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> Vincent Hugon (Traducteur)

ISBN : 2283023645
Éditeur : Buchet-Chastel (2009)


Note moyenne : 3.76/5 (sur 34 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Dans cette petite ville du Surrey, au sud de Londres, pendant les années cinquante, tout le monde va à l'église, joue au tennis et fête Noël dans l'insouciance et l'alcool ; les jobs s'obtiennent au cours de conversations de quelques minutes au coin du feu, et les jardi... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par litolff, le 01 août 2012

    litolff
    Chronique sociale des années 50 dans la bourgeoisie anglaise. Un petit garçon grandit avec sa maman qui a tendance à boire et son papa qui réapprend à vivre en famille au retour de la guerre.
    A 10 ans, il assiste, impuissant, à la noyade de sa maman et personne ne semble capable de lui témoigner la tendresse, le réconfort, la compassion indispensables à son équilibre psychologique, ni son père, rigide et verrouillé, ni plus tard sa belle-mère, trop jeune et intimidée par cet enfant mutique.
    Alors qu'il serait si évident de parler, de communiquer, de démêler les fils, tout le monde préfère s'en tenir au sacro-saint conformisme social et commenter le comportement d'untel ou d'unetelle à la sortie de la messe, compter le nombre de verres bus par Mme Untel lors de la dernière réception et femer les yeux sur cet enfant qui dérange par son mutisme. Pour Lewis, traumatisé, commence une descente aux enfers qui l'entraînera jusqu'en prison...
    Derrière le paravent de bonnes manières de cette bourgeoisie anglaise se cache une réalité sordide et glaçante : les femmes au foyer boivent, les pères sont violents et frappent femmes ou enfants. le malheur plane au-dessus de chacun, et Lewis en fait les frais.
    Une ambiance lourde et malsaine règne sur cette histoire imprégnée de l'immense douleur d'un adolescent qui ne peut évacuer les fantômes de son enfance.
    C'est noir et oppressant... et on aimerait qu'un peu de lumière arrive enfin dans la vie de Lewis.
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    • Livres 5.00/5
    Par caro64, le 27 juin 2009

    caro64
    « Personne ne l'attendait au dehors ». C'est sur ces mots que débute le roman de Sadie Jones, durs, implacables, et qui nous plongent aussitôt dans la solitude de Lewis, celle-là même qui lui colle à la peau comme une malédiction depuis la mort de sa mère lorsqu'il avait 10 ans. Événement tragique qui marquera le début de sa descente aux enfers. Violence, alcool, abandon de ses proches, rejet d'une société qui le craint, Lewis ne trouvera son salut qu'au plus profond de lui-même.
    A travers le portrait de la middle class de l'Angleterre des années 1950, d'un réalisme sordide, Sadie dénonce avec talent les faiblesses d'une société qui laisse ses enfants s'égarer sur le chemin de la délinquance.
    Loin de la caricature d'une adolescence révoltée, l'auteur décrit un personnage subtil au caractère ambigu, auquel on s'attache inévitablement. le lecteur, pris dans les mailles de ce récit, le suit pas à pas. C'est bouleversant et beau malgré la noirceur. Ça sonne juste et c'est terrifiant…
    Par son énergie et sa force émotionnelle, ce premier roman est une belle réussite. Il est impeccablement construit, l'auteur nous transporte dans une histoire poignante et passionnante en maîtrisant avec art la montée d'un suspense qui aboutira à un dénouement aussi bien inattendu que spectaculaire.
    Une fois le livre refermé, les personnages ne nous quittent pas pour autant. Un livre fort, une auteur à suivre !
    Ce roman étonnant a obtenu le « Costa Book Award ». John Madden, le réalisateur de « Shakespeare in love » en a racheté les droits.

