ISBN : 2757805770
Éditeur : Points (2007)


Note moyenne : 3.75/5 (sur 60 notes) Ajouter à mes livres
Septembre 2005, Anna Doblinsky rejoint son premier poste en collège à Certigny, dans le 9-3. Zone industrielle, HLM, trafics et bagarres entre bandes rivales, influence grandissante des salafistes, voilà pour le décor. Seul Lakdar Abdane, jeune beur très doué, sort du l... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Malaura, le 20 octobre 2011

    Malaura
    Nous sommes à Certigny, une ville imaginaire (pourtant bien proche de la réalité) du 9/3, Seine-Saint-Denis.
    Un lopin de béton où tout est mal en point, les villes comme les corps, et où chacun cherche à fuir l'ennui et la grisaille d'un avenir bouché.
    Trafiquants de drogue, proxénètes, escrocs, imams, salafistes…plusieurs bandes règnent et se partagent cette ville du mal-être.
    Une cité où le climat de haine et de racisme est tel qu'il pèse sur tout le monde, même sur les plus jeunes.
    Certigny est une poudrière qui n'attend plus qu'une étincelle pour s'enflammer.
    Dans ce contexte menaçant, ni Anna Doblinsky, nouvelle enseignante au collège, aux doux rêves de solidarité et d'égalité…ni Lakdar, gamin intelligent et doué qui ne demandait rien d'autre qu'apprendre et qui voit son rêve d'avenir brisé par un stupide accident, ne pourront faire face à la vague de violence qui va submerger la banlieue en cette fin d'année 2005.
    « Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte »…certains des plus calés d'entre vous auront-ils reconnu dans ce titre à rallonge, les vers d'un poème de Victor Hugo écrit en 1871 en faveur de l'amnistie des condamnés de la Commune ?
    Un magnifique et profond poème qui reflète bien d'ailleurs la pensée de Thierry Jonquet, qui, au gré de nombreux récits noirs, de « Moloch » en passant par « Les Orpailleurs » ou « Mon vieux », a souvent donné du monde une vison sombre et pessimiste en abordant le présent avec fatalité.
    L'auteur disait dans une interview : « J'écris des romans noirs. Des intrigues ou la haine, le désespoir, se taillent la part du lion et n'en finissent pas de broyer de pauvres personnages auxquels je n'accorde aucune chance de salut ».
    Ce roman n'échappe pas à la règle imposée de l'auteur…il y donne une vision noire, percutante, éprouvante des banlieues et nous parle d'une France en lambeaux.
    Car tous les personnages qui peuplent le roman sont des victimes. Victimes de l'injustice, victimes d'être nés du mauvais côté du périph, victimes de la malchance, de la haine, du racisme.
    Alors, l'on pourrait se demander si Thierry Jonquet n'est pas un peu trop excessif, un peu trop caricatural dans sa volonté de décrire ce monde de chaos que sont les banlieues.
    En effet, peu, pour ne pas dire pas, d'espoir émerge de ce roman noir et quelques petites éclaircies ici où là n'auraient pas été de trop et nous auraient donné au moins un peu d'optimisme.
    Mais c'est mal connaître l'auteur.
    Sa démarche est de mettre le doigt là où ça fait mal.
    En dressant le portrait d'une humanité déjà perdue, il nous exhorte à ne pas nous voiler la face.
    « Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte » est un cri d'effroi, d'horreur, d'alarme.
    Le moyen qu'a trouvé l'auteur pour nous interpeller.
    Car les incidents qui ont ébranlé la France à la fin de l'année 2005 sont venus démontrer que la fiction pouvait anticiper la réalité et que cette réalité était des plus effrayantes..
    Après la peur que nous inspirent ces lignes sombres, nous aussi avons envie de dire stop, à la haine, au racisme, à la violence et nous ne pouvons nous empêcher de penser avec un soupir de dépit qu'il ferait bon vivre dans un monde où chacun aimerait son prochain…
    Au final, un bon polar, calqué sur la réalité, avec du suspense, de l'action, une écriture rythmée, nerveuse, énergique, un roman d'atmosphère qui se lit d'une traite avec beaucoup d'intérêt.
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    • Livres 5.00/5
    Par Seraphita, le 14 mai 2012

