !
    Seulement voilà, Alexandre-Rodrigo a rappelé à ses côté son fils préféré, Juan de Gandie auquel il confie le commandement suprême des Etats de l'église, charge que briguait César qui réagit furieusement à cette annonce ! A cette occasion papa Rodrigo, Juan et César échangent de copieuses insultes que la décence m'empêchent de retranscrire ici. Je ne dirai pas par exemple que César a traité son frère de "maudit pédé", "suceur de bites!" ni que Rodrigo, exaspéré, l'a illico renié en lui disant que "ta putain de mère t'a engendré avec un domestique !", non non non, ni que César a répliqué : "Juan à la tête de ton armée ? Comment pourrait-il gagner : il a des ovaires à la place des couilles ! Vous courez au désastre, paire d'andouilles !" (vous remarquerez que la colère n'empêche pas César de faire des vers ! ), ce à quoi Rodrigo et Juan ont répondu de concert : "Crétin ! Insolent! Je vais t'excommunier!" et "Que tes putes te refilent la vérole !" (ce qui n'est quand même pas très gentil gentil...)

    Or donc, César n'a pas de temps pour les larmes, il a une guerre à mener. Et pour réunir toutes les conditions de succès, il convoque chez lui Léonard de Vinci afin qu'il invente pour lui des armes nouvelles et puissantes. Il lui offre même pour cette commande une fortune colosssale, que Vinci décline. Alors, il lui offre son corps ! En tout cas, un aperçu pour commencer... et franchement, César est super bien gaulé (oui, je sais, il est tout pourri ce jeu de mots ) J'avoue que j'ai un peu beaucoup bavé sur son corps de dieu grec... Mais je m'égare... Donc, pour sceller cet accord peu conventionnel, César roule un méga patin à Léonard ! Apparemment, ce baiser a complètement inspiré le génie qui dessine pour son fougueux amant des machines volantes. Et le truc le plus fou, c'est que César, à l'aide de ces machines, remporte des succès foudroyants ! Nom de Zeus ! Qui a donc déchiré le tissu du continuum espace-temps ? Ah non, merde je me trompe de série...
    Enfin bref, César fait plier toutes les grands familles d'Italie et les met à sa botte (oui, encore un jeu de mots pourri et j'en suis fière ! ).
    Mais César devrait savoir que la chute n'est jamais loin du sommet... Déjà, son beau visage est défiguré par la vérole.
    Et c'est ainsi que se termine le rêve de conquêtes et celui d'une Italie unifiée qu'avait porté la famille Borgia !
    D'où le titre de l'album, vous suivez ?
    Alors que pouvons-nous en conclure, à part que ce tome m'a inspiré des jeux de mots plus pourris les uns que les autres ? Tout simplement que c'est l'album de trop... On a l'impression que les auteurs avaient hâte d'en finir avec la série. Les albums précédents étaient déjà pas mal excessifs dans la description des Borgia et l'usage des rumeurs sur leur compte, mais avec celui-là, on tombe dans l'outrance outrancière ! Ah, je note quand même une différence : les scènes de sexe ont presque disparu pour céder la place à des scènes de torture et de sévices (finalement, je me demande si je ne préférais pas le sexe à gogo !! )
    Bref, les approximations historiques virent au grand n'importe quoi, franchement, j'ai failli m'étrangler de rire tellement certaines scènes étaient surréalistes ! A croire que le scénariste a complètement craqué... ou a écrit sous l'effet de substances psychotropes... (un peu comme moi pour cette chronique !! )
    Encore une fois, le dessin de Manara est toujours aussi beau et élégant et sauve la série d'un ratage complet...

    Lien : http://parthenia01.eklablog.com/tout-est-vanite-de-jodorowsky-manara..
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 0         Page de la critique