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    • Livres 5.00/5
    Par LydiaB, le 25 septembre 2010

    LydiaB
    Les partenariats nous permettent de découvrir certains auteurs. Il en est ainsi avec Sadie Jones, que je ne connaissais pas du tout. Je remercie le site Blog-O-Book et les éditions 10/18.
    Résumé: A Waterford, dans la banlieue de Londres, tout le monde va à l'église et fête Noël dans l'insouciance. Une façade d'hypocrisie qui se fissure le jour où Lewis, dix ans, assiste impuissant, à la noyade de sa mère. Privé du réconfort d'un père à peine revenu de la guerre, homme froid, autoritaire et accablé par le veuvage, Lewis se rétracte dans la douleur et sombre peu à peu dans le doute, la solitude, puis la révolte… En 1957, quand il sort de prison où il vient de passer deux ans, il n'a que dix-neuf ans… Alors qu'au village personne n'attend son retour, Le proscrit, l'exilé tourmenté, pourrait bien tout faire exploser…
    Mon avis: L'écriture de Sadie Jones est très agréable. Une certaine finesse, quasi poétique, caractérise ce roman sombre, finesse associée au pathétique. On plaint ce pauvre garçon, Lewis. Et comment ne pas avoir un sentiment de tristesse, voire de compréhension envers ce gamin qui a vu sa mère se noyer sous ses yeux, qui a essayé de lui porter secours en vain, et qui, orphelin de cette dernière, se retrouve face à un mur d'incompréhension paternelle ? le lien avec sa mère était plus fort que tout, d'autant plus que le père, démobilisé, avait été absent pendant une longue période. Lewis est le seul à savoir ce qu'il s'est passé réellement ce jour-là. Pourquoi, alors qu'il lui portait secours, a-t-elle voulu l'entraîner avec elle ? Il s'enferme dans un certain mutisme, se créant un bulle sur laquelle glisse le monde extérieur. Mais cette bulle est emplie de violence et de noirceur. Violence envers les autres mais également envers lui-même, allant jusqu'à l'automutilation.Finalement, il ne retrouvera de la compréhension de la part de quelqu'un qu'en la personne d'Alice, sa belle-mère. Mais à quel prix ? Je n'en dis pas plus.
    Sadie Jones prend ici des personnages hors norme. La mère, Elizabeth, jure comme un charretier, boit. Elle symbolise une femme indépendante, ce qui pouvait être mal vu par la société de l'époque. le père, Gilbert, est au contraire, plus réservé. Il refait très vite sa vie lorsque sa femme meurt, prétextant qu'il faut une mère de substitution à son fils. Il éprouve certainement le besoin de ne pas rester seul face à cet enfant que, finalement, il ne connaît pas. Lewis représente, quant à lui, la délinquance d'un jeune homme à qui cette société anglaise des années 50 n'a pas voulu tendre la main. Je n'ai pas lâché ce roman malgré la tristesse qui s'en dégage. Je le conseille vraiment.

    Lien : http://livresetmanuscrits.e-monsite.com/rubrique,jones-sadie,1207734..
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    • Livres 5.00/5
    Par Mia, le 06 mai 2009

    Mia
    Ce roman est d'une rare puissance émotionnelle. En nous contant l'histoire de Lewis, jeune homme de 17 ans qui se retrouve victime de l'intolérance d'un milieu, c'est toute une tranche historique représentative des ravages de l'intolérance qui nous prend à la gorge.
    Lewis perd sa mère à 10 ans, le remariage rapide de son père allié à l'incapacité d'exprimer son chagrin vont l'amener à poser un acte désespéré qui, de nos jours attirerait l'attention sur la profondeur de son désespoir mais qui en 1955 va le poursuivre comme une malédiction.
    Sadie Jones s'attache à disséquer les tourments et ambivalences de ses personnages avec une finesse d'entomologiste. C'est efficace, sans pathos et juste.
    J'ai adoré ce livre qui me poursuit encore bien après l'avoir terminé...
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    • Livres 4.00/5
    Par Vepug, le 25 juin 2011