    Seraphita
    Certigny, dans le « 9-3 ». Septembre 2005. Collège Pierre-de-Ronsard.
    D'un côté, Anna, jeune professeure fraîchement diplômée de l'IUFM. de l'autre, ses « apprenants », « une armée d'ados vêtus flambant neuf qui rejoignaient les travées qui leur étaient assignées, bataillon après bataillon » (p. 55). Une véritable armée que va devoir affronter la novice. Parmi eux, Lakdar, un collégien dont elle remarque la main droite inerte, incapable d'écrire. Lakdar qui dès le début lui offre un appui inestimable en lui permettant d'asseoir un semblant d'autorité. Lakdar, un gamin en souffrance, qu'elle va essayer d'aider au mieux, un gamin qui lutte pour s'en sortir, dans cette banlieue du « 9-3 » troublée par des émeutes, qui, déjà, annoncent le basculement de destins singuliers.
    « Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte » : voilà un titre mystérieux qui suggère deux camps antagonistes, unis pourtant par un cauchemar commun. D'un côté, la jeune prof, illuminée par la clarté de son savoir, par la foi en sa mission, pétrie de peur le jour de sa première rentrée, de l'autre des apprenants en milieu défavorisé, éloigné du savoir et de ses promesses. A cette distance, qui se mesure probablement en années-lumière, s'ajoute celle de la religion : la judéité d'Anna se heurte radicalement à un antisémitisme « banal et ordinaire » que lui oppose la cohorte de ses apprenants.
    Au fil de la lecture, les camps qui s'affrontent changent et s'élargissent : les voyous, plus ou moins bien organisés, qui colonisent certains quartiers versus la justice ; les « jeunes des banlieues », à l'occasion des émeutes qui les embrasent versus la police.
    Une ambiance pesante plane tout du long de ce roman noir, rendant les traits humoristiques auxquels s'essaie l'auteur encore plus caustiques. Même si le rire est jaune, il reste bienvenu et permet une mise à distance de l'horreur. Car, progressivement, on voit jusqu'où l'auteur va aller, même si, nous indique la quatrième de couverture, l'écriture de ce roman a « commencé bien avant les émeutes des banlieues et le meurtre d'Ilan Halimi ».
    Vivre dans un milieu défavorisé trace-t-il d'emblée les trajectoires individuelles ? La fin pourrait le laisser penser. Mais le début nous invite à la prudence… L'énigme du titre est résolue vers le dernier tiers : Victor Hugo et quelques vers donnent la clé, « un flot de vers qui vous laissaient sans voix. »
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    • Livres 4.00/5
    Par freude, le 02 mars 2011

    freude
    Je ne connaissais jusque-là Jonquet que de nom, c'est ce titre et ce visuel qui ont déclenché ma curiosité puis mon achat ! Il ne s'agit pas d'un polar à proprement parler, il est d'ailleurs catalogué comme roman noir par la collection Points.
    De quoi est-il question dans ce livre ? D'actualité d'abord, Jonquet l'exploite énormément dans ses romans, ici tout se greffe autour des émeutes dans les banlieues de l'automne 2005 après le décès de Zyed Benna (17 ans) et Bouna Traoré (15 ans), autour de la montée de l'intégrisme islamiste, du terrorisme international; il est aussi question de quotidien, le quotidien d'Anna Doblinsky, jeune prof débutante en pleine ZEP du 9-3, celui de ce collège où l'expression égalité des chances devrait prendre toute sa dimension, mais ne se heurte qu'à un mur immense, celui de ces cités où règne l'impunité de quelques-uns qui dealent, qui font les macs, du quotidien de l'hôpital psychiatrique ou général....
    Et puis au centre de l'histoire, il y a le jeune Lakdar, élève en 3ème B. Il est loin d'être bête Lakdar, il avait un beau rêve, faire de la BD, il était doué, oui, mais voilà suite à une erreur médicale due en partie aux manques de moyens de notre chouette système de santé, il ne pourra plus jamais dessiner : sa main droite est inutilisable, son avenir anéanti ..... Commence alors une descente aux enfers....

