> Jacques Monfrin (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253066788
Éditeur : Le Livre de Poche (2002)


Note moyenne : 4/5 (sur 5 notes) Ajouter à mes livres
Le livre de Joinville est l'un des textes historiques les plus intéressants et les plus attachants que nous ait laissés le Moyen Age.

L'auteur raconte ce qu'il a personnellement connu du règne de saint Louis (1226-1270), essentiellement la croisade en Eg... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 25 juin 2010

    Woland
    Ce qui frappe avant tout, c'est la précision quasi moderne du texte, inextricablement enroulée autour d'une utilisation très biblique de la conjonction "et." Au début agacé, on finit par s'y habituer mais ce ne sera pas sans mal pour tous.
    Avec cette fameuse conjonction, le Dieu des Chrétiens et Louis IX, que Boniface VIII canonisera en 1297 pour des raisons purement politiques, constituent les deux autres faces de la Trinité que révérait Jean de Joinville. Encore jugerait-il ce rapprochement très léger et même blasphématoire tant cet homme, comme, semble-t-il, son suzerain, oubliait tout sens de l'humour dès qu'il était question de la divinité.
    A Joinville, on ne peut dénier un grand bon sens et une franchise redoutable, dont lui-même fait parfois les frais, par exemple lorsqu'il déclare tout de go à Louis qu'il n'apprécie pas de laver les pieds des lépreux. Cet homme est un modèle à l'antique, intègre, sérieux, porté par sa foi et son sens des responsabilités. Courageux, il n'hésite pas à blâmer ouvertement le tout puissant Philippe IV le Bel, petit-fils de Louis IX, dont la politique volontaire traîna la papauté en Avignon et demeure l'un des plus vieux et des plus parfaits exemples de ce que l'on nomme le gallicanisme.
    Cependant, malgré tout, le lecteur songe qu'on ne devait guère s'amuser en sa compagnie. Quant aux analystes freudiens, on devine sans peine qu'ils se régaleraient à imaginer un sentiment trouble dans l'adoration - le terme n'est pas exagéré - que Joinville voue au futur saint Louis.
    Celui-ci la méritait-il ?
    Bien que cette "Vie ..." tienne plus de l'hagiographie que de l'étude critique, elle n'en donne pas moins à penser au lecteur moderne et un tant soit peu féru d'Histoire. Louis IX nous est présenté comme un homme profondément pieux, à la façon dont le Moyen-Age concevait la piété et qui, aujourd'hui, nous semble souvent difficilement concevable. Ce fils de la très chrétienne Blanche de Castille et de Louis VIII de France, ce petit-fils de Philippe-Auguste, semble ramener tout à Dieu et à la religion. Cela débouche sur d'authentiques moments de générosité et d'humilité - saint Louis fit énormément de bonnes oeuvres et ne se targua jamais de sa haute naissance devant les pauvres qu'il aidait - mais aussi sur des faits de fanatisme absolu : la chasse aux sorcières déclenchée contre les prostituées (mais non contre leurs clients) et bien entendu l'idée que tuer au nom de Dieu est chose aimable et sainte - on notera toutefois que, chez les non-chrétiens de l'époque, le principe est tout aussi également appliqué.
    Mais ce qu'il y a de curieux, c'est que ce monarque qu'on pourrait craindre obnubilé par les prescriptions religieuses se révèle un excellent politique. Même si Joinville ne développe pas sa réflexion sur ce point ainsi que l'on pourrait s'y attendre, la chose ne saurait se nier : Louis IX est aussi absolutiste que son lointain descendant, le Roi-Soleil. A sa décharge, soulignons qu'il est beaucoup moins belliqueux - sauf quand il est question d'aller délivrer le tombeau du Christ - et beaucoup plus diplomate, pour ne pas dire rusé.
    Ses grands vassaux s'opposent à lui ? Il se croise et, du coup, les force à faire de même - quel vassal serait suffisamment sans vergogne pour laisser son suzerain prendre les armes contre les Infidèles et ne pas l'imiter ? Seulement, combien, parmi eux, reviendront-ils de Jérusalem ? ...
    La loi et l'ordre ne sont pas respectés ? Il dicte des ordonnances précises, met en place les structures nécessaires à leur rétablissement et n'hésite pas à payer de sa personne - saint Louis rendant la justice sous le fameux chêne de Vincennes n'est pas une légende - pour que passe la réforme entreprise.
    Le tout en douceur, sans presque jamais élever la voix, en se signant beaucoup et en invoquant régulièrement Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit.
    Fils de son époque, qui n'est pas tendre avec ceux qu'elle suspecte d'une foi autre que la chrétienne ou encore d'hérésie et d'athéisme, il impose aux Juifs le port d'un rond de tissu jaune sur la poitrine et, aux Juives, celui d'un chapeau particulier : pas de mariages mixtes surtout. On peut y voir la marque d'un racisme certain mais si l'on rappelle que, dans ce type de mariage (comme d'ailleurs dans les mariages avec des musulmans), c'est au chrétien de changer de religion, on comprend sans doute mieux l'attitude du roi qui ne tenait pas à voir reculer la religion à laquelle il appartenait et qui justifiait en quelque sorte l'absolutisme de son pouvoir. D'ailleurs, comme son petit-fils Philippe le Bel après lui (et comme bien d'autres monarques et hommes d'Etat de l'époque), Louis IX sait trouver des accommodements avec le Ciel lorsque la situation financière du royaume l'exige ...
    On sort donc de cette lecture avec toute une foule d'interrogations. Non sur la figure du narrateur, le sire de Joinville, mais sur celle de son "héros" : vrai saint ? politique suprêmement habile ? les deux ? et, dans cette dernière hypothèse, comment a-t-il fait ? ...
    A lire et à relire. Mais surtout pour les fondus d'Histoire. ;o)
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    • Livres 4.00/5
    Par annie, le 25 avril 2009

