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ISBN : 2081249146
Éditeur : Flammarion (2012)


Note moyenne : 3.77/5 (sur 260 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
On ne refait pas sa vie, c'est juste l'ancienne sur laquelle on insiste », pense Franck en arrivant aux Bertranges, chez ses parents qu'il n'a pas vus depuis dix ans. Louise est là, pour passer quelques jours de vacances avec son fils dont elle a confié la garde au... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Gwordia, le 11 août 2012

    Gwordia
    Après avoir été conquise par Trois fois le loyer de Julien Capron, je suis une fois encore enchantée par l'écurie Flammarion. Je crois pouvoir affirmer qu'avec ces deux romans, l'ancestrale maison d'édition tient la palme de la rentrée littéraire 2012. Si vous deviez n'en lire que deux, choisissez ces deux-là ! Un doublé qui redonne ses lettres de noblesse à une littérature française souvent jugée trop morose.
    Si Capron met les nerfs à vif, Joncour met du baume au coeur en évoquant comme personne l'Homme et la Nature. Plutôt que de se complaire dans les désordres intérieurs, comme on le reproche trop souvent aux écrivains de nos latitudes, l'Ecrivant comme il se définit lui-même sur Twitter trouve l'émotion, la beauté et l'espoir en toutes choses, sans pour autant négliger ou minimiser les blessures et la tristesse. L'amour sans le faire est, comme La non-demande en mariage de Brassens, la plus belle des déclarations d'amour qui soit. L'amour de la Terre, l'amour du prochain, l'amour de soi.
    Entrelaçant des portraits écorchés, l'auteur excitent les sens en livrant des instantanés de toute beauté. Il fait de l'écriture un tableau chatoyant, une musique douce, un fumet délicieux et nous amène à toucher du doigt des vérités qui sont peut-être les réponses de nos lendemains. En abordant des sujets aussi profonds que le rapport à la famille, la parentalité ou la misère sociale, Joncour nous livre un récit délicat, bouleversant et profondément humain, empreint de nostalgie, porteur d'avenir mais plus que jamais ancré dans un présent qu'il nous rappelle de saisir et d'apprécier.

    Lien : http://gwordia.hautetfort.com/archive/2012/08/11/rentree-litteraire-..
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    • Livres 4.00/5
    Par marina53, le 04 novembre 2013

    marina53
    Franck a quitté sa région natale depuis des années et n'a pas pris contact avec ses parents depuis son départ. L'envie soudaine lui prend de les appeler. Quelle n'est pas sa surprise d'entendre un petit garçon prénommé Alexandre répondre au téléphone. Ce prénom lui fait remonter à la surface de nombreux souvenirs car c'est ainsi que s'appelait son frère, mort bêtement dans un accident de chasse. Il ne lui en faudra pas plus pour décider sur un coup de tête d'aller à la rencontre de ce petit garçon et de comprendre ce qu'il fait chez ses parents...
    Louise est une jeune femme pleine d'entrain. Elle travaille à l'usine où elle va pointer tous les jours malgré l'arrêt des machines depuis que les commandes ont cessé. Mais ses collègues et elles continuent de s'y rendre, espérant peut-être une reprise de l'activité. Mais, pour le moment, elle ne songe qu'à une chose: aller retrouver son petit garçon Alexandre qu'elle a confié aux parents de Franck. Un petit être prénommé ainsi en mémoire d'Alexandre, son tendre amour, disparu trop tôt...
    Ces deux-là vont inévitablement se retrouver dans un lieu qui leur est si cher...
    L'amour sans le faire ou la rencontre fortuite de deux personnes réunies autour d'une personne disparue. Franck et Louise sont deux êtres timides, un peu désenchantés, peu ouverts sur la vie mais dont la rencontre fera basculer leur histoire. Il suffit d'un été ensoleillé et d'un petit garçon plein de vie pour qu'ils se découvrent enfin et profitent des petits plaisirs du quotidien. Pudique, sensuel, profondément humain, Serge Joncour nous dépeint en finesse et avec beaucoup de tendresse l'âme humaine qui s'éveille à la vie. Sur une narration alternative donnant la parole à chacun d'eux, on les découvre petit à petit et subtilement, se dévoilant et s'apprivoisant au fil des pages.
    L'amour sans le faire... c'est déjà beaucoup...
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    • Livres 5.00/5
    Par canel, le 14 novembre 2012