    J'ai bien aimé ce livre, il est très réaliste, on est dans l'actualité, on est dans la vraie vie, celle qui n'est pas drôle tous les jours. J'ai vécu mon enfance dans ce département tant décrié, ce fameux 9-3 et oui, ce qu'il en décrit existe, même si c'est un peu réducteur. Oui, une partie de la population du 9-3, mais de tous les autres départements (et hélas dans le monde entier) est mise de coté, "non guidée", "abandonnée" d'où ce beau titre : "Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte", tiré d'un texte d'Hugo :
    " Etant les ignorants, ils sont les incléments;
    Hélas ! Combien de temps faudra-t-il vous redire
    A vous tous, que c'étaient à vous de les conduire
    Qu'il fallait leur donner leur part de la cité
    Que votre aveuglement produit leur cécité;
    D'une tutelle avare, on recueille les suites,
    Et le mal qu'ils vous font, c'est vous qui le leur fîtes.
    Vous ne les avez pas guidés, pris par la main,
    Et renseignés sur l'ombre et sur le vrai chemin;
    Vous les avez laissés en proie au labyrinthe.
    Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte;
    C'est qu'ils n'ont pas senti votre fraternité.
    Ils errent; l'instinct bon se nourrit de clarté ....."
    Ce texte évoque les Communards, c'est vraiment troublant de se dire qu'il est toujours autant d'actualité. Un grand bonhomme ce Hugo, à relire... Au passage, je conseille la lecture de son livre "Les travailleurs de la mer ", un petit bijou....
    Bref, pour résumer, je relirai Jonquet, je viens d'ailleurs de craquer sur Mon vieux en librairie....
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    • Livres 3.00/5
    Par carre, le 19 janvier 2012

    carre
    Anna Doblinsky jeune professeur prend son premier poste au collège à Certigny, Dans cette cité dite difficile par nos politiques, Lakdar Abdane, élève doué va voir son rêve de faire des études s'évanouir après une erreur médicale. Avec son nom à consonnance juive, Anna va découvrir bien loin de ce qu'elle pouvait imaginer l'antisémitisme, le racisme, la violence quotidienne, le racket, le fanatisme religieux, la démission des parents. Tous les ingrédients pour embraser la cité sont réunis. le regretté Thierry Jonquet dresse avec une précision presque journalistique, le portrait d'une génération dont on a oté tout espoir, tout reconnaisance. le roman de Jonquet était prophétique puisque quelques mois après sa parution, éclataient les émeutes de 2005. Et le tableau a de quoi nous glacer, ce roman raisonne comme un cri d' alarme lancé à nos politiques et à nos décideurs démissionnaires et responsables de cet échec et de cette désespérance. Efficace, effrayant, désespérant, glaçant. Mais terriblement vrai.
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    • Livres 5.00/5
    Par muet-comme-un-carpe-diem, le 23 juillet 2009

    muet-comme-un-carpe-diem
    Le titre du roman de Thierry Jonquet est en fait un des vers du poème de Victor Hugo de 1871 en faveur de l'amnistie des condamnés de la Commune :

    Étant les ignorants, ils sont les incléments
    Hélas combien de temps faudra t-il vous redire
    À vous tous que c'est à vous de les conduire
    Qu'il fallait leur donner leur part de la cité
    Que votre aveuglement produit leur cécité
    D'une tutelle avare, on recueille les suites
    Et le mal qu'ils vous font, c'est vous qui le leur fîtes.
    Vous ne les avez pas guidés, pris par la main
    Et renseignés sur l'ombre et sur le vrai chemin,
    Vous les avez laissés en proie au labyrinthe
    Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte
    C'est qu'ils n'ont pas senti votre fraternité.
    Comment peut-il penser, celui qui ne peut vivre ?
    Quoi ! Pour que les griefs, pour que les catastrophes, les problèmes, les angoisses,
    et les convulsions s'en aillent, suffit-il que nous les expulsions ?