    • Livres 3.00/5
    Par MissG, le 16 juillet 2012

    MissG
    De gloire il n'y a plus, ne reste que la décadence de cette famille si puissante dans ce quatrième et dernier tome de la série s'attachant aux Borgia.
    A trop vouloir dominer le monde, tous s'y sont brûlés les ailes et lourde est la chute.
    Dans ce quatrième et dernier tome de la saga Borgia, leur puissance et leur gloire ne sont plus qu'un souvenir passé et c'est leur inéluctable chute qui se dessine sous les yeux des lecteurs.
    Lucrèce, la sulfureuse et doublement incestueuse meurt en couches, d'un enfant qualifiable de monstre, avec deux têtes, l'une ressemblant à son frère César et l'autre à son père :"Un de ses visages ... ressemble à ... mon père ... l'autre est celui ... de mon frère ... tuez-le !".
    Si Rodrigo Borgia rejette pendant un temps son fils César, avide de pouvoir : "L'Italie toute entière sera mienne !", lui préférant son cadet, il va devoir revoir sa position à la mort de ce dernier.
    Rodrigo Borgia meurt, laissant la place à César, qui travaillera pendant un temps avec Leonardo da Vinci.
    Au final, il sera lui aussi assassiné et ainsi disparaîtra la lignée des Borgia.
    Il ne restera que l'homme de main des Borgia, qui retournera voir sa vieille mère pour lui raconter la chute de cette si puissante famille et qui se pendra avec elle pour mettre fin à leur vie dans ce monde.
    Dans ce dernier tome, l'histoire s'éloigne définitivement de la réalité et même de la légende des Borgia pour finir dans de l'hystérie collective.
    Tout va vite, très vite et sans doute trop vite.
    Mais voilà, le scénario d'Alexandro Jodorowsky exerce une fascination certaine sur le lecteur, et même s'il est très éloigné de la réalité j'ai relativement apprécié cette lecture et je trouve que cela constitue une parfaite conclusion à cette série en quatre volumes.
    Je pars du principe qu'il s'agit d'une libre adaptation et que c'est aussi un choix de la part des auteurs de nous présenter cette histoire sous la forme d'une bande dessinée.
    Les dessins de Milo Manara sont toujours aussi agréables à regarder, mais à réserver tout de même pour un public averti car rien n'est épargné dans ce dernier tome particulièrement sanglant et horrible.
    Pour une fois, Milo Manara travaille en couleurs directes et le résultat est plus que satisfaisant et réussi.
    "Tout est vanité", tel est le sous-titre de ce quatrième et dernier volume de la série Borgia.
    Vaniteux, ils l'ont sans aucun doute été et ils l'ont très chèrement payé.
    Je suis partagée sur ce dernier volume, conquise par les traits et les couleurs de Milo Manara mais dérangée par les trop grandes libertés historiques d'Alexandro Jodorowsky.
    Ce cycle des Borgia constitue une adaptation libre de la légende des Borgia qui mérite toutefois d'être découverte.

    Lien : http://lemondedemissg.blogspot.fr/2012/07/borgia-tome-4-tout-est-van..
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 6         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par goodgarn, le 26 novembre 2012

    goodgarn
    La saga s'avére dans les grandes lignes assez fidéle à l'historique des Borgia. Jodorowsky et Manara ont surtout insisté sur la face tumultueuse et violente de cette famille( inceste, manipulation, meurtre).
    Cette série de BD manque un peu de profondeur,mais je la conseille tout de même pour un public averti.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 8         Page de la critique

> voir toutes (3)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

> voir toutes (12)

Videos de Alejandro Jodorowsky

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Alejandro Jodorowsky

Prix Saint-Germain : soirée de remise du prix aux lauréats .
Cérémonie du Prix Saint-Germain 2013 Cette année encore, La Règle du Jeu et le Cinéma Saint-Germain-des-Prés s'associent pour réaliser la troisième édition du prix Saint-Germain, un prix de cinéma ayant la particularité d'être composé exclusivement d'un jury d'écrivains : Bernard-Henri Lévy, Yann Moix, Christine Angot, Régis Jauffret, Karine Tuil, Fernando Arrabal, Catherine Millet, Bruno de Stabenrath, Jean-Paul Enthoven, Marc Weitzmann. Succédant à Christine Angot, Bruno de Stabenrath est le président de l?édition 2013. Rencontre inédite entre littérature et cinéma, le prix Saint-Germain est décerné tous les troisièmes mardis de janvier au meilleur film français et au meilleur film étranger de l?année précédente. Pour cette troisième édition, le prix Saint-Germain évolue en décernant à un cinéaste le Prix Spécial du Jury. Cette année, le prix a été remis le mardi 15 janvier 2014 lors d?une cérémonie qui s'est déroulée dans la mythique salle du Cinéma Saint-Germain-des-Prés. Les réalisateurs lauréats sont : - meilleur film français : La vénus à la fourrure de Roman Polanski - meilleur film étranger : La danza de la realidad de Alejandro Jodorowsky - prix spécial du jury : Jean-Pierre Mocky pour l'ensemble de son oeuvre








Sur Amazon
à partir de :
13,20 € (neuf)
35,00 € (occasion)

   

Faire découvrir Borgia, Tome 4 : par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (33)

> voir plus

Quiz