    annie
    Louis IX de France, plus connu sous le nom de saint Louis, est né le 25 avril 1214 à Poissy, et mort le 25 août 1270 à Tunis pendant la huitième croisade. Il fut roi de France de 1226 à 1270, neuvième de la dynastie des Capétiens directs.
    Il développa notamment la justice royale où le roi apparaît alors comme "le justicier suprême".
    Il est le fils de Louis VIII (1187-1226), dit Louis le Lion, roi de France, et de Blanche de Castille (1188-1252). Il est aussi le frère aîné de Charles Ier de Sicile (1227-1285), comte d'Anjou, qui fonda la seconde dynastie angevine.
    ***
    Très croyant, Louis IX veut faire de la France, la « fille aînée de l'Église » et de Paris un haut lieu de la chrétienté. le 26 avril 1248, Louis IX y inaugure la Sainte-Chapelle dans l'île de la Cité. Il fut également crédité pour avoir commandité la Bible de Maciejowski.
    Le 4 décembre 1259 à Paris, il signe un traité de paix avec l'Angleterre mettant ainsi fin à la première « guerre de Cent Ans » entre les deux pays.
    Pour conduire ses sujets au salut, le roi de France interdit les jeux, la prostitution. et punit cruellement le blasphème.
    Il prend des mesures discriminatoires contre les juifs :
    en 1242, à la demande même de juifs convertis au christianisme, selon lesquels le Talmud contient un certain nombre d'invectives contre Jésus-Christ et contre la Sainte Vierge, une controverse sur le sujet se tient à Paris, sous la présidence de Blanche de Castille. Eudes de Châteauroux, proviseur de la Sorbonne, et l'abbé Nicolas Donin (ancien rabbin) établissent que le reproche est fondé.
    Le roi fait alors brûler des exemplaires du Talmud à Paris.
    en 1254, il bannit de France les juifs qui refusent de se convertir au catholicisme.
    Ce décret fut annulé quelques années plus tard en échange d'un versement d'argent au trésor royal.
    en 1269, en application d'une recommandation du IVe concile du Latran de 1215, il impose aux juifs de porter des signes vestimentaires distinctifs.
    Pour les hommes, un rond d'étoffe jaune, la rouelle, sur la poitrine et un bonnet spécial pour les femmes. Ces signes permettent de les différencier du reste de la population et d'empêcher ainsi les mariages mixtes.
    Cependant, Louis IX garde, en son for intérieur, l'espoir de les convertir et les protège donc de toute exaction.


    Lien : http://mazel-livres.blogspot.com/
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    • Livres 5.00/5
    Par Couperine, le 26 octobre 2010

    Couperine
    La Vie de Saint Louis est un roman du XIII°s. Certains ont pu le considérer, à tort, comme un roman historique. Joinville (conseiller et confident du roi) raconte ce qu'il a personnellement connu du règne de Saint Louis (1226-1270), essentiellement la croisade en Égypte et le séjour en Terre Sainte (1248-1254). Il se fait l'écho des propos édifiants du roi et de quelques-unes de ses décisions les plus remarquables. Mais Joinville parle presque autant de lui-même que du roi, censé être le sujet de son livre. Mais il le fait d'une manière si naturelle qu'il ne donne en aucun cas l'impression de se mettre en avant.
    La subjectivité de Joinville ne permet donc pas de considérer ce texte comme historique. Il est confus lorsqu'il raconte les débuts du règne de son souverain (période qu'il n'a pas connue, d'où son malaise), n'hésite pas (en l'avouant), à emprunter des passages à d'autres chroniqueurs lorsqu'il est dans l'ignorance, et semble idéaliser l'image du roi.
    Ce livre est une œuvre personnelle: Joinville ne suit aucun modèle. De ce fait, la manière dont il est construit peut surprendre. Cependant, le désordre est tout relatif. La langue est sans apprêt, l'allure générale est celle du récit oral. Joinville avait dû bien souvent raconter ses souvenirs. Il ne change pas de style lorsqu'il les met par écrit.

    Lien : http://livresetmanuscrits.e-monsite.com/rubrique,joinville,1105558.h..
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Citations et extraits

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  • Par Couperine, le 26 octobre 2010

    Le roi aimait toutes les personnes qui entraient au service de Dieu et qui portaient l'habit religieux; et nul ne venait à lui qui manquât d'obtenir des ressources pour vivre. Il pourvut les frères du Carmel et leur acheta une place à bâtir sur la Seine vers Charenton; et il fit bâtir une maison pour eux et leur acheta vêtements, calices et tous les objets nécessaires pour faire le service de Notre-Seigneur. Et après il pourvut les frères de Saint-Augustin, et leur acheta la grange d'un bourgeois de Paris avec toutes ses dépendances et leur fit faire une église à l'extérieur de la porte de Montmartre. Les frères des Sacs, il les pourvut et leur donna un emplacement sur la Seine vers Saint-Germain-des-Prés, où ils se logèrent; mais ils n'y demeurèrent guère, car ils furent supprimés très rapidement. Après que les frères des Sacs aient été logés, vint à son tour une autre sorte de frères que l'on appelle l'ordre des Blancs-Manteaux; et ils prièrent le roi de les aider pour qu'ils puissent demeurer à Paris. Le roi leur acheta une maison et d'anciens emplacements autour pour se loger, à côté de la vieille porte du Temple à Paris, tout près des tisserands; ces Blancs-manteaux furent supprimés au concile de Lyon que tint Grégoire X.
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