    Une citation qui en dit long sur le projet du roman. Les émeutes de novembre 2005 ont fait couler beaucoup d'encre car elles ont mis mal à l'aise l'ensemble de la classe politique. Des partis dits de gouvernement qui devaient rendre des comptes sur les conséquences de la mise au ban d'une frange de la population qui cumule toutes les difficultés sociales aux partis dits révolutionnaires qui avaient longtemps déserté ces quartiers.
    Thierry Jonquet renvoie tout le monde dos à dos et n'épargne personne pour dénoncer sans angélisme mais également sans aucun manichéisme les dérives sécuritaires des uns tout comme les dérives mafieuses ou antisémites des autres. Pour chercher à comprendre comment on a pu en arriver là, il nous donne à voir le parcours de bon nombre des acteurs de ces quartiers, des habitants aux divers représentants des services publics qui ne sont pas réduits à des statuts mais replacés dans la matérialité dialectique de leur existence.
    Une jeune prof qui doit confronter bon gré mal gré aux réalités d'un collège du 9-3 les enseignements qu'on lui a dispensés dans son IUFM, ses collègues qui sont selon les cas totalement dépassés, à côté de la plaque, désabusés voire carrément démissionnaires ou militants mais selon des idéologies diamétralement opposées ; des collégiens chahuteurs ou impliqués qui ne sont pas sans rappeler ceux décrits par Bégaudeau dans Entre les murs , par Jérôme Leroy dans le cimetière des plaisirs ou par Jean-Bernard Pouy dans La Belle de Fontenay qui ont tous bien du mal à échapper aux déterminismes sociaux ; un militant CGtiste qui s'efforce de maintenir la cohésion du quartier et ses habitants qui ont bien du mal à croire au pacte républicain lorsque leur quotidien est coincé entre des emplois harrassants, une précarité grandissante et les magouilles des proxénètes et des vendeurs de stupéfiants ; des policiers et des magistrats qui s'efforcent de maintenir l'ordre mais qui n'en pensent pas moins comme ce substitut du procureur qui s'en va relire des passages où Marx qualifie le lumpenprolétariat de racaille comme un certain ministre de l'intérieur en campagne ; des trafiquants de tous ordres qui arrosent la municipalité, financent des groupes de rap ou lorgnent sur le territoire des concurrents ; des imams salafistes qui veulent ramener un ordre moral et des militants jihadistes qui considèrent avec mépris les gesticulations de ces derniers.
    Sans rien lâcher sur ses valeurs d'ancien militant d'extrême-gauche, Thierry Jonquet dénonce la bêtise et la barbarie et recense les bonnes volontés d'où qu'elles viennent, montre que la réalité est bien plus complexe que ne le voudraient les démagogues de tous bords qu'ils soient journalistes, religieux, politiciens, syndicalistes ou révolutionnaires et affirme haut et fort qu'il est temps de retrouver un certain nombre de repères si l'on ne veut pas que la situation s'aggrave encore. Un roman sombre très sombre qui remue, interroge, remet en question avec des passages où l'on croit cerner un personnage pour être déstabilisé quelques pages plus loin en découvrant un autre aspect de ses activités comme ce lycéen s'acharnant à mémoriser une planche anatomique ou ce grand-frère qui lit régulièrement les quotidiens nationaux.
    Un livre que j'ai lu en repensant sans cesse à un passage de Demain les chiens de Clifford D. Simak que je venais de relire avant d'entamer ce roman :
    Le besoin de chaque être humain de se sentir approuvé par ses semblables, le besoin d'être dans la norme. C'était une véritable force qui empêchait les hommes de prendre la tangente de la société, et dont découlaient la sécurité et la solidarité humaines et le bon fonctionnement de la famille humaine.
    Des hommes mouraient pour obtenir cette approbation, ils se sacrifiaient, se résolvaient à une vie méprisable. Car désapprouvé par ses semblables, l'homme était abandonné à lui-même, il n'était plus qu'un hors-la-loi, qu'un animal chassé de la meute.
    Les conséquences de ce besoin pouvaient être terribles : il expliquait la persécution raciale, les atrocités massives commises au nom du patriotisme ou de la religion. Mais c'est aussi le lien qui maintenait l'unité de la race humaine, c'était cela qui, dès le début, avait rendu possible la société humaine.


