> Valérie Bourgeois (Traducteur)

ISBN : 2749908418
Éditeur : Michel Lafon (2008)


Note moyenne : 3.89/5 (sur 27 notes) Ajouter à mes livres
Sur une île du Pacifique, Mathilda et ses camarades de classe se passionnent pour les aventures vieilles d'un siècle d'un orphelin appelé Pip, dans une ville appelée Londres qui leur paraît plus réelle que leur propre région à feu et à sang.
Mais dans une île rav... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par summerday, le 20 avril 2011

    summerday
    L'histoire se déroule dans les années 1990 sur l'île de Bougainville dans le Pacifique alors que la guerre civile fait rage. Des rebelles se sont organisés pour se soulever contre l'impérialisme Australien qui a main mise sur les productions minières. Mathilda et sa mère vivent dans un petit village de pêche où ne réside qu'un seul blanc, M. Watts. En raison des conflits l'école n'est pas toujours la priorité mais un jour elle ouvre à nouveau et c'est M. Watts qui se propose de leur faire classe. Il décide de leur faire lire "De Grande Espérances" de Dickens. Jour après jour il va lire le livre entier à ces élèves d'abord intrigués puis fascinés par le récit. Les habitants ne sont pour la plupart jamais sortis de l'île et ne connaissent comme livre que la Bible. Tout le monde se demande qui est ce Dickens et si quelqu'un l'a déjà vu? Et pourquoi les enfants n'ont-ils plus que le nom de "Pip" à la bouche? La découverte du roman dépasse rapidement les murs de l'école et intéresse tout le village. La rumeur va même sortir de leur peuplade et créer des problèmes. Les familles de l'île sont d'autant plus intéressées par la classe de M. Watts qu'il a toujours intrigué tout le monde. L'une des leurs, Grace, est un jour arrivée sur l'île avec cet homme. Lui, seul blanc, elle, un peu folle.
    Mathilda se projette rapidement dans l'histoire de Pip. Elle y trouve un écho à sa propre vie, son père qui les a abandonnées, sa mère dont elle a parfois honte car elle ne connaît que les superstitions et les principes religieux. En s'attachant plus que de normale à ce roman elle va voir son destin profondément bouleversé.
    Le récit est très mystérieux au début. Il faut du temps pour comprendre qui sont ces personnages, ce qu'ils font et pourquoi leur quotidien semble instable. Il nous faudra à vrai dire tout le roman pour découvrir les secrets de la plupart des personnages, mais alors, que c'est beau et poignant!
    Mister Pip est un magnifique roman d'une intelligence remarquable Il parle de la portée et de la force de l'imagination. À travers la découverte de cette œuvre de fiction les enfants vont percevoir des dimensions de leur esprit qu'ils ne connaissaient pas. C'est aussi un récit d'apprentissage bouleversant sur la confrontation de deux cultures, avec ses impasses et ses moments de grâce. le parcours de Mathilda est terrible mais elle sort victorieuse de cet enfer, en un sens. le portrait de M. Watts est aussi très fort. Les révélations finales sont assez étonnantes et ne font que renforcer l'une des thèses principales de ce récit : à savoir la possibilité d'inventer, le monde, mais aussi soi-même et de ré-inventer sans cesse.
    Par ailleurs l'histoire ne pose jamais un regard manichéen sur ses personnages ; il n'y a pas les indigènes d'un côté et la voix de la civilisation qui serait incarnée par le seul blanc de l'île. C'est d'ailleurs pourquoi le professeur invite les parents des enfants à partager leurs connaissances devant la classe. Il ne juge pas, quoique comme Mathilda on ne rentre jamais vraiment dans son esprit qui nous demeure assez mystérieux. Pour moi c'est vraiment un grand livre d'apprentissage sur les pouvoirs de la lecture.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par argali, le 18 février 2011

    argali
    J'ai pris ce livre en main, attirée par sa couverture. La lecture de la 4e m'a séduite et je l'ai emmené avec moi. Je ne le regrette pas.
    Ce récit tendre et intelligent ne nous conte pas seulement l'histoire de Mathilda sur son île de Bougainville, mais il nous laisse entendre comment la littérature peut changer nos vies.