    canel
    --- Pépite, coup de coeur. Ceci n'est pas (seulement) une histoire d'amour, c'est beaucoup plus !
    Trois destins. En quelques mots :
    - Franck, cameraman récemment frappé par la maladie revient voir ses parents agriculteurs, après dix ans de brouille. Sur la route, il se laisse gagner par ses souvenirs d'enfance auprès de son frère Alexandre, de six ans son cadet.
    - Louise est veuve depuis 10 ans, la plaie du deuil reste béante, elle travaille en ville dans une usine "fantôme", avec quelques femmes qui attendent désespérément une commande, un petit quelque chose pour ne pas être payées à ne rien faire, et qui se serrent les coudes pour supporter l'invivable... Louise a un petit garçon, élevé par ses beaux-parents, loin d'elle, à la campagne.
    - Cet enfant pétille, déborde d'énergie, d'humour, de joie de vivre.
    Bien sûr, ces personnages sont liés, par le passé, par le présent...
    Quel dommage que ce titre soit si réducteur, se rapporte si peu à l'atmosphère du livre, et n'en concerne qu'une petite partie, mineure à mes yeux ! Quoi qu'il en soit, si vous voulez une belle histoire sans sirop, laissez-vous tenter, en revanche si vous espérez de l'Harlequinade, ne vous arrêtez pas au titre, vous seriez déçu...
    On assiste ici à de jolies rencontres, notamment entre un enfant adorable, bavard, vif, et un adulte qui ne connaît rien aux "petits" et est vite conquis. L'ouvrage est également prétexte à de formidables descriptions réalistes et vivantes du monde rural, de la vie à la ferme (la "vraie", pas celle de la TV), des difficultés du monde ouvrier à l'heure de la crise et des délocalisations, de la spontanéité de l'enfance, des relations parents-fils adulte, etc.
    Un petit air de 'A l'angle du renard', et d'un 'vieux' film avec Nathalie Baye que vous reconnaîtrez sans doute si vous lisez le livre (mais chut, ça dévoilerait le suspense...).
    De cet auteur, j'avais aimé 'UV', très différent, et le recueil de nouvelles 'Combien de fois je t'aime', dont, là encore, le contenu riche et pertinent n'a strictement rien à voir avec le titre et la couverture neuneus à souhait...
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    • Livres 5.00/5
    Par latina, le 06 décembre 2013

    latina
    Loin de moi l'idée de vous dévoiler toute l'histoire, toute cette superbe histoire ! L'auteur a voulu tellement préserver l'intimité de Franck et Louise que je m'en voudrais de m'avancer avec mes gros sabots. Même s'il s'agit d'une ferme.
    Roman intimiste, donc, où les 2 protagonistes, se connaissant à peine et se parlant pour la 1ere fois, avancent à pas feutrés dans le domaine de l'autre, osant à peine effleurer leur propre passé à vif et pataugeant dans leur présent écorché. Et ces obstacles, ces pierres d'achoppement, ces accidents terribles de leur parcours ne nous sont révélés que peu à peu.
    J'ai parlé d'une ferme. Celle des parents qui deviennent vieux, regrettant la mort de leur fils cadet qui lui, aurait pu la reprendre. Qui refusent de la céder aux voisins gourmands. Qui acceptent avec fatalisme l'éloignement de leur fils ainé.
    Ce fils ainé revient, justement, pour quelques jours. Pourquoi ? Il s'était pourtant « juré de ne plus les revoir, de ne plus y foutre les pieds, dans ce trou, tout ce qu'on se dit pour se convaincre qu'on a raison, qu'on est comme neuf, même si on se blesse à penser ça, sans se douter qu'à la longue ça fait un mal fou d'en vouloir aux autres ». Il veut renouer les liens, mais surtout il va faire la connaissance de Louise, l'ex-compagne tant aimée de son frère cadet. Louise qui revient, elle aussi, quelques jours...
    La rencontre des cœurs se fera grâce au trait d'union pétillant qu'est le fils de 5 ans de Louise.
    Rencontre des cœurs, oui, mais pas (encore) des corps. L'amour sans le faire, c'est bien de ça qu'il s'agit.
    Car Louise ne « supporterait plus cette manière d'affoler l'affection, ce risque fou auquel ça expose d'aimer ». Quant à Franck, alors que tout le porte vers elle, il musèle cette attirance, pour lui monstrueuse et sacrilège, puisqu'elle était la femme de son frère.
    Alors, L'amour sans le faire ? Oui, si c'est pour exulter dans cette « passion non encore franchie, dans cet amour non réalisé mais ressenti jusqu'au plus intime ».
    Oui ! Quand pour moi il s'agit d'entrer dans l'univers brûlant des sentiments retenus que nous livre cet auteur au cœur juste, Serge Joncour.
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    • Livres 5.00/5
    Par Erveine2014, le 23 novembre 2014

    Erveine2014
    L'amour sans le faire c'est quand on aime sans le dire. C'est quand on s'étonne de se lire dans un autre différent qui n'a pas son pareil pour penser de concert avec nous. C'est l'amour dans un souffle, un frôlement, un tintement. C'est fuir les non-dits, de ceux qu'un jour on a dit pourtant, en déversant le trop-plein d'un cœur en tempête. C'est partir loin pour retrouver ici ce qu'on connaît si bien et qu'on n'a pas trouvé ailleurs. C'est un langage trop riche pour des silences béants. C'est simple comme dans la vie de tous les jours, entre nostalgie et espérance, c'est pour hier où pour demain.
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Hubert Prolongeau pour le Magazine Littéraire