    Vepug
    Dans ce roman, nous suivons la jeunesse de Lewis dans l'Angleterre de l'après-guerre. Dans une société aisée où l'on va à l'église chaque dimanche, où tout le monde se connaît, où le regard des autres à une importance considérable, Lewis ne se sent pas à l'aise. A l'âge de dix ans il assiste, impuissant, à la noyade de sa mère. Il est alors élevé par son père, très distant. Mais Lewis souffre d'un certain mal être et est incompris de tous, sauf de Kit, petite fille ayant 5 ans de moins que lui. le comportement des autres envers lui va le condamné à la déchéance.
    Roman troublant et hypnotique.
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Citations et extraits

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  • Par LydiaB, le 25 septembre 2010

    Il s'endormit et se mit à rêver sans s'en rendre compte, de sorte que, par la suite, lorsqu'il s'en souvint, il eut le sentiment que c'était non pas un rêve, mais un épisode bien réel, empreint de toute la limpidité et de la beauté de la vérité, et même plus.

    Lewis n'avait pas vu sa mère depuis neuf ans. Il avait refoulé au fin fond de son esprit la nostalgie qu'il avait d'elle, de même que son souvenir, si bien que, quand Elizabeth apparut entre les arbres, il fut plus choqué de se remémorer son apparence que surpris. Cela faisait une telle éternité ! Elle s'avança vers lui de sa démarche habituelle. Elle était vêtue d'une robe à manches courtes, ornée de motifs roses sur fond vert. Il devait être étendu par terre, car elle s'agenouilla à côté de lui. Il détailla sa joue, sa chevelure brune retenue en arrière par une barrette. Il contempla son visage et constata qu'ils avaient tous les deux les mêmes yeux. Il ne l'avait jamais noté auparavant. Il ignorait comment il pouvait y avoir assez de lumière pour relever tous ces détails, car il faisait encore nuit. Ce devait être à cause des étoiles.

    Elle lui prit la main - elle avait des mains fermes et il avait toujours aimé ça qu'elles soient fortes, et non fragiles. Elle s'inclina vers lui - sa mère - et l'observa. Les perles qu'elle portait autour du cou oscillèrent légèrement quand elle se pencha. Elle l'embrassa sur le front, puis se redressa, radieuse, fidèle à elle-même.

    Elle ne s'en fut pas. Elle s'attarda avec lui. Il était trop épuisé pour continuer à la regarder, bien qu'il en ait envie, et ses paupières se refermèrent. Elle lui tint encore un peu la main, puis retira la sienne et, quand Lewis se réveilla, il était entouré de chants d'oiseaux et détrempé de rosée, sous le soleil qui venait de se lever et perçait obliquement entre les arbres.
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  • Par patrick75, le 06 août 2013

    Il paraissait si maladroit qu'elle revit l'enfant en lui. Elle n'était pas certaine qu'elle pourrait un jour lui donner un âge déterminé. Elle se demanda si ce n'était pas ça être une mère.

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  • Par litolff, le 10 janvier 2011

    La vue de son père, encore insolite et troublante pour lui, semblait l'empêcher de se livrer à ses activités habituelles. Il était accoutumé à une présence féminine et il se sentait inexplicablement menacé par la virilité de son père. Gilbert était certes fascinant et adorable, mais c'était aussi un intrus qui chamboulait l'équilibre du foyer.

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  • Par lilyetseslivres, le 16 avril 2010

    Elle espérait que ça s’arrangerait, mais elle renonça à être du moindre secours. Lewis était pour elle pareil à un oiseau blessé. Et les oiseaux blessés finissaient toujours par mourir.

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  • Par caro64, le 27 juin 2009

    L'été avait été long et oisif et Lewis avait même trouvé quelque chose d'exactique à sa solitude. Il y avait eu Londres, quelques fois, et la beauté simple d'être en vie et de garder espoir. En hiver, il était plus dur de cultiver le même point de vue.

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