    Nous sommes en décembre 1991 et l'île est soumise à un embargo total suite à la rébellion des habitants contre les exploitants australiens des mines locales. Quelques rares hommes restent au village avec les femmes et les enfants. Parmi eux, Mr Watts, seul homme blanc de l'ile, marié à Grâce, une indigène. Ayant décidé de rouvrir la classe pour les enfants, lui qui n'est pas enseignant va les éduquer d'une part en invitant régulièrement leurs mères à venir partager un savoir qu'elles possèdent et d'autre part, en leur lisant « Les Grandes espérances » de Charles Dickens. Cette lecture de l'Angleterre victorienne deviendra pour les enfants, une échappatoire aux violences quotidiennes qu'ils subissent.

    Brillamment menée, l'intrigue nous réserve moments de tendresse, d'humour et de grande violence. La narratrice, Matilda, petite noire d'une île du Pacifique, s'identifie à Pip, petit londonien du XIXe siècle qui lui ouvrira les portes d'un monde insoupçonné. Elle trouvera dans ce récit la force qui lui faut pour supporter sa vie et décider ensuite d'en changer.
    Ce roman initiatique est une vraie merveille d'humanité et de chaleur humaine ainsi qu'un hommage fantastique à la littérature et à la magie des mots.
    C'est mon premier coup de coeur de l'année.
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par canel, le 28 mai 2011

    canel
    Une petite île du Pacifique dans les années 1990. Guerre civile et blocus : personne ne peut quitter l'île. Un seul Blanc dans la population, M. Watts. Il propose de devenir l'instituteur de la vingtaine d'enfants présents. Attention, son enseignement n'aura rien d'académique : le vieil homme lira un chapitre par jour de son livre culte, de grandes espérances de Dickens, qui sera prétexte à discussions. Pour transmettre les croyances locales et le savoir ancestral (marin, botanique, culinaire…), les parents viendront prendre le relais sous son oeil intéressé.
    Tout en reconnaissant modestement ses lacunes dans bien des domaines, M. Watts fait figure de patriarche philosophe auprès de ses élèves. Ses méthodes et son tact sont admirables, il parvient à faire rêver et s'évader les enfants, à leur évoquer des modes de vie aux antipodes des leurs - ceux de l'Angleterre victorienne en l'occurrence - et à leur rendre familiers des personnages fictifs.
    Hommage à Dickens et à la littérature en général, ce petit roman m'a d'abord charmée. Mais je me suis rapidement lassée : tout cela tourne en rond, on en revient toujours au même, et c'est probablement beaucoup plus intéressant si l'on connaît l'œuvre mentionnée, ce qui n'est pas mon cas. La narratrice Matilda m'a semblé tellement inconsistante que j'oubliais sans cesse qu'il s'agissait d'une jeune fille et non d'un garçon... Bref, je ne suis pas très convaincue par ce roman malgré l'idée intéressante : un héros de Dickens au centre d'une intrigue de la fin du XXème siècle et dans des lieux exotiques.
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    • Livres 3.00/5
    Par Alexielle63, le 09 août 2011

    Alexielle63
    J'avoue qu'au début (jusqu'à la moitié du livre au moins), j'ai eu du mal à accrocher mais je pense que cela vient surtout du fait que je n'avais pas lu De grandes espérances de Charles Dickens. du coup, les nombreuses références faites au texte (M. Pip n'est autre que le héros de ce livre) ne m'ont pas parlé : il me manquait une certaine connivence avec la narratrice, Matilda et j'ai donc trouvé de nombreuses longueurs à ce livre. Néanmoins, j'ai aimé le message porté par M. Watts : il tente de leur faire découvrir un nouveau monde, celui de l'imagination, leur offre un moyen d'évasion dans cette guerre qui fait rage entre les Peaux Rouges et les rambos et dont ils sont otages. En parallèle de cette lecture qu'il leur fait, il encourage également les parents de ses élèves à venir transmettre leur savoir, leurs traditions et j'ai trouvé cela très important. le thème de l'ancrage, des racines est bien présent également ne serait-ce qu'à travers ce personnage, seul blanc parmi les noirs, considéré comme un étranger car venant justement d'un monde inconnu (la Nouvelle-Zélande). Il restera une énigme pour le lecteur du début à la fin, même si quelques éléments de réponse nous sont apportés. Pourtant, il va apprivoiser ce petit monde et même la mère de Matilda, Dolores, un vrai pit-bull, tenace, fervente religieuse, lorsqu'elle a une idée en tête, impossible de lui l'enlever et pourtant, malgré ses mauvais côtés, je l'ai adoré, au moins autant que M. Watts. On sent bien que tout cela n'est qu'une carapace pour cacher sa tristesse et sa colère envers son mari, qui a déserté le foyer. Sa rivalité avec M. Watts cache également autre chose : elle sent son enfant s'éloigner d'elle, son admiration pour son professeur exacerbe sa jalousie. C'est une façon maladroite de lui montrer son amour mais Matilda ne le comprendra que trop tard...
    Malgré ce cocon créé par M. Watts, la guerre va les rattraper et j'avoue que c'est véritablement là que toute mon attention a été captée : j'ai été véritablement touchée, bouleversée par la perte subie par notre jeune héroïne et l'ai suivi pas à pas dans sa reconstruction.
    En bref, je vous conseille de le lire après avoir lu De grandes espérances, je pense que l'on apprécie mieux la lecture ou à condition de l'avoir déjà lu mais à vous de voir. Pour ma part, il m'a donné envie de me plonger dans le texte de Dickens et je pense que je relirai ensuite Mister Pip pour l'apprécier davantage. Dans tous les cas, c'est un livre marquant, qui restera en moi pendant longtemps, je pense....