    Comme le héros de Bol d'air, celui de L'Amour sans le faire, Franck, revient chez lui, dans une ferme qu'il a volontairement quittée après la mort accidentelle de son frère sans plus donner signe de vie depuis.... > lire la suite

    Critique de qualité ? (4 l'ont appréciée)

Critiques presse (3)


  • Telerama , le 27 novembre 2012
    On retrouve, dans ce huitième livre de Serge Joncour, sa belle écriture en demi-teinte pour évoquer la précarité des sentiments.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • Lexpress , le 02 octobre 2012
    Serge Joncour est habile à créer une atmosphère feutrée, entre regret du passé, chagrin et introversion, invitant le lecteur au bal des taiseux. […] Qui n'a pas ressenti ces vibrations passe son chemin, les autres rendront grâce à l'auteur de ce doux lamento joliment interprété, finalement tourné vers l'espérance.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Lexpress , le 30 août 2012
    L'ironie mordante de cet écrivain capable du meilleur comme du pire a cédé la place à une justesse de ton nouvelle. Voilà qui donne un formidable roman des origines. Ecrit à la bonne distance, entre espoir et fatalisme.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par prune42, le 22 novembre 2014

    Le malheur c'est comme un visage sur le visage, quand la vie vous a marquée d'une épreuve, le risque c'est de ne plus exister qu'à travers ça, d'être à jamais perçue comme la veuve piégée à vie dans la teinte. Déjà que soi-même on n'arrive pas à sortir de sa douleur, déjà qu'on a tant de mal à s'en déprendre, il faut en plus que les autres vous résument à ça, c'est comme d'être malade, les autres ne voient plus que ça de vous, un malade.
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  • Par prune42, le 22 novembre 2014

    Aimer ce serait de nouveau s'exposer à la peur, la peur d'être dépossédée une seconde fois. (...) Dans l'amour il y a bien plus que la personne qu'on aime, il y a cette part de soi-même qu'elle nous renvoie, cette haute idée que l'autre se fait de nous et qui nous porte.

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  • Par Metaphore, le 15 novembre 2012

    Ne pas pouvoir s'aimer, c'est peut-être encore plus fort que de s'aimer vraiment, peut-être vaut-il mieux s'en tenir à ça, à cette haute idée qu'on se fait de l'autre sans tout en connaître, en rester à cette passion non encore franchie, à cet amour non réalisé mais ressenti jusqu'aux plus intime, s'aimer en ne faisant que se le dire, s'en plaindre ou s'en désoler, s'aimer à cette distance ou les bras ne se rejoignent pas, sinon à peine du bout des doigts comme une caresse, une tête posée sur les genoux, une distance qui permet tout de même de chuchoter, mais pas de cris, pas de souffle, pas d'éternité, on s'aime et on s'en tient là, l'amour sans y toucher, l'amour chacun le garde pour soi, comme on garde à soi sa douleur, une douleur ça ne se partage pas, une douleur ça ne se transmet pas par le corps, on n'enveloppe pas l'autre de sa douleur comme on le submerge de son ardeur. C'est profondément à soi une douleur. L'amour comme une douleur, une douleur qui ne doit pas faire mal.
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  • Par Gwordia, le 11 août 2012

    (...), à force de rester ensemble on ne tient plus à l'autre, mais on tient par l'autre, et là, c'est beaucoup plus délicat, ça demande une énergie folle de se déprendre, ou de la haine pure, à moins de miser sur l'événement d'une nouvelle rencontre, celle qui redonne la folie de recommencer à zéro.

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  • Par Bibalice, le 03 juillet 2012

    Il réessaya une heure plus tard, toujours rien, puis une nouvelle fois en toute fin d’après-midi, là encore pas de réponse, c’était inquiétant ces sonneries qui se perdaient dans le vague, il se représentait ce décor oublié là-bas, le téléphone au fond du couloir, la maison isolée, vide peut-être, par distraction il revisitait mentalement l’endroit mais finalement ce coup-ci on décrocha, une petite voix de môme à l’autre bout du fil qui lui lança :
    – Allô, c’est qui ?
    Cette intonation solaire, cette voix de gosse improbable, elle lui fit tout de suite penser à celle de son frère, mais ça ne se pouvait pas, bien sûr que ça ne se pouvait pas, il y avait bien longtemps qu’Alexandre n’était plus un enfant, et surtout il était mort depuis dix ans. Par pur réflexe il hasarda
    -Alexandre ?
    -Oui, et toi c'est qui ?

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