    Lien : http://muet-comme-un-carpe-diem.over-blog.com/article-15157585.html
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Citations et extraits

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  • Par Seraphita, le 14 mai 2012

    Un des acolytes préférés de Forney à l’IUFM était un certain Duibour qui, lui, se piquait d’anthropologie. En conjuguant leurs efforts, ils étaient parvenus à former un duo redoutable. Duibour évoquait la relation dominant/dominé quant au choix topographique des « apprenants » face au pédagogue. Se situaient-ils d’emblée : a) près du tableau ? b) loin du tableau ? Cela n’avait rien d’anodin. Il fallait prêter la plus extrême attention à tous ces signes aussi infimes qu’indéchiffrables et que des générations d’enseignants avaient négligés… Duibour appelait à la rescousse quantité d’études connues de lui seul mais qui établissaient la conclusion suivante : l’apprenant-dominant s’installait préférentiellement dans les premiers rangs, près du tableau, pour marquer par sa proximité une sorte de défi, de refus de toute soumission vis-à-vis du pédagogue, tandis que l’apprenant-dominé signifiait une distance de subordination immédiate en se réfugiant au fond de l’espace-classe. Encore que… il fallait s’abstenir de généraliser : dans d’autres cas, l’apprenant-dominant préférait fuir loin de l’« espace-tableau », posture de méfiance qui ne demandait qu’à être corrigée par un effort relationnel adéquat de la part du pédagogue…
    - Cela dit, il faut savoir interpréter sans dogmatisme, avait sagement conclu Duibour quelques secondes avant la fin du cours.
    - Si j’ai bien compris, on rabâche là-dessus depuis une heure et c’est match nul ? avait rétorqué Anna, suscitant un éclat de rire salvateur auprès de ses condisciples, soudain sortis de leur torpeur.
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  • Par nikita, le 11 novembre 2010

    Département du 9-3, septembre 2005. Anna Doblinsky, une jeune diplômée d'un IUFM, rejoint son premier poste au collège Pierre-de-Ronsard à Certigny. HLM, zone industrielle, trafics de drogue, bagarres entre bandes rivales et influence grandissante des salafistes, le décor n'est pas joyeux.

    Dès le premier jour, Anna est brutalement rappelée à sa judéité par des élèves mus par un antisémitisme banal et ordinaire. Lakdar Abdane, un jeune beur particulièrement doué, ne demanderait, lui, pas mieux que d'étudier, mais n'y arrive pas depuis qu'il a perdu l'usage d'une main.

    Tout serait-il écrit ? Certes non, mais une fois enclenchées, il est des dynamiques qui ne s'arrêtent pas aisément. Et la mort est au bout.

    Commencé bien avant les émeutes des banlieues et le meurtre d'Ilan Halimi, ce roman dit des territoires que la République se doit de reprendre au plus vite à la barbarie.
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  • Par Malaura, le 20 octobre 2011

    Extrait du Poème de Victor Hugo dont l'un des vers sert de titre au roman :

    Étant les ignorants, ils sont les incléments
    Hélas combien de temps faudra t-il vous redire
    À vous tous que c’est à vous de les conduire
    Qu’il fallait leur donner leur part de la cité
    Que votre aveuglement produit leur cécité
    D’une tutelle avare, on recueille les suites
    Et le mal qu’ils vous font, c’est vous qui le leur fîtes.
    Vous ne les avez pas guidés, pris par la main
    Et renseignés sur l’ombre et sur le vrai chemin,
    Vous les avez laissés en proie au labyrinthe
    Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte
    C’est qu’ils n’ont pas senti votre fraternité.
    Comment peut-il penser, celui qui ne peut vivre ?
    Quoi ! Pour que les griefs, pour que les catastrophes,
    les problèmes, les angoisses,
    et les convulsions s’en aillent, suffit-il que nous les expulsions ?
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Bande annonce de La Piel que Habito, un film de Pedro Almodóvar avec Antonio Banderas. Adaptation de Mygale, le roman de Thierry Jonquet








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