    Lien : http://lecturesdalexielle.over-blog.com/article-mister-pip-de-lloyd-..
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par elial, le 14 janvier 2012

    elial
    Ayant lu certaines critiques du livre, j'ai commencé par lire Dickens avant de lire Mister Pip. Ce ne fut pas une aprtie de plaisir car je n'aime pas trop l'auteur et son style mais cela m'a bien aidée à entrer de suite dans l'histoire.
    Ce roman est un bel hommage à la littérature victorienne. Un peu anachronique cependant car on n'imagine pas enthousiasmer des enfants d'une ile du Pacifique avec un roman qui est à cent lieues de leurs préoccupations et de leur mode de vie. Et pourtant, cela fonctionne. Mathilda, notamment, va s'identifier au héros dont lui parle Mister Watts et s'y accrocher comme à une bouée de souvetage.
    Ce récit est un vrai régal et une bouffée d'air frais dans un monde de brutes. Il est humain, tendre et fort.
    J'ai adoré.
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Citations et extraits

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  • Par le-mange-livres, le 13 mai 2012

    Il ous avait fallu un maître d'école, et M. Watts était devenu ce maître d'école. Il nous avait fallu un magicien pour faire apparaître de nouveaux mondes sous nos yeux, et M. Watts était devenu ce magicien. Quand il nous avait fallu un sauveur, il avait, là encore, rempli ce rôle. Et quand les Peaux-Rouges avaient exigé une vie, il avait donné la sienne.
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  • Par le-mange-livres, le 13 mai 2012

    On ne l'avait jamais fait la lecture en anglais auparavant. Ni à moi, ni aux autres. Nous n'avions pas de livres chez nous, les seuls qui nous étaient passés entre les mains avant le blocus venaient de Port Moresby et étaient écrits en pidgin. Quand M. Watts se mit à lire, nous observâmes un profond silence. Le monde accueillait des sonorités nouvelles. Il lisait lentement, nous donnant à entendre la forme de chaque mot.
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  • Par le-mange-livres, le 13 mai 2012

    Bien sûr, je ne dis rien de notre projet à ma mère. San doute 'aurait-elle rabroué d'un : "C'est pas ça quiva vous attraper un poisson ou vous éplucher une banane". n quoi elle aurait eu raison. Mais nous ne cherchions pas à nous remplir le ventre. Nous cherchions quelque chose de beaucoup plus important : une autre vie.
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  • Par le-mange-livres, le 13 mai 2012

    Nous avons été dépouillés de nos biens et même, pour la plupart, de nos maisons, dit-il. Mais ces pertes, si sévères qu'elles puissent paraître, nous rappellent aussi ce que personne ne peut nous ravir, c'est-à-dire notre esprit et notre imagination.
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  • Par le-mange-livres, le 13 mai 2012

    Nous étions jeunes, comme tout le monde à l'époque. Les vieux se lamentent de ne plus voir de jeunes. Dès qu'on prend de l'âge, on se demande s'il reste des jeunes quelque part et s'il n'y avait que ça autour de nous avant.
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Vidéo de Lloyd Jones

Lloyd Jones Parle de son roman Mister Pip.
(Vidéo en anglais non sous-titrée. )








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